Montserrat Caballé

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Montserrat Caballé
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Montserrat Caballé dans Semiramide de Rossini au Festival d'Aix-en-Provence 1980.
Surnom La Superba
Nom de naissance María de Montserrat Viviana Concepción Caballé i Folch
Naissance
Barcelone, Espagne
Décès (à 85 ans)
Barcelone, Espagne
Activité principale Artiste lyrique
soprano
Style Opéra
Formation Conservatoire du Liceu, Barcelone
Descendants Montserrat Martí
Récompenses Médaille d'or du mérite des beaux-arts (1973)
Prix Princesse des Asturies en arts (1991)

Montserrat Caballé, de son nom complet María de Montserrat Viviana Concepción Caballé i Folch, est une cantatrice soprano espagnole née le à Barcelone et morte le dans la même ville.

Surnommée La Superba (la Superbe) en raison de sa technique, de sa longueur de souffle, de l'amplitude et des nuances de sa voix (notamment ses pianissimi), elle est célèbre pour ses interprétations du répertoire belcantiste, et notamment des rôles de Rossini, de Bellini et de Donizetti.

Carrière[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Née en Catalogne dans une famille modeste le 12 avril 1933[1], Montserrat étudie le piano au conservatoire du Liceu de Barcelone puis, avec le soutien d'une famille d'industriels mécènes, les Bertrand[2], poursuit des études de chant sous la direction de la soprano hongroise Eugenia Kemeny (ca), de la cantatrice espagnole Conchita Badía (en), puis de Napoleone Annovazzi (ca) pour le contrepoint et l'harmonie[1].

En 1956, elle rejoint le Stadttheater de Bâle, où elle fait ses débuts professionnels dans le rôle de Mimi, dans La Bohème de Giacomo Puccini. En 1959, elle est engagée par l'Opéra de Brême, où elle chante un très large répertoire de soprano lyrico-dramatique, de Mozart à Dvořák en passant par Verdi et Puccini, sans trouver encore sa véritable personnalité vocale. Sa renommée s'accroît avec des prestations remarquées au Staatsoper de Vienne (Salomé, 1958) ou encore à la Scala de Milan (Parsifal, 1960)[1].

En 1962, elle retourne à Barcelone et fait ses débuts au Gran Teatre del Liceu dans le rôle-titre d'Arabella de Strauss. Elle va demeurer fidèle à ce théâtre tout au long de sa carrière. En 1964, elle épouse le ténor Bernabé Martí (es)[1], avec lequel elle va avoir deux enfants : un garçon, également prénommé Bernabé, et une fille, Montserrat Martí, qui va aussi devenir cantatrice et partager avec elle la scène à plusieurs reprises.

La Superba[modifier | modifier le code]

Montserrat Caballé en 1969.

Le premier succès international de Caballé survient en 1965, quand elle remplace Marilyn Horne, enceinte, pour une Lucrezia Borgia en version de concert au Carnegie Hall de New York, où elle fait sensation : le New-York Times titre « Callas + Tebaldi = Caballé »[1]. La même année, elle fait ses débuts au Festival de Glyndebourne, et au Metropolitan Opera en tant que Marguerite dans le Faust de Gounod. C'est alors qu'elle est surnommée La Superba[3] après que Maria Callas a été surnommée La Divina et Joan Sutherland, La Stupenda[3]. En 1967, elle enregistre sa première Traviata sous la direction de Georges Prêtre aux côtés de Carlo Bergonzi et de Sherill Milnes.

En 1972, elle fait ses débuts à la Scala dans Norma de Bellini, rôle qu'elle enregistre la même année avec le jeune Plácido Domingo et Fiorenza Cossotto, et au Royal Opera House à Covent Garden en tant que Violetta dans La traviata de Verdi. C'est à partir de cette époque qu'elle explore systématiquement le répertoire du bel canto romantique : Donizetti, Bellini et les œuvres de jeunesse de Verdi, participant à la résurrection de ce genre aux côtés des Joan Sutherland, Beverly Sills et Leyla Gencer. En 1973, elle reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports[4]. Caballé devient aussi une récitaliste renommée, essentiellement de chansons de son Espagne natale.

