Alma Mahler

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Alma Mahler

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Alma Mahler (1899).

Nom de naissance Alma Schindler
Naissance
Vienne,
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 85 ans)
New York,
Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Compositeur
Activités annexes Peintre
Maîtres Alexander von Zemlinsky
Ascendants Emil Jakob Schindler
Conjoint Gustav Mahler
Walter Gropius
Franz Werfel

Alma Maria Mahler (née Schindler, Vienne, 31 août 1879New York, 11 décembre 1964), fut successivement l'épouse du compositeur Gustav Mahler, de l'architecte Walter Gropius et du romancier Franz Werfel. Peintre et musicienne, elle a composé des lieder.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du peintre paysagiste Emil Jakob Schindler et de sa femme Anna von Bergen, Alma grandit à Vienne. Parmi les amis de son père, on compte Gustav Klimt, à qui elle aurait donné son « premier baiser ».

Elle est généralement reconnue comme une femme ambitieuse que plusieurs contemporains décrivent négativement. La lecture croisée du chapitre féroce d'Elias Canetti ("Trophées" dans Jeu de regard. Histoire d'une vie. 1931-1937.), du journal intime d'Alma (qui contient ses propres hésitations et aspirations) et de la somme d'Henry-Louis de La Grange, biographe de Mahler, permet de se faire une idée des tiraillements entre la légende et le caractère réel de la femme qu'on devine pas toujours facile à saisir.

Issue d'un milieu cultivé, musicienne, belle, intelligente, indépendante d'esprit, Alma est courtisée du Tout-Vienne. Elle fréquente quelques personnages éminents de la capitale, dont Klimt, le directeur de théâtre Max Burckhard (de) et le compositeur Alexander von Zemlinsky avant d'épouser en 1902 Gustav Mahler, de dix-neuf ans son aîné, pour une vie de couple tumultueuse. Ils s'aimeront passionnément même si la nature possessive d'Alma et son aptitude à séduire tous les grands hommes passant sur son chemin mettent plusieurs fois en péril l'harmonie du couple. Son charme naturel et sa vivacité transforment Mahler qui rencontre, grâce à elle, d'éminent artistes comme le poète dramatique Gerhart Hauptmann, les peintres Gustav Klimt et Koloman Moser ou le chef de file de l'avant-garde musicale viennoise, Arnold Schönberg.

En épousant Mahler, il est convenu qu'elle doit abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture. Frustrée, souvent sacrifiée au travail d'un mari distrait et exigeant, Alma succombe au charme de l'architecte Walter Gropius, avec lequel elle s'engage dans une relation extraconjugale. Mais le divorce est exclu. En raison de l'échec de leur relation conjugale que Mahler attribue à son âge, il consulte Sigmund Freud avec lequel il a de longues conversations. « Votre femme cherche son père dans l'homme qu'elle aime, vous êtes celui-là », lui dit-il[1]. L'entretien semble avoir été d'un certain secours au compositeur qui écrit à sa femme « …Suis joyeux. Conversation intéressante… »[2] ». De fait, Mahler recouvre « sa capacité d'amour » pour Alma durant les derniers mois de sa vie[2].

Alma a deux enfants avec Mahler, Maria (1902-1907), qui meurt de la scarlatine ou de la diphtérie, et Anna (1904-1988) qui deviendra sculpteur.

À la mort de Mahler en 1911 (décédé à l'âge de 50 ans d'une endocardite, maladie du cœur rare), Alma, jeune veuve riche, est engagée en novembre de la même année comme assistante par le biologiste autrichien Paul Kammerer, qui était fou d'elle et qui devint son amant. Mais leur relation prend fin au printemps 1912. Pendant deux ans, Alma est la maîtresse de l'écrivain et peintre Oskar Kokoschka, qui, pour représenter leur amour, réalise la toile La Fiancée du vent (en). Effrayée par la passion qu'elle suscite en lui, Alma rompt avec Kokoschka, lequel part pour Berlin.

Alma, qui dans le même temps fréquentait toujours Gropius, l'épouse en 1915 et de leur union naît Manon en 1916. Cette dernière décède de la poliomyélite en 1935, à l'âge de 18 ans. Le compositeur Alban Berg, grand ami d'Alma et qui aimait beaucoup Manon, dédie à sa mémoire le Concerto à la mémoire d'un ange. Dès 1919, elle vit avec le romancier Franz Werfel. Enceinte de lui (elle a quarante ans) alors qu'elle est toujours mariée avec Gropius, elle divorce en 1920, mais leur enfant, Martin Carl Johannes, naît prématurément et meurt à dix mois. Elle épouse Werfel en 1929.

En 1938, Alma et Werfel fuient l'Anschluss et se réfugient en France, où ils trouvent asile auprès d'autres intellectuels exilés à Sanary-sur-Mer, dans le Var, (Exil en paradis, artistes et écrivains sur la Riviera (1933-1945), Manfred Flügge). Mais l'invasion et l'occupation de la France par les Allemands en 1940 les contraignent de nouveau à fuir avec l'aide du journaliste américain Varian Fry installé à Marseille. Ils franchissent à pied les Pyrénées pour se rendre en Espagne puis au Portugal d'où ils embarquent pour les États-Unis.

