Opération Red Wings

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Opération Red Wings
Informations générales
Date
Lieu Province de Kounar
Issue Victoire des talibans
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis Flag of Taliban.svg Talibans
Commandants
Drapeau des États-Unis Andrew MacMannis Flag of Taliban.svg Ahmad Shah
Forces en présence
Drapeau des États-Unis
SEAL
4 hélicoptères UH-60 Black Hawk
2 hélicoptères AH-64 Apache
2 hélicoptères CH-47 Chinook
Flag of Taliban.svg
initialement 25 à 40 hommes puis 80 à 100 dans les jours suivants ? (nombre exact inconnu[1])
Pertes
Drapeau des États-Unis
19 morts
1 blessé
1 hélicoptère CH-47 Chinook détruit
Flag of Taliban.svg
au maximum entre 35 et 50 morts ? (nombre exact inconnu [1])

Guerre d'Afghanistan

L'opération Red Wings (opération Ailes rouges) est une opération de contre-insurrection menée par quatre membres des SEAL, le , contre les talibans de la province de Kounar en Afghanistan Ces derniers, à cette occasion, infligèrent à l'armée américaine sa défaite la plus coûteuse en vies humaines depuis le début de la guerre. Trois des SEAL sont tués durant l'opération initiale, ainsi que 16 militaires américains des Special Operations Forces dans le crash de leur hélicoptère alors qu'ils tentaient d'aider les SEAL. Marcus Luttrell, le seul survivant Américain, a été protégé par des villageois locaux qui ont envoyé un émissaire à la base américaine pour les informer de sa localisation.

Le combat[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, Matthew G. Axelson, Daniel R. Healy, James Suh, Marcus Luttrell, Eric S. Patton, Michael P. Murphy. À l'exception de Luttrell, tous furent tués. Trois dans les combats au sol, deux dans le crash de l'hélicoptère de secours.
Le Lt. Michael P. Murphy et le maître Matthew G. Axelson en Afghanistan en 2005.

L'équipe des SEAL était commandée par le lieutenant Michael P. Murphy et composés de Marcus Luttrell, Danny Dietz et Matthew Axelson et était en opération pour tuer ou capturer Ahmad Shah (page anglaise), un leader taliban qui commandait un groupé d'insurgés s'appelant les « Tigres des montagnes » à l'ouest d'Asadabad.

Après une insertion réussie, trois éleveurs de chèvres découvrent la cachette des SEAL. Dans l'impossibilité de confirmer que leurs intentions étaient hostiles[2], Murphy demande à l'équipe ce qu'ils devraient faire d'eux. Axelson vote pour les tuer, Dietz ne s'exprime pas poussant Murphy à voter comme Luttrell et libérer les Afghans.

Peu de temps après la disparition des éleveurs derrière la crête de la montagne, le groupe est confronté à des insurgés afghans (entre 50 et 200 selon les estimations)[3], ce qui amène Luttrell à penser que les bergers leur ont révélé leur position.

Les insurgés mettent en place une attaque organisée sur trois côtés, ce qui force les SEAL à courir suivant la pente[3],[4]. Après 45 minutes de combat, Dietz abandonne la couverture offerte par la forêt et court dans un espace à découvert dans l'espoir de passer un appel de détresse et demander de l'aide depuis la Bagram Air Base mais il est touché à la main par une balle.

Murphy se déplace alors lui aussi dans l'espace découvert, mais après avoir compris que le transmetteur radio ne fonctionnait pas bien dans les montagnes, il passe un appel de secours avec son téléphone mobile. Il est touché par une balle à l'estomac durant la conversation. Néanmoins il réussit à retourner à couvert après l'appel et continue à se battre.

Après deux heures de combat, seul Luttrell est toujours vivant bien qu'il soit inconscient et allongé derrière une crête où il a été propulsé par l'explosion d'un tir de lance-roquette[3],[4].

Le chef de l'équipe, Michael P. Murphy, sera décoré à titre posthume de la Médaille d'honneur pour son courage lors de l'accrochage.

Ahmad Shah, la cible de cette opération, survit mais sera tué en avril 2008, lors d'un accrochage avec les forces pakistanaises.