Elle se produit à de nombreuses reprises sur scène et en récital avec Marilyn Horne, notamment dans Semiramide de Rossini au Festival d'Aix-en-Provence en 1980. Cette collaboration se double de plus d'une amitié et d'une grande admiration réciproque.

Après le milieu des années 80, la cinquantaine dépassée, de santé fragile[1], Montserrat est contrainte de réduire ses apparitions et de s'éloigner de la Scala. Elle n'en poursuit pas moins sa carrière auprès d'un public élargi. C'est ainsi qu'on l'entend en concert dans Les Danaïdes d'Antonio Salieri à l'Opéra de Montpellier en 1986[5]. Sa célébrité en est accrue et il lui arrive de franchir parfois les limites du monde classique. Lors d'une de ses excursions dans le monde de la musique pop, elle chante avec le chanteur de rock Freddie Mercury le duo Barcelona (1987), succès qui donne lieu à un album du même nom[6]. Le morceau devient par la suite l'hymne des Jeux olympiques de Barcelone en 1992, ce qui le fait apparaître de nouveau dans le palmarès des ventes en Europe. Montserrat interprète aussi ce morceau avec Freddie Mercury sur la scène du Ku Klub d'Ibiza le 29 mai 1987[7], ainsi qu'à Barcelone le 8 octobre 1988 pour le festival La Nit[7] . Enfin, elle chante ce morceau, accompagnée par un enregistrement du défunt Freddie Mercury, lors de la finale de 1999 de la Champions League au stade du Camp Nou à Barcelone.

Elle fête ses 50 ans de carrière au Gran Teatre del Liceu le 3 janvier 2012, où le dernier rôle qu'elle interprète est celui de Catherine d'Aragon dans Henry VIII de Camille Saint-Saëns. Le 20 octobre 2012, Montserrat Caballé, âgée de 79 ans, est hospitalisée à l'hôpital de Sant Pau de Barcelone après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral pendant un séjour en Russie[8].

Elle meurt le 6 octobre 2018 à l'hôpital de Sant Pau de Barcelone à l'âge de 85 ans[9].

Caractéristiques vocales[modifier | modifier le code]

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Sa voix est connue pour sa pureté et son homogénéité parfaite sur une grande tessiture (approx. du la2 au bémol5) avec un grave typiquement espagnol[réf. nécessaire], un médium velouté mais puissant et un aigu ample et brillant. L'incisivité naturelle de son timbre et son exceptionnelle technique de souffle (ses cordes vocales, par un accolement léger, consomment moins, d'où la longueur du son[réf. nécessaire]) lui ont permis de chanter pratiquement tout le répertoire de soprano, à l'exception des rôles suraigus. Bien qu'elle soit surtout connue pour ses rôles de bel canto, Caballé a chanté plus de quatre-vingts rôles d'opéra, de l'opéra baroque à Verdi, Wagner et à Puccini, en passant par la Maréchale dans Der Rosenkavalier de Strauss et le rôle-titre de Salomé.

Surnommée « La Superba » (« la superbe ») en raison de sa technique, de sa longueur de souffle, de l'amplitude et des nuances de sa voix (notamment ses pianissimi)[10], elle est célèbre pour ses interprétations du répertoire belcantiste et notamment des rôles de Rossini, de Bellini et de Donizetti.

Si certains critiques ont régulièrement reproché à « la » Caballé, desservie par un embonpoint dont par ailleurs elle s'est volontiers moquée[1], de ne pas toujours s'investir théâtralement dans ses rôles contrairement à « la » Callas, elle les a cependant marqués à sa façon par sa musicalité, le jeu des couleurs et une large palette de nuances et de dynamiques. Elle est ainsi considérée comme une des grandes Norma du XXe siècle, l'un des rôles les plus éprouvants du répertoire belcantiste[11].

