Giulia Grisi

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Giulia Grisi
Giulia grisi donna anna.JPG
Titres de noblesse
Marquise
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Domicile
Villa Salviati (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Gaetano Grisi
Fratrie
Conjoint
Enfant
Parentèle
Autres informations
Tessiture
Genre artistique

Giulia Grisi (née le [1] à Milan, alors capitale du Royaume d'Italie et morte d'une pneumonie à Berlin le ) est une cantatrice italienne (soprano) du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Giulia Grisi dans le rôle-titre de Semiramide

Débuts[modifier | modifier le code]

Fille de Gaetano Grisi, un officier de l'armée napoléonienne, Giulia est la petite-fille d'une violoniste amateur, Giovanna Grassini ; la nièce de la fameuse cantatrice Giuseppina Grassini (1773-1850) ; sa sœur aînée, Giuditta Grisi (1805-1840), fera également une carrière comme soprano. Elle est aussi la cousine germaine de la célèbre ballerine de la période romantique, Carlotta Grisi (1819-1899).

Élève de la Pasta et certainement de sa tante, la Grassini, elle débute à 17 ans dans Zelmira de Rossini à Bologne en 1829, puis à la Scala en 1831 où elle participe à la création de Norma au côté de Giuditta Pasta[2]. Elle se produit à Londres et Paris où elle reste fidèle au Théâtre italien de Paris. Elle épouse en 1836 le jeune comte Achille Auguste César de Melcy, mariage qui ne fut pas heureux.

Scandale[modifier | modifier le code]

En 1838, son mari découvrit une lettre écrite à sa femme par Lord Castlereagh que comte blessa au poignet lors du duel qui les opposa, le 16 juin. Castlereagh certifia que la cantatrice ne l'avait jamais encouragé et Melcy trouva ainsi que son honneur était sauf. Giulia put alors en divorcer. Ce scandale mettant en cause deux aristocrates et une prima donna remua la société mais ne fit pas ombrage à Giulia qui en eut peut-être gagné en popularité auprès du grand public : quand elle entra sur scène peu après dans Parisina de Gaetano Donizetti à l'Opéra, des applaudissements plus nourris qu'à l'accoutumée l'y accueillirent. Ironiquement, dans une de ses scènes, Parisina est accusée d'adultère par son mari. Quelques mois plus tard, Giulia donna naissance à George Frederick, fils illégitime de lord Castlereagh.

Éloges[modifier | modifier le code]

En Angleterre, Giula est très appréciée particulièrement de la jeune reine Victoria amatrice d'opéra et qui écrivit après l'avoir admirée pour la deuxième fois dans Parisina : « Je n'ai jamais vu Grisi si splendide et chantant aussi bien »[3].

Outre ses talents de cantatrice avec sa voix lisse et pulpeuse qui montait sans effort dans les aigus, et servie par une impeccable technique vocale, Giulia Grisi était effectivement connue pour sa grande beauté. Son teint pâle et sa peau crémeuse étaient mis en valeur par des cheveux de geai et des yeux pétillants et langoureux. Le poète Théophile Gautier ne tarit pas d'éloges : « Quant à Mademoiselle Grisi, sa beauté, son jeu et sa voix ne laissent en rien désirer ; une trinité magnifique peu souvent observée chez une seule personne »[3].

Malgré sa beauté et sa voix, Giulia était consciente que d'autres cantatrices talentueuses autour d'elle représentaient autant de rivales, telles Pauline Viardot qu'elle sut ne pas ménager[3].

Famille en scène[modifier | modifier le code]

« La Grisi » se produit à Londres (qu'elle favorisera souvent) en 1839 avec le chanteur ténor Mario, Marquis de Candia, avec qui elle va partager sa vie et sa carrière ; elle épouse Mario à Londres et s'installe avec lui à Furham, un arrondissement de Londres. Ils forment un couple idéal à la ville et sur scène, et auront plusieurs enfants.

Au succès de Giulia s'ajoute celui de Mario. Le couple se produit aussi ensemble sur scène ; le compositeur Gaetano Donizetti écrit l'opéra bouffe Don Pasquale (livret de Giovanni Ruffini) pour eux, qu'ils joueront pour la première fois en 1843 au Théâtre italien de Paris où l'accueil fut triomphal.

Giulia et Mario dans I puritani.

La famille Candia revient fréquemment en Italie, vivant de façon saisonnière dans la somptueuse et célèbre (en) Villa Salviati près de Florence, une propriété en Toscane que Mario avait achetée en 1849. Giulia Grisi écrit dans son journal tous les moments passionnants passés là-bas avec des invités éminents issus du monde de l'opéra et de l'aristocratie. Mais elle préférait plutôt leurs vacances familiales privées dans leur chalet à Bordighera, l'endroit où elle se sentait chez elle.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Après une tournée lucrative et triomphale entreprise en 1854 aux États-Unis où ils ont été dignement reçus, elle quitte la scène en 1860.

