Armée du Portugal

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'armée française de la Guerre d'Espagne. Pour l'armée portugaise, voir Forces armées portugaises.
Armée du Portugal
Période 23 décembre 1807 – juillet 1813
Pays Drapeau de l'Empire français Empire français
Ancienne dénomination 1er corps d'observation de la Gironde
Batailles Bataille de Vimeiro
Siège de Ciudad Rodrigo (1810)
Bataille de Buçaco
Bataille de Fuentes de Oñoro
Bataille des Arapiles
Bataille de Vitoria
Commandant historique Jean-Andoche Junot
André Masséna
Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont

L'armée du Portugal (ou armée de Portugal) est une des armées françaises qui combat dans la péninsule Ibérique pendant la guerre d'Espagne.

Création et dénominations[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre 1807, le 1er corps d'observation de la Gironde prend le nom d'armée du Portugal[1]. Le 18 octobre 1808, elle reprend le nom de 8e corps d'armée[1].

En 1809, le 6e corps prend le nom d'armée du Portugal[1]. Le 17 avril 1810, l'ensemble des forces pénétrant au Portugal sont regroupés dans une armée du Portugal, qui conserve ce nom après son retour en Espagne et jusqu'à la réorganisation des armées en Espagne en juillet 1813[2].

Commandants en chef[modifier | modifier le code]

Le maréchal Masséna, commandant en chef de l'armée du Portugal en 1810 et 1811.

Le premier commandant en chef de l'armée du Portugal est le général Junot, qui espère y trouver son bâton de maréchal[3]. Il conserve ce commandement jusqu'à son retour en France après la capitulation de Cintra[3].

En 1809, le maréchal Ney commande le 6e corps puis laisse le commandement provisoire au général Marchand[4]. Le roi Joseph Bonaparte confie finalement le commandement de l'armée du Portugal au général François-Étienne Kellermann[4].

En 1810, Napoléon Ier confie le commandement de la nouvelle armée du Portugal au maréchal Masséna[5]. Celui-ci est remplacé après la bataille de Fuentes de Oñoro par le maréchal Marmont et lui remet le commandement de l'armée le 11 mai 1811[6]. Après sa défaite et sa blessure aux Arapiles en juillet 1812, Marmont cède le commandement au général Clauzel auquel succèdent le général Souham puis le général Reille qui conserve le commandement jusqu'en juillet 1813[7].

Composition[modifier | modifier le code]

1807-1808[modifier | modifier le code]

Pour l'expédition du Portugal, Junot ne dispose que de troupes inexpérimentées, issues des levées de 1806 et 1807[8]. La jeunesse et l'inexpérience des troupes va entrainer une fonte importante des effectifs pendant la marche sur Madrid[8].

1809[modifier | modifier le code]

En 1809, l'armée du Portugal est constituée du seul 6e corps.

1810[modifier | modifier le code]

En septembre 1810, l'armée du Portugal est constituée du 2e corps du général Reynier, du 6e corps du maréchal Ney, du 8e corps du général Junot et d'une réserve de cavalerie sous les ordres du général de Montbrun, soit 59 000 hommes[9].

1811[modifier | modifier le code]

1812[modifier | modifier le code]

Au moment de livrer la bataille des Arapiles, l'armée du Portugal est composée de huit division d'infanterie, d'une division de cavalerie légère et d'une division de dragons totalisant 43 266 fantassins, 3 575 cavaliers, 2 811 artilleurs, membres du génie et du train et 78 canons[10].

1813[modifier | modifier le code]

Campagnes et engagements[modifier | modifier le code]

Les différents corps portant le nom d'armée du Portugal sont constitués avec pour objectif la conquête du Portugal. Leurs zones d'opérations se situent donc principalement au Portugal et dans l'Ouest et le Nord-Ouest de l'Espagne.

Le 1er corps d'observation de la Gironde franchit la Bidassoa le 8 octobre 1807 et marche vers le Portugal[3]. Après avoir atteint la frontière hispano-portugaise, l'armée du Portugal traverse le Haut-Beira dans des conditions dantesques[11]. Après avoir pris Abrantès, l'armée continue sa marche forcée vers Lisbonne[12]. Junot entre dans la ville dès la fin novembre 1807 et le reste de l'armée le rejoint progressivement au début du moi de décembre[13].

