Nompatelize

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Nompatelize
Vue d'ensemble depuis le Petit Jumeau
Vue d'ensemble depuis le Petit Jumeau
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Canton Raon-l'Étape
Intercommunalité Communauté de communes du Ban d'Étival
Maire
Mandat
Pascal Mohr
2014-2020
Code postal 88470
Code commune 88328
Démographie
Gentilé Norpadien(ne)s
Population
municipale
569 hab. (2011)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 33″ N 6° 51′ 13″ E / 48.3258333333, 6.85361111111 ()48° 19′ 33″ Nord 6° 51′ 13″ Est / 48.3258333333, 6.85361111111 ()  
Altitude 372 m (min. : 301 m) (max. : 520 m)
Superficie 6,91 km2
Localisation

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Nompatelize

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Nompatelize

Nompatelize est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Les habitants de souche ancienne s'appelaient les Nompateliziens ou Nompatelizois. Le conseil municipal, réuni le 25 mars 2013, a décidé que, désormais, les habitants seraient appelés les Norpadiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune occupe un plateau de roches volcaniques recouverts à ses extrémités par des dépôts gréseux âgés du Permien, qui deviennent très épais au sud et à l'est dans le bassin permien de Saint-Dié[1]. Le centre de Nompatelize est sur une bouche du volcan permien, autrefois dans un milieu torride crachant une lave siliceuse déjà fortement pétrifiée. Cette rhyolite ignimbrite venue des chambres magmatiques en profondeur par de fins couloirs de remontée s'est amassée au voisinage méridional d'une bande fine de schistes et de diorites de l'Ordovicien supérieur[2] qui ont subi un fort écrasement et un intense métamorphisme sous la chaine de montagne formée au Carbonifère. Le village est situé à l'ouest de Brehimont, hameau de Saint-Michel-sur-Meurthe situé sur un autre cône volcanique.

La situation dominante de ce plateau entre les vallées de la Meurthe et de la Valdange, aujourd'hui traversé par la route entre Saint-Dié et le col du Haut du Bois, offre des points de vue remarquables au septentrion, en particulier vers Raon-l'Étape, mais aussi à l'orient vers Saint-Dié-des-Vosges.

Le point culminant du territoire communal est le moins élevé des deux petits massifs gréseux nommés Jumeaux qui prolongent la partie nord du vaste massif de la Madeleine qui se poursuit au sud au delà du Haut-Jacques. Cette contrée s'est autrefois appelée Agne. La commune de Nompatelize dont la communauté d'origine, patronne du Haut-Ban, a longtemps utilisé et entretenu une vieille route de débardage des bois des montagnes gréseuses du Sud, se prolonge au nord de Saint-Michel-sur-Meurthe par le hameau de Biarville atteint la Meurthe au lieudit Bourmont, ancien port sur la Meurthe dont l'altitude n'est que de 301 mètres.

Communes limitrophes de Nompatelize
Saint-Remy Étival-Clairefontaine La Voivre
La Salle Nompatelize Saint-Michel-sur-Meurthe
La Bourgonce Saint-Michel-sur-Meurthe

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble depuis la roche du Chemont

Nompatelize apparaît être une villa ou grand domaine, vieux lieu du pouvoir économique au milieu d'un plateau cultivé bien avant le XIe siècle. La contrée est déjà peuplée et administrée sous le Bas-Empire. Bien avant la fondation du ban d'Étival au VIIe siècle ou la donation religieuse de sainte Richarde au chapitre d'Étival, elle est parsemée de hameaux modestes dont certains subsistent et d'autres ont disparu. Les récents travaux dans les archives strasbourgeoises ont permis de retrouver trace de Norpardi cellae ou Norpard ecclesia au IXe siècle[3]. Ces études d'histoire locale amènent à modéliser le territoire précocement autonome de Nompatelize en grand domaine, les hameaux seraient des manses libres ou serviles, les Feignes issus du terme fines, désignant les fins, c'est-à-dire les terres aux limites du terroir agraire, seraient ainsi aux limites du vaste domaine forestier d'Agne qui devient après le XIIe siècle les bois de Mortagne au sud et de la Madeleine au nord. L'extension serait optimale sur le plateau vers La Salle, La Bourgonce et Bréhimont. Ce grand domaine et sa grange sont intégrés au chapitre d'Étival, tel qu'il est créé par la charte de l'impératrice Richarde en 886.

