Années 530 av. J.-C.

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Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • 538 av. J.-C. : Fin du règne de Malenaken. La capitale du royaume de Kouch est transférée de Napata à Méroé, entre la Ve et la VIe cataracte[1]. Mais les souverains coushites se feront enterrer à Napata jusqu’à la fin du IVe siècle. Le royaume de Méroé va durer près de mille ans, dirigé pratiquement par la même famille. C’est une monarchie élective, le roi étant choisi par les grands du royaume parmi les princes du sang pour ses qualités. Alors que la région de Napata est devenue aride, Méroé est environné de terres fertiles où peuvent être aménagés de grands bassins d’irrigation. Méroé devient un centre important de la fonte et du travail du fer

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

La chronique de Nabonide, qui relate les évènements de 539.
  • 539 av. J.-C. :
    • 26 septembre : Victoire perse sur les Babyloniens à Opis[2]. Le roi perse Cyrus II marche sur la Babylonie désemparée par le long éloignement de Nabonide à Taima et par son fanatisme en faveur de Sîn. Ugbaru (Gobryas), gouverneur du Gutium, abandonne le roi[3].
      • Le roi Nabonide quitte l’Arabie pour inaugurer le grand temple de Sîn à Harran, puis retourne à Babylone à la veille de l’action de Cyrus contre la capitale. Nabonide ne semble pas avoir compris le danger qui menace l’empire. Toute son action paraît en décalage complet avec la situation.
    • 11 octobre : Prise sans coup férir de Sippar par les troupes perses.
    • 12 octobre[2] : L’armée perse prend Babylone un jour de fête, sans combats, en passant par le lit de l’Euphrate (période des basses-eaux). Le clergé de Marduk ouvre la capitale. Balthazar est tué dans le palais, Nabonide est fait prisonnier (ou nommé gouverneur de Carmanie, en Iran). La ville n'est pas pillée[3].
    • 29 octobre : Cyrus II entre dans Babylone. Il se pose en libérateur, se faisant reconnaître comme roi par la volonté de Marduk sans annexer le pays.
  • 538 av. J.-C. :
    • Cyrus II se consacre à l’organisation intérieure de son empire. Il crée les premières satrapies et installe son fils Cambyse II sur le trône de Babylone. Tout en gouvernant d’une main de maître, il pratique une politique de clémence et de tolérance, bien étrange dans le climat de l’époque. Les peuples soumis conservent leur propre gouvernement, leurs lois, leurs magistrats et leurs pratiques commerciales.
      • La satrapie, unité administrative de base de l’Empire achéménide, est en fait un royaume : le satrape est un véritable roi dans son domaine, même s’il est soumis au Grand Roi, et est représenté comme tel avec les insignes de sa fonction. La capitale de la satrapie est le centre administratif du pays ; on y gère de façon stricte les ressources, la récolte des tributs que l’on envoie au souverain. Chacune possède un trésor et une forteresse. La puissance et les moyens des satrapes, qui lèvent et dirigent les armées de leur satrapie, les conduit à jouer un rôle actif dans la vie de l’Empire et prend parfois la forme d’une politique personnelle, allant jusqu’à la recherche de l’indépendance et à la révolte. Dès Cyrus, le pouvoir central met en place un réseau d’espions pour surveiller les satrapes.
      • Cyrus fonde une nouvelle capitale, Pasargades.
Cyrus II le Grand et les Hébreux. Enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475
    • Édit d’Ecbatane : Cyrus II se concilie les populations soumises par Babylone en leur restituant leurs divinités. Il autorise par un édit le retour des Juifs en captivité à Babylone et ordonne la reconstruction du Temple au frais du trésor royal.
      • Cyrus II permet aux juifs exilés de retourner s'installer en Judée s'ils le désirent, mais la situation économique n'y est pas très favorable et beaucoup resteront dans l'empire Perse. Environ 4 000 d'entre eux reviendront progressivement d'après les évaluations des archéologues[4] (soit seulement 10 % des chiffres avancés par Ezra 2). Durant leur exil, le territoire de Juda a été occupé par des Phéniciens, des Grecs et des Edomites (dans le sud de la Judée).
      • Sheshbasar (Zorobabel), prince de Juda, se voit confier les vases sacrés avec mission de rebâtir le Temple de Jérusalem. Il reçoit le titre de pehêh, préfet ou gouverneur de la province perse de Juda. Il récolte beaucoup de fonds mais rassemble peu d’exilés. Arrivé à Jérusalem, il pose les fondations du temple mais les travaux s’arrêtent assez vite et sont probablement abandonnés à la fin du règne de Cyrus (530 av. J.-C.). Les rapatriés de Babylone refusent de se mêler à la population juive restée sur place, des paysans que les Juifs appellent peuple de la terre (am haarets). L’hostilité entre les deux groupes croît rapidement. Dans les années qui suivent, les récoltes sont mauvaises et la famine s’empare du pays.

