Résistance (psychologie analytique)

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Article principal : psychologie analytique.
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La résistance, en tant que concept propre à la psychologie analytique ( jungienne), désigne le fait de ne pas être ouvert à soi, à sa réalité et à la réalité extérieure. Et finalement de rester en lutte d'abord contre soi même mais aussi finalement contre le reste du monde. Il s'agit pour le sujet, de rester dans une forme d'aliénation, fut elle légère, à l'exemple de la névrose.

Avant propos[modifier | modifier le code]

« La complexité de la psychanalyse jungienne tient au fait que toutes les instances psychiques sont en étroites relations les unes avec les autres. Décrire isolément un concept donne de lui une vision forcément partielle car ne tenant compte ni des rapports dynamiques avec les autres instances ni de l'ensemble du système psychique. Tout est lié, tout est en mouvement » in La Psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, avril 2002

La perspective jungienne s'origine dans la pensée freudienne[modifier | modifier le code]

C'est dans son ouvrage L'homme et ses symboles que C.G. Jung illustre ce qu'est une résistance, d'ailleurs, il rend hommage, dans cet ouvrage, à Freud pour son travail.

Dans la perspective jungienne questionner l'inexistence de ce concept (ou d'un autre) et refuser de discuter avec soi-même se nomment "être en résistances,". "Être en résistances" c'est en premier lieu être résistant à soi-même, à sa propre nature même.

Cette résistance peut être "intellectualisée", elle se présente alors sous la forme de critiques intellectuelles attaquant la théorie. Car finalement cette fixation intellectuelle, comme dans le contexte de clinique de la psychanalyse, une force qui s'oppose au retour dans le conscient, de pensées inconscientes, qui pourraient participer à la guérison du patient. Quitter la lutte intellectuelle est déjà un chemin vers la guérison.

Par exemple quelqu'un de névrosé qui dira "la psychologie jungienne ne renvoie pas au réel ou est une pseudo-science ou elle est machiste ou féministe, de droite ou de gauche etc.". ne fera que révéler les objets mentaux avec lesquels il est "douloureusement" aux prises mais aussi avec lesquels il est sous emprise. En l'espèce : Les hommes, les femmes, le politique.

Mais d'un point de vue intime ou plus exactement dit sur le plan psycho-affectif, le rapport qu'il entretient avec son masculin, son féminin, et son investissement dans la vie sociale et économique et le "pouvoir" (capacité d'action, capacité d'agir) qu'il peut exercer dans la sphère publique.

La perspective Jungienne[modifier | modifier le code]

En tout cas, dans la perspective jungienne, cette résistance renvoie à un conflit intérieur qui n'a pu être assumé et dépassé par de la construction mais qui donne plus qu'à voir dans cette perspective qu'un enchevêtrement de positions ou de postures intellectuelles renvoyant à un conflit. Une zone, où il y a de "l'autre encrypté en nous", qui ne nous est pas supportable. Même si le réel peut donner lieu à de la pensée libre, à de la libre mise en sens du réel, ou même de la critique, cette pensée est, dans le cadre de la clinique, doutée en premier lieu. Car trop proche des allants de soi (entendus ici comme des allants du soi malheureux).

Dans son ouvrage l'homme et ses symboles, C.G. Jung nous explique un exemple de résistance classique face à la nouveauté (P.30 à 33) et en particulier a sa théorie et plus encore que l'Homme a face à lui-même : Le misonéisme.

Cette résistance se nomme un misonéisme. L'ouvrage, (Même ouvrage page 33), nous donne à voir deux représentations de cette résistance. L'une sur les concepts de l'évolution illustré par une caricature de singe avec un panneau "i am a man and a brother" qui rappelle les résistances de l'opinion publique face aux théories Darwinniennes, et une autre de 1861 issu de l'ouvrage Punch de l'humoriste James Thurbert, (Selon l'auteur J. Thurbet et repris par C.G. Jung pour le commentaire de cette image), dont la tante avait peur que 'électricité ne se répandit - en sortant du câblage comme de l'eau - dans toute la maison.

Cette même résistance existe face à la théorie de C.G. JUNG car l'Homme se résiste à lui-même.

En effet, selon C.G Jung (même ouvrage p.31), "Il est facile de comprendre pourquoi les rêveurs tendent d'ignorer ou même de rejeter le message qui leur est ainsi communiqué. La conscience résiste naturellement à tout inconscient et inconnu. J'ai déjà signalé l'existence de ce que les anthropologues appellent "le misonéisme", c'est-à-dire une peur profonde, superstitieuse, de la nouveauté. Les primitifs ont la même réactions que l'animal sauvage devant des événements désagréables. Mais l'homme "civilisé" réagit devant les idées nouvelles (...) La psychologie est une science des plus jeunes et parce qu'elle s'efforce d'élucider ce qui se passe dans l'inconscient, elle se heurte a une forme extrême de misonéisme".

Un exemple : La résistance au concept d'inconscient "personnel et collectif".[modifier | modifier le code]

C.G. Jung avait remarqué que le concept d'inconscient était une résistance importante pour beaucoup de monde.

  • « Celui qui nie l'existence de l'inconscient suppose en fait que nous connaissons aujourd'hui totalement la psyché. Et cette supposition est d'une fausseté aussi évidente que la supposition que nous connaissons tout ce qu'il y a à connaître de l'univers physique.
  • Notre psyché fait partie de la nature et son énigme est aussi dépourvue de limites. Il en résulte que nous ne pouvons définir ni la psyché, ni la nature. » in C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 23.
  • Bon nombre de personnes ne croient pas que l'inconscient existe ou qu'ils possèdent une vie intérieure. On dit alors qu'ils sont en résistance, cette résistance à eux-mêmes se manifeste aussi dans les prise de position anti-analytique ou anti-psychologique de certains, c'est ce que l'on nomme le misonéisme.
  • « La psychologie est une science des plus jeunes et parce qu'elle s'efforce d'élucider ce qui se passe dans l'inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme. » in C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 31.

Voir aussi[modifier | modifier le code]