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Province d'Al Hoceïma

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Province d'Al Hoceïma
Drapeau de Province d'Al Hoceïma
Drapeau
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Rif
Municipalité(s) Al Hoceïma, Imzouren, Bni Bouayach, Targuist et Ajdir[1]
Chef-lieu Al Hoceïma
Gouverneur hassan zitouni
Démographie
Population 395 644 hab. (2004[2])
Densité 111 hab./km2
Population urbaine 118 463 hab. (2004[2])
Population rurale 277 181 hab. (2004[2])
Géographie
Coordonnées 35° 15′ nord, 3° 56′ ouest
Superficie 355 000 ha = 3 550 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Parc national d'Al Hoceïma
Plage de Cala Iris

La province d'Al Hoceïma (en amazighe : ⵜⴰⵙⴳⴰ ⵏ ⵜⵖⵣⵓⵜ) est une subdivision à dominante rurale de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle tire son nom de son chef lieu, Al Hoceïma la principale ville du Rif.

La province d’Al Hoceima a été créée en 1959 par le Dahir 1-59-351 du 2 Décembre 1959 relatif à la division administrative du royaume modifiant et complétant le Dahir du 13 octobre 1956, d’une superficie de 3.555 km, couvre  la partie  centrale, la plus élevée (2452 m au jbel Tidghine) et la plus large (80 km) de la chaîne du Rif, ensemble de montagnes hétérogènes et compartimentée.  Elle est délimitée par [3]:

  • La mer Méditerranée au Nord.
  • Les provinces de Taza et Taounate au Sud.
  • La province de Driouch à l’Est.
  • La province de Chefchaouen à l’Ouest[3].

Démographie

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Selon le recensement général de la population et de l’habitat de 2014, la population d’Al Hoceima a atteint 399.654 habitants. [3]

Géographie

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Localisation

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La province d'Al Hoceïma est située à l'est de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle couvre une superficie d'environ 3 350 km².

Elle est bordée par :

Neuf de ses localités sont considérées comme des villes dans le cadre du recensement : les municipalités d'Al Hoceïma, de Bni Bouayach, d'Imzouren, de Targuist et d'Ajdir, et les centres urbains des communes rurales d'Aït Youssef Ou Ali, de Bni Hadifa, d'Imrabten et d'Issaguen.

Administration et politique

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Découpage territorial

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Selon la liste des cercles, des caïdats et des communes de 2008[4], telle que modifiée en 2010[5], puis en 2013[6] :

Entrée de la forteresse Torres de Alcala.

La province d'Al Hoceïma abrite un parc national qui recouvre toute la partie de la tribu des Ibaqouyen, avec ses douars pittoresques comme Adouz et Taoussart qui se trouve dans la commune rurale de Rouadi où se tient l'un des plus grands souks de la province.

Elle dispose également de belles baies (la baie d'Al Hoceïma ou, dans une moindre mesure, celles de Cala Iris et de Mestassa), ainsi que de plages de qualité (Asfiha, Bades, Cala Bonita, Espalmadero, Quemado, Sabadia, Souani et Tala-Youssef)[7].

Le mont Tidighine, chez les Senhaja Sraïr dans la province d'Al Hoceïma, est un site naturel remarquable qui attire quelques visiteurs pour sa beauté et ses paysages. Ce lieu, encore peu connu, offre une immersion dans la culture amazighe locale et un cadre idéal pour la randonnée et la découverte de la nature rifaine.

Patrimoine et sites historiques

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La province d’Al Hoceima, située sur la côte méditerranéenne du Maroc, possède un riche patrimoine culturel et archéologique, illustrant son histoire et sa diversité culturelle.

