Edward Bernays

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Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le et mort à Cambridge (Massachusetts) le (à 103 ans), est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l'opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson pour gagner l'opinion publique américaine à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Il est le double neveu de Sigmund Freud, sa mère, Anna Freud, est l'une des sœurs du fondateur de la psychanalyse (une autre Anna Freud est la fille de Sigmund Freud), et son père est le frère de Martha Bernays, la femme de Freud.

Théories[modifier | modifier le code]

En combinant les idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle maternel, Sigmund Freud, Eddy Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le Ça s'y exprime, c'est-à-dire les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour vendre de l'image dans des publicités, pour le tabac par exemple, où il utilise le symbole phallique. À la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des défilés très médiatisés de « fumeuses » jeunes et jolies qui affirmaient leur indépendance et leur modernité par l'acte de fumer en public (« Les torches de la liberté »…)[1].

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Il est l'une des sources des méthodes ultérieures de propagande. Joseph Goebbels s'est fortement inspiré de ses travaux[2].

Ses travaux sur l'inconscient à l'usage des entreprises à travers les Public Relations ont contribué à l'émergence du marketing moderne en inspirant fortement les pionniers de la discipline tels que Louis Cheskin et Ernest Dichter[3]

Il a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du XXe siècle par le magazine Life.[réf. souhaitée]

Citation[modifier | modifier le code]

« L'ingénierie du consentement est l'essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer. »

– Edward L. Bernays, The Engineering of Consent, 1947

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Crystallizing Public Opinion, 1923.
  • Propaganda, Horace Liveright, 1928. Traduit en français sous le titre Propaganda, Comment manipuler l'opinion en démocratie, Zones, 2007. Préface de Normand Baillargeon.
  • Speak Up for Democracy, 1940.
  • Public Relations, 1952.
  • The Engineering of Consent, 1955.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Century of the Self (en) documentaire d'Adam Curtis de 2004 pour la BBC
  2. The Father of Spin: Edward L. Bernays and the Birth of PR book review by John Stauber and Sheldon Rampton (en)
  3. Bernard Stiegler. Conférence sur l'avenir de la croissance prononcé le 17 novembre 2009. Bernays y est associé à Henry Ford comme l'un des pères du consumérisme américain.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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