Loi du plus fort

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La loi du plus fort correspond aux situations où une confrontation est résolue par le rapport de force entre les parties en présence.

La loi du plus fort a été notamment discutée par des auteurs tels que Jean de La Fontaine («  La raison du plus fort est toujours la meilleure »[1]) ou Jean-Jacques Rousseau («  Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort...»[2]). Tout d'abord, il convient de souligner l'ironie de la formule, le droit du plus fort souligne bien l'inexistence de loi, et seule la prudence, et non la raison, commande de se résigner à l'existence de ce principe non-écrit. Néanmoins, au-delà de l'ironie, Rousseau montre l'existence d'une solution de continuité, partant de l'absence de droit, caractérisée par la loi du plus fort, aboutissant par le jeu des forces sociales en présence, à la création d'une loi.

Tout d'abord, la première des références, dès lors qu'il s'agit de réfléchir aux rapports entre justice et pouvoir, est à relire attentivement dans le Discours de la servitude volontaire d'Étienne de La Boétie qui s'attache, entre autres, à démontrer que le pouvoir de la monarchie s'appuie au départ sur le primat de la force, militaire en l’occurrence, donc un État tout entier bâti sur la force auquel il oppose l'aspiration naturelle de l'homme à la liberté.

Avant lui, Nicolas Machiavel [3] démontre que la raison du plus faible n’est jamais assez forte puisqu’elle ne lui permet pas de prendre l’avantage sur son adversaire.

Au XVIIe siècle, Blaise Pascal [4] reprend toute l’ambiguïté d'une loi qui ne peut s'exercer sans recours à la force, et d'une force qui, seule, ne représente aucune légitimité de droit : La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. Jean-Jacques Rousseau, encore lui [5] va plus loin en se demandant si le droit n'est pas un simple voile destiné à couvrir pudiquement la réalité de la force, "Bien instruit de mes devoirs et de mon bonheur, je ferme le livre, sors de la classe, et regarde autour de moi ; je vois des peuples infortunés gémissants sous le joug de fer, le genre humain écrasé par une poignée d'oppresseurs".

Plus près de nous, Michel Foucault réfléchit sur l'Histoire, et la façon dont s'exerce la force et il divise la loi en deux concepts différents : la règle, et la loi [6] D'après ce qui précède, il apparaît que la Loi du plus fort, loin d'être une simple citation littéraire de La Fontaine, est un concept central quant à toute réflexion philosophique sur le pouvoir, la liberté et la justice.

Droit du travail[modifier | modifier le code]

D'aucuns estiment que le rapport de force démesuré entre celui qui distribue le travail et celui qui n'a que la force de ses bras justifie l'existence d'un droit du travail, car le rapport de subordination entre l'employeur et l'employé est si puissant que toute divergence de vue ne peut que se résumer au pouvoir du maître, l'employeur, en défaveur de l'esclave, l'employé. « Il n'y pas d'esclave libre » dit l'adage, et seul un droit du travail, un ensemble de lois codifiant les rapports entre l'employeur et ses employés, est à même de transformer la situation de force en un rapport équilibré où chacun peut faire valoir son point de vue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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