Pablo Servigne

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Pablo Servigne
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Université de Liège
Université libre de Bruxelles (en)
Gembloux Agro-Bio Tech (ingénieur agronome) (jusqu'en )
Université libre de Bruxelles (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Écologue, chercheur, conférencier, agronomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaines
Membre de
Association Adrastia (d)
Institut Momentum (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Site web
Œuvres principales
Comment tout peut s'effondrer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Pablo Servigne, né en 1978 à Versailles, est un auteur et conférencier français[1]. Il est spécialiste des questions de transition écologique, d'agroécologie, de collapsologie et de résilience collective.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pablo Servigne est ingénieur agronome de l’Institut supérieur industriel agronomique de Gembloux[2] (Belgique) et docteur en sciences[3],[4] de l’université libre de Bruxelles (ULB).

En 2008, il quitte le monde universitaire pour se consacrer au mouvement de la transition écologique et s’intéresse à l’agriculture urbaine, la permaculture et l’agroécologie. Entre 2010 et 2014, Pablo Servigne travaille à l’association d’éducation populaire[5]Barricade à Liège[6].

Depuis 2010, il écrit pour deux journaux belges Imagine demain le monde (écologie) et Kairos (antiproductivisme).

Il a participé aux réflexions du GIRAF (Groupe interdisciplinaire de recherche en agroécologie du Fonds de la recherche scientifique). Depuis 2013, il est membre de l’Institut Momentum (Paris)[7] et depuis 2015, de l’association Adrastia[8].

Aujourd’hui indépendant, il écrit des articles et des livres et donne des conférences et des formations[9].

Idées et concepts[modifier | modifier le code]

Collapsologie[modifier | modifier le code]

Pablo Servigne est le créateur, avec Raphaël Stevens, du concept de «  collapsologie  »[10], avec la définition suivante  :

«  Exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur la raison, l’intuition et des travaux scientifiques reconnus[11]. »

Avec Raphaël Stevens, il a publié Comment tout peut s'effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Le Seuil, 2015). Frédéric Joignot analyse l’ouvrage en ces termes  :

« Après avoir compilé une impressionnante quantité de méta-analyses portant sur l’aggravation du réchauffement, l’épuisement des ressources énergétiques, alimentaires, forestières, halieutiques et métallifères, leur thèse est claire  : les écosystèmes s’écroulent, la catastrophe a commencé pour l’humanité. Elle va s’accélérer. Et la « collapsologie » est la nouvelle science interdisciplinaire qui regroupe les études, faits, données, prospectives, scénarios qui le démontrent[12]. »

Dans la postface du même ouvrage, l'ancien ministre Yves Cochet écrit : « Y a-t-il matière plus importante que celle traitée dans ce livre  ? Non. Y a-t-il matière plus négligée que celle-ci  ? Non plus. » Le concept de collapsologie et sa promotion par Pablo Servigne ont fait l'objet d'une séance du Tribunal pour les générations futures organisé par Usbek & Rica[13].

Agriculture post-pétrole[modifier | modifier le code]

Sa formation de base (agronomie) et son intérêt pour l’effondrement[14] l’ont amené à rédiger en 2012 une étude sur l’agriculture post-pétrole pour l’association Barricade[15].

Il est invité par l’ancien eurodéputé Yves Cochet à rédiger un rapport pour le groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen sur l’avenir de l’agriculture en Europe. Ce rapport qui évoque la possibilité d’un effondrement imminent des systèmes alimentaires industriels en Europe, a été présenté publiquement au Parlement européen de Bruxelles le 17 octobre 2013[16],[17].

Résiliences[modifier | modifier le code]

Pablo Servigne a participé à un travail conceptuel sur la notion de résilience pour la transition écologique et l’effondrement[18].

Avec Agnès Sinaï, Hugo Carton et Raphaël Stevens[19], il propose quatre déclinaisons de la résilience  : la résilience commune, la résilience globale, la résilience locale et la résilience intérieure. Cette dernière se renforce lorsqu’on a pris acte des catastrophes qui ont lieu, et lorsque l’on fait le deuil du monde tel qu’on le connaît (dans son fonctionnement, ses objectifs, etc.). Cela implique de passer au-delà de l’effarement, de la colère et de la tristesse, et de réaliser les possibilités nouvelles de renouer avec soi-même, au plus profond, et avec ses proches (amis, famille et/ou voisins), et envisager ainsi un vivre ensemble qui part de l’intime, vers le local, le régional, puis le planétaire, voire le cosmique.[réf. nécessaire]

