Semiramide

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Sémiramis

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Semiramide (Sémiramis en français) est un opera seria de Gioachino Rossini représenté pour la première fois au Théâtre de la Fenice à Venise en Italie, le [1]. Opéra en deux actes, livret de Gaetano Rossi[1], inspiré de la pièce de Voltaire, Sémiramis.

Dans Semiramide, les pyrotechnies vocales sont impressionnantes et presque tous les admirateurs de Rossini s'accordent à dire qu'il s'agit d'un opéra exceptionnel. L'œuvre narre l'histoire de Sémiramis, la reine mythique de la ville de Babylone. Elle doit pour le peuple, choisir un nouveau roi pour remplacer son défunt mari. Au moment où elle fait son choix, le spectre de son époux apparaît publiquement et ordonne que le nouveau roi tue un homme en guise de sacrifice devant sa tombe le soir-même. Le drame se noue lorsque le nouveau roi (qui se nomme Arsace) découvre qu'il est le fils de Semiramide et que son destin lui ordonne de sacrifier sa mère, puisque c'est elle qui a tué son époux.

Parmi les extraits les plus célèbres, l'ouverture mise à part, il convient de citer l'air d'Arsace, Eccomi alfine in Babilonia, et celui de Semiramide, Bel raggio lusinghier, tous deux très difficiles à chanter, mais qui sont parmi les plus beaux que Rossini ait écrits durant sa vie. La mezzo-soprano américaine Marylin Horne a été un mémorable Arsace, avec, dans le rôle de Semiramide, Joan Sutherland (Boston, 1965), puis Montserrat Caballé (Festival d'Aix-en-Provence, 1980). June Anderson a également chanté le rôle de Semiramide. Le contre-ténor Max Emanuel Cencic a évoqué le personnage sur le disque d'arias de Rossini et Franco Fagioli [2], mezzo-soprano argentin, a été le premier interprète masculin de l'intégralité du rôle, en 2017, à L'opéra de Lorraine.

Semiramide est le dernier opéra que Rossini ait écrit pour l'Italie, sa carrière se poursuivant ensuite à Paris.

Personnages[modifier | modifier le code]

Argument[modifier | modifier le code]

Pour régner seule, Sémiramis a fait assassiner le roi son mari, avec la complicité du prince Assur. Quand vient le moment de choisir un nouvel époux, elle annonce son intention d’épouser le jeune héros Arsace qu’elle appelle à régner à ses côtés. Mais sa passion va se heurter à un obstacle aussi insurmontable qu’imprévu : Arsace est en réalité son fils, Ninias, que tous croyaient mort. Sémiramis ne pourra échapper à son châtiment : elle mourra poignardée par erreur par son propre fils qui pensait tuer Assur, le prince félon. 

Acte 1[modifier | modifier le code]

A Babylone le grand prêtre Oroe accueille la foule dans le temple de Baal. La reine Sémiramis doit annoncer le nom de celui qu’elle a choisi d’épouser après la mort mystérieuse de son mari, le roi Ninus. Le prince Assur semble certain d’être désigné. Mais au moment où Sémiramis va parler, la flamme de l’autel s’éteint. Ce mauvais présage effraie l’assemblée et la cérémonie est remise à plus tard. Sémiramis réunit la cour et le peuple une nouvelle fois et finit par déclarer qu’elle épousera Arsace, le jeune commandant de l’armée assyrienne. A cet instant le spectre du roi Ninus sort de son mausolée et plonge l’assemblée dans l’effroi. Le fantôme de Ninus déclare qu’Arsace deviendra roi quand il aura immolé une victime en sa mémoire. Il s’éloigne sans avoir désigné cette victime laissant la reine profondément bouleversée.

Acte 2[modifier | modifier le code]

Le prince Assur vient rappeler à Sémiramis ce qu’elle lui doit : ils ont été complices dans l’empoisonnement de son époux, le roi Ninus. Assur veut le trône en récompense de son forfait. Sémiramis le chasse en le soupçonnant d’avoir aussi assassiné son fils qui a disparu. Pendant ce temps, le grand prêtre Oroe apprend à Arsace qu’il est Ninias, le fils unique de Ninus et de Sémiramis. Le jeune homme découvre aussi le crime odieux qu’a commis sa mère mais il ne peut se résoudre à lui ôter la vie pour venger la mort de son père. Arsace finit par montrer à Sémiramis la lettre dans laquelle Ninus l’a accusée avant de mourir. Elle est partagée entre l’effroi et la joie d’avoir  retrouvé son fils. Assur décide d’assassiner Arsace qui se rend dans le mausolée de Ninus pour se livrer à un sacrifice. Descendu dans le tombeau, Assur est en proie à des hallucinations : il croit voir le spectre du roi défunt. Pour protéger son fils qu’elle sent menacé, Sémiramis pénètre aussi dans le mausolée. Trompé par l’obscurité qui règne dans ce tombeau, Arsace tue sa mère en croyant frapper Assur. Saisi d’horreur devant sa mère mourante, il veut se suicider mais le grand prêtre l’en dissuade et l’emmène au palais où le peuple l’acclame comme son nouveau roi. Le traître Assur est arrêté. La vengeance du roi Ninus est accomplie. 

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-2136-0017-8), p. 1357
  2. « Semiramide à Nancy : les abîmes du pouvoir de la musique », sur olyrix.com, (consulté le 15 mai 2017)