Vol 610 Lion Air

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Vol 610 Lion Air
Le Boeing 737 MAX 8 PK-LQP, l'appareil impliqué dans le crash (septembre 2018).
Le Boeing 737 MAX 8 PK-LQP, l'appareil impliqué dans le crash (septembre 2018).
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeÉcrasement en mer à grande vitesse
CausesEnquête en cours (Possible problème de MCAS)
SiteMer de Java
Coordonnées 5° 46′ 15″ sud, 107° 07′ 16″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilBoeing 737 MAX 8
CompagnieLion Air
No  d'identificationPK-LQP
Lieu d'origineAéroport international Soekarno-Hatta
Lieu de destinationAéroport Depati Amir
PhaseMontée
Passagers181
Équipage8
Morts189
Blessés0
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Java

(Voir situation sur carte : Java)
Vol 610 Lion Air

Géolocalisation sur la carte : Indonésie

(Voir situation sur carte : Indonésie)
Vol 610 Lion Air

Le vol 610 de Lion Air s'est écrasé en mer de Java le à h 30 (heure locale) environ, 13 minutes après son décollage. L'appareil, un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne indonésienne Lion Air, devait relier sa base, l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta, la capitale, à l'aéroport Depati Amir, sur l'île de Bangka[1]. Les 189 personnes à bord (dont 8 membres d'équipage) sont tuées dans le crash. À la suite d'un deuxième accident impliquant le Boeing 737 Max 8, celui du Vol 302 Ethiopian Airlines le 10 mars 2019, cet avion est interdit de vol dans différents pays.

Accident[modifier | modifier le code]

L'avion s'est écrasé seulement 13 minutes après son décollage (vers h 20 heure locale). Peu avant que le contact radar soit perdu par les contrôleurs aériens, les pilotes avaient demandé à revenir à l'aéroport[2].

L'avion n'a jamais dépassé l'altitude de 5 400 pieds (environ 1 650 mètres) et a chuté très brutalement après le dernier contact radio effectué par les pilotes.

Quelques heures après l'accident, le directeur général de Lion Air, Edward Sirait, annonce que l'appareil a connu un problème technique lors du vol précédent, notamment des indications incorrectes au niveau de l'altitude et de la vitesse à bord du poste de pilotage, ce qui avait contraint l'équipage à voler à une altitude plus basse que la normale, à 28 000 pieds (soit 8 500 mètres) au lieu de 36 000 pieds (11 000 mètres). Cependant, il affirme aussi que les réparations ont été effectuées selon les « procédures standard de Boeing »[3].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le ministère des Transports indonésien annonce le 31 octobre le limogeage du directeur technique de la compagnie ainsi que celui « de techniciens ayant donné leur feu vert au décollage de l'appareil »[4].

D'après les enregistreurs de voix de la cabine de pilotage, l'avion a incorrectement répondu à un problème de décrochage en piquant du nez. Le pilote a cherché à reprendre de l'altitude, mais le système logiciel a continué à maintenir l'avion en position descendante[5].

Avion[modifier | modifier le code]

Il s'agit du premier accident pour un Boeing 737 MAX, dont la mise en service date de 2017. L'appareil était neuf puisqu'il a effectué son premier vol avec Boeing le 30 juillet 2018, et a été livré à Lion Air le 13 août de la même année.

Le 10 mars 2019, le vol Ethiopian Airlines 302 s'écrase dans des conditions similaires, avec le même type d'appareil, six minutes après le décollage.

Les deux avions partageaient le fait de ne pas être équipés de deux options de sureté: l'indicateur d'angle d'attaque qui affiche la valeur des deux capteurs, et le voyant d'incohérence qui est l'alerte signalant l'incohérence de ces deux capteurs. Ces options sont bon marchés à la production, mais facturés par Boeing[5].

Équipage et passagers[modifier | modifier le code]

Le commandant de bord totalisait plus de 6 000 heures de vol et le copilote (OPL) plus de 5 000 heures[6].

