Adolphe d'Ennery

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Adolphe Philippe d'Ennery

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D'Ennery vers 1890

Nom de naissance Adolphe Philippe
Autres noms Adolphe d’Ennery
Activités Dramaturge
Naissance 17 juin 1811
Paris
Décès 26 janvier 1899
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Théâtre

Œuvres principales

Adolphe Philippe d'Ennery[1] est un romancier et dramaturge français, né le 17 juin 1811 à Paris, ville où il est mort le 26 janvier 1899.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adolphe Philippe[2], dans une fratrie d'au moins cinq enfants [3], il est le fils naturel de Jacob Philippe et Guiton Dennery. Reconnu et légitimé au mariage de ses parents en 1812[4], il est autorisé par le tribunal civil de la Seine à ajouter à son patronyme celui de sa mère, d'Ennery (sous une forme légèrement modifiée), le 10 janvier 1860[5].

Auteur extrêmement prolifique, d'Ennery écrivit (presque toujours en collaboration) plus de deux cents œuvres dramatiques entre 1831 et 1887. Sa pièce la plus populaire reste Les Deux Orphelines, drame en 5 actes écrit avec Eugène Cormon et créé le 20 janvier 1874 au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Parmi ses autres œuvres, on peut citer La Grâce de Dieu[6] avec Gustave Lemoine (Gaîté, 1871), Marcelle avec Jules-Henri Brésil (Vaudeville, 1874) et Le Tour du monde en quatre-vingts jours d’après Jules Verne (Porte Saint-Martin, 1875) ainsi que de nombreux livrets d’opéras, parmi lesquels Si j’étais roi et Le Muletier de Tolède (musique d’Adolphe Adam), Le Premier Jour de bonheur (musique de D.F.E. Auber), Le Tribut de Zamora (musique de Charles Gounod), Don César de Bazan avec Dumanoir et Le Cid (musique de Jules Massenet)[7].

Il réalisa la première mise en scène de Mercadet le faiseur, pièce d'Honoré de Balzac créée à titre posthume au théâtre du Gymnase en 1851[réf. nécessaire]. Il se porta également candidat à la reprise du Théâtre-Historique, créé par Alexandre Dumas, en octobre 1850 mais renonça face aux coûts de fonctionnement prohibitifs[8].

Adophe d'Ennery fut un des fondateurs de la station balnéaire de Cabourg, fondée en 1853, projet auquel il s’intéresse très tôt, attirant autour de lui de nombreuses personnalités du théâtre et des lettres. Son activité et sa renommée sont telles qu’il devient maire de la ville en 1855 et fonde la Société des Bains de Mer de Dives-Cabourg. Il réside dans sa villa l’Albatros, à Cabourg.

« D'Ennery a fait, comme on sait, plus de deux cents pièces qui toutes ont eu un très grand succès. Comme charpentier, il est de la force de Scribe et de Sedaine. D'Ennery, cela de parti pris, ne s'est jamais préoccupé de la forme littéraire. Il parle avant tout la langue hachée du théâtre. Nul ne sait mieux que lui amener une scène émouvante et en tirer tous les effets qu'elle comporte. Il excelle à trouver le mot qui doit faire frémir ou pleurer les âmes sensibles qui sont dans la salle. De là vient l'étonnement qu'on éprouve quand on cause avec lui. Il parle une tout autre langue ; alors il est fin, spirituel, original. Si on le questionne sur ce point, il vous répond qu'il se garderait bien d'être tel dans ses drames et dans ses féeries, parce que ce qui fait de l'effet dans un salon en causant n'en ferait aucun à la scène. C'est un malin qui d'ailleurs ne sait pas cacher sa malice, que son œil fripon dévoile tout de suite[9]. »

L'hôtel particulier du couple d'Ennery, 59 av. Foch à Paris

Au terme d'une longue cohabitation de près de trente ans, il épouse, le 30 mai 1881, Joséphine-Clémence Lecarpentier, veuve Desgranges, au domicile de cette dernière (en raison de son état de santé)[10]. L'écrivain Jules Verne faisait partie des témoins[10].