Entraide et coopération[modifier | modifier le code]

Reprenant et actualisant les thèses de Pierre Kropotkine dans L'Entraide, un facteur de l'évolution, Pablo Servigne co-écrit avec Gauthier Chapelle L’Entraide, l’autre loi de la jungle[20], un ouvrage qui attaque le mythe d’un monde construit sur le principe de la compétition, la concurrence et de la loi du plus fort (mythe du darwinisme social). Pour les auteurs, les relations entre espèces et entre membres d’une même espèce ne se réduisent pas uniquement à la compétition et à la prédation. Selon eux, la symbiose et la coopération sont des principes du vivant jouant un rôle clé dans l’évolution.

Les deux chercheurs citent de nombreux exemples de coopération dans la nature : des lionnes qui chassent ensemble, de manchots qui se rassemblent pour se protéger du froid, d’arbres qui redistribuent des nutriments aux plus faibles grâce à un champignon racinaire… Toutefois, Gauthier Chapelle et Pablo Servigne ne nient pas l’existence de la compétition qui est aussi indispensable pour poser des limites, un territoire ou lors de la reproduction.

Les deux montrent enfin que l’altruisme et l’entraide sont des éléments de cohésion sociale qui se développent spontanément chez les humains. Par exemple, les situations de catastrophes naturelles sont des évènements générant des comportements d’entraide, d’auto-organisation et de calme.

Publications et interventions[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Pablo Servigne, Raphaaël Stevens et Gauthier Chapelle, Une autre fin du monde est possible : Vivre l'effondrement (et pas seulement y survivre), Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », , 327 p. (ISBN 9782021332582).
  • Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, L'entraide : l'autre loi de la jungle, Paris, Les liens qui libèrent, , 224 p. (ISBN 9791020904409).
  • Petit traité de résilience locale, en collaboration avec Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, Paris, éditions Charles Léopold Mayer, 2015, 144 p. (ISBN 978-2-84377-186-6)
  • Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », , 304 p. (ISBN 9782021223316).
  • Nourrir l’Europe en temps de crise, Neufchâteau (Belgique), éditions Nature & Progrès, 2014, 190 p. (ISBN 978-2-930386-52-2)

Articles[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Feeding Europe in times of crisis: Towards a more resilient food system, 2013 (lien)
  • Effondrements  : comment encaisser les chocs  ?, Paris, 2016
  • L'entraide, l'autre loi de la jungle, Paris, Liège, 2018
  • Se nourrir demain  : survivre et revivre, 2018
  • Un avenir sans pétrole ? , SupAgro, 11/2018[21]

Interview[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur son site officiel.
  2. Travail de fin d'études d'ingénieur agronome, orientation agronomie des régions tropicales et subtropicales (2001-2002) : « Éco-éthologie de la fourmi arboricole Dolichoderus bidens (L.) (Hymenoptera : Dolichoderinae) en Guyane française » (Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux), 94 p.
  3. Thèse de doctorat (2008-10-21) : « Étude expérimentale et comparative de la myrmécochorie : le cas des fourmis dispersatrices Lasius niger et Myrmica rubra », résumé.
  4. Voir sur ulb.ac.be.
  5. Appelée « éducation permanente » en Belgique.
  6. Voir sur barricade.be.
  7. Voir sur institutmomentum.org.
  8. Voir sur adrastia.org.
  9. Voir sur lci.tf1.fr.
  10. Voir sur liberation.fr.
  11. Comment tout peut s’effondrer - Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Le Seuil, 2015.
  12. Frédéric Joignot, « Être catastrophiste, c’est être lucide », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. « Les collapsologues sont-ils dangereux ? », sur tgf.usbeketrica.com (consulté le 28 décembre 2018).
  14. Voir sur franceculture.fr.
  15. Voir sur barricade.be.
  16. « Nourrir l'Europe en temps de crise au Parlement européen », 17 octobre 2013.
  17. Édité chez Nature & Progrès Belgique en 2014.
  18. Voir sur internetactu.blog.lemonde.fr.
  19. Voir sur developpementdurable.revues.org.
  20. Pablo Servigne, « L'Entraide, l'autre loi de la jungle », sur editionslesliensquiliberent.fr, (ISBN 979-10-209-0440-9, consulté le 22 novembre 2018).
  21. « Un avenir sans pétrole ? », sur AgroSYS (consulté le 10 juillet 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]