Divers[modifier | modifier le code]

En 1995, elle participe à l'album de Vangelis, El Greco, dédié au peintre du même nom El Greco. Ils mèneront une collaboration sur quelques titres encore dans les années suivantes.

En 1997, elle publie l'album Friends for life, qui comprend de nombreux duos avec diverses personnalités de la musique pop, notamment : Bruce Dickinson (chanteur du groupe de heavy metal Iron Maiden), Vangelis, Johnny Hallyday, Steve Lee (chanteur du groupe Gotthard) et Gino Vannelli. On retrouve les magnifiques duos Had to Be avec la voix veloutée d'Helmut Lotti et Barcelona avec Freddie Mercury en conclusion du disque.

Caballé a soutenu plusieurs organisations caritatives, été ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO[12] et créé une fondation pour les enfants dans le besoin à Barcelone.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Opéras
Récitals
  • Airs d'opéras et mélodies de compositeurs italiens, Montserrat Caballé, Miguel Zanetti (piano) - Forlane ; BMG Classics, 1993 (rééd.)
  • Airs d'opéras français - Deutsche Grammophon
  • Hijo de la luna : The best of Montserrat Caballé - RCA Victor, 2003
  • Zarzuelas : Airs et duos avec Bernabé Martí (it) - RCA / BMG Classics, 1995
  • Duos d'opéras avec Shirley Verrett, New Philharmonia Orchestra, Anton Guadagno - RCA Victor
  • Chansons de la Renaissance espagnole avec Manuel Cubedo - RCA Victor
  • Friends for Life, musiques de Freddie Mercury, Michel Berger, Vangelis, etc. - RCA Victor, 1997
  • Barcelona avec Freddie Mercury - Polygram
  • Eternal Caballé (Best-of) - RCA Victor, 1993
  • Caballe Sings Wagner, New York Philharmonic, Zubin Mehta (dir.) - CBS / Sony

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Michel Parouty, « Montserrat Caballe », dans Dictionnaire des Musiciens : Les Interprètes, Encyclopaedia Universalis, (lire en ligne), pt 201-205
  2. Robert Pullen, Stephen Jay-Taylor, Montserrat Caballé: Casta diva, Plaza & Janés, Barcelone, 1995 (ISBN 84-01-37546-0).
  3. a et b (en) « The Diva Who Dares », Opera Now,‎ , p. 19.
  4. (es) « Decreto 1698/1973, de Z7 de julio por el que se concede la Medalla al Mérito en las Bellas Artes en su categorta de oro a doña Montserrat Caballé », Boletin Oficial del Estado, Madrid, no 171,‎ , p. 14691 (lire en ligne).
  5. « Les Danaïdes à l'Opéra de Montpellier », operapassion.com, 27 juillet 1986.
  6. (en) Barcelona sur ultimatequeen.co.uk.
  7. a et b (en) Freddie Mercury Concertography sur ultimatequeen.co.uk.
  8. AFP, « Montserrat Caballe hospitalisée après une attaque cérébrale », sur liberation.fr, (consulté le 23 octobre 2012)
  9. « Disparition de Montserrat Caballé, immense soprano catalane », France Musique,‎ (lire en ligne)
  10. (en) Roger Pines, « Montserrat Caballé: A Voice Of Passionate Grandeur », npr.org, 8 mars 2011.
  11. Ce qui ne l'a pas empêchée d'enregistrer le rôle d'Adalgisa face à Joan Sutherland. Alors qu'au XXe siècle, il est souvent tenu par une mezzo-soprano (malgré une tessiture tendue), ce rôle de secunda donna était généralement interprété au XIXe siècle par un soprano, les classifications vocales étant moins définies. Ainsi, à la création, le rôle d'Adalgisa était tenu par Giulia Grisi, qui chantera par la suite le rôle-titre.
  12. Liste des ambassadeurs sur le site de l'UNESCO

Liens externes[modifier | modifier le code]

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