Émile Cohl
Émile Courtet, dit Émile Cohl, né à Paris le 4 janvier 1857 et mort à Villejuif le 20 janvier 1938, est un dessinateur et animateur français, considéré comme l'inventeur du dessin animé. Il a été l'élève du caricaturiste André Gill.
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Le dessin animé [modifier]
Il crée le plus ancien dessin animé sur pellicule de cinéma 35mm, connu à ce jour, Fantasmagorie, qui est projeté pour la première fois le 17 août 1908, au théâtre du Gymnase à Paris, pour la société Gaumont. L'animation des dessins connaît un essor considérable au cours des décennies qui suivent, se diffusant à l'échelle planétaire dans les années 1930 via les studios Disney. En créant le dessin animé tel que nous le connaissons de nos jours, Émile Cohl associe la découverte des Pantomimes lumineuses d'Émile Reynaud, projetées au Musée Grévin, à partir du 28 octobre 1892 à l'aide d'un système particulier de projection sur grand écran, le Théâtre optique qui est abandonné en 1900, et l'art des prises de vues du cinéma, découvert par Thomas Edison et William Kennedy Laurie Dickson en 1891 et développé par le talent de photographe de Louis Lumière à partir de 1895.
De 1908 à 1923, Émile Cohl réalise trois cents films, pour la plupart des films précurseurs en matière de cinéma d'animation, puisqu'il manie avec autant de bonheur le dessin que les allumettes, le papier découpé ou encore les marionnettes. Ses films sont réalisés pour les compagnies cinématographiques françaises Lux, Gaumont, Pathé et Éclipse. Il travaille aussi pour les Laboratoires Éclair à Fort Lee aux États-Unis de 1912 à 1914, comme directeur d'animation.
La créativité tant technique qu'artistique exprimée dans son œuvre connue (seuls 65 films de sa production ont été retrouvés à ce jour) en font l'un des fondateurs les plus inventifs et les plus importants du septième art.
La vie d'Émile Courtet [modifier]
Touche-à-tout de génie, il est tour à tour illustrateur, photographe, auteur de vaudevilles et de pièces de théâtre, comédien, peintre, journaliste, magicien. Caricaturiste reconnu à la fin du XIXe siècle, élève d'André Gill, il flirte avec les mouvements qui influencent plus tard les surréalistes. Il fréquente les cabarets du Chat noir près de Pigalle et du Lapin Agile à Montmartre, et il est membre des groupes artistiques des Hydropathes d'Émile Goudeau, puis des Incohérents. Du 23 décembre 1893 au 14 juillet 1894, il dessine les « unes » de La Libre Parole illustrée (n°24 au n°53)[1].
Marié à l'âge de 24 ans en 1881 avec Marie Louise Servat, il a une fille en 1883, qu'il prénomme Andrée, en hommage à Gill: il organise une souscription pour soutenir son ami enfermé à l'Asile de Charenton[2]. À partir de 1886, son épouse entretient une liaison avec Henry Gauthier-Villars, dit Willy (qui sera plus tard le mari de Colette) ; les deux amants ont un fils ensemble. Cet épisode provoque le second duel à l'épée de la vie de Émile Cohl, le 25 octobre 1886 (le premier duel l'ayant opposé à Jules Jouy en 1880).
Sa seconde épouse, Suzanne, fille d' Hippolyte Camille Delpy, peintre de l'école de Barbizon, élève de Jean-Baptiste Corot et Charles-François Daubigny, lui donne un fils, prénommé André.
Il fréquente de nombreux écrivains tels que Victor Hugo et Paul Verlaine. Il rencontre également des cinéastes comme Sacha Guitry et Georges Méliès, qui meurt le même jour que lui à quelques heures d'intervalle.
Créations dans le cinéma d'animation par ordre chronologique [modifier]
- 1908 : le premier dessin animé cinématographique, Fantasmagorie
- 1908 : le premier héros de dessin animé, Fantoche
- 1908 : animation en volume, Les Allumettes animées
- 1909 : les dessins à transformations, précurseurs de la technique actuelle du morphing
- 1910 :
- le premier film de marionnettes Le Tout Petit Faust
- le premier dessin animé en couleur Le Peintre néo-impressionniste
- le premier dessin animé éducatif, La Bataille d'Austerlitz
- 1911 : La pixilation, Jobard ne peut pas voir les femmes travailler
- 1917 :
- le premier dessin animé tiré d'une bande dessinée Les Aventures des Pieds Nickelés
- la première série de dessins animés Le Chien Flambeau.
Postérité [modifier]
- Son nom a été donné à une distinction qui récompense chaque année un film d'animation : le prix Émile Cohl.
- Un square du 12e arrondissement de Paris porte son nom.
- À Lyon, une école de dessin, l'École Émile-Cohl, a été créée en 1984.
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Plaque commémorative au columbarium du cimetière du Père-Lachaise
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Plaque du square Émile-Cohl à Paris
Bibliographie [modifier]
- (en) Donald Crafton, Emile Cohl, Caricature, and Film, Princeton, New Jersey : Princeton University Press, 1990 (ISBN 0-691-05581-5)
- (fr) Bernard Clarens, André Martin : Écrits sur l'animation, 1, Dreamland éditeur, 2000 (ISBN 2-910027-63-5)
- (fr) Pierre Courtet-Cohl et Bernard Génin, Émile Cohl : L'inventeur du dessin animé, Omniscience, 2008 (fiche de l'ouvrage)
- (fr) Pascal Vimenet (dir.), Émile Cohl, Éditions de l'Œil, Musée-château d'Annecy, Annecy, 2008, 264 p. (ISBN 978-2-35137-063-6)
Filmographie partielle [modifier]
- 1908 : Fantasmagorie
- 1908 : Le Cauchemar de Fantoche
- 1908 : Un Drame chez les Fantoche
- 1910 : Le Mobilier fidèle
- 1910 : Le Songe d'un garçon de café
- 1911 : Le Retapeur de cervelles
- 1914 : Les Allumettes fantaisies
Sur Émile Cohl [modifier]
- (fr) Émile Cohl : l'agitateur aux mille images. 1908-1910, Gaumont vidéo, Paris, 2009, 323' (2 DVD)
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Site dédié
- Article sur les relations entre Henry Gauthier-Villars (Willy), mari de Colette, et Marie Louise Servat, la femme d'Émile Courtet
- Valérie Vignaux (dir.), « Émile Cohl » in 1895, no 53, décembre 2007 [1]
- Émile Cohl Illustrations dans la base iconographique HeidICON
