Swatch Group

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The Swatch Group SA
logo de Swatch Group
Logo de Swatch Group

Création 1983 comme SMH
1998 comme Swatch Group
Fondateurs Nicolas Hayek
Forme juridique Société anonyme
Action SIX : UHR
SIX : UHRN
Siège social
Bienne
Drapeau de la Suisse Suisse
Direction Nayla Hayek (présidente)
Georges Nicolas Hayek (directeur)
Directeurs Nayla HayekVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Nicolas Hayek (40,5 %)[1] et Esther Grether (en) (5,9 %)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Horlogerie
Produits montres, électronique
Filiales Swatch, Omega, Longines, Hamilton, Breguet, Tissot
Effectif 37 123 (2018)
Site web www.swatchgroup.com

Capitalisation 14 001 millions CHF (2019)
Chiffre d'affaires 8 475 millions CHF (2018)
Résultat net 845 millions CHF (2018)[2]

The Swatch Group SA est une entreprise multinationale cotée au Swiss Leader Index, étant sorti du Swiss Market Index depuis septembre 2021[3]. Sa raison sociale est inscrite à Neuchâtel[4] en Suisse, alors que son siège administratif principal est situé à Biel/Bienne, également en Suisse. C'est la plus importante société d'horlogerie du monde, produisant une grande variété de montres et d'éléments pour la fabrication des montres : avec 160 usines au total, l'entreprise fournit ses concurrents en mouvements horlogers sous sa filiale ETA. En valeur, elle représente 19.6 % des ventes mondiales du secteur en 2015[5].

Elle est née de la fusion en 1983 des deux grands groupes horlogers helvétiques : l'ASUAG, fondé en 1931, (Longines, Rado, etc.) ; et la SSIH, fondé en 1930, (Omega, Tissot, Lemania Watch). A la suite d'une étude stratégique de la société Hayek Engineering, Cette nouvelle holding prend tout d'abord le nom de Société de Microélectronique et d'Horlogerie (SMH). Mais devant le succès de la Swatch en plastique, la holding est renommée « The Swatch Group » en 1998. Son fondateur Nicolas Hayek meurt le d'une crise cardiaque, à l'âge de 82 ans. Son fils Nick lui succède[6]. Sa fille Nayla Hayek est élue à l'unanimité la présidente du conseil d’administration de Swatch Group le [7].

Historique[modifier | modifier le code]

Siège social de l'entreprise à Bienne
Bâtiment à Bienne, 2018.

Après la crise des années 1970, dite crise du quartz, l’industrie horlogère suisse connait un renouveau à partir de 1984. Une étude de marché réalisée par la société de conseil HEAG, appartenant à Nicolas Hayek, préconise la fusion de la holding Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie (ASUAG) et le holding Société suisse pour l'industrie horlogère (SSIH) dans la Société de microélectronique et d'horlogerie (SMH). Cette nouvelle holding va donner naissance au Swatch Group. Le siège de la SMH était à Bienne, où se trouve toujours le siège du Swatch Group actuel.

Toutefois, l'invention de la montre Swatch remonte aux années 1980. Ses deux concepteurs techniques sont Elmar Mock, ingénieur en horlogerie et en matières plastiques et Jacques Müller, ingénieur, spécialiste des mouvements d’horlogerie. Le concept stratégique a quant à lui été élaboré par Ernst Thomke (CEO), avec l'assistance du consultant marketing externe Franz Sprecher. Tous trois actifs durant cette période à ETA, manufacture de mouvements du Swatch Group. La Swatch, cette petite montre en plastique, a permis de « sauver » l'horlogerie suisse. Les créateurs du design de la Swatch sont Marlyse Schmid et Bernard Muller, indépendants et dont l'entreprise, Schmid Muller Design se trouve à Chézard-Saint-Martin dans le canton de Neuchâtel. En 1998, SMH devient The Swatch Group pour rendre hommage à cette montre en plastique emblématique de la renaissance horlogère suisse.

Le groupe, disposant d'une trésorerie de plus d'un milliard d'euros et de sa propre banque, cultive l'indépendance : « Nous n'avons jamais de dettes, ce qui nous permet de ne dépendre d'aucune banque », précise Nick Hayek[6].

En , dans le cadre de la pandémie de Coronavirus, le groupe annonce une baisse du dividende au titre de 2019 de 30%[8].

