Cathédrale de Cefalù

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Cathédrale de Cefalù
Image illustrative de l'article Cathédrale de Cefalù
Façade de la cathédrale
Présentation
Nom local Duomo di Cefalù
Culte Catholicisme
Type Cathédrale
Début de la construction 1131
Style dominant Style normand
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sicile
Commune Cefalù
Coordonnées 38° 02′ 23″ N 14° 01′ 26″ E / 38.03972, 14.02389 ()38° 02′ 23″ Nord 14° 01′ 26″ Est / 38.03972, 14.02389 ()  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Cathédrale de Cefalù

La cathédrale de Cefalù, (en italien : Duomo di Cefalù) est une église catholique romaine située à Cefalù, Sicile.

La cathédrale, qui date de 1131, a été commencée dans le style normand, l'île de Sicile ayant été conquise par les Normands en 1091. Selon la tradition, le bâtiment a été érigé après un vœu fait au saint Sauveur par le roi de Sicile, Roger II, après qu'il eut réchappé d'une tempête sur la plage de la ville. Le bâtiment aux allures de forteresse se dresse, vu de loin, comme une énorme masse juchée au sommet de la cité médiévale, ce qui peut en partie s'expliquer par la vulnérabilité du site aux attaques depuis la mer. Il constitue également un puissant témoignage de la présence normande. De nombreuses modifications ont été opérées au cours des siècles, et l'édifice ne fut jamais entièrement terminé.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale a été construite dans une zone d'occupation ancienne et continue, comme l'attestent les vestiges d'une voie romaine et une mosaïque paléochrétienne. La construction a commencé en 1131, la réalisation des mosaïques de l'abside en 1145, et les tombeaux que Roger II avait prévus pour lui-même et son épouse furent mis en place la même année.

Après 1172, l'église a subi une période de déclin et, en 1215, Frédéric II de Hohenstaufen déplaça les deux tombeaux vers la cathédrale de Palerme. La construction de la cathédrale a été reprise peu de temps après, et la façade achevée en 1240. La cathédrale fut consacrée en 1267 par Rodolphe de Chevrières, évêque d'Albano.

En 1472, un portique, par Ambrogio da Como, a été ajouté entre les deux tours de la façade.

Description[modifier | modifier le code]

Architecture de l'église[modifier | modifier le code]

Vue de côté

La cathédrale est précédée d'un parvis à grandes terrasses (appelé turniali), qui était à l'origine un cimetière. Selon la tradition, il a été créé avec de la terre apportée de Jérusalem, ayant la particularité de provoquer la momification rapide des cadavres.

La façade est caractérisée par la présence de deux grosses tours normandes, avec des fenêtres à meneaux, surmontées chacune de petits clochers ajoutés au XVe siècle. Les deux clochers sont différents : l'un est de plan carré entouré de merlons en forme de flammes, symbolisant l'autorité de la mitre papale, l'autre a un plan octogonal, avec des merlons gibelins, symbolisant le pouvoir royal et temporel.

Le portique du XVe siècle est à trois arches, les deux arches extérieures soulignées et soutenues par quatre colonnes, avec des nervures voûtées. Sous le portique s'ouvre la Regum Porta (porte Royale), avec un portail de marbre finement décoré, flanqué de peintures murales.

Intérieur de la cathédrale

L'intérieur de la cathédrale a un plan en croix latine, divisé en une nef principale et deux nefs latérales par des arcades de colonnes antiques : quatorze de granite rose et deux en cipolin. Les bases et chapiteaux sont du IIe siècle. Les deux grands chapiteaux soutenant l'arc triomphal de la nef ont probablement été fabriqués par un atelier des Pouilles, au milieu du XIIe siècle.

Le toit de la nef a été abaissé, comme on peut le voir de l'extérieur du bâtiment. Le transept est plus élevé que les deux nefs. Alors que certaines parties du bâtiment sont voûtées en berceau et que d'autres ont une charpente apparente, le presbytère a une voûte d'ogives en pierre.

Passé le transept, l'église présente un aspect inhabituel, combinant un style essentiellement roman, aux formes simples et massives, avec des arcs en ogives. Cette disposition, également constatée dans la cathédrale de Monreale, semble trouver son origine dans la région de Cluny, en France. C'est un précurseur du style gothique, né autour de Paris quelques années plus tard.

L'église a trois absides, disposition également présente à la cathédrale de Monreale. Les deux absides latérales sont décorées à l'extérieur par des arcatures aveugles ornées de petits corbeaux en arcs outrepassés, également largement utilisés à Monreale. Les corbeaux, réalisés en 1215-1223, dépeignent des têtes d'animaux et des figures humaines contorsionnées. Les corbeaux de l'abside centrale sont plus récents. L'abside centrale avait initialement trois grandes fenêtres oculaires, qui ont ensuite été fermées pour donner de l'espace aux mosaïques, et une plus grande fenêtre centrale de forme ogivale. Deux autres paires de fenêtres circulaires sont situées aux extrémités du transept.