Une fois Lisbonne prise, l'armée du Portugal s'attache à pacifier la région, en état de révolte larvée et à empêcher le débarquement des Anglais[14]. Cependant, au début du mois d'août, 10 000 soldats anglais aux ordres du jeune général Wellesley débarquent à Figueira da Foz[15]. Battue à Vimeiro, l'armée du Portugal évacue Lisbonne sur les navires britanniques après la convention de Cintra.

Carte de la retraite de l'armée du Portugal au printemps 1811.

Au mois de juin 1810, la nouvelle armée du Portugal met le siège devant Ciudad Rodrigo, qui capitule après 41 jours de résistance, puis s'empare d'Almeida[16]. Après avoir rallié le corps de Reynier venant d'Estrémadure, Masséna lance le 15 septembre son offensive[17]. Après avoir échoué à enfoncer Wellington à la bataille de Buçaco, il parvient à manœuvrer pour forcer le commandant britannique à retraiter jusqu'aux lignes de Torres Vedras[18]. Sans parc d'artillerie, l'armée du Portugal ne peut forcer la position britannique et se contente d'en faire le blocus[19], tout en recevant le renfort du corps du général Drouet d'Erlon à la mi-novembre[20]. Le 5 mars 1811, Masséna ordonne le replie et le 6e corps de Ney assure l'arrière garde[21]. Celui-ci est plusieurs fois accroché par l'armée anglaise.

En rentrant en Espagne, l'armée du Portugal laisse une petite garnison à Almeida[22]. Le 31 mai, l'armée du Portugal sort de Ciudad Rodrigo pour tenter de débloquer Almeida[23] mais est battue par l'armée britannique à la bataille de Fuentes de Oñoro.

À la fin du mois de mai 1811, le nouveau commandant de l'armée du Portugal, le maréchal Marmont, répond à l'appel du maréchal Soult et marche vers le Sud pour débloquer Badajoz assiégée[24]. Il y fait sa jonction avec l'armée d'Andalousie mais les deux maréchaux renoncent à attaquer Wellington et l'armée du Portugal se déploie en Estrémadure de part et d'autre du Tage[25]. En septembre 1811, l'armée du Portugal et l'armée du Nord parviennent à forcer Wellington à lever le siège de Ciudad Rodrigo[26].

En 1812, après plusieurs jours de manœuvres au nord de Salamanque, l'armée du Portugal est battue par l'armée anglaise lors de la bataille des Arapiles[27]. Elle se replie vers le nord et pense ses plaies pendant que Wellington prend Madrid. À la fin du mois d'août, Clauzel lance une offensive vers le Sud, mais, contré par Wellington, il doit se replier et évacuer Burgos[28]. Fin octobre, l'armée du Portugal et l'armée du Nord avancent au secours de Burgos et Wellington se replie jusqu'à Ciudad Rodrigo pour éviter d'être pris en tenaille par les forces de Soult et du roi Joseph[29].

Pendant la campagne de 1813, l'armée du Portugal recule devant les Anglais puis participe à la bataille de Vitoria où les armées françaises sont sévèrement battues par les Anglo-portugais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pigeard 2002, p. 55
  2. Pigeard 2002, p. 56
  3. a, b et c Tulard 1999, p. 101
  4. a et b Reiss 2009, p. 479
  5. Hulot 2005, p. 251
  6. Hulot 2005, p. 294-295
  7. Tulard 1999, p. 896
  8. a et b Reiss 2009, p. 438
  9. Hulot 2005, p. 341
  10. Smith 1998, p. 380
  11. Reiss 2009, p. 439
  12. Reiss 2009, p. 441
  13. Reiss 2009, p. 442
  14. Reiss 2009, p. 449
  15. Reiss 2009, p. 450
  16. d'Arjuzon 1999, p. 158
  17. Hulot 2005, p. 264
  18. Hulot 2005, p. 270
  19. Hulot 2005, p. 274
  20. Hulot 2005, p. 277
  21. Hulot 2005, p. 281
  22. Hulot 2005, p. 285
  23. Hulot 2005, p. 287
  24. d'Arjuzon 1999, p. 183
  25. d'Arjuzon 1999, p. 184
  26. d'Arjuzon 1999, p. 186
  27. d'Arjuzon 1999, p. 198
  28. d'Arjuzon 1999, p. 205
  29. d'Arjuzon 1999, p. 207

Bibliographie[modifier | modifier le code]