Tezos (blockchain)

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Tezos
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Logo.
Informations générales
Date de création 20 juin 2018
Créateur Arthur Breitman et Kathleen Breitman
Symbole boursier XTZ,ꜩ
Caractéristiques de la chaîne
Fonction de hachage Irrelevant : preuve d'enjeu (POS)
Fréquence moyenne des blocs 1 minute
Quantité maximale 736 413 944
Logiciel client
ClientVersionLangageLicenceSite web
OCamlMITtezos.com

Tezos est une plateforme de protocoles de registres décentralisés (blockchain) pour le développement de contrats intelligents (smart contracts) et de la cryptomonnaie tez (ꜩ, XTZ). L'algorithme du protocole est basé sur un consensus de preuve d'enjeu à chaîne-longue. Il est basé sur une modularité lui permettant de s'auto-amender à travers une gouvernance on-chain et le support d'un langage de contrats intelligents Turing-complet. Ces contrats sont des programmes informatiques déployables sur la blockchain dans le but d'exécuter des opérations sur le registre, qu'elles soient par exemple d'ordre financier. La Fondation Tezos[1], un organisme sans but lucratif, est l'entité en charge de la coordination des moyens de développement de cette infrastructure. En , sa capitalisation boursière atteignait 1,8 milliard de dollars américains[2], la plaçant 15ème au rang des cryptomonnaies.

Conception[modifier | modifier le code]

Délégation et blocs[modifier | modifier le code]

Contrairement aux blockchains de premières générations, comme le Bitcoin où le principe d'enregistrement des blocs se base sur la preuve de travail (minage), le Tezos adopte une politique de consensus par preuve d'enjeu, basé sur la délégation. Chaque possesseur de XTZ détient une probabilité d'être sélectionné aléatoirement afin d'accéder à l'écriture d'un bloc (baking). Celle-ci est pondérée par la quantité de jetons XTZ à sa disposition. Cependant, le ticket d'entrée onéreux pour ce tirage au sort ne permet pas à n'importe qui d'être choisi afin d'être sélectionné. Ainsi, chacun peut déléguer son droit d'enjeu à un délégataire qui se chargera d'opérer ses droits en son nom.

Lorsqu'un délégataire est choisi pour écrire sur la blockchain, il reçoit une récompense et met en jeu une partie de ses fonds (similairement à une hypothèque). Ce mécanisme permet d'écarter les délégataires malveillants qui viendraient acter de fausses transactions. Il n'est pas dans l'intérêt d'un délégataire de perdre de l'argent alors qu'il pourrait en gagner en se comportant avec bienveillance.

Cette idée de concensus entre bakers en preuve d'enjeu diffère du principe de mise en concurrence des mineurs en preuve de travail[3], qui doivent produire du calcul volontairement (et inutilement) gourmandes en énergie afin de faire face au spam.

Le nombre de transaction par jour sur le réseau était d'environ 37 000 en pour environ 9 000 adresses actives[4].

Amendements de protocole[modifier | modifier le code]

Au cours des différentes crises de cryptomonnaies, il a été observé que le grand nombre de hard-forks augmentait la multiciplicité des cryptomonnaies tout en réduisant leurs valeurs financières. Prenons l'exemple d'une blockchain développée en open-source, lorsque qu'un nombre de developpeurs n'arrive pas à se mettre d'accord avec la gouvernance de celle-ci, il est libre de reprendre le code source de ce projet afin de monter sa propre blockchain: fork. L'idée proposée par Tezos est d'amener une gouvernance relativement dirigée par ses utilisateurs finaux avec un système de vote. Chaque possesseur de XTZ possède d'une portion de droit de vote et peut déléguer celle-ci à un délégataire qui votera en son nom. Un bulletin de vote équivaut à 8000 XTZ en montant de délégation. Le protocole Tezos a été conçu initialement pour être capable de s'auto-modifier à la volée tout en ayant un faible impact sur la qualité de service. Ainsi, ces propositions de modifications de protocoles peuvent être soumises par quiconque de communauté et son votées afin de décider de leur mise en application.

Sûreté de fonctionnement des contrats intelligents[modifier | modifier le code]

Dans le monde des blockchains, Tezos exploite l'idée qu'une blockchain (c'est-à-dire un registre décentralisé à accès public) est capable de stocker de la donnée mais aussi des programmes manipulant des actifs financiers. Par exemple, il est possible d'écrire un programme informatique opérant sur la blockchain (donc un contrat) permettant de collecter de l'argent dans le cadre d'une cagnotte de bienfaisance. Puis, une fois le montant cible atteint, il serait responsable de l'envoi des fonds à une ONG. Ce mécanisme - relativement simple - doit cependant répondre à plusieurs exigeances de fiabilité en assurant la sûreté et la sécurité de ses procédés. Il faut pouvoir s'assurer plusieurs propriétés: (1) le mécanisme d'envoi sera déclenché une fois la cible atteinte (liveness), (2) le montant exact sera débité des donateurs et crédité au bon destinataire (consistency). La philosophie de Tezos se place dans un axe fort de recherche et de développement dans le domaine de la vérification formelle des programmes à base de méthodes formelles (qu'elles soient automatiques ou semi-automatiques). Le langage de contrats est un langage à pile fortement-typé Turing-complet, appelé Michelson[5],[6], et permet de fournir un modèle relativement simple et dont la littérature scientifique regorge de ressources pour la comprendre. À cela, le protocole Tezos lui-même est developpé dans le langage de programmation fonctionnel OCaml[7], connu pour sa fiabilité et sa capacité à écrire des programmes informatiques proches des formules de la logique mathématique. À cela, un effort de formalisation dans l'assistant de preuve Coq du langage Michelson est mené par Nomadic Labs afin de vérifier les comportements de smarts contracts[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

En , les fondateurs du projet ont publié un document intitulé "Position Paper". En , un libre-blanc a été publié[9]. Trois ans plus tard en 2017, la Fondation Tezos lève 228 millions de dollars lors d'une collecte de fond, devenant ainsi la plus grande ICO de la bulle des crypto-monnaies en 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Shaanan Cohney, David Hoffman, Jeremy Sklaroff et David Wishnick, « COIN-OPERATED CAPITALISM », Columbia Law Review, vol. 119, no 3,‎ , p. 591–676 (ISSN 0010-1958, lire en ligne, consulté le 22 septembre 2020)
  2. (en) CV VC AG, « CV VC Top 50 Report released », sur Medium, (consulté le 18 décembre 2020)
  3. « Proof-of-stake in Tezos — Tezos (master branch, 2020/09/22 15:17) documentation », sur doc.tzalpha.net (consulté le 22 septembre 2020)
  4. (en) "Tezos Price Analysis - Spot prices and on-chain metrics return to highs", par Josh Olszewicz sur bravenewcoin.com, publié le 22 avril 2010 (consulté le 30 septembre 2020)
  5. « Michelson Reference », sur https://tezos.gitlab.io/michelson-reference/ (consulté le 22 septembre 2020)
  6. « Try Michelson », sur try-michelson.com (consulté le 22 septembre 2020)
  7. TQ Tezos, « Introduction · Formal Verification », sur learn.tqtezos.com (consulté le 7 octobre 2020)
  8. (en) « Formally verifying a critical smart contract », sur Nomadic Labs (consulté le 7 octobre 2020)
  9. (en) L.M Goodman, « Tezos - a self-amending crypto-ledger », White paper,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]