Edward Bernays

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Edward L. Bernays
Nom de naissance Edward Louis James Bernays
Naissance
Vienne (Autriche)
Décès (à 103 ans)
Cambridge (Massachusetts)
Activité principale
Famille
Auteur

Œuvres principales

Propagande
La Cristallisation de l'opinion publique (1923)

Edward Louis James Bernays (né à Vienne (Autriche) le et mort à Cambridge (Massachusetts) le ) est un publicitaire austro-américain. Il est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques, ainsi que par certains comme un des pères du consumérisme américain. Le magazine Life le classe parmi les 100 américains les plus influents du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Edward Bernays est le double neveu de Sigmund Freud, par sa mère, Anna Freud[2], une des sœurs du fondateur de la psychanalyse, et par son père, Ely Bernays, frère de Martha Bernays, la femme de Freud.

Il a été marié à Doris E. Fleischman (en) avec qui il a eu deux filles, Doris et Anne Bernays (en).


Carrière[modifier | modifier le code]

Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, souvent considéré comme son mentor, notamment celui de la manipulation de l'opinion publique. Durant la Première Guerre mondiale, il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson pour gagner l'opinion publique américaine à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Dans le domaine des relations publiques et de la publicité, il mit au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike[3].

Renversement du gouvernement du Guatemala[modifier | modifier le code]

L'activité propagandiste de Bernays la plus extrême dans le domaine politique est le soutien à la multinationale United Fruit Company (auj. Chiquita Brands International) et au gouvernement des États-Unis pour faciliter la réussite du renversement en 1954 du président démocratiquement élu au Guatemala, le colonel Jacobo Árbenz Guzmán, lors de l'« opération PBSUCCESS ».

La propagande de Bernays[4], présentant le président Árbenz comme un communiste, fut relayée dans la plupart de médias américains.

Il apparaît que, d'après la biographie de Bernays par Larry Tye[5], l'expression « république bananière » est née, au début du XXe siècle en référence à la domination de United Fruit sur des gouvernements corrompus d'Amérique centrale.

Théories[modifier | modifier le code]

En combinant les idées de Gustave Le Bon et Wilfred Trotter sur la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle maternel, Sigmund Freud, Edward Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, c'est-à-dire les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour vendre de l'image dans des publicités, pour le tabac par exemple, où il utilise le symbole phallique. À la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des défilés très médiatisés de « fumeuses » jeunes et jolies qui affirmaient leur indépendance et leur modernité par l'acte de fumer en public (« Les torches de la liberté »…)[4].

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Il est à l'origine des méthodes ultérieures de propagande et Joseph Goebbels s'est fortement inspiré de ses travaux[5].

Ses travaux sur l'inconscient à l'usage des entreprises à travers les public relations ont contribué à l'émergence du marketing moderne en inspirant fortement les pionniers de la discipline tels que Louis Cheskin et Ernest Dichter[6]

Il a été identifié comme l'un des personnages les plus influents du XXe siècle par le magazine Life[réf. souhaitée].

Citation[modifier | modifier le code]

« L'ingénierie du consentement est l'essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer. »

— Edward L. Bernays, The Engineering of Consent

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur Edward Bernays[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traduction[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Life lists 20th century's most influencial Americans », sur Deseret News, (consulté le 8 octobre 2017).
  2. Une autre Anna Freud est la fille de Sigmund Freud.
  3. (en) Robert L. Heath et W. Timothy Coombs, Today's Public Relations, Sage, , 539 p. (ISBN 9781412926355, lire en ligne), p. 42
  4. a, b et c The Century of the Self (en), documentaire d'Adam Curtis de 2002 pour la BBC. (en) [vidéo] Voir sur youtube.com.
  5. a et b The Father of Spin: Edward L. Bernays and the Birth of PR, book review by John Stauber and Sheldon Rampton (en).
  6. Bernard Stiegler : conférence sur l'« avenir de la croissance » prononcée le 17 novembre 2009. Bernays y est associé à Henry Ford comme l'un des pères du consumérisme américain.
  7. Lire en ligne Propaganda.
  8. Présentation sur le site du TQI.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]