Abbaye du Port-du-Salut

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Abbaye du Port-du-Salut
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L'abbaye au bord de la Mayenne

Nom local Abbaye du Port-Ringeard
Diocèse Diocèse de Laval
Fondation 21 février 1815
Abbayes-filles 002 - La Coudre (depuis 1818)
007 - Aiguebelle (depuis 1816)
009 - Oelenberg (depuis 1824)[1]
Congrégation Trappistes
Période ou style

Coordonnées 47° 59′ 51″ N 0° 44′ 21″ O / 47.997525158377, -0.7390925115207847° 59′ 51″ Nord 0° 44′ 21″ Ouest / 47.997525158377, -0.73909251152078  [2]
Pays Drapeau de la France France
Province Maine
Département Mayenne
Commune Entrammes
Site http://www.portdusalut.com/

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L'abbaye du Port-du-Salut ou encore abbaye du Port-Ringeard est une abbaye en activité située à 1 500 mètres à l'ouest du bourg d'Entrammes, près de Laval en Mayenne. C'est un couvent de Trappistes dans un ancien prieuré de chanoines réguliers. Du couvent, la vue sur le cours de la Mayenne, spécialement vers le nord, offre un panorama pittoresque.

Désignation[modifier | modifier le code]

  • Medietaria de Portu Raingaldis, 1233[3] ;
  • Portus Raingardis, 1242[4] ;
  • Fratres de Portu Rinjardis, 1298[5] ;
  • Le moulin du Port Renjart, 1446[6] ;
  • Prior de Portu Ranjardi, 1467[7] ;
  • Le Port Raingeard, 1545[8] ;
  • Le Port Rengeard, 1563[9] ;
  • Le Port Reingeard, prieuré bénédictin (sic), moulin, bacs[10] ; prieuré, moulin[11]
  • Port du Salut, nom adopté par le couvent des Trappistes et passé dans l'usage, moins encore que celui de la Trappe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un des plus anciens passages de la Mayenne, où les travaux de canalisation ont fait trouver quelques monnaies romaines, et plus au début du XXe siècle, sur la rive droite, une sépulture franque, indique l'importance ancienne de ce lieu.

Chapelle et prieuré[modifier | modifier le code]

Dans sa métairie du Port-Ringeard, Thibault de Mathefelon, seigneur d'Entrammes, fit construire une chapelle, dédiée à la Vierge et à Saint Nicolas, qu'il céda en 1233 à l'abbaye de la Réau en Poitou. Il suivait en cela l'exemple de la dame de Laval, qui neuf ans plus tôt, avait appelé ces chanoines réguliers dans le prieuré de Sainte-Catherine de Laval. Six religieux, vinrent établir la vie conventuelle qui, en fait, persévéra jusqu'à la Révolution française.

La porte d'entrée avec, à gauche, le magasin monastique.

François Lesné obtint, il est vrai, en 1493, du pape Alexandre VI, une bulle érigeant en abbaye son prieuré de Sainte-Catherine de Laval, par l'annexion des prieurés d'Olivet et du Port-Ringeard ; mais, malgré le visa donné à la bulle par le cardinal Philippe de Luxembourg, chaque maison garda son indépendance.

Les chanoines réguliers de la Congrégation de France en prirent possession au XVIIIe siècle ce qui motiva l'institution d'un prieur claustral indépendamment du prieur commendataire.

Article détaillé : Bataille du Port-Ringeard.

Pierre Charpentier, prieur commendataire en 1716 proposa aux supérieurs n'y avant ni cloître, ni lieux réguliers propres à loger une communauté, et beaucoup d'obstacles à y rétablr la régularité et soutenir les exercices de la vie canonique... de reunir les menses priorale et conventuelle à celles de Sainte-Catherine pour y entretenir 12 chanoines sous un prieur triennal. L'abbé de la Réau approuva ce sujet, permit même la suppression de la sacristie fondée et de la chapelle Saint-Nicolas ; mais ce fut encore une tentative avortée.

D'ailleurs en 1769, le prieur claustral, rendant compte des ressources de la maison, constate qu'elle n'a aucune dette, que les revenus sont de 5 265 livres et les charges de 1 460 livres seulement. Le temporel comprenait les métairies et closeries du Port, d'Ouette, de la Verrerie (Quelaines), de la Simonnière (Courbeveille), de la Gougeonnière (Bonchamp), de la Petite-Courbe, de la Maillardière (Nuillé-sur-Vicoin), de la Batterie (Maisoncelles), de l'Etang (Forcé), du Port-Guinot (Azé), du Port (Bierné), de la Vignerie du Port-Ringeard (Saint-Denis-d'Anjou).

