Edward Bernays

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Edward L. Bernays
Description de cette image, également commentée ci-après
Bernays en 1917
Nom de naissance Edward Louis James Bernays
Naissance
Vienne, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 103 ans)
Cambridge, Massachusetts, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Famille
Auteur

Œuvres principales

Propagande
La Cristallisation de l'opinion publique (1923)

Edward Louis James Bernays, né à Vienne (Autriche) le et mort à Cambridge (Massachusetts) le , est un publicitaire austro-américain. Il est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques, ainsi que du consumérisme américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernays fait ses études à l'université de Cornell et devient journaliste puis agent de presse. En 1919, il crée son agence de relations publiques[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Ascendance d'Edward Bernays

Edward Bernays a pour oncle Sigmund Freud :

Il a été marié à Doris E. Fleischman (en) avec qui il a eu deux filles, Doris et Anne Bernays (en).

Carrière[modifier | modifier le code]

Son œuvre aborde des thèmes communs à Walter Lippmann[2], souvent considéré comme son mentor, notamment celui de la persuasion de l'opinion publique.

La Commission Creel : préparation à l'effort de guerre[modifier | modifier le code]

En 1916, le président Woodrow Wilson devait sa réélection à une position pacifiste utilisant le slogan : « Grâce à moi, l'Amérique est restée en dehors du conflit européen »[3].

En 1917, durant la Première Guerre mondiale, Bernays fait partie du Committee on Public Information créé par le président Wilson pour retourner l'opinion publique américaine et la préparer à l'entrée en guerre.

Mode de vie américain[modifier | modifier le code]

Partie intégrante de l'American way of life, le petit déjeuner (breakfast) avec œufs au plat ou brouillés et lard (bacon) vient d'une campagne de Bernays financée par une compagnie agroalimentaire. Il a réussi à persuader plusieurs dizaines de leaders d'opinion[4] que sont les médecins de recommander un petit déjeuner copieux.

Industrie du tabac[modifier | modifier le code]

Dans le domaine des relations publiques et de la publicité, il met au point les méthodes d'incitation à la consommation pour des firmes comme Lucky Strike[5].

Dans les années 1920, les fumoirs étaient réservés aux hommes. Bernays fait transgresser l'interdit de la cigarette féminine qui pouvait avoir une connotation sexuelle pour les femmes afin qu'elles conquièrent ce symbole du pouvoir masculin[4].

Le 1er avril 1929 sur la cinquième avenue, à la demande de l'industrie cigarettière, qui cherchait à faire tomber le tabou de la consommation du tabac par les femmes, il a notamment organisé des visuels et le défilé médiatisé de « fumeuses » jeunes et jolies de Vogue[4]. Elles affirmaient leur indépendance et leur émancipation[2] par l'acte de fumer en public en revendiquant le slogan selon lequel elles avaient allumé « Les torches de la liberté (en) »[6].

Aux débuts des années 1960, il participe à des campagnes de prévention anti-tabac[7].

L'Exposition Universelle de New York (1939-1940)[modifier | modifier le code]

En 1939, il promeut l’Exposition universelle de New York et la nomme Democracity, à mi-chemin entre la démocratie et le capitalisme[8].

Renversement du gouvernement du Guatemala[modifier | modifier le code]

En 1954, l'activité propagandiste de Bernays dans le domaine politique s'exprime dans le soutien à la multinationale United Fruit Company (aujourd'hui Chiquita Brands International) et au gouvernement des États-Unis pour faciliter la réussite du renversement du président démocratiquement élu au Guatemala[9].

L'agence de presse Middle America Information Bureau[9] de Bernays[6] présente le président Jacobo Árbenz Guzmán comme un communiste. Cette propagande est relayée dans la plupart des médias américains.

D'après la biographie de Bernays par Larry Tye[10], l'expression « république bananière » est née, au début du XXe siècle en référence à la domination de United Fruit Company sur des gouvernements corrompus d'Amérique centrale.

Théories[modifier | modifier le code]

Edward Bernays est souvent mentionné comme le père de la propagande moderne[11] ou, plus précisément, de la propagande politique institutionnelle et de l'industrie des relations publiques[12],[7], et par suite comme celui du spin[13], autrement dit de la manipulation de l'opinion[14].

En combinant les idées de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, celles de Wilfred Trotter sur la psychologie sociale et celles de Freud[n 2] sur la psychanalyse, il a été l'un des premiers à industrialiser[n 3] la psychologie du subconscient pour persuader l'opinion publique.

Pour lui, une foule ne peut pas être considérée comme pensante, seul le ça s'y exprime, c'est-à-dire les pulsions inconscientes. Il s'y adresse pour mieux vendre des produits grâce à des publicités ciblées sur les émotions.