Kalaa Al Hamra

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Kalaa Al Hamra[8], littéralement « la forteresse rouge », est un site emblématique d’Al Hoceima. Cette ancienne fortification, construite en pierre rouge caractéristique de la région, servait à la fois de point de défense et d’observatoire stratégique face aux menaces extérieures. Elle témoigne de l’importance militaire et historique de la ville à travers les siècles. Le bâtiment, datant des années 1930, est situé dans la commune d’Arbiaa Taourirt et constitue une partie intégrante de la mémoire collective des habitants de la région. Il est actuellement en cours de restauration dans le cadre du programme « Al Hoceïma, Manarat Al Moutawassit ».

Torres de Alcalâ

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Les Torres de Alcalâ[9], également connues sous le nom de Tours de Senhaja, sont des tours défensives édifiées durant la période du Protectorat espagnol au Maroc (1912-1956). Ces structures témoignent de la présence coloniale espagnole à Al Hoceima et ont joué un rôle dans la surveillance et la sécurisation du littoral méditerranéen. Situées à environ 50 kilomètres à l’ouest d’Al Hoceima, à l’embouchure de l’oued de Béni Boufrah, ces tours offrent une vue imprenable sur la mer Méditerranée et sont devenues un lieu prisé des visiteurs.

Tamdint Taqdimt 'n Remzemmeth

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Tamdint Taqdimt 'n Remzemmeth[10], dont le nom signifie en berbère « l’ancienne ville des Remzemmeth », est un site archéologique majeur situé près d’Al Hoceima. Cette ancienne cité portuaire a été fondée au IIe siècle de l’Hégire (vers le VIIIe siècle de notre ère) par Saïd ben Idriss ben Mansour Nafzi, un descendant du calife Ali.

Remzemmeth servait alors de port principal pour l’exportation des produits agricoles et artisanaux de la vallée de Nekor. Elle faisait face à l’île de Nekor, occupée par une garnison espagnole depuis 1560, qui jouait un rôle stratégique dans la région.

La ville a prospéré jusqu’au Ve siècle de l’Hégire, avant d’être détruite par les Almoravides sous le commandement de Youssef Ibn Tachfin. Depuis cette période, Remzemmeth est restée en ruines, constituant un témoignage important de l’histoire préislamique et islamique du Rif.

Aujourd’hui, les vestiges du site offrent des perspectives d’étude archéologique précieuses sur les échanges commerciaux, culturels et militaires qui ont marqué la région méditerranéenne du Maroc.

Al Mazamma[11] est une ancienne cité portuaire fondée au IXe siècle par la dynastie des Banū Ṣāliḥ, située à proximité de la plage de Souani, à environ 10 km au sud d'Al Hoceima. Elle servait de port à l'émirat de Nekor, jouant un rôle stratégique dans les échanges commerciaux entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe. Après la destruction de Nekor au XIe siècle, Al Mazamma est devenue une cité à part entière[11].

Malgré son importance historique, Al Mazamma peine à sortir de l'oubli. Le site souffre d'un manque d'entretien et d'infrastructures, limitant son potentiel touristique et culturel. Des efforts de réhabilitation ont été entrepris, mais des défis demeurent pour préserver et valoriser ce patrimoine séculaire.

Kasbah Snada

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La Kasbah Snada est une ancienne forteresse construite au cœur de la ville. Elle servait de résidence fortifiée et de centre administratif. Aujourd’hui, elle constitue un lieu patrimonial majeur qui attire l’attention sur l’architecture traditionnelle de la région rifaine. Construite sous le règne du Sultan Moulay Ismail (1672-1727), la Kasbah a été restaurée et embellie, devenant ainsi une destination touristique prisée.

Édifices archéologiques de la ville historique de Bades

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Située à proximité d’Al Hoceima, la ville historique de Bades regroupe plusieurs édifices archéologiques témoignant d’une ancienne civilisation méditerranéenne. Les fouilles ont révélé des ruines, des constructions et des objets qui permettent de mieux comprendre l’histoire ancienne et les échanges culturels dans cette partie du Maroc. Le site archéologique de Badis, construit au début du XIIe siècle par la tribu Zenata relevant de l’émirat de Nekkour, est considéré comme un monument historique aux atouts touristiques prometteurs.

