Belle de Jour (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Belle de jour.

Belle de Jour

Réalisation Luis Buñuel
Scénario Luis Buñuel
Jean-Claude Carrière
Joseph Kessel
Acteurs principaux
Sortie 1967
Durée 101 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Belle de Jour est un film français de Luis Buñuel, tiré du roman Belle de Jour de Kessel, et sorti en 1967.

Le titre évoque le nom d'une fleur qui ne fleurit que la journée, et en l'occurrence fait référence à la prostituée qui n'offre ses charmes que la journée.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Séverine Serizy est une jeune et très belle femme aux fantasmes masochistes assez particuliers. Elle est mariée au docteur Pierre Serizy (Jean Sorel) qu'elle aime « au-delà du plaisir » : elle ne parvient en effet pas à trouver le plaisir auprès de lui, ce qui les frustre tous les deux. Un ami du couple, Monsieur Henri Husson (Michel Piccoli), lui parle d'un bordel de luxe et lui avoue son désir pour elle. Insatisfaite sexuellement, Séverine commence secrètement à y travailler, se prostituant seulement certains après-midi de 14 à 17 heures, d'où son surnom Belle de jour, avant de retourner dans les bras de son mari, qui, heureux, ne se doute de rien.

Au fur et à mesure, Séverine se lie à Marcel (Pierre Clémenti), un jeune rebelle, qui lui fait vivre la passion et l'excitation de ses fantasmes. La situation se complique lorsque Séverine decide de quitter le bordel avec l'accord de Madame Anaïs(Geneviève Page), après avoir trouvé que Marcel devenait trop exigeant et jaloux de son mari. Monsieur Husson découvre son secret lorsqu'il se rend au bordel, mais refuse finalement de coucher avec elle, car ce qu'il aimait en elle, c'était sa vertu. Un des associés du jeune loubard Marcel suit Séverine jusque chez elle et découvre son adresse. Marcel rend visite à la jeune femme, et la menace de révéler son identité secrète, mais Séverine le persuade de partir.

Marcel, attendant dehors que le mari de Séverine rentre à la maison, lui tire dessus trois fois avant de s'enfuir et d'être tué par la police. Le mari de Séverine survit à cette tentative d'assassinat, mais tombe dans le coma. La police n'identifie pas le motif du crime, mais il reçoit la visite de Monsieur Husson après être sorti de l'hôpital, aveugle et en chaise roulante.

Le film se termine sur un nouveau fantasme de Séverine; cette fois, cependant, pas de sexe. Son mari est en bonne santé, et ils s'embrassent avant de regarder par la fenêtre comme dans la scène d'ouverture.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour Olivier Bourque de la revue Séquences, Bunuel dresse « un portrait implacable des contraintes de la bourgeoisie. Sans jugement aucun, il accompagne cette femme, cette héroïne bovarienne, qui ne peut vivre dans un milieu social qu'elle trouve étouffant. Il ne donne pas plus de réponses sur les motivations de la belle à être violée, brutalisée. Mais le film apporte tout de même un éclairage : Séverine se transforme en une épouse épanouie à partir du moment où elle devient Belle de jour. »[1]

Dans ce récit d'une riche épouse d'un interne en médecine qui se livre à la prostitution occasionnelle, Buñuel porte, à son habitude, un regard acide sur la bourgeoisie. Mais il aborde aussi avec pudeur des interrogations sur le bien et le mal, sur la recherche ambigüe du plaisir masochiste par cette femme sujette au bovarysme dans des conditions qui peuvent être humiliantes. Peut-on vendre son corps et y trouver du plaisir ? Et peut-on vendre son corps tout en restant fidèle ? On peut se demander si certaines scènes sont nées de l'imagination de Séverine, ou si elles ont réellement lieu. Ce film présente le conflit entre le plus tendre amour et l'exigence implacable des sens[travail inédit ?].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le réalisateur américain Martin Scorsese a fait en sorte que le film sorte en DVD en 2002.
  • En 2006, le réalisateur portugais Manoel de Oliveira a sorti Belle toujours, qui raconte la rencontre imaginée entre deux personnages du film.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Bourque « Belle de jour : l’éducation française » Séquences : La revue de cinéma, n° 250, 2007, p. 24, lire en ligne.