Site d'actualité

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Un site d'actualité est un site web destiné à l'actualité. Il en existe qui ne sont présents que sur internet (des pure players) comme, en France par exemple, Mediapart, Slate, Rue89 ou Contrepoints, et d'autres qui sont liés à d'autres médias préexistants (titre de presse écrite, station de radio, chaîne de télévision).

Journaux traditionnels ayant une version numérique[modifier | modifier le code]

Nouvel immeuble du Guardian à Londres.
Le déménagement vers cet immeuble a été l'occasion de fusionner les rédactions entre les versions papier et numérique de ce groupe de média
Nombre de journaux imprimés aux Etats-Unis de 2000 à 2014

Dès la fin des années 1990, des centaines de journaux américains commencent à disposer de versions en ligne, sans grande interactivité[1].

La façon d’aborder cette coexistence de supports pose différents problèmes. L’un des premiers sujets concerne l'organisation des rédactions. L’équipe de rédaction sur internet doit-elle être une équipe spécifique ou doit-elle fusionner avec l’équipe chargée du support traditionnel ? Bien souvent, ces médias démarrent sur le nouveau support avec une équipe dédiée puis fusionnent les équipes. Un quotidien tel que The Guardian, en Grande-Bretagne, compte ainsi 750 journalistes, qui travaillent à la fois pour la publication quotidienne sur papier, la publication sur internet et pour l'hebdomadaire The Observer, autre propriété du même groupe. Les équipes ont fusionnées à l'occasion du déménagement, en décembre 2008[2].

La réflexion porte aussi sur le contenu des publications sur internet. Un travail prospectif effectué par 7 journalistes du quotidien américain The New York Times à leur demande de leur direction sur l’avenir de ce journal, apporte des éléments de réponse. Pour ces journalistes, le lectorat sur internet réagit de façon plus brutale que le lectorat traditionnel à la médiocrité. Les articles manquant de fond ou au style académique sont plus que jamais à proscrire. Il faut aussi varier les formes narratives, apporter des éléments visuels, et savoir alterner formats longs et résumés très rapides à lire. Les préoccupations quotidiennes des lecteurs ne doivent pas être oubliées, et la rédaction doit apprendre à associer les lecteurs en leur permettant de commenter ou de poser des questions[3].

Mais le point le plus sensible est de trouver le modèle économique pour la version web. Alan Rusbridger, directeur de rédaction du Guardian, a prédit dans les années 2000 que les revenus du papier baisseront, ceux du Web augmenteront, les deux courbes se croisant, pour permettre un nouvel équilibre financier. Dans les faits, la vérification de cette prédiction tarde à venir, les recettes de la version en ligne étant plus limitées que prévues. Le Guardian a fait le choix, au démarrage de la version en ligne, d’un accès gratuit et d'un service financé par la publicité. Mais l'espace disponible pour les annonceurs sur le Web est potentiellement illimité et les revenus publicitaires restent limitées de fait de cette concurrence et du caractère plus attrayant des réseaux sociaux. De plus, cette approche gratuite, avec financement publicitaire, peut peser sur le contenu proposé en ligne. Finalement, ce quotidien britannique a amendé progressivement sa stratégie sur le net et a commencé à créer des services payants[2],[3].

Pure players[modifier | modifier le code]

LeWeb 2010 - The dumb pipe.jpg

Les premiers exemples de site d'actualité «uniquement on-line (en ligne)» sont sur des réseaux privatifs , tels le News Report, un journal en ligne créé en 1974 sur une infrastructure, PLATO, spécifique à l'Université de l'Illinois. À partir de 1987, le journal brésilien Jornaldodia s'est mis en place sur une infrastructure de la compagnie Embratel (en), passant à Internet dans les années 1990.

Dans un pays européen tel que la France, l'apparition des sites d'actualité non liés à un média traditionnel date des années 2000, avec notamment Mediapart, Rue89 ou Slate. En 2015, 391 sites d'actualité « tout en ligne » ou « pure player » sont dénombrés en France par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP)[4].