Cloître[modifier | modifier le code]

La cathédrale possède un cloître auquel on peut accéder par l'intérieur de l'église. Ses arcades sont constituées d'arcs en ogives dont chacune repose sur de minces colonnes jumelées. Bien que cette disposition ne soit pas sans rappeler certains cloîtres espagnols et français, les chapiteaux composites des colonnes jumelées sont ici nettement byzantins dans leurs motifs, avec des créatures comme des lions ou des aigles, face à face symétriquement, comme on en rencontre dans beaucoup de décorations sculptées de Ravenne.

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Christ Pantocrator.

Mosaïques du presbytère[modifier | modifier le code]

L'église tout entière devait probablement être décorée de mosaïques, mais elles ne furent achevées que dans la zone du presbytère, ainsi que dans l'abside et environ la moitié des murs latéraux. Roger II fit venir de Constantinople des maîtres dans l'art de la mosaïque, qui ont adapté leur art décoratif byzantin traditionnel à une structure architecturale venue du nord de l'Europe.

La figure dominante de l'ensemble décoratif est le Christ Pantocrator en buste, levant la main en signe de bénédiction, sur la demi-coupole de l'abside. Dans sa main gauche, il tient l’Évangile de Jean, dans lequel on peut lire, en grec et en latin: « Je suis la lumière du monde, ceux qui me suivront n'erreront pas dans les ténèbres, mais auront la lumière de la vie » (Jean , 8:12).

La rangée supérieure du mur absidal montre une figure de la Bienheureuse Vierge Marie, les mains levées en prophétie, flanquée de quatre archanges. Aux deuxième et troisième niveaux, sur le côté de la fenêtre centrale, sont représentés des apôtres et des évangélistes, placés selon un programme théologique planifié.

La décoration en mosaïque se prolonge dans le presbytère avec les murs de côté montrant des figures de saints et de prophètes. Sur le mur de droite, à côté du trône royal se trouvent des figures royales, tandis que le côté gauche, à côté du trône épiscopal, porte des figures sacerdotales. Chaque figure est accompagnée d'une inscription en grec ou en latin, décrivant le personnage représenté. La décoration du plafond en voûte croisée montre quatre chérubins et quatre séraphins.

Les figures principales, celle du Christ Pantocrator et de la Vierge Marie, sont vêtues de bleu, donnant une grande luminosité sur le fond d'or. Le travail est de premier ordre, avec une grande élégance dans le drapé des vêtements et une grande sensibilité dans les visages et les gestes. On y voit généralement le meilleur exemple de mosaïque byzantine en Italie, comparable à d'autres œuvres byzantines tardives de Constantinople.

La décoration de mosaïques byzantines a été réalisée avant 1170. La partie inférieure et les parois latérales du presbytère n'ont été achevées qu'au XVIIe siècle, recouvrant des peintures précédentes, réduites aujourd'hui à de rares traces.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

La cathédrale, vue de nuit.

De la décoration originale peinte, il reste une figure d'Urbain V de la fin du XIVe siècle, sur une colonne sur la nef gauche, et une Vierge en majesté du XVe siècle, dans le bras gauche du transept.

La basilique abrite plusieurs monuments funéraires, notamment un sarcophage antique tardif, un autre médiéval, et le célèbre tombeau de l'évêque Castelli, du XVIIIe siècle.

Les fonts baptismaux du XIIe siècle, sculptés dans un seul bloc de pierre, sont ornés de quatre petits lions sculptés. L'église abrite également une toile de la Vierge, de l'atelier d'Antonello Gagini (XVIe siècle) et une croix en bois peint, de Guglielmo da Pesaro (1468). L'orgue est un grand instrument à deux registres, avec la console détachée et les tuyaux de la montre placés au-dessus d'un meuble lambrissé.

Le plafond de la nef présente un décor peint avec des bustes, des animaux fantastiques et d'autres motifs, probablement un travail d'artisans arabes.

À partir de 1985, l'artiste de Palerme Michele Canzoneri a installé 72 vitraux abstraits, moderne et controversés, inspirés d'épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament[1].

Mosaïques paléochrétiennes[modifier | modifier le code]

Des fouilles dans le quartier de la cathédrale ont mis au jour des éléments d'une mosaïque polychrome du VIe siècle. Ils dépeignent une colombe buvant, des parties de deux autres oiseaux, deux petits arbres et des fleurs en forme de lys, insérés dans un cadre aux motifs en ogives et en losanges.

La mosaïque appartenait probablement à une basilique byzantine préexistante. Cette zone a été occupée au moins jusqu'au VIIIe siècle, alors que Cefalù était un siège épiscopal.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Grady, Ellen, Blue Guide Sicily, 7e édition, Somerset Books, London 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Source[modifier | modifier le code]