Ils s'installent à Los Angeles, où Werfel connaît le succès lorsque Le Chant de Bernadette est adapté au cinéma, avec notamment Jennifer Jones. Après la mort de Werfel en 1945, Alma retourne à New York, où elle devient une actrice culturelle majeure jusqu'à sa mort[réf. nécessaire] en 1964, à l'âge de 85 ans.

L'histoire de sa vie a été adaptée au cinéma dans le film de Bruce Beresford, Alma, la fiancée du vent. Elle a également été l'objet d'un best-seller de Françoise Giroud (Alma Mahler, ou l'art d'être aimée). Il est à noter que sa présence dans l'imaginaire public est plus liée aux rencontres de sa vie amoureuse qu'à ses œuvres - ce dernier ouvrage refuse explicitement, par exemple, de parler de sa musique[3].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Artiste peintre, Alma Schindler commence des études de composition avec Alexander von Zemlinsky en 1897. Mais elle n'est artistiquement productive que durant sa jeunesse. Elle compose quelques lieder et des pièces instrumentales, tout en commençant à travailler sur un opéra.

Les cinq lieder de 1910[modifier | modifier le code]

  • Die stille Stadt, (Richard Dehmel) ;
  • In meines Vaters Garten, (Otto Erich Hartleben) ;
  • Laue Sommernacht, (Gustav Falke) ;
  • Bei dir ist es traut, (Rainer Maria Rilke) ;
  • Ich wandle unter Blumen, (Heinrich Heine).

Les quatre lieder de 1915[modifier | modifier le code]

  • Licht in der Nacht, (Otto Julius Bierbaum) ;
  • Waldseligkeit, (Richard Dehmel) ;
  • Ansturm, (Richard Dehmel) ;
  • Erntelied, (Gustav Falke).

Les cinq lieder de 1924[modifier | modifier le code]

  • Hymne, (Novalis) ;
  • Ekstase, (Otto Julius Bierbaum) ;
  • Der Erkennende, (Franz Werfel) ;
  • Lobgesang, (Richard Dehmel) ;
  • Hymne an die Nacht, (Novalis).

Publications posthumes[modifier | modifier le code]

En 2000, deux nouveaux lieder sont publiés[4] :

  • Kennst du meine Nächte, (probablement de Rilke) ;
  • Leise weht ein erstes Blühn, (Rainer Maria Rilke).

Elle aurait composé une centaine de lieder qui restent encore inédits.

Sa musique connaît un regain d'enregistrements, mais toujours sur la base des quatorze à seize lieders publiés ; elle n'est en revanche que très rarement programmée en concert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry-Louis de La Grange, Gustav Mahler. Chronique d'une vie. III Le Génie foudroyé 1907-1911, Fayard, 1984
  2. a et b Gustav Mahler, Lettres à Alma, Van de Velde, 1979, traduction de M. et R. d’Asfeld
  3. « L'art n'y a peut-être rien perdu de majeur, comment savoir ? La plupart de ses œuvres ont disparu. Mais ce n'est pas la question. » Cité par : Danielle Roster in Die großen Komponistinnen, Insel Verlag, Frankfurt-sur-le-Main 1998 (ISBN 3-458-33816-0). Traduit en français par Denise Modigliani comme : Les Femmes et la création musicale. Éditions l'Harmattan, Paris 1998 (ISBN 2-7384-6565-X).
  4. Susan M. Filler, Hildegard Publ. Comp., Bryn Mawr, États-Unis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry-Louis de La Grange : Gustav Mahler. Chronique d'une vie. II L'âge d'Or de Vienne 1900-1907. Fayard, 1983.
  • Henry-Louis de La Grange : Gustav Mahler. Chronique d'une vie. III Le Génie foudroyé 1907-1911. Fayard, 1984.
  • Gustav Mahler: Lettres à Alma, traduction de M. et R. d’Asfeld, Van de Velde, 1979.
  • Alma Mahler-Werfel: Gustav Mahler − Mémoires et correspondance, traduit par Nathalie Godard, Lattès, 1980.
  • Alma Schindler-Mahler : Ma vie, traduction Gilberte Marchegay, Hachette, 1985.
  • Karen Monson: Alma Mahler, muse de tous les génies, Buchet-Chastel, 1985.
  • Françoise Giroud: Alma Mahler ou l’art d’être aimée, Laffont, 1985.
  • Françoise Lalande: Alma Mahler, Actes Sud, 1989.
  • Catherine Sauvat: Alma Mahler − Et il me faudra toujours mentir, Payot & Rivages, 2009.
  • Alma Mahler-Werfel: Journal intime, Suites 1898-1902, traduction Alexis Tautou, Payot & Rivages, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]