Rue Maurice-Fonvieille

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Rue Maurice-Fonvieille
(oc) Carrièra Maurici Fontvieille
Image illustrative de l’article Rue Maurice-Fonvieille
La rue Maurice-Fonvieille vue depuis la Rue Saint-Antoine-du-T.
Situation
Coordonnées 43° 36′ 14″ nord, 1° 26′ 57″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Ville Toulouse
Quartier(s) Saint-Georges (secteur 1)
Début no 26 rue Saint-Antoine-du-T.
Fin no 53 boulevard Lazare-Carnot et no 51 bis rue du Rempart-Saint-Étienne
Morphologie
Type Rue
Longueur 283 m
Largeur entre 6 et 12 m
Histoire
Anciens noms Chemin des Escoussières (fin du XVe siècle)
Rue du Rempart-des-Pénitents-Noirs (1793)
Rue du Grand-Rempart (1806)
Rue du Rempart-Saint-Aubin (1840)
Rue Basse-du-Rempart (1844)
Rue Dutemps (XIXe siècle)
Rue Maurice-Fonvieille (1948)
Protection Logo site patrimonial remarquable.png Site patrimonial remarquable (1986)
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Rue Maurice-Fonvieille (oc) Carrièra Maurici Fontvieille
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Rue Maurice-Fonvieille (oc) Carrièra Maurici Fontvieille

La rue Maurice-Fonvieille (en occitan : carrièra Maurici Fontvieille) est une voie publique du centre historique de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Elle se situe dans le quartier Saint-Georges, au cœur du secteur 1 de la ville.

Description[modifier | modifier le code]

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Voies rencontrées[modifier | modifier le code]

La rue Maurice-Fonvieille rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Rue Saint-Antoine-du-T.
  2. Rue Paul-Mériel (d)
  3. Rue de Saint-Cyr (g)
  4. Passage Saint-Jérôme - accès piéton (d)
  5. Rue Pierre-Baudis (g)
  6. Place Occitane - accès piéton (d)
  7. Boulevard Lazare-Carnot (g)
  8. Rue du Rempart-Saint-Étienne (d)

Transports[modifier | modifier le code]

La rue Maurice-Fonvieille se trouve à proximité immédiate des allées Jean-Jaurès, où se trouve la station Jean-Jaurès, au croisement des deux lignes de métro Métro de Toulouse Ligne A du métro de Toulouse et Métro de Toulouse Ligne B du métro de Toulouse. En correspondance se trouvent, sur les boulevards de Strasbourg et Lazare-Carnot, les arrêts des lignes de bus Linéo Linéo de ToulouseL1L8L9​​​​​​​​​​​​​ et Liste des lignes de bus de Toulouse142329AéroportNoctambus​​​​​​​​​​​.

Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent dans les rues voisines : les stations no 8 (19 rue Paul-Vidal) et no 21 (63 boulevard Lazare-Carnot).

Odonymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la rue rend hommage à Maurice Fonvieille (1896-1945), instituteur et Résistant toulousain. Il naît à Montlaur le dans une famille modeste, laïque et républicaine. Il devient instituteur puis professeur en Russie, avant de rejoindre la France pour s'engager dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale. Après la défaite de 1940, il rejoint la Résistance. En 1942, il est l'un des fondateurs du mouvement « Libérer et Fédérer », avec Silvio Trentin. Il est ainsi membre du Comité directeur du journal du mouvement avec Achille Auban, Adolphe Coll, Paul Descours, Clément Laurent et Gilbert Zaksas. Il est arrêté en par la Gestapo à l'imprimerie des Frères Lion (actuel no 23 rue Croix-Baragnon). Il est déporté au camp de Mauthausen, affecté au Kommando de Gusen. Il meurt d'épuisement au printemps 1945, quelques jours avant la libération du camp[1],[2].