Les chanoines réguliers prémontrés, appelés par les chanoinesses d'Andlau s'installent sur le ban d'Étival en chassant à Autrey les anciens chanoines en 1146. Les moines blancs prémontrés dépendants de Flabémont assument sous la conduite de Gilbert après 1147 leur mission apostolique, en particulier disent la messe et attirent des hommes d'art et de nombreux convers. Les habitants, constamment encadrés par les moines blancs sous un régime quasi-militaire, édifient des habitats en dur, pierre, brique et bois, couverts de toit en tuile plus que de chaume, développent les cultures végétales, tracent des routes en pierre nécessaires à l'aménagement planifié du paysage, à l'essor du bâtiment et du transport par chariot et par flotte. Le port de Bourmont permet de faire glisser sur la Meurthe tronces et planches issues des forêts de Mortagne.

Ne se contentant plus d'une chapelle trop modeste, les chanoines décident d'y implanter une église en l'honneur de leur premier fondateur, le pieux Norbert de Xanten. Ils reconnaissent par intérêt politique la vieille assemblée des hommes vivant sur cette partie haute de leur ban et semblent habilement confondre Norpardi ecclesia et Norberti ecclesia, l'assemblée de Norbert. Il est probable que l'apparente homophonie entre Norpardi et Norberti soit propice à l'œuvre évangélique et à la reconnaissance locale du pouvoir sacré des chanoines blancs. Nompatelize est aussi momentanément reconnue comme une hiérophanie incontournable et un pôle humain du territoire abbatiale.

Les grains s'accroissent, les granges se multiplient au XIIIe siècle. L'exemple des techniques et des compétences des moines blancs prémontrés a déjà servi de modèle à toute la montagne. L'exploitation des bois de Mortagne permet d'exporter les planches au port de Bourmont, sur la Meurthe. Le lieu déjà promu chef-lieu du haut-ban jadis implanté le long d'un ancien chemin, est devenu un diverticule de la route qui relie Rambervillers à Colmar.

Aussi, après s'être émancipés de la tutelle des suzeraines chanoinesses d'Andlau qui, à l'origine, possèdent les deux tiers du ban, en acceptant un lourd paiement de redevances seigneuriales en argent, le chapitre et l'abbé qui dépendent toujours de Flabémont décident de s'adonner à la vie contemplative que son abbaye-mère recommande. Ils se cloîtrent dans leur belle abbaye à Étival pour ressortir après quelques décennies, ruinés par les seigneurs co-traitants qui ont accaparé une grande part des biens et revenus. Les religieux démunis entrent alors dans une phase de décadence religieuse qui leur font perdre renommée et réputation, d'abord parmi les gens du peuple puis auprès des puissants et des responsables du pouvoir civil après une excommunication du chapitre.

Un redressement est entrepris par l'abbé, les chanoines empruntent à la collégiale de Saint-Dié, aux marchands de Bruyères et de Rambervillers, de Raon-L'Étape et lentement, étape par étape, rachètent les parts féodales, reprennent le contrôle de la fabrique de Nompatelize et des chapelles des environs. Ils retrouvent une puissance seigneuriale et exercent leur justice souveraine au cours du XVe siècle.

En 1478, frère Didier Moyen, curé des granges (c'est-à-dire de Nompatelize) crée en accord avec le couvent d'Étival une fondation pour préserver la maison, la chapelle et la fontaine de Bouilly. Cette chapelle dédiée à la Vierge, au-dessus de Nompatelize qui compte alors des grosses fermes ou exploitations agricoles, est au cœur des préoccupations de ce riche chanoine. Il donne pour l'entretien de la chapelle, en particulier son luminaire et sa toiture, veut qu'une messe y soit dite chaque semaine, et surtout qu'aux fêtes Notre-Dame, au lundi de Pâques et au premier de l'an, prieur et chapitre s'y déplacent, en plus d'y organiser un pèlerinage en portant la lourde croix le lundi de Pentecôte. L'abbé Gérard d'Essey s'oppose à ce qu'il prend sans doute pour une lubie, mais le chapitre a bel et bien signé. À partir de ce moment symbolique, la communauté cumule à nouveau l'essentiel des pouvoirs sacrés sur le haut ban d'Étival qui compte aussi les communautés de l'Hoste du Bois (La Bourgonce), La Salle et Saint-Michel. Elle préserve aussi son rôle économique clef, avec ses cultures végétales, son élevage et le contrôle du transport du bois.

L'apogée de l'abbaye stivalienne arrive au début du XVIe siècle, alors que la tutelle de Flabémont s'évanouit. L'abbaye traverse les aléas du froid XVIIe siècle alors que sa direction adopte la réforme de Servais de Lairuelz[4]. Le plateau est dévasté après 1633, mais se repeuple vite à la fin du siècle.