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Liste des principaux actionnaires au [9] :

Nom %
UBS Asset Management Switzerland 3,61 %
Gardner Russo & Quinn 3,51 %
The Vanguard Group 2,67 %
Crédit Suisse Asset Management (Schweiz) 2,01 %
Macquarie Investment Management Europe 1,45 %
Pictet Asset Management 0,86 %
BlackRock Asset Management Schweiz 0,83 %
Zürcher Kantonalbank (Investment Management) 0,80 %
Geode Capital Management (en) 0,69 %
Dimensional Fund Advisors 0,66 %

Activités[modifier | modifier le code]

Horlogerie[modifier | modifier le code]

Marques[modifier | modifier le code]

Swatch Group est présent au travers de plusieurs marques de montres et possède une position de leader sur tous les segments du marché à part le luxe, avec une gamme, couverte par 18 marques en 2015, de « 28 euros à l'infini ou presque »[6]. La plupart d'origine suisse, certaines fondées à l'étranger, mais contrôlées par le groupe, voire rapatriées en Suisse[10].

La particularité des montres Swatch et Flik Flak est le faible nombre de composants. Seule la pile est remplaçable. En effet, le mouvement d'horlogerie est placé par le devant de celle-ci, le verre refermant le tout, soudé aux ultrasons. La montre en version de base comporte 51 pièces d'horlogerie, contre plus de 150 pour une montre traditionnelle, selon le concept Swatch. Ces montres, de haute qualité technique, sont scellées et donc conçues pour ne pas devoir être réparées. Un « puits de pile » étanche permet le changement de la batterie pour toutes les versions non mécaniques.

Le groupe met un terme en à sa collaboration initiée en 2008 avec l'entreprise américaine Tiffany & Co. pour la fabrication de montres sous la marque Tiffany Watch Co. Ltd.

Endura, fondée en 1966, n'est pas une marque dont la première vocation est d'être publique ; elle produit sous licence des montres entrée de gamme pour des entreprises tierces : ces montres sont soit commercialisées par les marques, soit commercialisées par le groupe.

Les trois marques principales du groupe sont Omega, Longines, et Tissot. La marque Omega réalise environ un tiers du chiffre d'affaires du groupe et deux tiers des profits. Le chiffre d'affaires du groupe étant réalisé pour plus de la moitié en Chine[6].

Autres entreprises horlogères[modifier | modifier le code]

  • ETA Manufacture Horlogère, montres et mouvements
  • Lemania, chronographes, mouvements avec complication, devenu Manufacture de Haute Horlogerie Breguet.
  • Frédéric Piguet, mouvements aux qualités spéciales (plates, petites, compliquées), devenu Blancpain
  • Valdar, ingénierie micromécanique, devenu CHH-Microtechnique
  • François Golay, ingénierie micromécanique, devenu CHH-Microtechnique
  • Comadur, pierres d'horlogeries, glaces saphir, céramique décor
  • Nivarox, parties oscillantes, indexes et échappements
  • Meco, couronnes, poussoirs
  • Universo, aiguilles, indexes
  • Rubattel & Weyermann, cadrans
  • MOM Le Prélet, cadrans
  • Lascor, boîtes, bracelets
  • Favre & Perret, boîtes
  • Manufacture Ruedin SA, boîtes
  • Moebius, huile pour horlogerie

Vente au détail[modifier | modifier le code]

Monomarques[modifier | modifier le code]

Sous la responsabilité de chaque marque.

  • Magasins Swatch, Omega, Blancpain, Breguet…

Multimarques[modifier | modifier le code]

Sous direction commune

Bijoux[modifier | modifier le code]

  • DYB
  • Swatch
  • Leon Hatot

Électronique[modifier | modifier le code]

Le Swatch Group Electronic System réunit les entreprises suivantes :

  • EM Microelectronic-Marin, fabricant de circuits intégrés miniatures
  • Micro Crystal, fabricant d'oscillateurs miniatures
  • Renata, fabricant de batteries miniatures
  • Swiss Timing LTD, chronométrage sportif

Recherche et Développement[modifier | modifier le code]

  • ASULAB, laboratoire de recherche et développement

Automobile[modifier | modifier le code]

En 1998, le groupe développe et construit la voiture citadine Smart (à l'origine swatchmobile) dans une coentreprise avec Mercedes du groupe DaimlerChrysler, que le groupe automobile reprendra à 100 %.

  • Développement d'un moteur hybride
  • Le groupe continue toujours à développer et produire des éléments pour l'industrie automobile

Autre[modifier | modifier le code]

En 1998, la marque Swatch a lancé un format horaire alternatif destiné à simplifier les échanges sur Internet : l'Heure Internet.

Le groupe a créé en 2008 l'entreprise Belenos Clean Power Holding Ltd qui promeut une énergie « propre » au service de la mobilité. La société a comme projet principal de développer une automobile qui fonctionne à l'hydrogène.

