Une charogne

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Une charogne
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Poème
Poème en alexandrin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Une charogne[1] est un poème de Charles Baudelaire publié dans la section « Spleen et idéal », chapitre XXIX, pages 66-67, du recueil des Fleurs du mal publié en 1861 (date de la deuxième publication du recueil).

Version numérisée (par Google, Université du Michigan) de l'un des œuvres originales éditées de 1857.
Version numérisée (par Google, Université du Michigan) de l'une des œuvres originales éditées de 1857.

Forme[modifier | modifier le code]

Le poème est composé de douze quatrains hétérométriques en octosyllabes et alexandrins.

Son schéma de rimes est : ABAB (rimes alternées). Ces rimes permettent à l’auteur de créer un contraste entre le spleen et l’idéal.

La ponctuation s’amplifie et s’accélère à mesure que le poème avance, et en dévoile de plus en plus sur la violence de l’opposition entre la femme et la mort[2].

Les champs lexicaux dans ce poème sont les suivants : lexique, associé à la mort, à la charogne, mais aussi onirique, idyllique, charnel et mélioratif.

Étude[modifier | modifier le code]

Dans ce poème, Charles Baudelaire se souvient d'une promenade faite avec l'être aimé au cours de laquelle il trouva une charogne, en état avancé de décomposition. S'ensuit une transfiguration poétique qui permet au poète de comparer cet objet trivial et dégoûtant à un microcosme vivant en utilisant tous les outils lyriques de la rêverie poétique. Il compare également cette charogne à la femme courtisée, en développant le thème du Memento mori.

Baudelaire joue avec la dissonance esthétique d'une description précise de l'animal mort et les charmes du désir et des femmes. L'antonymie des deux atmosphères est caractéristique du recueil en rappelant l'opposition entre le Spleen et l'Idéal[3].

Cette approche à la fois percutante et moralisatrice dans une certaine mesure n'est pas sans rappeler quelques poèmes (Le Mépris de la Vie et Consolation contre la Mort) du méconnu poète baroque Jean-Baptiste Chassignet. En effet, son poème Mortel Sonnet a certains points communs avec celui de Baudelaire[4].

Influences[modifier | modifier le code]

En 2021, dans son roman en vers libre Décomposée, l'autrice Clémentine Beauvais reprend l'histoire de ce poème en imaginant la vie qu'a menée la charogne lorsqu'elle était encore vivante et avant d'être découverte par Charles Baudelaire et Jeanne Duval. Les scènes rappelant la vie de cette femme sont entrecoupées de discussions entre Baudelaire et sa maîtresse[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Une Charogne », sur https://poesie.webnet.fr (consulté le )
  2. Par Amélie Vioux, « Une charogne, Baudelaire : analyse », sur commentaire composé, (consulté le )
  3. Hirota, Daichi (1981-....)., Espace et poésie chez Baudelaire : typographie, thématique et énonciation (OCLC 892945356, lire en ligne)
  4. Esthétique de la pourriture, Marie-Pierre Krück, 2017
  5. « Clémentine Beauvais – Décomposée », sur diversions-magazine.com,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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