Fantasmagorie (film, 1908)
Fantasmagorie
| Réalisation | Émile Cohl |
|---|---|
| Scénario | Émile Cohl |
| Pays d’origine | |
| Genre | Animation |
| Sortie | 1908 |
| Durée | 1 minute 40 secondes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Fantasmagorie est le titre du premier dessin animé d'Émile Cohl réalisé pour la société cinématographique Gaumont. Il est considéré comme le premier dessin animé cinématographique au monde et fut projeté le 17 août 1908 au théâtre du Gymnase à Paris, transformé en cinéma à l'occasion de la clôture annuelle. Ce fut le début de la longue et créative carrière d'Émile Cohl dans le cinéma d'animation.
Fantasmagorie d'Émile Cohl a été tourné image par image, dure une minute et quarante secondes[1] et mesure 36 mètres[2]. À chaque image correspond un dessin entier, Cohl n'utilisant pas la technique du celluloïd, qui permet de garder le même fond en ne dessinant que le personnage en mouvement sur un transparent.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Cohl dessine un petit bonhomme, à l'allure clownesque, qui se déplace dans un univers surréaliste. La main de l'auteur donne naissance au personnage dès la première scène et tout au long du film, il apparaît et disparaît au gré de ses envies pour semer le trouble chez des spectateurs venus au théâtre. Il est capable de se transformer à partir d'une bulle, de métamorphoser sa tête en bilboquet, devient prisonnier d'une bouteille, en ressort… Et quand il est brisé en deux, c'est la main de l'auteur qui intervient pour le reconstituer.
Technique [modifier]
Selon l'anecdote[3], Cohl aurait été le seul au studio Gaumont à comprendre la technique utilisé par Blackton dans The Hauted Hotel de 1906, et c'est après une carrière de caricaturiste qu'il prend l'initiative, en février 1908, de faire son propre dessin animé. Même s'il s'est inspiré du style de Blackton, lui empruntant l'idée de l'effet craie sur tableau noir, Cohl s'en détache largement et c'est en ça que Fantasmagorie est reconnu comme le premier dessin animé au monde.
« Il n'en demeure pas moins incontestablement pour l'Histoire le véritable créateur du « 7e art bis », le pionnier du cinéma d'animation. »
— Dictionnaire du cinema Jean-Loup Passek
Cohl réalise pas moins de 700 dessins qui subissent une double-exposition de deux minutes[pas clair] pour construire son court-métrage. Pour donner l'illusion de dessin à la craie sur tableau noir, il effectue d'abord ses dessins à l'encre de Chine sur feuille blanche avant de se servir de leurs négatifs[4]. Il intègre aussi des images de sa propre main qui intervient dans le film. Sa démarche stylisée s'éloigne des dessins et fonds réalistes que Reynaud utilisait.
Analyse [modifier]
Cohl pose une ambiance surréaliste dans un décor très simple où l'action principale décrit les péripéties de ce clown qui sème la zizanie et effraie tout le monde, en particulier les bourgeois de l'époque que l'on reconnaît grâce à leurs chapeaux et autres mallettes d'affaires. En commençant son film dans une salle de théâtre, il effectue une mise en abyme puisqu'à l'origine, le film fut projeté dans une salle de théâtre. Ce théâtre se situait à Paris sur les Grands Boulevards où la haute société aimait se retrouver. Il cherche ainsi a recréer l'ambiance de l'époque des fantasmagories où les illusionnistes s'amusaient, grâce à des sources de lumière, à projeter des dessins lumineux animés sous les yeux du public. Ceci explique le titre donné par Émile Cohl qui fait référence à l'art qui précède et inspire le dessin animé.[réf. nécessaire]
Contexte du film[5] [modifier]
Antécédents [modifier]
- 1799 : Étienne-Gaspard Robert créait une amélioration de la lanterne magique qui donne l'illusion du mouvement aux spectateurs, c'est le fantoscope.
- 1833 : Le Phénakistiscope est mis au point par Joseph Plateau. C'est la première représentation réelle du mouvement.
- 1892 : Émile Reynaud invente le « Théâtre optique » qui donne vie à « des pantomimes lumineuses et animées ».
Les contemporains d'Émile Cohl [modifier]
- 1902 : Choque de trenes de Segundo de Chomon (l'espagnol à l'origine de Chaumont) est fait à partir de modèles réduits.
- 1906 : L'américain James Stuart Blackton réalise Humorous Phases of Funny Faces filmant un tableau sur lequel s'anime un dessin tracé à la craie.
Les successeurs [modifier]
- 1914 : Ed Hudson utilise une feuille transparente d'acétate de cellulose (celluloïd) pour dessiner les éléments à animer, cela lui permet d'animer plusieurs sujets à la fois et sur différents plans.
- 1928 : Début du Mickey « parlant » au Colony Theater de New-York dans Steamboat Willie. On voit pour la première fois une synchronisation entre la bande son et les actions du film.
- 1960 : Hanna-Barbera font l'expérience de travailler à la fois sur celluloïd et sur ordinateur.
- 1995 : Le premier long métrage en 3D entièrement réalisé sur ordinateur voit le jour, Toy Story.
- 2004 : La technique de capture de mouvement d'acteurs réels pour animer des personnages 3D est utilisée pour le film de Robert Zemeckis, Le Pôle express.
Notes et références [modifier]
- CNDP, « Fantasmagorie », sur artsculture.education.fr
- C'est-à-dire la taille d'une bobine de film (Almanach du cinéma, Encyclopaedia Universalis de Philippe d'Hugues)
- Cartoons : le cinéma d'animation 1892–1992 de G. Bendazzi
- Donald Crafton, Before Mickey: the animated film, 1898-1928, p 61 Lire en ligne
- Gabriele Lucci, Le cinéma d'animation, Éditions Hazan
Liens externes [modifier]
- (en) Fantasmagorie sur l’Internet Movie Database
- Site officiel
- [1] Vidéo sur Youtube.
- [PDF] L'esprit d'Émile Cohl, 100 ans d'animation débridée , les musées de l'agglomération d'Annecy.