Europe[modifier | modifier le code]

Sculpture d'une Sphinge placée à l'origine sur la stèle funéraire d'une petite fille. Vers 530 avant J.-C.

]]).

    • Tarquin assassine son beau-père Servius Tullius. Il introduit un régime de tyrannie. Il étend la domination romaine par ses guerres contre les Volsques et les Èques et l’établissement de colonies destinées à contenir les vaincus. À l’intérieur, il frappe l’aristocratie et par l’exagération simultanée des charges militaires et financières, provoque le mécontentement général.

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • Avant 539 av. J.-C. : Pour affermir son pouvoir spirituel, Nabonide a fait transporter à Babylone toutes les images des dieux de la Mésopotamie du sud. Les populations sont démoralisées.
  • 23 novembre 534 av. J.-C. (date probable) : Thespis invente le théâtre en isolant un personnage du chœur pour en faire un acteur dialoguant avec ce dernier. Création d’un concours de tragédie à Athènes lors des fêtes du dieu Dionysos.
  • 532 av. J.-C. :
    • Pythagore, exilé par le tyran Polycrate, quitte Samos pour Crotone, puis Métaponte, en Italie[7]. À Crotone, il crée une école de sagesse. Il donne aussi à cette cité des lois aristocratiques.
    • Premier titre olympique senior pour Milon de Crotone en lutte. Élève de Pythagore, cet athlète emblématique des Jeux olympiques antiques parvient ensuite à conserver sa couronne en lutte à l’occasion des quatre Jeux Olympiques suivants, portant ainsi à six le nombre de ses victoires olympiques.
  • 531 av. J.-C. (date approximative) : Fondation de Dicéarchie (Cité de la Justice) sur le site de Pouzzoles par des colons de Samos sous l'égide de Cumes, en Campanie[8].


  • Vers 550-530 av. J.-C. : en Italie, la ville de Siris est détruite par sa voisine Sybaris qu’elle concurrençait pour le portage dans le Bruttium.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Jolly, Histoire du continent africain : de la préhistoire à 1600, vol. 1, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 978-2-7384-4688-6, résumé)
  2. a et b Bernard Gosse, Isaie 13,1-14,23 : Dans la tradition littéraire du Livre d'Isaie et dans la tradition des Oracles contre les Nations, Saint-Paul,‎ 1988 (ISBN 9783525537077, résumé)
  3. a et b Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil,‎ 1995 (ISBN 9782020086325, résumé)
  4. (en) Oded Lipschits, Manfred Oeming (dir.) et Bob Becking, Judah and the Judeans in the Persian period, Einsensbrauns,‎ 2006 (ISBN 978-1-57506-104-7), « "We all return as one" », p. 10
  5. Tôzai, Orient et Occident, vol. n° 3/1998, Presses Univ. Limoges,‎ 1999 (ISBN 9782842871321, résumé)
  6. Michel Kaplan, Nicolas Richer, Le monde grec, vol. 1, Éditions Bréal,‎ 1998 (ISBN 9782853948081, résumé)
  7. Yves Denis Papin, Chronologie de l'histoire ancienne, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ 1998 (ISBN 9782877473460, résumé)
  8. Jean Bérard, La colonisation grecque de l'Italie méridionale et de la Sicile dans l'antiquité : l'histoire et la légende, Boccard,‎ 1957 (résumé)