Au Moyen Âge, ce n'était pas une rue, mais plutôt un chemin de ronde derrière les remparts de la ville, désigné au XVe siècle comme le chemin des « escoussières » (« chemin de ronde », escorsièras en occitan). C'est au milieu du XVIe siècle que le simple chemin devint la rue des Escoussières. À la fin du XVIIIe siècle, la rue prit plus particulièrement le nom de rue du Rempart-des-Pénitents-Noirs, à cause de la proximité de la chapelle de la confrérie des Pénitents noirs (ancien no 43 rue Saint-Jérôme, emplacement de l'actuel no 18 place Occitane) – dans le même temps, la rue voisine prenait le nom de rue du Rempart-des-Pénitents-Blancs (actuelle rue du Rempart-Saint-Étienne). En 1794, pendant la Révolution française, la rue fut rebaptisée rue de l'Influence, mais le nom ne subsista pas, et avec la rue du Rempart-des-Pénitents-Blancs, elle fut la rue du Grand-Rempart. En 1840, la première devenait finalement la rue du Rempart-Saint-Étienne, la deuxième rue du Rempart-Saint-Aubin. Dans la 2e moitié du XIXe siècle, elle reçut le nom de Dutemps, adjoint au maire et promoteur du quartier Lafayette, autour de la place du même nom (actuelle place Wilson), qui possédait les Bains Dutemps, l'Hôtel des Bains et le Casino (emplacement de l'actuel cinéma Gaumont Wilson)[3]. C'est en 1948 que la rue reçut, sur proposition de la municipalité issue de la Résistance de Raymond Badiou, le nom de Maurice Fonvieille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et période moderne[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, il n'y a pas de rue, mais un simple chemin qui longe le rempart de la ville : le « chemin des Escoussières » (cami de las escorsièras en occitan). Le cadastre de 1458 le mentionne sous le nom des Escoussières-Saint-Aubin[4]. Du côté nord de la rue s'élève le rempart gallo-romain (emplacement des actuels no 1-9) restauré plusieurs fois au Moyen Âge, en particulier pendant la croisade des Albigeois, au début du XIIIe siècle, et pendant la guerre de Cent Ans, au XIVe siècle. Le rempart est ponctué de plusieurs tours que longe le chemin des Escoussières. Du côté nord de la rue, le terrain est laissé libre de constructions, et on ne trouve que des jardins[5].

Du côté sud, les premières maisons s'élèvent à la fin du Moyen Âge. Comme dans l'ensemble du quartier des Clottes, entre le rempart et la place Saint-Georges, les maisons, qui ont généralement leurs entrées dans les rues adjacentes – rue Saint-Jérôme, rue Saint-Antoine-du-T –, sont principalement peuplées d'artisans. On y trouve également des artistes, tel le sculpteur Pierre Lucas, qui possède une maison au milieu du XVIIIe siècle (ancien no 16, actuel no 14)[5].

Au XVIIe siècle, une tour du rempart accueille l'amphithéâtre de l’École de Chirurgie, et gagne le nom de Tour de l'Anatomie. En effet, la Maison de l'Anatomie, où depuis 1620 les chirurgiens-barbiers donnaient leurs leçons et pratiquaient les dissections (ancien no 5 rue de Saint-Cyr, actuel no 12 place Occitane) tombant en ruines : en 1671, elle fut transférée dans la tour de l'Anatomie[6].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le visage de la rue commence à évoluer au XIXe siècle. En 1827, le rempart est démoli et, trois ans plus tard, la place Lafayette (actuelle place Wilson) est tracée[5]. De nouvelles constructions s'élèvent rapidement dans la rue du Grand-Rempart (actuelle rue Maurice-Fonvieille). La construction des immeubles qui font le tour de la place, sur les plans de Jacques-Pascal Virebent, permet d'élever de nouvelles façades sur la rue du Grand-Rempart (actuels no 1-5). L'aménagement du boulevard Saint-Aubin (actuel boulevard Lazare-Carnot) encourage également les nouvelles constructions. En 1850, l'architecte Urbain Vitry élève au milieu de la rue les ateliers de construction des Messageries du Midi, dévolus en 1866 au Conservatoire de la ville. En 1862, les bureaux du Télégraphe électrique, établis rue Pierre-de-Fermat (actuel no 12) sont transportés dans la rue (actuel no 2). En 1869, Dutemps, adjoint au maire et promoteur immobilier audacieux, fait édifier les Bains Dutemps, l'Hôtel-des-Bains et le Casino[5].

Les transformations les plus profondes interviennent cependant dans la deuxième moitié du XXe siècle. Dans les années 1950, la municipalité souhaite transformer radicalement et complètement le quartier des Clottes, qui reste l'un des plus insalubres du centre-ville, et organise un plan de renouvellement urbain pour un nouveau quartier Saint-Georges. Dans le secteur de la rue Maurice-Fonvieille, les travaux, qui s'étalent dans les années 1970, emportent toute la partie sud de la rue, entre la rue Paul-Mériel et la rue du Rempart-Saint-Étienne.