Abus de position dominante[modifier | modifier le code]

À plusieurs reprises, le groupe Swatch fait l'objet d'enquêtes de la part de la Commission de la concurrence suisse (COMCO) pour infraction à la loi suisse sur les cartels (LCart).

ETA Manufacture Horlogère, filiale du Groupe Swatch, produit et livre des mouvements et des assortiments pour plusieurs entreprises horlogères dans l'Arc jurassien[12]. Au cours du temps, ETA devient le seul producteur de ces pièces non assemblées (appelées collectivement ébauches)[12]. Voyant que ses produits sont parfois retravaillés par des concurrents de Swatch, le groupe fondé par Nicolas Hayek décide au début des années 2000 d'arrêter de livrer des ébauches à ses concurrents[12]. La COMCO se saisit de l'affaire et décide d'ouvrir une enquête contre ETA en 2002, qui se conclut par un accord à l'amiable en 2004[13]. Toutefois, la COMCO ouvre de nouveau une enquête contre en 2008 pour des soupçons d'abus de position, dans la mesure où ETA effectue des changements de prix et de conditions de prix qui serait contraire à la LCart[14]. Cette enquête se solde également par un accord à l'amiable, où le groupe Swatch est contrait la livraison d'ébauches des ébauches jusqu'en 2019 à tous ses clients, mais aux mêmes prix et aux mêmes conditions[15]. En 2020, la COMCO analyse de nouveau le marché et constate par décision formelle[16] que l'industrie est en mesure de trouver d'autres fournisseurs d'ébauches, mais ETA (et donc le groupe Swatch) reste en position dominante[17].

En , la COMCO ouvre de nouveau une enquête envers le groupe Swatch, mais contre sa filiale Nivarox, également pour des soupçons d'abus de position dominante dans le marché des mouvements[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. rapport annuelVoir et modifier les données sur Wikidata
  2. https://www.zonebourse.com/THE-SWATCH-GROUP-9364976/fondamentaux/
  3. « Swatch Group remplacé dès vendredi soir par Logitech dans l'indice SMI », sur rts.ch, (consulté le )
  4. « Extrait Internet du Registre du Commerce du Canton de Neuchâtel » (consulté le )
  5. Montres Le Guide 16/17, Le Meilleur de l'horlogerie suisse, Ithaka Time SA, Neuchâtel
  6. a b c et d Thiébault Dromard, « Swatch a toujours un temps d'avance », Challenges, no 293,‎ , p. 56 à 58 (ISSN 0751-4417)
  7. http://www.letemps.ch/economie/2010/06/30/nayla-hayek-59-ans-fille-ainee%7C Nayla Hayek, 59 ans, la fille aînée
  8. Zone Bourse, « Swatch réduit son dividende suite au coronavirus | Zone bourse », sur www.zonebourse.com (consulté le )
  9. « THE SWATCH GROUP AG : Actionnaires Dirigeants et Profil Société », sur www.zonebourse.com (consulté le )
  10. http://www.swatchgroup.com/intro_fr
  11. « À l'heure de la Rive gauche », L'Express, no 3204,‎ , p. 156 (ISSN 0014-5270)
  12. a b et c (de) Andrea Martel, « Die Uhrenbranche atmet auf », Neue Zürcher Zeitung,‎ (lire en ligne Accès limité).
  13. (de) Jurius, « Weko schliesst Untersuchung gegen ETA », Jusletter,‎ (lire en ligne Accès payant).
  14. (de) Jurius, « Sekretariat der Weko eröffnet Vorabklärung gegen ETA SA », Jusletter,‎ (lire en ligne Accès payant).
  15. (de) Hansueli Schöchli, « Lieferzwang für Swatch Group bis 2019 », Neue Zürcher Zeitung,‎ (lire en ligne Accès limité).
  16. Commission de la concurrence, « Décision de la COMCO concernant les mouvements ETA », sur weko.admin.ch, (consulté le ).
  17. Vaère Gogniat et Alexandre Steiner, « La Comco rend sa liberté à Swatch Group », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  18. Alexandre Steiner, « La Comco cible à nouveau Swatch Group », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès libre, consulté le ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Yves Donzé, La circulation des richesses. Le retour de l'industrie horlogère suisse sur le marché mondial : une Business History du Swatch Group (1983-2010), Maison d'analyse des processus sociaux (MAPS), Université de Neuchâtel, , 59 p. (lire en ligne)
  • « Swatch Group », sur Dictionnaire historique de la Suisse (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]