Une autre évolution remarquable est le choix de certaines publications d'abandonner leur format traditionnel sur papier pour publier uniquement en ligne. Un des premiers exemples majeurs est aux États-Unis et concerne le Seattle Post-Intelligencer, qui a cessé en mars 2009 de publier sur papier, après 149 années, pour privilégier la publication en ligne, ne conservant qu'une vingtaine d'employés sur plus de 150[5].

D'autres sites d'actualités sont spécialisés dans des domaines comme SecoursInfo.fr, qui est dédié aux faits-divers et spécialisé dans le traitement de l'information des services de secours publics et privés, ou encore des mairies qui peuvent intégrer des blogs d'actualités pour communiquer avec leurs administrés.

Outre ces sites, il existe des sites web comme Google Actualités qui sont des applications web qui rendent un service qui était auparavant seulement possible avec un logiciel agrégateur.

Modèle économique[modifier | modifier le code]

Données de l'Association des journaux d'Amérique (Newspaper Association of America), et du Department of Labor, aux États-Unis.

La question du choix du modèle économique se pose aussi bien pour les sites d’actualité uniquement sur le Web que pour le financement du service en ligne par les médias traditionnels. L’approche «tout-gratuit» et le financement par la publicité qui séduisaient dans les années 2000, laissent apparaître des perspectives de revenus limitées, et sont remis en cause par plusieurs rédactions ou directions de médias dans les années 2010. Ces choix conduisent à une course à l’audience et à des contenus pousse-clics avec des résultats incertains, les revenus publicitaires restant limités. Médiapart en France a fait dès son démarrage le pari inverse d’un accès payant à des abonnés. Certains commentateurs ont d'ailleurs à l'époque annoncé que Médiapart était mort-né, suite à ce choix : ça n'a pas été le cas[6],[7],[4]. En janvier 2017, ce site pure player créé depuis moins de 10 ans emploie 74 salariés en CDI, compte plus de 130 000 abonnés payants,et a fait un chiffre d'affaires de 11,4 millions d’euros sur 2016 avec un résultat net de 1,8 million et une trésorerie de 4 millions sans endettement[8].

En 2017, le rapport prospectif des journalistes du New York Times sur l’avenir en ligne de leur journal préconise un système de revenus récurrent, par abonnement, pour favoriser un journalisme de qualité, même si ceci nécessite d'adapter les pratiques journalistiques pour encourager la consultation régulière et récurrente[3].

A contrario, une des grandes réussites de site d'actualité gratuit, qui pour autant est reconnu pour la qualité de sa production journalistique, est clairement BBC News, qui associe autour d'une rédaction différents services : une chaîne de télévision numérique, une radio, un site d'actualités Internet et une application smartphone[9]. Pour autant, le problème de revenus se pose différemment pour ce média, qui est un service public et bénéficie d'une redevance[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tanjev Schultz, « Interactive Options in Online Journalism: A Content Analysis of 100 U.S. Newspapers », Journal of Computer-Mediated Communication, vol. 5, no 1,‎ , p. 1 (DOI 10.1111/j.1083-6101.1999.tb00331.x, lire en ligne)
  2. a et b Xavier Ternisien, « Au Royaume-Uni, le "Guardian" cherche un modèle rentable entre le journal papier, l'Internet et l'iPhone », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c Jérôme Lefilliâtre, « Le plan du New York Times pour rester abonné à la qualité », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Alexis Delcambre, « « Les Jours », « Marsactu » : le baby boom des sites d’information », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Seattle Post-Intelligencer prints final edition in online transition », CNN,‎ (lire en ligne)
  6. « Mediapart : mort-né ! », Blog de Thierry Crouzet,‎ (lire en ligne)
  7. Alexandre Piquard, « Mediapart, huit ans de succès payant », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Jérôme Lefilliâtre, « Mediapart, la stature du «commando» », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. Philippe Bernard, « Le succès insolent de « BBC News » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. Philippe Bernard, « La BBC sauve sa redevance et son indépendance », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liste de sites[modifier | modifier le code]

Catégorie:Site web d'actualité

Articles connexes[modifier | modifier le code]