Échec de l'opération de secours[modifier | modifier le code]

Une force américaine comportant huit hélicoptères (deux MH-47D du 160th Special Operations Aviation Regiment (Airborne), quatre UH-60 Black Hawk et deux AH-64D Apache Longbow) fut envoyée pour secourir les militaires assaillis par les talibans. La force de réaction rapide était initialement constituée de seulement deux hélicoptères MH-47D car les autres appareils, notamment les Apaches étaient occupés dans d'autres combats. Lors de leur arrivée sur place les deux Chinook furent rapidement pris pour cibles. Un des hélicoptères MH-47D tenta d'insérer huit Navy SEAL mais une roquette de RPG-7 le toucha au niveau du réservoir lors de sa stabilisation. Cela entraîna la mort des seize militaires (huit SEAL et huit membres d'équipage) qui se trouvaient à bord.

Pertes américaines et talibanes[modifier | modifier le code]

Les forces américaines perdent 19 hommes et un hélicoptère. Les pertes talibanes seraient comprises entre 35 et 50 morts au maximum pour un nombre de combattants estimé à entre 25 et 40 hommes le premier jour puis à entre 80 et 100 hommes les jours suivants (nombres exacts inconnus[1]).

Les Afghans qui ont secouru Luttrell et opération Red Wings II[modifier | modifier le code]

Luttrell réussit à survivre à ses graves blessures après avoir rencontré un pachtoune nommé Mohammad Gulab Khan, du village de montagne de Salar Ban, qui l'accueille dans sa maison, puis le protège avec l'aide des autres villageois, conformément à la tradition culturelle Pashtunwali, préconisant que l'asile (Nanawatai) soit offert à une personne pour la protéger de ses ennemis.

Le chef taliban, Ahmad Shah, savait que l'homme blessé qu'il traquait devait passer par le village de Salar Ban. Par l'intimidation, il parvient à déterminer quelle maison abrite Luttrell et exige qu'il lui soit remis. Mais il ne pouvait pas risquer un combat car il était en infériorité numérique et savait que d'autres parents et villageois viendraient à l'aide de Gulab.

Luttrell est déplacé en différents endroits et n'est pas livré à Shah. Pendant une semaine, une trentaine de rangers et de forces spéciales américaines recherchent le site du crash, les corps des tués et le survivant. Ils parviennent finalement à le retrouver dans le village où il se cachait et à l'évacuer de nuit vers la base aérienne de Bagram.

Dans les semaines qui suivent le sauvetage de Marcus Luttrell, Gulab et sa famille reçoivent des menaces des talibans et sont donc transférés à Asadabad[5].

En 2015, Gulab et sa famille vivent en sécurité hors de l'Afghanistan, mais ont demandé aide et asile aux États-Unis[6],[7].

Cinéma[modifier | modifier le code]

L'opération a inspiré le long-métrage Du sang et des larmes (Lone Survivor) de Peter Berg en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « A List of the Mistakes and Differences Between Lone Survivor (Film), Lone Survivor (Book) and Reality », On Violence
  2. (en) « Death by rules of engagement », sur TownHall.com,‎
  3. a, b et c (en) Mir Bahmanyar & Chris Osman, SEALs: The US Navy's Elite Fighting Force, Osprey, (ISBN 1846032261), p. 256
  4. a et b « The Sole Survivor », sur www.washingtonpost.com (consulté le 15 mai 2016)
  5. « {{{1}}} »
  6. « Coupable aux yeux des talibans d'avoir soigné un commando américain en 2005, Mohammad Gulab demande l'asile politique pour échapper à la mort », Le Figaro, 30 janvier 2015.
  7. « Afghan Who Saved American Navy SEAL Awaits Help From U.S », Newsweek, 20 janvier 2015.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcus Luttrell et Patrick Robinson, Le Survivant [« Lone Survivor »], Nimrod, (ISBN 978-2-915243-16-1)
  • (en) USSOCOM History and Research Office, United States Special Operations Command History : 6th edition, MacDill AFB, Floride, , 156 p. (présentation en ligne, lire en ligne), p. 116
  • Richard Max (producteur/réalisateur). (). Mission Hélico : il faut sauver le soldat Luttrell [production de télévision]. National Geographic Channel.
  • (en) Col Andrew R. MacMannis et LtCol Robert B. Scott, « Operation Red Wings : A joint failure in unity of command », Marine Corps Gazette,‎ , p. 14-20 (lire en ligne)
  • (en) Ed Darack, « Operation Red Wings : What really happened », Marine Corps Gazette,‎ , p. 62-67 (lire en ligne)


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