En politique, il « vend » l'image des personnalités publiques, en créant par exemple le petit-déjeuner du président, où celui-ci rencontre des personnalités du show-biz. Il considère qu'une minorité intelligente doit avoir le pouvoir « démocratique » et que la masse populaire doit être modelée pour l'accepter.

Au Ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande, Joseph Goebbels s'est inspiré de ses recherches[10].

Par ses travaux sur l'inconscient à l'usage des entreprises, Edward Bernays a contribué à l'émergence du marketing moderne, en inspirant fortement les pionniers de la discipline tels que Louis Cheskin et Ernest Dichter. Bernays est associé à Henry Ford comme l'un des pères du consumérisme américain[17].

En automne 1990, le magazine Life le classe parmi les cent Américains les plus importants du XXe siècle[18],[19].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traduction[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une autre Anna Freud est la fille de Sigmund Freud.
  2. « les masses sont inertes et dépourvues de discernement[15] ». — Sigmund Freud
  3. « L'ingénierie du consentement[16] est l'essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer. » — Edward Bernays

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tristan Gaston-Breton, « Bernays », sur Les Échos, (consulté le 6 juin 2018) : « l'un des hommes les plus influents du XX siècle. ».
  2. a et b Corinne Autey-Roussel, « Une brève histoire de la propagande », sur Entelekheia, (consulté le 6 juin 2018) : « pousser les femmes à fumer au nom de leur émancipation. ».
  3. Rémy Porte, « Le président Wilson, un pacifiste en guerre », La Nouvelle Revue d'histoire, no 90, mai-juin 2017, p. 46-48
  4. a b et c (en) Lisa Held, « Psychoanalysis shapes consumer culture », sur APA vol. 40 no 11, (consulté le 6 juin 2018) : « The "Torches of Freedom Parade" was covered not only by the local papers, but also by newspapers nationwide and internationally. ».
  5. Heath et Coombs 2006.
  6. a b et c « Documentaire : Century of the Self (Le Siècle du Moi) », sur Entelekheia, (consulté le 6 juin 2018) : « comment et à quel point les politiciens et les milieux d’affaires ont appris à manipuler la société de consommation de masse. ».
  7. a et b (en) « Edward Bernays, 'Father of Public Relations' And Leader in Opinion Making, Dies at 103 », The New Tork Times,‎ (lire en ligne) :

    « In his later years, beginning in the early 1960's, he was a public opponent of smoking and took part in anti-smoking campaigns. »

    .
  8. L’inventeur de la propagande par Julie Lassale dans le journal La Croix du 29 mai 2018.
  9. a et b Corinne Autey-Roussel, « Tueurs d’espoir : 1954, les fruits amers de la CIA au Guatemala », sur Entelekheia, (consulté le 6 juin 2018).
  10. a et b Tye 2002.
  11. Luc Hermann et Jules Giraudat, Jeu d'influences : Affaires Cahuzac, DSK, Kerviel, Bettencourt... dans la peau des spin doctors, La Martinière, , 304 p. (ISBN 9782732463186, lire en ligne), p. 7.
  12. Jayson Harsin, « Un guide critique des fake news : de la comédie à la tragédie », Pouvoirs, vol. 164, no 1,‎ , p. 99-119 (DOI 10.3917/pouv.164.0099, lire en ligne).
  13. (en) Larry Tye, The Father of Spin : Edward L. Bernays and the Birth of Public Relations, Picador, , 304 p. (ISBN 9781466818767, lire en ligne).
  14. Bernays 2007, préface de Normand Baillargeon.
  15. Freud 2004.
  16. Bernays 1969.
  17. a et b Bernard Stiegler, « L'avenir de la croissance », à partir de 10 min, sur Ars Industrialis, (consulté le 6 juin 2018).
  18. (en) « Life lists 20th century's most influencial Americans », sur Deseret News, (consulté le 8 octobre 2017).
  19. Life 1990.
  20. Jimmy Leipold, « Propaganda - La fabrique du consentement », sur Arte, (consulté le 6 juin 2018) : « ces méthodes de "fabrique du consentement" des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. ».
  21. « Propaganda, d’Edward Bernays, ou comment manipuler l’opinion en démocratie », sur Là-bas si j'y suis, (consulté le 6 juin 2018).
  22. lien https://www.franceculture.fr/societe/a-l-origine-des-fausses-nouvelles-l-influence-meconnue-d-edward-bernays
  23. « Un démocrate : Julie Timmerman », sur TQI, (consulté le 6 juin 2018) : « il laisse derrière lui un Système de manipulation des foules qui s’est imposé partout. ».