Élection présidentielle polonaise de 2005

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Élection présidentielle polonaise de 2005
Type d’élection  élection
Lech Kaczyński.jpg
Lech Kaczyński – PiS
Voix 8 257 468
  
54,04 %
Donald Tusk 3.jpg
Donald Tusk – PO
Voix 7 022 319
  
45,96 %
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle polonaise de 2005 s'est tenue les 9 et 25 octobre. Le candidat conservateur Lech Kaczyński l'emporte au second tour et entre en fonctions le 23 décembre 2005.

Modalités du scrutin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Politique en Pologne.

Le président de la République de Pologne est élu pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Les candidats à l'élection présidentielle devaient se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale au plus tard le 26 avril 2010, soit 55 jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils avaient ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien, soit jusqu'au 6 mai.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2000, le président social-démocrate sortant, Aleksander Kwaśniewski, était réélu chef de l'État pour un dernier mandat de cinq ans. Alors qu'il est proche du terme de ce mandat, la Constitution polonaise lui défend de briguer, une troisième fois, la présidence de la République.

Les élections législatives anticipées du 25 septembre 2005 sont remportées par les principaux partis de la droite conservatrice, crédités de 51,1 % des suffrages, quand le centre-gauche, au pouvoir depuis 2001, subit une cuisante défaite avec à peine 11 % des voix.

Dans ce contexte, les partis politiques désignent leurs candidats pour l'élection présidentielle. Certains ont déclaré leur candidature de longue date, comme le maire conservateur de Varsovie, Lech Kaczyński ; l'ancienne ministre Henryka Bochniarz ; ou encore le vice-président de la Diète, Donald Tusk. D'autres, initialement candidats, durent renoncer pour des raisons diverses, comme l'ancien président du Conseil social-démocrate, Włodzimierz Cimoszewicz, pourtant soutenu par l'épouse du président sortant Jolanta Kwaśniewska et remplacé par l'ancien président de la Diète, Marek Borowski.

Campagne[modifier | modifier le code]

Soutenu par le président Kwaśniewski, le président du Conseil social-démocrate Marek Belka et de nombreux cadres politiques, Włodzimierz Cimoszewicz, ancien chef du gouvernement, présente officiellement sa candidature à l'élection présidentielle ; favori des sondages et des enquêtes d'opinions qui lui prêtent jusqu'à 30 % des intentions de vote, il perd cependant ce statut lorsque les deux candidats de droite, Lech Kaczyński et Donald Tusk, évoquent une possible alliance, qui finalement ne se fera pas. Le 14 septembre 2005, un peu plus de deux mois après sa déclaration de candidature, Cimoszewicz se retire et ne donne aucune cosigne de vote aux électeurs qui voulaient lui apporter leurs suffrages.

Le populiste Andrzej Lepper, dirigeant du parti Autodéfense, jouit d'une position confortable dans de nombreux sondages qui lui confère le statut d'arbitre de l'élection présidentielle. Garant de valeurs conservatrices, il se dit très ouvert sur des questions sociales et prône des mesures favorables aux classes populaires.

Le retrait de Włodzimierz Cimoszewicz ne profit pas au centre-gauche : le candidat de la Social-démocratie de Pologne (SLD),Marek Borowski, n'est crédité que d'un peu plus de 10 % des intentions de vote.

Candidats[modifier | modifier le code]

Présents au premier tour[modifier | modifier le code]

Retrait en cours de campagne[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

1er tour[modifier | modifier le code]

Candidat Parti Voix  %
Donald Tusk Plate-forme civique 5 429 666 36,3
Lech Kaczyński Droit et justice 4 947 927 33,1
Andrzej Lepper Autodéfense de la République 2 259 094 15,1
Marek Borowski Social-démocratie de Pologne 1 544 642 10,3
Jarosław Kalinowski Parti paysan polonais 269 316 1,8
Janusz Korwin-Mikke Union de la politique réelle 214 116 1,4
Henryka Bochniarz Parti démocrate 188 598 1,3
Liwiusz Ilasz Indépendant 31 691 0,2
Stanisław Tymiński Alliance des citoyens polonais 23 545 0,2
Leszek Bubel Parti national polonais 18 828 0,1
Jan Pyszko Ligue polonaise 10 371 0,1
Adam Słomka Confédération polonaise - Liberté et travail 8 895 0,1
Suffrages exprimés (participation : 49,7 %) 15 046 350 100

Arrivé en tête de ce premier tour comme les sondages l'avaient indiqué quelques jours précédemment, le candidat libéral Donald Tusk, avec un peu plus de 36 % des voix, se place en position de favori pour le second tour, devant le maire de Varsovie, Lech Kaczyński, qui, avec 33 % des suffrages, se qualifie pour le second tour.

Mais le résultat, important, d'Andrzej Lepper, fort de plus de deux millions de voix, peut bouleverser les choses : s'il ne donne pas, le soir du premier tour, de consigne de vote, il accepte, après un accord avec Droit et justice, de soutenir Lech Kaczyński, qui entend gouverner avec Autodéfense, la formation dirigée par Lepper.

Le candidat social-démocrate, Marek Borowski, recueille un résultat décevant : avec un peu plus de 10 % des suffrages, celui-ci, qui convoitait la deuxième place ou, à défaut, celle d'arbitre, c'est-à-dire la troisième, est placé loin derrière le populiste Andrzej Lepper, et finit quatrième de ce premier tour de scrutin ; un revers pour les sociaux-démocrates, qui étaient crédités de près de 30 % intentions de vote lorsque le candidat Cimoszewicz menait campagne.

Les huit autres candidats, qui ne recueillent que de très fables résultats, inférieurs à 2 % du corps électoral, ne sont pas en mesure d'influencer les résultats du deuxième tour.

2e tour[modifier | modifier le code]

Candidat Parti Voix  %
Lech Kaczyński Droit et justice 8 257 468 54,04
Donald Tusk Plate-forme civique 7 022 319 45,96
Suffrages exprimés (participation : 50,9 %) 15 279 787 100

Avec plus de 54 % des voix, Lech Kaczyński, qui n'était pas en tête du premier tour, est confortablement élu président de la République de Pologne, face au libéral Donald Tusk, largement défait bien que l'ensemble des sondages menés durant l'entre-deux tours le donnait vainqueur. C'est la première fois qu'un conservateur est élu chef de l'État depuis la chute du régime communiste

Liens externes[modifier | modifier le code]