Bataille de Fornoue

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Bataille de Fornoue
La Bataille de Fornoue dans la Galerie des cartes géographiques (Musées du Vatican)
La Bataille de Fornoue dans la Galerie des cartes géographiques (Musées du Vatican)
Informations générales
Date
Lieu Fornoue, à 20 km au sud-ouest de Parme
Issue L'armée vénitienne ne parvient pas à arrêter la retraite française vers Asti
Belligérants
Français Ligue de Venise
Commandants
Blason France moderne.svg Charles VIII Blason famille it Gonzaga04.svg François II Gonzague
Forces en présence
8 000 hommes (dont 3 000 Suisses) 26 000 hommes
Pertes
1 000 morts 4 000 morts
Guerres d'Italie
Batailles
Seminara - Fornoue
Coordonnées 44° 41′ N 10° 06′ E / 44.68333333, 10.1 ()44° 41′ Nord 10° 06′ Est / 44.68333333, 10.1 ()  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Fornoue.

Lors de la première guerre d'Italie, Charles VIII a réussi à s'emparer du royaume de Naples sans rencontrer beaucoup de résistance. Cependant, l'hostilité grandissante des États italiens face à l'occupation et surtout la formation de la ligue de Venise contre les Français, l'obligent à écourter son séjour à Naples et à faire retraite vers la France afin de ne pas se retrouver pris au piège. Ses ennemis lui bloquent le passage à Fornoue, l'obligeant à livrer bataille.

Campagne précédant la bataille[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté Naples, l'armée française fait plusieurs haltes prolongées, notamment à Sienne puis Pise, ce qui donne le temps à l'armée ennemie de la devancer et de l'attendre au débouché des Apennins, à proximité de Parme. Mais, ne pouvant se résoudre à abandonner totalement sa conquête, Charles VIII laisse de fortes garnisons dans les villes les plus importantes, réduisant d'autant l'effectif de son armée. Après avoir traversé à grand-peine les montagnes, handicapé par son artillerie qu'il ne pouvait se décider à abandonner, le roi parvient devant les coalisés le 5 juillet à Fornoue.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Bataille de Fornoue, 6 juillet 1495.

Le lendemain, après avoir envoyé Philippe de Commines proposer en vain aux coalisés de laisser l'armée française poursuivre son chemin vers la France sans combattre, les Français, à court de vivres, se mirent en branle.
Le maréchal de Gié commandait l'avant-garde, la Trémoille le corps de bataille et le Vicomte de Narbonne l'arrière-garde.
Ils étaient dans un vallon d'où ils ne pouvaient déboucher qu'en prêtant le flanc à l'armée ennemie située sur une colline de l'autre côté d'un torrent guéable à cette période de l'année. Voyant les Français en mouvement, l'ennemi passa le torrent et attaqua simultanément l'avant et l'arrière-garde françaises. S'emparant du bagage de l'armée française, l'ennemi se mit à le piller plutôt que de combattre et perdit donc la bataille avant de s'enfuire en déroute.
Le combat ne dura pas une heure en tout. Les troupes françaises[1] montrèrent tout particulièrement un courage et une fougue que les Italiens reconnurent en lui donnant le nom de furia francese. Le roi, tout particulièrement, y fit preuve de bravoure et risqua par deux fois de se faire capturer ou blesser suite à des confrontations directes avec l'ennemi.
Philippe de Commines relate l'exploit réalisé par Mathieu de Bourbon dit le Grand Bâtard de Bourbon. Le Grand Bâtard de Bourbon a sauvé le Roi Charles VIII et a poursuivi les ennemis. Suite à cette bataille, Mathieu de Bourbon resta prisonnier chez les Mantoue qui étaient ses cousins. Mathieu de Bourbon revint en France en fin d'année 1495 et au retour il construisit la plus belle tour de toute la plaine du Forez, au Château de Bouthéon.

Bilan[modifier | modifier le code]

L'ennemi fuit vers Parme. Les Français ne profitèrent pas pleinement de leur victoire n'osant pas poursuivre les coalisés jusqu'à Parme pour tenter de leur infliger une défaite plus nette. Menacés par la disette, les Français levèrent le camp en secret pendant la nuit et prirent une certaine avance sur les coalisés qui, après s'être regroupés et avoir pris conscience du départ des Français, furent bloqués par le torrent dont le débit avait brusquement augmenté.

La bataille de Fornoue permit donc à l'armée française, de poursuivre sa retraite pour arriver à Asti.

Iconographie[modifier | modifier le code]

La Vierge de la Victoire par Andrea Mantegna.
  • Andrea Mantegna, La Vierge de la Victoire, 1496, Musée du Louvre, Paris.
  • Féron, E. F., Bataille de Fornoue. 6 juillet 1495, 1837, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bénédetti, A., Diaria de Bello Carolino, éd. Schullian, D. M., New York, 1967.
  • Bénédetti, A., Il fatto d'arme del Tarro fra i principi italiani et Carlo ottavo re di Francia ; insieme con l'assedio di Novara, éd. Domechi, L., Novara, 1863.
  • Commynes, P. De, Mémoires, éd. Blanchard, J., 2 t., Genève, 2007.
  • Guicciardini, F., Storia d'Italia, éd. Mazzali, E., 3. vol. Milan, 2006.
  • La Vigne, A. De, Le Voyage de Naples, éd. Slerca, A., vol. II, Milan, 1981.
  • Lettre de Gilbert Pointet à Jehan Parent, Asti, 15 juillet 1495, dans La Pilorgerie, J. De, Campagne et bulletins de la grande armée d'Italie commandée par Charles VIII, Nantes-Paris, 1860, p. 351-361.
  • Malipiero, D., Annali veneti dell'anno 1457 al 1500, éd. Longo, F., 2 vol., Florence, 1843-1844, dans Archivio storico italiano, t. VII, vol. I, 1843, p. 5-586.
  • Sanudo, M., La Spedizione di Carlo VIII in Italia, éd. Fulin, R., Venise, 1873.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Composée des bandes suisses et des bandes françaises