Lors d'un voyage à Saint-Petersbourg en 1869, elle est victime d'un accident à la frontière allemande et meurt à 58 ans. Son mari emporte son corps à Paris pour l'inhumer au cimetière du Père-Lachaise.

Sa tombe est placée devant celle de Molière et porte pour seule inscription : « Juliette di Candia ».

Enfants[modifier | modifier le code]

De ses amours avec Lord Frederick Stewart Castlereagh, 4ème marquis de Londonderry, elle eut un fils élevé par son père et garda des relations avec son enfant, que le marquis favorisa[4] :

  • George Frederick Ormsby[5], (Londres 1838 - 1901 Scarborough) qui devint lieutenant puis capitaine du 2nd (Queens) Regiment of Dragoon Guards[6]. Il alla aux Indes, se maria avec Charlotte Mary W. et arriva à Berlin, un jour après la mort de sa mère.
Giovanni Matteo "Mario" de Candia (1810-1883)

Avec son second mari, Don Giovanni Matteo "Mario" de Candia, chanteur d'opéra, elle eut six filles :

  • Giulia de Candia, (1842 - 1844 Paris)
  • Rita de Candia, (Londres 1849 - ? Berlin)
  • Maria Angelina de Candia, (Londres 1850 - ? Paris)
  • Cecilia Maria de Candia, (Brighton 1853 - 1926 Bordighera) ; elle épousera Sir Godfrey Robarts Pearse, le 29 février 1872 à Londres et en divorcera en 1889.
  • Clelia Corinna de Candia, (Londres ou Furham 1855 - ?) ; elle se mariera à Sir Arthur Vaughan Powys en mai 1875 à Londres et aura deux filles : Ivy Clelia (v. 1876-v. 1951) et Gwyneth (v. 1879-?)[7].
  • Bella Maria de Candia, (Londres 1857 - ?)

Héritage[modifier | modifier le code]

Cecilia Maria, la fille de Giulia et Mario, est devenue écrivain. Son ancien époux, le gentleman escrimeur Godfrey Pearse a contribué à ses travaux de recherche, de lancement et d'édition d'ouvrages. La plupart de ses travaux est signée « Maria Cecilia » ou « MC » ou « Mme Godfrey Pearse ». Parmi ses œuvres les plus notoires, The Romance of a Great Singer publiée en 1910 évoque son père Mario.

La carrière opératique incroyablement riche de Giulia Grisi a été compilée dans des enregistrements de musique, des images et à travers des peintures. À sa mort, son mari a fait don d'une forte somme pour la création de bourses de Soprani à l'Opéra de Paris et au théâtre qui a donné ses premières gloires à sa voix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certaines sources indiquent par erreur une naissance le 28 juillet, anniversaire de sa sœur aînée Giuditta.
  2. Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-2136-0017-8), p. 79
  3. a b et c (en) Barbara Kendall-Davies, Life and Work of Pauline Viardot Garcia : The Years of Fame 1836-1863, vol. 1, Cambridge Scholars Publishing, (lire en ligne), chap. 6
  4. Kendall-Davies, Barbara (2003), La vie et le travail de Pauline Viardot Garcia : Les années de gloire, 1836-1863 , éd. Cambridge Scholars Press, pp. 61-61.
  5. Voir son portrait et sa fiche à la National Portrait Gallery, Londres.
  6. (en) The Gazette, « Archives », The London Gazette,‎ , p. 3810 (lire en ligne)
  7. Voir sa fiche familiale généalogique sur Powys.org

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date de parution.

  • Louis Hauman et Compagnie, Revue universelle : bibliothèque de l'homme du monde et de l'homme politique, vol. 34, (lire en ligne), p. 98.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, vol. 1, Éditions Hachette, (lire en ligne), p. 793-794.
  • (en) Cecilia Pearse De Candia et Frank Hird, The Romance of a Great Singer. A Memoir of Mario, Londres, Smith and Elder & Co, (lire en ligne).
  • Henri Manceau, « Grandeurs et misères des vieilles pierres ardennaises : en Argonne, l'abbaye de Chéhery », L'automobilisme ardennais, no 86,‎ , p. 9-19.
  • (en) Vera Brodsky Lawrence, Strong on Music. Reverberations 18850-18856, University of Chicago Press, , p. 514-556.
  • Bertrand Dermoncourt, L'univers de l'opéra, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », (lire en ligne).
  • Elizabeth Forbes, Mario et Grisi, biographie, Victor Gollancz Ltd., Londres, 1985.

Liens externes[modifier | modifier le code]