En 1992, le Conservatoire déménage dans l'ancien hôpital Larrey. Suivant les plans de l'architecte Alain Sarfati, qui dessine le théâtre de la Cité, qui doit accueillir le Théâtre national de Toulouse, les bâtiments d'Urbain Vitry sont démolis. En 1998, le nouveau théâtre est inauguré.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Rempart[modifier | modifier le code]

  • no  1-5 : emplacement du rempart romain (Ier siècle et IVe siècle) et médiéval (XIIIe siècle, XIVe siècle et XVIe siècle).
    • no  3 : tour de l'Anatomie (IVe siècle ; XIIIe siècle).
    • no  5 : tour de Rigaud (IVe siècle ; XIIIe siècle).

Théâtre de la Cité[modifier | modifier le code]

Le théâtre de la Cité, théâtre national de Toulouse (T.N.T.) s'élève entre les rues Maurice-Fonvieille, Pierre-Baudis, de Saint-Cyr et Labéda, à l'emplacement des ateliers de construction des Messageries du Midi, construits en 1850 par Urbain Vitry, devenus le Conservatoire de la ville à partir de 1866. Le Théâtre national de Toulouse (TNT) est construit entre 1992 et 1998, sur les plans de l'architecte Alain Sarfati.

Du côté de la rue Maurice-Fonvieille se trouvent l'entrée des artistes et les accès techniques du théâtre. La longue façade intègre en alternance des lignes horizontales de pierres et de briques de parement. Au sous-sol du théâtre subsiste un vestige du rempart romain de Toulouse et de la tour de Rigaud[7].

Immeubles[modifier | modifier le code]

Façade du N°1 dessinée par Jacques-Pascal Virebent
  • no  1 : immeuble. Logo monument historique Inscrit MH (1974, façades et toitures de l'immeuble avec son retour la rue Saint-Antoine-du-T et sa façade arrière rue Maurice-Fontvieille)[8].
    L'immeuble est construit entre 1824 et 1834, dans le cadre de l'aménagement de la place Wilson, sur les plans de l'architecte Jacques-Pascal Virebent. L'immeuble, élevé dans un style néoclassique en vogue à Toulouse dans la première moitié du XIXe siècle, se situe entre la place Wilson et les rues Saint-Antoine-du-T et Maurice-Fonvieille. Sur cette dernière, la façade se développe sur dix-huit travées. Les grandes baies de boutiques au rez-de-chaussée et les fenêtres, à l'entresol et aux deux étages, sont rectangulaires. À l'entresol, les fenêtres possèdent des impostes et des garde-corps en fonte, ornés de motifs géométriques et végétaux. Au 1er étage, les fenêtres possèdent aussi des impostes et sont mises en valeur par un balcon continu, soutenu par des consoles en pierre, et doté d'un imposant garde-corps. Au second étage, les fenêtres conservent des impostes et un balconnet plus étroit, également doté d'un garde-corps[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. L. , « Maurice Fonvieille : grand héros de la Résistance », La Dépêche du Midi, 6 novembre 2007.
  2. Paul Arrighi, « Silvio Trentin et le mouvement de résistance libérer et fédérer : « de la résistance vers la révolution » », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 226, 2007, p. 121-130.
  3. Chalande 1928, p. 126-127.
  4. Klein et Léoutre 2011, p. 26.
  5. a b c et d Chalande 1928, p. 127.
  6. Chalande 1928, p. 127 et 129.
  7. Notice no IA31133165, inventaire général du patrimoine culturel, région Occitanie/ville de Toulouse.
  8. Notice no PA00094598, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. Notice no IA31116160, inventaire général du patrimoine culturel, région Occitanie/ville de Toulouse.
  10. Le Donjon, identifiant #16520, sur le site PSS-Archi, consulté le 17 juin 2021.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, 12e série, tome VI, Toulouse, 1928, p. 126-128. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 (ISBN 978-2867263545).
  • Philippe Klein et Pierre Léoutre, Au cœur d’une histoire. Le quartier St-Étienne à Toulouse, 2011, p. 26-27 (ISBN 2-810622906). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]