Émile Cohl

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Émile Cohl

Description de l'image  Young Emile Cohl.jpg.
Nom de naissance Émile Courtet
Naissance 4 janvier 1857
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Décès 20 janvier 1938 (à 81 ans)
Villejuif
Profession caricaturiste
artiste peintre
réalisateur
Films notables Fantasmagorie

Émile Courtet, dit Émile Cohl, né à Paris le 4 janvier 1857 et mort à Villejuif le 20 janvier 1938, est un dessinateur et animateur français, considéré comme l’un des inventeurs du dessin animé. Il a été l’élève du caricaturiste André Gill.

Le dessin animé[modifier | modifier le code]

En 1892, les Pantomimes lumineuses d'Émile Reynaud, les premiers dessins animés du cinéma, sont présentées au Musée Grévin à l’aide du Théâtre optique, système de projection sur grand écran de dessins tracés et coloriés directement sur une pellicule de cinéma 70 mm (procédé abandonné par la suite, car il ne permet pas le tirage de copies, les pellicules de l’époque étant en noir et blanc)[1].

En 1906, on découvre un procédé nouveau pour le cinéma, ce que l’on nomme le « tour de manivelle », un « procédé (qui) fut appelé en France "mouvement américain". Il était encore inconnu en Europe[2] », car le tour de manivelle provient du studio Vitagraph Company qui l'utilise pour mettre des objets inanimés en mouvement. Le premier dessin animé de l'histoire du cinéma est donc américain, Humorous Phases of Funny Faces (Phases amusantes de figures rigolotes), réalisé par James Stuart Blackton, où l'on voit, tracé en blanc à la craie sur un fond noir, un jeune couple qui se fait les yeux doux, puis vieillit, enlaidit, le mari fume un gros cigare et asphyxie son épouse grimaçante qui disparaît dans un nuage de fumée, la main de l'animateur efface alors le tout. Le dessin animé sur pellicule de cinéma 35 mm, est né[3].

À son tour, Émile Cohl crée Fantasmagorie, qui est projeté pour la première fois le 17 août 1908, au théâtre du Gymnase à Paris, pour la société Gaumont.

De 1908 à 1923, Émile Cohl réalise trois cents films, pour la plupart des films précurseurs en matière de cinéma d'animation, puisqu'il manie avec autant de bonheur le dessin que les allumettes, le papier découpé ou encore les marionnettes, ou les… les citrouilles ! Ses films sont réalisés pour les compagnies cinématographiques françaises Lux, Gaumont, Pathé et Éclipse. Il travaille aussi pour les Laboratoires Éclair à Fort Lee aux États-Unis de 1912 à 1914, comme directeur d'animation.

La créativité, aussi bien technique qu'artistique, de ce que nous connaissons aujourd'hui de son œuvre (seuls 65 films d'Émile Cohl ont été retrouvés à ce jour) en font l'un des créateurs les plus inventifs et les plus importants du septième art.

La vie d’Émile Courtet[modifier | modifier le code]

Caricature de Jules Ferry (1887)
Émile Cohl (à gauche) en visite chez André Gill à Charenton

Touche-à-tout de génie, il est tour à tour illustrateur, photographe, auteur de vaudevilles et de pièces de théâtre, comédien, peintre, journaliste, magicien. Caricaturiste reconnu à la fin du XIXe siècle, élève d'André Gill, il flirte avec les mouvements qui influencent plus tard les surréalistes. Il fréquente les cabarets du Chat noir près de Pigalle et du Lapin Agile à Montmartre, et il est membre des groupes artistiques des Hydropathes d'Émile Goudeau, puis des Incohérents. Du 23 décembre 1893 au 14 juillet 1894, il dessine les « unes » de La Libre Parole illustrée (no 24 au no 53)[4].

Il fréquente de nombreux écrivains tels que Victor Hugo et Paul Verlaine. Il rencontre également des cinéastes comme Sacha Guitry et Georges Méliès, qui meurt le même jour que lui à quelques heures d'intervalle.

Marié à l'âge de 24 ans en 1881 avec Marie Louise Servat, il a une fille en 1883, qu'il prénomme Andrée, en hommage à Gill: il organise une souscription pour soutenir son ami enfermé à l'Asile de Charenton[5]. À partir de 1886, son épouse entretient une liaison avec Henry Gauthier-Villars, dit Willy (qui sera plus tard le mari de Colette) ; les deux amants ont un fils ensemble. Cet épisode provoque le second duel à l'épée de la vie de Émile Cohl, le 25 octobre 1886 (le premier duel l'ayant opposé à Jules Jouy en 1880).

Sa seconde épouse, Suzanne, fille d' Hippolyte Camille Delpy (en), peintre de l'école de Barbizon, élève de Jean-Baptiste Corot et Charles-François Daubigny, lui donne un fils, prénommé André.

Créations dans le cinéma d’animation par ordre chronologique[modifier | modifier le code]

Les Pieds Nickelés (1917)

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Son nom a été donné à une distinction qui récompense chaque année un film d'animation : le prix Émile-Cohl.
  • Un square du 12e arrondissement de Paris porte son nom.
  • À Lyon, une école de dessin, l'École Émile-Cohl, a été créée en 1984.
  • Son petit-fils, Pierre Courtet-Cohl, a beaucoup travaillé pour la connaissance et la reconnaissance de l'œuvre d'Émile Cohl en France et à l'étranger. Très actif dans le milieu du cinéma d'animation et du cinéma des premiers temps, il est notamment à l'origine de la grande rétrospective du Centenaire Émile Cohl, organisée sous l'impulsion de Xavier Kawa-Topor et du Forum des Images à la Cinémathèque Française en 2008, avec le concours des Archives Françaises du film et de la Cinémathèque Gaumont.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Donald Crafton, Emile Cohl, caricature, and film, Princeton, N.J, Princeton University Press,‎ décembre 1990, 432 p. (ISBN 0-691-05581-5 et 978-0-691-05581-7)
  • André Martin, André Martin, écrits sur l'animation, t. 1, Paris, Dreamland éd,‎ 2000, 271 p. (ISBN 2-910-02763-5 et 978-2-910-02763-6)
  • Pierre Courtet-Cohl et Bernard Génin (préf. Isao Takahata), Émile Cohl : l'inventeur du dessin anime, Sophia-Antipolis, Omniscience, coll. « Hors collection »,‎ 1er octobre 2008, 1e éd., Broché, avec 2 dvd-rom, 176 p. (ISBN 978-2-916-09716-9, résumé)
  • Pascal Vimenet (dir.), Émile Cohl, Montreuil Annecy, Éd. de l'Oeil Communauté de l'agglomération d'Annecy (Musée Château),‎ 2008, 264 p. (ISBN 978-2-351-37063-6)
  • Valérie Vignaux (dir.), Émile Cohl, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma, coll. « 1895 » (no 53),‎ 2007, 359 p. (ISBN 978-2-913-75853-7, lire en ligne)

Sur Émile Cohl[modifier | modifier le code]

  • (fr) Émile Cohl : l'agitateur aux mille images. 1908-1910, Gaumont vidéo, Paris, 2009, 323' (2 DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde éd,‎ 2010, 588 p. (ISBN 9782847364583), p. 23
  2. Georges Sadoul, « Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours », pages 407-408, Flammarion, Paris, 1968
  3. On peut voir ce film sur Youtube
  4. catalogue de La Libre Parole Illustrée
  5. Revue de l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma