Chaldée

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La Chaldée est une région, située entre les cours inférieurs de l'Euphrate et du Tigre.

La Chaldée est une région, située entre les cours inférieurs de l'Euphrate et du Tigre. Les premiers habitants qui occupèrent cette région formèrent les royaumes de Sumer et d'Akkad. Les Chaldéens sont, à l'origine, une tribu qui vivait au sud-ouest de Babylone. C'est une ancienne tribu sémite[1] nomade.

On désigne aujourd'hui sous le nom de « Chaldéens » ou d'Assyro-Chaldéens, les membres de l'Église catholique chaldéenne, de rite et de langue liturgique syriaque oriental.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Du IXe siècle av. J.-C. au VIe siècle av. J.-C., les Chaldéens jouèrent un rôle important dans l'histoire de l'Asie et contribuèrent à la destruction de l'empire assyrien. Pour une courte période, ils firent de la Babylonie, qui progressivement s'appela la Chaldée, la puissance dominante de la Mésopotamie. L'un de leurs rois les plus actifs fut Merodach-Baladan II (roi de 722 à 710 av. J.-C.) qui combattit courageusement mais sans succès, quatre puissants monarques assyriens : Teglath-Phalasar III (roi de -745 à -727), Salmanazar V (roi de 727 à 722 av. J.-C.), Sargon II (roi de 722 à 705 av. J.-C.) et Sennacherib (roi de 705 à 681 av. J.-C.), le destructeur de Babylone.

Ur en Chaldée et Abraham[modifier | modifier le code]

Selon Thomas Römer, la mention de l'origine « chaldéenne » d'Abraham dans la Bible[2] implique, sinon l'origine récente de la légende de ce personnage, du moins le caractère tardif du rattachement des origines du Patriarche au sud de la Mésopotamie. En effet le terme de « Chaldée », argumente-t-il, n'apparaît qu'à une époque « récente » (à l'époque néo-babylonienne précisément, celle de l'Exil) dans les textes. Du temps supposé d'Abraham, au début du IIe millénaire avant notre ère, Ur était une ville sumérienne.

Römer voit dans le lien entre Abraham et la Chaldée une création des Juifs exilés dans cette région sous le règne de Nabuchodonosor II. Leur propre espérance d'un retour en Judée et de la fin de leur exil, qui se produisit effectivement sous Cyrus II et ses successeurs, fut mythifiée dans la création de la migration légendaire du père d'Abraham d'Ur à Harran et du patriarche lui-même de la Syrie vers la Judée. Les exilés rentrant au pays refaisaient le chemin parcouru par leur ancêtre et sa propre destinée promise par Dieu à la gloire préfigurait la leur : le nomade sans patrie serait le « Père d'une multitude » (signification du nom « Abraham »), préfiguration du destin heureux que se prédisaient les exilés de retour vers la Judée[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Grant Frame, « Chaldeans », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 1, Oxford et New York, Oxford University Press, , p. 482-484
  • Francis Joannès, « Chaldéens », dans Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , p. 175-176
  • (en) Frederick Mario Fales, « Arameans and Chaldeans: Environment and Society », dans Gwendolyn Leick (dir.), The Babylonian World, New York, , p. 288-298
  • Émile Chambry, Émeline Marquis, Alain Billault et Dominique Goust (trad. Émile Chambry), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1248 p. (ISBN 9782221109021), « L'incrédule ». 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien de Samosate 2015, p. 471.
  2. Cfr. Genèse 11, 27-32
  3. Thomas Römer, « Nouvelle jeunesse d’un ancêtre », dans Essais bibliques, vol. 28, Genève, Labor et Fides, .