Nathan de Gaza

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Portrait de Nathan de Gaza (Jewish Encyclopedia)

Nathan Benjamin ben Elisha ha-Levi Ghazzati connu sous le nom de Nathan de Gaza (1643–1680) (en hébreu : נתן עזתי) est un théologien juif né à Jérusalem, mort le 11 janvier 1680 à Skopje en Macédoine, fameux pour avoir été le prophète du faux messie Sabbataï Tsevi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît à Jérusalem d'un père juif allemand, d'où son surnom d'Ashkenazi. Il étudie dans cette ville le Talmud et la Kabbale puis s'établit à Gaza d'où le nom sous lequel il est couramment appelé. Quand, en 1663, Sabbataï Tsevi retourne en Palestine après un séjour au Caire et séjourne à Gaza, Nathan de Gaza entre en contact avec lui et devient rapidement un de ses plus chauds partisans, plaidant sa cause par des écrits vigoureux. Les disciples de Sabbataï Tsevi affirmaient que Nathan de Gaza avait retrouvé un ancien manuscrit qui énonçait que leur maître était le Messie. Nathan de Gaza prétendait être le prophète Élie ressuscité, annonciateur du Messie. Des révélations prophétiques s'ensuivent. Au printemps 1665, Nathan de Gaza annonce qu'au milieu de l'année suivante, le Messie apparaîtrait dans toute sa gloire, ferait prisonnier le sultan ottoman et établirait l'emprise d'Israël sur toutes les nations de la terre. Lui-même gouvernerait la Turquie alors que Sabbataï Tsevi conquerrait toutes les autres nations.

En voyant l'hostilité des rabbins au mouvement lancé par Sabbataï Tsevi, Nathan de Gaza proclame Gaza ville sainte. Il le fait connaître par les importantes communautés juives européennes en leur adressant de Palestine des lettres circulaires. Puis il se rend dans les principales villes d'Europe, d'Afrique et d'Inde pour finalement retourner en Palestine. Même après l'apostasie de Sabbataï Tsevi, Nathan ne déserte pas sa cause. Mais, trouvant peu prudent de séjourner plus longtemps en Palestine, il prévoit de se rendre à Smyrne. Les rabbins, constatant l'emprise de ce mouvement sur des fidèles crédules, excommunient le 9 décembre 1666 tous les partisans de Sabbataï Tsevi et particulièrement Nathan de Gaza. Ils interdisent à tous de lui donner l'hospitalité ou même de l'approcher. Après un séjour de quelques mois à Smyrne, il se rend à Andrinople où, malgré ses promesses de rester tranquille, il continue sa propagande. Il demande aux partisans de Sabbataï Tsevi d'Andrinople de ne plus respecter les jeûnes du 17 Tammouz et du 9 Av.

À nouveau excommunié à Adrinople, il part avec quelques partisans à Salonique où il reçoit un accueil très mitigé. Il a plus de succès avec les communautés de Chios et de Corfou. Puis, en mars 1668, il part à Venise où le rabbinat ainsi que les autorités l'obligent à admettre par écrit que toutes ses prophéties sont le seul produit de son imagination. Après que la confession est publiée, Abraham ha-Yalkini, le premier à avoir reconnu Sabbataï Tsevi comme le Messie, écrit une lettre à Nathan de Gaza où il le plaint pour les persécutions qu'il endure et lui exprime son indignation devant les agissements du rabbinat vénitien. Les Juifs vénitiens persuadent alors Nathan de partir pour Livourne où la population juive est connue comme lui étant hostile. Ils lui adjoignent une escorte, prétextant une marque d'honneur, en fait pour s'assurer qu'il va bien à Livourne. Il réussit cependant à gagner Rome où, en dépit de son déguisement, il est reconnu et banni de la ville. Il va alors volontairement à Livourne où il persuade quelques-uns de la justesse de sa cause. Puis, de Livourne, il retourne à Andrinople et semble avoir passé le reste de sa vie à voyager.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Nathan de Gaza est l'auteur de multiples lettres et de divers ouvrages où il développe sa propre théologie, fusionnant la compréhension qu'on avait alors de la kabbale avec des éléments du mysticisme d'Isaac Louria. Dans son Traité des Dragons, il va jusqu'à rejeter les commandements, positifs ou négatifs, de la Torah, ce qui devient le fondement de ce que Gershom Scholem a appelé l'antinomisme sabbatéen.

Nathan de Gaza est l'auteur supposé de l'ouvrage anonyme « Hemdat Yamim » qui traite de la pratique des rites du judaïsme et de la prière. Cet ouvrage est organisé en 3 parties, dont la seconde est suivie par un petit traité kabbalistique « Hadrat Ḳodesh » relatif à la Genèse. Cet ouvrage est complété par « Ozar Nehmad ». Il écrit aussi « Peri 'Ez Hadar », un recueil de prières de Tou Bichvat et « Tikkun Keri'ah », un ouvrage sur les doctrines de Sabbataï Tsevi. Pour nombre de rabbins ses ouvrages, qui ont servi de base au sabbatéisme, sont contraires au judaïsme et sacrilèges.

Ses récits de voyage ont été traduits en allemand.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]