La sacristie formait avec la chapelle de Saint-Nicolas et celle de Notre-Dame de la Consolation un bénéfice important. Jean Barbin, titulaire en 1565, par cate du 4 octobre, pour augmentation du service divin, subvention et entretien des pauvres, donna la courtillerie de la Haroulière et une charge de blé-seigle pour aumône générale et publique annoncée par le son de la cloche pendant une heure, le jour de Saint-Jean-Baptiste et à son anniversaire.

Le prieuré et son domaine immédiat avaient été vendus nationalement en 4 lots, du 15 janvier au 26 novembre 1791. Le prieur et ses deux compagnons : Louis Drouet d'Aubigny et Jean-Marie Delaroche, avaient été expulsés le 1er juin 1791, mais la vie religieuse ne souffrit pourtant qu'une interruption. Le 12 avril 1791, Cribier, acquéreur national, fait sommer par le directoire, les religieux qui ne voulaient pas quitter leur maison d'avoir à déguerpir.

Prieurs claustraux réguliers, puis commendataires[modifier | modifier le code]

Prieurs claustraux[modifier | modifier le code]

  • Paul François Marc, 1708, 1710 ;
  • François Forest ;
  • Claude-Ange Bellière, 1730, 1736 ;
  • Charles-Joseph du Buat, 1739, 1746 ;
  • Jean Duval, 1751 ;
  • Charles-Joseph du Buat, 1760, 1769 ;
  • Antoine Boucard, du diocèse de Pairs, prieur également de Sainte-Catherine, 1789.

Abbaye[modifier | modifier le code]

En 1802, un an après la signature d'un concordat entre la France et le Vatican, Napoléon a proclamé une amnistie générale, qui a permis le retour des émigrés en France. Parmi eux, les moines de l'Ordre des Trappistes, qui avaient reçu en 1795 l'autorisation du baron de Droste zu Vischering de s'installer sur un terrain de Darfeld.

L'exil avait fait connaître à M. Le Clerc de la Roussière les Trappistes de Darfeld, chez lesquels il avait été heureux d'être accueilli comme frère donné. Il songea à son retour à les appeler dans la Mayenne, les accueillit d'abord à la Doyère de Louvigné, puis quand il eut aménagé pour eux l'ancien prieuré de Port-Ringeard.

Dom Bernard de Girmont, premier Abbé de Port du Salut, 1815

Jean Le Clerc, de Louvigné, acheta la maison prieurale en 1807, de Michel Cribier, et la métairie en 1814, de François Letourneur-Mouette, pendant que Michel Dubois, son beau-frère rachetait le moulin de Jean Moulard, 1814.

Après vingt années d'exil, les Trappistes ont alors fondé leur monastère à Entrammes. Il les y installa le 21 février 1815: le premier supérieur c'était Dom Bernard de Girmont (né François Le Bègue de Girmond, prieur du 1815 au 1816, puis abbé jusqu'en 1830, décédé le 20 juin 1834). Les moines ont repris la production de fromage, auquel ils ont donné le nom de leur nouveau couvent, Maison Dieu de Notre-Dame du Port du Salut.

Le pape érigea l'abbaye le 10 décembre 1816. Le nombre des religieux augmenta rapidement. Le Père de Géramb fit en 1822 une quête pour l'agrandissement de la chapelle ; le roi accorda en 1825 un secours de 2 400 francs. Le couvent fut rendu plus habitable par la construction d'un corps de bâtiment qui n'est que le commencement d'un plan d'ensemble.

Bon Onfroy désirant rattacher l'Abbaye Notre-Dame-de-Grâce de Bricquebec à un Ordre monastique existant, l'Abbaye du Port-du-Salut lui prête trois moines pour aider le jeune monastère à vivre la vie cistercienne.

Le 31 mai 1854, une petite chapelle extérieure, dédiée à la Sainte Vierge et à Saint Siméon Stylite, a été annexée à l'église abbatiale, avec laquelle elle communique seulement par une ouverture qui laisse passer l'harmonie grave des chants du chœur. La Vierge de l'ancienne église de Saint-Melaine et le corps de Saint Gratien, martyr, y sont honorés. L'unique objet d'art de cette maison vouée à toutes les sévérités est la série des dessins de la Vie de Saint Bernard, dus au crayon d'Hippolyte Beauvais.

Des aumônes des fidèles et de leurs propres ressources, les religieux, accomplissant un vœu formé en 1872, inaugurèrent, le 6 octobre 1874, sur un rocher à pic dominant la rivière de 25 m, et sur une base formant intérieurement un petit sanctuaire, une Vierge en fonte de 3 m. de hauteur, portée pour ainsi dire sur les ailes de quatre anges, et invoquée sous le titre de Notre-Dame du Triomphe, terreur des démons.

Les religieux suivent la réforme de l'abbé de Rancé. Leur vie de mortification continuelle et absolue ne décourage pas les vocations qui y affluent. Leur charité proverbiale est la providence du pays au début du XXe siècle, leur hospitalité est connue de tous les mendiants et chemineaux de France, et aussi des gendarmes. Une minoterie de premier ordre, une fromagerie renommée, la culture intensive et bien entendue du domaine, permettent au début du XXe siècle aux enfants de Saint-Bernard de faire face à tant de dépenses.

Article détaillé : Port-Salut (marque).

Abbés[modifier | modifier le code]

  • Bernard Le Bègue de Girmont, prieur, 1815, 1816, puis abbé jusqu'en 1830, mort le 20 juin 1834;
  • François d'Assise Couturier, 1830, mort le 19 juin 1854;
  • 'Bernardin Dufour, élu le 10 juillet 1854, consacré le 24 septembre en présence du préfet et du maire de Laval, par l'évêque d'Angers. Il avait été aumônier des Trappistines et leur fit construire un nouveau couvent pendant sa prélature. Il fit aussi d'importants travaux à la Trappe, développa l'agriculture et fit lithographier les 24 tableaux de la Vie de Saint-Bernard. Il mourut après quelques jours de maladie, le 2 juillet 1859;
  • Joachim Le Baillif, ancien prieur, 1859, mort le 2 janvier 1866;
  • Henri Vandenbroucque, 4 septembre 1865;
  • Eugène Bachelet, 23 avril 1881. Né en 1830, il est mort le dimanche 14 juin 1908. Mgr Grellier présidait sa sépulture le mercredi suivant.
  • Berchmans Daveau, 1908-1929
  • Edmond Neveu, 1929-1954
  • Marie André, 1954-1963
  • Alain Christiaen, 1963-1986
  • Rémy Declercq, 1987-2000
  • Jean-François Holthoff, 2000-2003
  • Joseph Deschamps, 2003-présent

Un religieux qui n'a pas signé ses œuvres, a dédié quelques pièces de vers aux RR. PP. Couturier et Bernardin, reproduit l'épitaphe du premier et le croquis de son tombeau. Une lettre de M. Pasquier, directeur du Grand-Séminaire de Chartres, sur le voile de la Sainte-Vierge qu'il avait dû apporter à l'abbaye est transcrite avec les vers du religieux.

La Mayenne et l'île de Sainte-Apollonie près d'Entrammes

Il est intéressant de rappeler que, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, un Père Abbé de la Trappe de Notre-Dame du Port-du-Salut à Entrammes a été le conseiller canonique de l'illustre franc-maçon Marius Lepage, alors vénérable maître de la célèbre loge Volney à l'Orient de Laval.

Fromage[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notre-dame-du-Triomphe. La Terreur des Démons. Historique de l'origine de la Construction et de la Bénédiction du Monument érigé dans l'Enclos de l'Abbaye du Port-du-Salut. Près Laval (Mayenne). Par un Religieux-Prêtre du Monastère. Laval, Impr. Eugène Jamin, 1875 ;
  • Louis-Julien Morin de la Beauluère, Notice sur Entrammes ;
  • Charles Meignan, L'abbaye de la Trappe ;
  • Mémorial de la Mayenne, t. IV, p. 245 ;
  • Revue du Maine, t. XLVIII, p. 124 ;
  • Affiches, 1815 ;
  • Annonces, novembre 1822 ;
  • Vie du baron de Géramb, manuscrit ;
  • La Mayenne, 1845 ;
  • Écho, 12 janvier 1854 ;
  • Indépendant, 18 avril 1856 ;
  • Ami de la Religion, 1812 ;
  • E. Sauvage, Une visite à la Trappe ;
  • Guide pittoresque en France ;
  • Semaine religieuse, t. V, p. 848 ;
  • Couanier, Pèlerinages, p. 70, 77.
  • Loiseau du Bizot - Huit jours à la Trappe - Librairie des familles circa 1880

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Port du Salut - 05 », sur http://www.ocso.org/, Ordre cistercien de la stricte observance,‎ 2010 (consulté le 11 mai 2014).
  2. (it) « Port-du-Salut », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 11 mai 2014).
  3. Notice sur Entrammes.
  4. Cartulaire de Fontaine-Daniel, p. 175.
  5. Dictionnaire topographique.
  6. Archives nationales, R/5. 383
  7. Archives de la Vienne, H/3. 977
  8. Titres de la Cour d'Ouette.
  9. Archives nationales, G/8. 1.276.
  10. Hubert Jaillot.
  11. Carte de Cassini.

Source[modifier | modifier le code]

« Abbaye du Port-du-Salut », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition], t. III, p. 335-337 ; t. IV, p. 748.