Armée des Vosges (1870)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Armée des Vosges.

L'armée des Vosges est constituée en octobre 1870 et placée sous les ordres de Giuseppe Garibaldi afin d'assurer la défense de la route de Lyon des armées prussiennes lors la guerre franco-allemande de 1870.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : bataille de Dijon (1870).

Deux jours après la défaite de Sedan pendant la guerre franco-allemande de 1870 qui signe la chute de Napoléon III, Paris s'insurge et la Troisième République est proclamée[1],[2]. Giuseppe Garibaldi, républicain italien, à la proclamation de la république, envoie un message au gouvernement de la Défense nationale, « Ce qui reste de moi est à votre disposition, disposez[3],[4] ». La frange conservatrice et catholique ne voit en lui qu'un révolutionnaire et l'adversaire de 1849 et 1867. Finalement, certain du soutien des Comités Populaires et de personnalités du gouvernement, Garibaldi, débarque le 7 octobre à Marseille où le soutien populaire est important[3],[4].

Après avoir rejoint Tours, faisant office de capitale, et Léon Gambetta, Ministre de la Guerre et défenseur de la résistance contre les Prussiens, celui-ci n'offre à Garibaldi qu'un petit commandement, aucun officier supérieur français n'acceptant d'être sous ses ordres[3],[5]. Gambetta lui confie malgré tout le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges, de Strasbourg à Paris et une brigade de gardes mobiles qui prend le nom de « armée des Vosges »[6].

L'armée est mal armée et mal équipée pour affronter un hiver particulièrement froid[7]. Elle est composée de coloniaux, de gardes nationaux originaires des Alpes-Maritimes et de Savoie, de corps-francs (Est et Sud-est de la France), de volontaires étrangers (polonais, hongrois, espagnols, américains et, surtout, italiens) : initialement moins de 4 000 hommes.

Garibaldi place son état-major à Dole le 14 octobre et, le 11 novembre, il organise l'armée en quatre brigades sous le commandement de ses deux fils, Ricciotti et Menotti, de Delpech[N 1] qui sera remplacé par Cristiano Lobbia et du Polonais Jozef Bossak-Hauké[8],[9],[10]. Bordone est quant à lui chef d'état-major et le gendre de Garibaldi, Stefano Canzio, chef du quartier général avant de devenir commandant d'une 5e brigade[10].

Le 19 novembre, Ricciotti inflige une défaite aux Prussiens du général Werder à Châtillon-sur-Saône mais le théâtre des opérations reste Dijon[11]. Le 26 novembre, la ville qui est occupée depuis le 31 octobre ne peut être reprise aux Prussiens. Ceux-ci sont repoussés lors d'une contre-offensive le 1er décembre. Il faut attendre le 21 janvier 1871 pour que Garibaldi s'installe à Dijon, évacuée par les Prussiens le 17 décembre, ces derniers étant informés de l'arrivée depuis le nord des troupes régulières françaises menées par le général Bourbaki[11]. Les 21, 22 et 23 janvier 1871, Dijon est attaquée par 4 000 Prussiens : Garibaldi sort victorieux tandis que Ricciotti s'empare d'un drapeau du 61e régiment poméranien[12]. Un armistice entre en vigueur le 28 janvier 1871[13].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le parlement français ainsi que l'état-major critiquent aussi l'action de Garibaldi et de son armée, le traitant d'imposteur. La commission d'enquête parlementaire présente Garibaldi comme un général politique et un traître révolutionnaire[14].

L'affaire du colonel Chenet est utilisée contre Garibaldi car l'armée y voit une insulte impardonnable à son honneur. Cet officier qui commande 4 compagnies (Guérilla gréco-française d’Orient) quitte Autun qu'il doit protéger sans ordre afin de rejoindre Lyon. Il est ramené à Autun et condamné à mort par une cour martiale, le 13 décembre 1870. Chenet est gracié par Garibaldi qui commue la peine en une dégradation en public. Le jugement est cassé le 2 février pour vice de forme puis Chenet est acquitté le 30 mars par le conseil de guerre à Lyon[15],[16],[17].

En 1903, Foch publie Des principes de la guerre. Il y souligne que Garibaldi, alors qu'il aurait pu utiliser une seule brigade, a immobilisé ses 20 à 30 000 hommes face à la brigade prussienne de 4 000 hommes au lieu de se porter au secours de l'armée de l'Est de Bourbaki, comme il en avait reçu l’ordre. Foch rend alors l'orgueil de Garibaldi responsable du désastre de l’armée de l’Est[13].

Composition de la troupe[modifier | modifier le code]

Francs-tireurs

Le total des troupes, au moment de l'armistice, est de 20 à 30 000 hommes comprenant des Polonais, des Britanniques, des Basques espagnols, des Grecs et des Égyptiens ainsi que des « Turcos »[18], troupes algériennes qui participent pour la première fois à des combats en France.

Les noms des compagnies sont parfois étranges[18] :

  • Les Francs-Tireurs de la Mort d'Algérie,
  • Les Francs-Tireurs de la Morte de Constantine et de Guelma,
  • Le 2e bataillon de l'Égalité de Sidi-Bel-Abbes,
  • Les Compagnies d'Algérie,
  • La Guérilla Marseille,
  • La Compañia Española,
  • Les Ours de Nantes.
détail par brigades[15]

1re brigade :

  • Général Jozef Bossak-Hauké
  • 42e provisoire (mobiles de l'Aveyron) : Lieutenant-colonel Williame.
  • Ve légion de l'Isère : Lieutenant-colonel Bleton.
  • Carabiniers génois : Commandant Razetto.
  • Éclaireurs de Gray : Commandant Neveux.
  • Francs-tireurs du Midi : Commandant Goût.
  • Francs-tireurs de Philippeville : Commandant Bablon.
  • Francs-tireurs de Bône
  • 1re compagnie de francs-tireurs volontaires du Rhône : Capitaine Tainturier.
  • Compagnie franco-espagnole : Capitaine Artigala.
  • Compagnie de tirailleurs : Capitaine Pasanisi.
  • Compagnie espagnole : Commandant Garcia.
  • Garibaldiens d'Alger : Capitaine Dubiez.
  • Garibaldiens génois : Commandant Panazzi.
  • Légion italienne dite de Marsala : Commandant Orense.
  • Chasseurs égyptiens : Commandant Pennazi.

2e brigade :

  • Colonel Delpech, Lobbia.
  • Chef d'état-major : Capitaine Jolivalt (armée régulière).
  • Bataillon de la garde mobile du Gard : Commandant Braconnier.
  • 1er bataillon de l'Égalité : Commandant Gauthier.
  • 2e bataillon de l'Égalité : Commandant Raymond.
  • Guérillas de Marseille : Commandant Bousquet.
  • Tirailleurs garibaldiens du Var : Commandant Danilo.
  • Francs-tireurs de l'Atlas : Commandant Gallien.
  • Guérillas d'Orient: Commandant Chenet, puis Jacquot dit de Saulcy.
  • Éclaireurs de la brigade : Capitaine Corso.
  • Compagnie de marins : Capitaine Genêt.

3e brigade :

  • Général Menotti Garibaldi.
  • Chef d'état major : Commandant San Ambrosio.
  • 1er bataillon de mobiles des Alpes-Maritimes : Commandant Bruneau.
  • 2e bataillon de mobiles des Alpes-Maritimes : Commandant Guide, Monnié.
  • Bataillon de mobiles des Hautes-Alpes : Commandant Batbélemy.
  • 3e bataillon de mobiles des Basses-Pyrénées : Commandant Borel, Hiriart.
  • 3e légion de mobilisés de l'Isère : Lieutenant-colonel Combarieu.
  • Francs-tireurs mixtes : Commandant Loste.
  • Compagnie de Colmar
  • Chasseurs des Alpes
  • Francs-tireurs réunis d'Oran
  • Francs-tireurs de Franche-Comté
  • Compagnie de Vaucluse : Capitaine Eyraud.
  • Garde civique marseillaise : Commandant Debray.

4e brigade :

  • Colonel Ricciotti Garibaldi.
  • Chef d'état-major : Capitaine (A) d'Houtetot.
  • Intendant : Baumes.
  • Payeur: Martinet.
  • Chef de la mission télégraphique : Pascalin.
  • 2e légion de mobilisés de l'Isère : Colonel Blache (24 janvier).
  • Bataillon Nicolaï : Commandant Nicolaï.
  • Francs-tireurs de l'Allier : Prieur.
  • Chasseurs savoisiens : Commandant Michard et Carré.
  • Francs- tireurs de l'Aveyron : Commandant Rodât.
  • Chasseurs du Dauphiné (2 compagnies)
  • Éclaireurs du Doubs : Commandant Bégey.
  • Francs-tireurs de la Côte-d'Or : Commandant Godillot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scirocco 2011, p. 350
  2. Colella 2006, p. 63
  3. a, b et c Scirocco 2011, p. 351
  4. a et b Colella 2006, p. 68
  5. Colella 2006, p. 69
  6. Hayward 1933, p. 315
  7. Scirocco 2011, p. 352
  8. Hayward 1933, p. 316
  9. « page 1 notre association - Mémoire armée des Vosges Garibaldi », sur amag.com.sitew.com (consulté le 2 juin 2012)
  10. a et b Garibaldi 2008, p. 394
  11. a et b Scirocco 2011, p. 353
  12. Scirocco 2011, p. 354
  13. a et b « Garibaldi et l'Europe par Hubert Heyries » (consulté le 19 décembre 2011)
  14. Heyriès 2002, p. 127
  15. a et b Document scanné de qualité médiocre « Campagne de l'Est en 1870-1871 » (consulté le 31 décembre 2011)
  16. « Le Petit Journal » (consulté le 31 décembre 2011)
  17. Colella 2006, p. 80
  18. a et b Colella 2006, p. 72

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marseillais, ancien comptable devenu, par la révolution du 4 septembre, préfet des Bouches-du-Rhône, puis colonel de volontaires La Guerre de France en 1870-71, La Campagne de l’Est et le général Bourbaki, Charles de Mazade, dans d'autres Les sources, on évoque le général Marie (Hayward 1933, p. 316).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Giampaolo Colella, La campagna dei Vosgi di Garibaldi e l'opinione pubblica francese, t. 21, Publicación anual de la Asciación Cultural Garibaldina de Montevideo,‎ 2006 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Hubert Heyriès, Garibaldi, le mythe de la révolution romantique, Toulouse, Privat,‎ 2002, 159 p. (ISBN 2 7089 0805 7) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) Alfonso Scirocco, Garibaldi, battaglie, amori, ideali di un cittadino del mondo, Bari, Laterza,‎ 2011, 431 p. (ISBN 978-88-420-8408-2) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Fernand Hayward, Garibaldi, Éditions du Siècle,‎ 1933 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Giuseppe Garibaldi, Mémoire d'un chemise rouge, Sextant,‎ 2008, 437 p. (ISBN 978-2-84978-024-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Lien externe[modifier | modifier le code]