Fantasmagorie (film, 1908)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fantasmagorie.

Fantasmagorie

Description de l'image  Fantasmagorie (Cohl).GIF.
Réalisation Émile Cohl
Scénario Émile Cohl
Sociétés de production Société des établissements Gaumont
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Animation
Sortie 1908
Durée 1 minute 40 secondes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Fantasmagorie est le titre du premier dessin animé d'Émile Cohl. Il est considéré à tort comme le premier dessin animé du cinéma : « Il n'en demeure pas moins incontestablement pour l'Histoire le véritable créateur du « 7e art bis », le pionnier du cinéma d'animation[1] ».

Rappelons cependant que le premier dessin animé du cinéma fut présenté dès 1892 par Émile Reynaud, grâce à son Théâtre optique. Ses films (Pantomimes lumineuses) étaient directement tracés et coloriés sur une pellicule sans émulsion argentique de 70 mm de large, un procédé qui sera repris plus tard par le célèbre animateur canadien Norman McLaren. Quant au premier dessin animé par procédé photographique, il est américain et produit par la Vitagraph Company, Humorous Phases of Funny Faces, et réalisé en 1906 par James Stuart Blackton, selon un nouveau procédé du cinéma : le « tour de manivelle », un « procédé (qui) fut appelé en France "mouvement américain". Il était encore inconnu en Europe[2] ».

Fantasmagorie est projeté le 17 août 1908 au théâtre du Gymnase à Paris, transformé en cinéma à l'occasion de sa clôture annuelle. C'est le début de la longue et créative carrière d'Émile Cohl dans le cinéma d'animation.

Fantasmagorie a été tourné image par image, dure une minute et quarante secondes et mesure 36 mètres[3]. À chaque photogramme correspond un dessin complet, personnages et fond. En effet, Cohl n'utilise pas la technique de la feuille de celluloïd qui permet de garder le même fond en dessinant le personnage en mouvement sur un transparent (appelé "cellulo") sous lequel on positionne une fois pour toutes un décor dessiné.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Cohl dessine un petit bonhomme, à l'allure clownesque, qui se déplace dans un univers surréaliste. La main de l'auteur donne naissance au personnage dès la première scène et tout au long du film, il apparaît et disparaît au gré de ses envies pour semer le trouble chez des spectateurs venus au théâtre. Il est capable de se transformer à partir d'une bulle, de métamorphoser sa tête en bilboquet, devient prisonnier d'une bouteille, en ressort… Et quand il est brisé en deux, c'est la main de l'auteur qui intervient pour le reconstituer.

Technique[modifier | modifier le code]

Selon l'anecdote[4], Cohl aurait été le seul au studio Gaumont à comprendre la technique utilisée en 1906 par James Stuart Blackton pour Humorous Phases of Funny Faces : un jeune couple, dessiné à la craie sur un fond noir, se fait les yeux doux, puis vieillit, enlaidit, le mari fume un gros cigare et asphyxie son épouse grimaçante qui disparaît dans un nuage de fumée, la main de l'animateur efface alors le tout. Même s'il s'est inspiré du style de Blackton, lui empruntant l'idée de l'effet craie sur tableau noir, et de l'animateur qui intervient dans son propre dessin, Cohl s'en détache nettement en mettant en place de nombreuses péripéties.

Cohl trace pas moins de 700 dessins, filmés chacun grâce au "tour de manivelle" sur deux clichés successifs, ce qui fait en tout 1400 photogrammes. Pour donner l'illusion de dessin à la craie sur tableau noir, contrairement à son modèle, James Stuart Blackton, il effectue d'abord ses dessins à l'encre de Chine sur feuille blanche et utilise ensuite un contretype du négatif (qui inverse ainsi le blanc et le noir du dessin et du fond)[5]. Il intègre aussi des images de sa propre main qui intervient dans le film. Sa démarche stylisée s'éloigne des dessins et fonds réalistes que Reynaud utilisait, d'autant plus que Reynaud pouvait colorier ses dessins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Loup Passek, « Dictionnaire du cinéma »
  2. Georges Sadoul, « Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours », Flammarion, Paris, 1968
  3. Almanach du cinéma, Encyclopaedia Universalis de Philippe d'Hugues
  4. Cartoons : le cinéma d'animation 1892–1992 de G. Bendazzi
  5. (en) Donald Crafton, Before Mickey: The Animated Film, 1898-1928, p. 61

Liens externes[modifier | modifier le code]