Au milieu du XVIIIe siècle, le plateau est intensément cultivé et densément peuplé. Les habitants du Haut Ban continue à assister aux plaids d'Étival jusqu'en 1747, date à laquelle la mense abbatiale passe en commende à l'évêque de Toul monseigneur Bégon. Le Haut Ban semble rattacher à la prévôté de Saint-Dié et l'entité stivalienne disparaît définitivement avec l'érection de l'évêché de Saint-Dié en 1776. Nompatelize devient une commune à la Révolution. Elle achète un coffre pour mettre sous clef ses archives et subit les affres des réquisitions de guerre.

Monument aux morts 1870
Monument aux morts 1870

En 1786, il existait au sommet des Jumeaux, une pierre levée connue de tout le pays sous le nom de pierre à cheval. C'était une énorme table druidique de 8 mètres de long et 5 de large, placée sur deux piliers très élevés. Elle fut détruite en cette année pour servir à la construction de l'église de Nompatelize.

Le plateau de Nompatelize est par trois fois un champ de bataille ou un lieu de combat.

  • Le 6 octobre 1870, la bataille de la Bourgonce et de Nompatelize se déroule aussi sur une vaste partie du plateau de Saint-Rémy à Saint-Michel-sur-Meurthe en passant par La Salle. Elle laisse 1500 morts français, principalement des mobiles du 34e régiment des Deux-Sèvres sous les ordres du général Dupré et du 32e de marche de ligne du colonel Hocédé. Les Badois du général Degenfeld, un moment dépassés par les assauts français dès l'après-midi, mais appuyés par une artillerie positionnée efficacement au-dessus du ravin de Saint-Michel pour neutraliser les quelques canons français sur le flanc des Jumeaux, accusent le tiers de pertes. Le manque de réalisme du commandement et l'impréparation de la troupe française expliquent la déroute de l'après-midi après la survenue des renforts d'infanterie badois. Le général Dupré, blessé puis remplacé par Hocédé fauché mortellement, a permis d'effectuer en quelques jours le déblayage des Vosges par une partie de la nouvelle treizième armée allemande créée après la capitulation de Strasbourg, car le général Cambriels, apprenant la nouvelle à Épinal, ordonne le retrait.
Article détaillé : Bataille de Nompatelize.
  • Du 25 août au 12 septembre 1914, la vaste bataille de la Mortagne à la Chipotte était décisive pour l'armée française de l'Est au début de la Première Guerre mondiale. Résistante plus que victorieuse, les unités peuvent contribuer à colmater la défense française ébranlée suite à l'offensive allemande en Champagne une fois que les Allemands s'étaient repliés par précaution.
  • Le 3 novembre 1944 lors de la Seconde Guerre mondiale.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Èvre et son orgue[5].

Art[modifier | modifier le code]

Emile Gridel, né à Baccarat en 1839 et mort en 1902, capitaine au deuxième bataillon de la garde mobile de la Meurthe, a peint à partir des souvenirs du 6 octobre 1870, une huile sur toile en 1874 intitulée "Le combat de Nompatelize". L'œuvre appartient au musée lorrain de Nancy.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Ferme biologique
  • Usine automobile Faurecia

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 569 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
353 360 475 547 635 684 684 688 620
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
616 651 612 537 503 515 503 465 477
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
420 389 397 368 381 287 272 270 291
1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 - -
319 391 463 522 551 558 569 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  1983 Colin    
mars 1983 mars 1989 François Henlé    
mars 1989 mars 2001 Claude Bernard    
mars 2001 mars 2008 Raymond Forterre    
mars 2008 mars 2014 Didier Barret    
mars 2014 en cours Pascal Mohr    

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Antoine GeorgelL, L'abbaye d'Etival, ordre de Prémontré du XIIe au XVIIIe siècle, Bibliotheca Analectorum Praemonstratensium, fascicule 3, Averbode, 1962.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sans doute le sont-ils sous la couche de roches volcaniques de Nompatelize-La Salle, faute de forage dans cette roche dure pourtant intensément fracturé par le graben alsacien formé au Tertiaire.
  2. Notice de la Carte Géologique BRGM 1/50000e de St Dié (page 13)
  3. Le groupe d'histoire locale de Nompatelize animé par le persévérant Alain Preghenella a effectué ces remarquables travaux.
  4. C'est une période baroque où le pouvoir religieux s'apparente plus au monde de vie jésuite qu'au premier ordre des Prémontrés du XIIe siècle
  5. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise,‎ 1991, 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 435 à 437
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011