Clémence Desgranges (née Lecarpentier) avait commencé dès 1859, une collection d’art asiatique. D’abord présentée chez les Desgranges, avant la séparation, rue de l’Échiquier, elle fut ensuite transférée dans un hôtel particulier sis 59 avenue du Bois-de-Boulogne (aujourd’hui avenue Foch), devenu le domicile du couple d’Ennery. La collection fut poursuivie et enrichie (au point d’atteindre plus de 6 000 objets). Le couple d’Ennery envisage dès 1892 une donation à l’État de la collection et de l’hôtel particulier.

Émile Guimet et Georges Clemenceau (exécuteur testamentaire du couple) sont chargés du dossier de la donation. La collection est aujourd’hui visible au Musée d'Ennery, dépendance du Musée Guimet[11].

Il était commandeur dans l'ordre national de la Légion d’honneur[12].

Une fin de vie difficile[modifier | modifier le code]

Les derniers mois de la vie d'Adolphe d'Ennery sont une série d'épreuves. Contrairement à toute attente, son épouse Clémence meurt avant lui, en septembre 1898. Il hérite ainsi de tous ses biens en vertu d'une donation entre vifs au dernier vivant signée dès avant leur mariage.

D'Ennery est alors physiquement très affaibli par une succession d'attaques cérébrales.

D'une relation en 1838 avec une actrice, Constance-Louise Bachoué, il avait eu une fille naturelle, Constance-Eugénie[13]. Reclus dans sa chambre, il la reconnait in extremis et en fait sa légataire universelle[14].

Ses neveux et nièces[15] attaquent en justice cette reconnaissance et le testament de d'Ennery, ce qui retarda, jusqu'en 1901, la validation du legs de la collection à l’État[16].

Œuvre[modifier | modifier le code]

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Représentations[modifier | modifier le code]

D'Ennery fut à plusieurs reprises le sujet de portraits ou de caricature. Claude Monet entre autres le caricatura en 1858[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe est le patronyme de naissance et non un deuxième prénom.
  2. Nécrologie dans Le Monde artiste illustré du 28 janvier 1899.
  3. Henri Chevalier-Marescq (dir.), « Le Testament d'Adolphe d'Ennery », Revue des Grands Procès, 1900.
  4. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, C. Hérissey, Évreux, 1918, p. 54-55 disponible sur Gallica
  5. Attestation sur la base Léonore.
  6. La pièce inspira l’opéra de Gaetano Donizetti, Linda di Chamounix.
  7. Louis Bilodeau, « D'Ennery », Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Fayard, Paris, 2003.
  8. Philippe Chauveau, Les Théâtres parisiens disparus (1402-1986), éd. de l'Amandier, Paris, 1999 (ISBN 978-2-907649-30-8)
  9. Gustave Claudin, Mes souvenirs. Les Boulevards de 1840-1870, Paris, Calmann-Lévy, 1884, p. 241-242.
  10. a et b Registre des mariages du 16e arrondissement, acte 215 (19/31), Archives en ligne de la Ville de Paris.
  11. Site officiel du Musée d'Ennery
  12. « Adolphe Philippe d'Ennery », base Léonore, ministère français de la Culture
  13. L’acte de mariage de cette dernière, le 15 septembre 1864, porte en mention marginale la preuve de la filiation Bachoué/d'Ennery, par jugement du Tribunal de la Seine du 15 mai 1901. Cf. Registre des mariages du 6e arrondissement, acte 618 (20/31), Archives en ligne de la Ville de Paris.
  14. G. d’Heylli, Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, 15-31 janvier 1899, p. 12-17, disponible sur Gallica
  15. Pierre Decourcelle, petit-neveu par alliance, Hippolyte Cerf, neveu, Hortense Janning, nièce née Philippe, et une nièce non identifiée
  16. Le Testament d'Adolphe d'Ennery dans la Revue des Grands Procès, 1900.
  17. La Case de l'oncle Tom, drame en huit actes sur worldcat.org.
  18. Musée Marmottan, "Adolphe Philippe d'Ennery", crayon noir, Legs Michel Monet, 1966

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Chevalier-Marescq (dir.), « Le Testament d'Adolphe d'Ennery », Revue des Grands Procès t. 18, Chevalier-Marescq et Cie, Paris, 1900 disponible sur Gallica
  • Louis Bilodeau, « D'Ennery », Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle (Joël-Marie Fauquet, dir.), Fayard, Paris, 2003 (ISBN 978-2-213-59316-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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