Institutions et espaces culturels

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Grand Théâtre d’Al Hoceima

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Le Grand Théâtre d’Al Hoceima est un projet emblématique du programme « Al Hoceima – Manarat Al Moutawassit », lancé par SM le Roi Mohammed VI en 2015. Situé sur une superficie d’environ 7 000 m2 dans le centre-ville, à proximité du stade municipal, il a mobilisé un budget de 62 à 75 millions de dirhams.

Le complexe comprend :

  • une grande salle de spectacle de 500 places ;
  • un conservatoire de musique et de danse, doté de plusieurs salles de cours, d’un studio d’enregistrement, d’une salle de chorégraphie, et une bibliothèque musicale ;
  • des espaces de répétition, ateliers artistiques et locaux administratifs.

L’architecture associe modernité et éléments traditionnels (double peau perforée aux motifs arabo‑musulmans, façade en moucharabieh, hall de 11 m de hauteur) pour offrir une acoustique naturelle et stimuler un jeu visuel ombre/lumière.

Ce théâtre est conçu comme un véritable pôle culturel urbain, favorisant l’expression et la formation des jeunes artistes rifains, et accueillant spectacles, concerts, festivals et événements culturels.


Espace de la mémoire et de la résistance

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L’Espace de la mémoire de la résistance et de la libération d’Al Hoceima, inauguré le 22 juillet 2019, joue un rôle éducatif à travers une exposition d’objets historiques et ethnographiques, une bibliothèque, des salles multimédias et des activités culturelles destinées aux écoles et aux chercheurs. Cet établissement a également une dimension muséale et mémorielle forte dans la province[1].

Notes et références

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  1. [PDF] « Décret no 2-08-520 du 28 chaoual 1429 (28 octobre 2008) fixant la liste des cercles, des caïdats et des communes urbaines et rurales du Royaume ainsi que le nombre de conseillers à élire dans chaque commune », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5684,‎ , p. 1589 (ISSN 0851-1217, lire en ligne)
  2. a b et c [PDF] Haut-commissariat au Plan, « Recensement général de la population et de l'habitat de 2004 », sur www.lavieeco.com (consulté le )
  3. a b et c « PROVINCE D’AL HOCEIMA - Centre Régional d’Investissement de la Région de Tanger - Tétouan - Al Hoceima », (consulté le )
  4. [PDF] « Décret no 2-08-520 du 28 chaoual 1429 (28 octobre 2008) fixant la liste des cercles, des caïdats et des communes urbaines et rurales du Royaume ainsi que le nombre de conseillers à élire dans chaque commune », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5684,‎ , p. 1597 (ISSN 0851-1217, lire en ligne)
  5. [PDF] « Décret no 2-10-365 du 16 kaada 1431 (25 octobre 2010) modifiant et complétant le décret no 2-08-520 du 28 chaoual 1429 (28 octobre 2008) fixant la liste des cercles, des caïdats et des communes urbaines et rurales du Royaume ainsi que le nombre de conseillers à élire dans chaque commune », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5892,‎ , p. 2032 (ISSN 0851-1217, lire en ligne)
  6. [PDF] « Décret no 2-13-126 du 30 joumada I 1434 (11 avril 2013) portant création de cercles et de caïdats », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 6148,‎ , p. 1908 (ISSN 0851-1217, lire en ligne)
  7. [PDF] « Tourisme Al Hoceima », sur www.mideo.ma (consulté le )
  8. « Kalaa Al Hamra : Al Hoceima protège son patrimoine », sur Chantiers du Maroc, (consulté le )
  9. « Torres de Alcalâ à Al Hoceima, un joyau architectural chargé d’histoire et de charme », (consulté le )
  10. (nl) Rifena2015, « Remzemmeth », sur Riffijnsbloed, (consulté le )
  11. a et b admin, « Al Mazamma, une cité séculaire qui peine à sortir de l'oubli », sur Médias24 numéro un de l'information économique marocaine, (consulté le )