Le coureur cycliste italien Andrea Manfredi figure au nombre des victimes[7].

Enquête[modifier | modifier le code]

L'enquête commence dès la disparition de l'appareil le 29 octobre 2018 et est gérée par le NTSC (National Transportation Safety Committee) indonésien. Comme l'avion est de fabrication américaine, une équipe de techniciens du NTSB (National Transportation Safety Board) est aussi dépêchée sur place.

Quelques jours après l'accident, les plongeurs remontent plusieurs débris de l'avion, notamment une partie du train d'atterrissage ainsi que le FDR (Flight Data Recorder), qui enregistre plusieurs milliers de paramètres sur l'avion pendant le vol.[8]

Le 5 novembre, soit une semaine après le drame, l'analyse des premières données du FDR révèle que l'anémomètre (indicateur de vitesse) de l'appareil a connu plusieurs dysfonctionnements au cours des 3 derniers vols avant le crash. Ils affirment également que l'anémomètre a été défectueux lors du dernier vol. Les registres de maintenance de la compagnie indiquent qu'après chaque vol les pilotes ont bien signalé le problème, des vérifications ont été effectuées et l'avion a été déclaré apte à voler. Enfin, les enquêteurs ne précisent pas si ces problèmes à répétition ont eu une quelconque influence sur le crash[9]. Le même jour, les enquêteurs annoncent que l'avion était intact, avec ses moteurs en fonctionnement, lorsqu'il s'est écrasé à grande vitesse en mer de Java, ce qui élimine l'hypothèse d'une explosion en plein vol.[10]

Le 7 novembre, Boeing publie un bulletin de service, à l'attention des exploitants de l'appareil, qui indique la procédure à suivre en cas de dysfonctionnement des sondes d'incidences du 737 MAX. L'avionneur explique que les sondes peuvent transmettre des données erronées concernant l'angle d'incidence au sytème de stabilisation MCAS, ce qui peut provoquer un piqué catastrophique de l'avion. Selon les premiers éléments de l'enquête du NTSC, un tel évènement se serait produit notamment sur les 3 derniers vols avant l'accident, ainsi que sur le dernier vol de l'avion. Néanmoins, à ce stade de l'enquête, les enquêteurs précisent que les circonstances exactes de la disparition de l'avion ne sont toujours pas connues[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Indonésie : un avion de la compagnie Lion Air s'abîme en mer avec 189 personnes à bord », sur francetvinfo.fr, .
  2. Le Monde.fr avec AFP et Reuters, « Crash du vol Lion Air en Indonésie : un avion s’abîme en mer avec 189 personnes à bord », sur lemonde.fr, (consulté le 30 octobre 2018)
  3. (en) Reuters, « Indonesia plane crash: Lion Air CEO Edward Sirait says aircraft had technical problem in previous flight », Financial Express,‎ (lire en ligne)
  4. « Accident d'avion: Jakarta ordonne le limogeage du directeur technique de Lion Air », AFP,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) Angela Monaghan, « Doomed Boeing 737 air max planes Ethiopia Indonesia crashes lacked two optional safety features report », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le 16 avril 2019).
  6. Romain Guillot, « Un Boeing 737 MAX 8 de Lion Air s'abîme en mer de Java », Le Journal de l'Aviation,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  7. Il Corriere della sera
  8. (en) Chanel NewsAsia, « Found: Lion Air flight JT610's black box », Channel NewsAsia,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2018)
  9. AFP, « Accident d'avion en Indonésie: indicateur de vitesse défectueux sur l'appareil (autorités) », Le Journal de l'Aviation,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2018)
  10. (en) Masrur Jamaluddin & Helen Regan, « Lion Air crash: Plane was intact when it crashed, investigators say », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2018)
  11. Emilie Drab, « Boeing publie une recommandation auprès opérateurs de 737 MAX », Le Journal de l'Aviation,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]