Mont Shari

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Mont Shari
Vue du mont Shari.
Vue du mont Shari.
Géographie
Altitude 1 547 m[1]
Massif Hokkaidō
Coordonnées 43° 45′ 56″ nord, 144° 43′ 04″ est[1]
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Région et préfecture Hokkaidō
Sous-préfectures Okhotsk, Nemuro
Ascension
Voie la plus facile versant ouest
Géologie
Âge Pléistocène
Roches Andésite, dacite, basalte
Type Volcan gris
Activité Éteint
Dernière éruption 250 à 80 000 ans

Géolocalisation sur la carte : Préfecture d'Hokkaidō

(Voir situation sur carte : Préfecture d'Hokkaidō)
Mont Shari

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Mont Shari

Le mont Shari (斜里岳, Shari-dake?), aussi appelé Sharifuji, est une montagne du Japon située sur l'île de Hokkaidō, au pied de la péninsule de Shiretoko. Ce stratovolcan, formé durant le Pléistocène dans la pointe sud de l'arc volcanique des Kouriles, est inscrit sur la liste des 100 montagnes célèbres du Japon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Bien avant l'arrivée des Japonais, l'île de Hokkaidō était habitée par une population aborigène : les Aïnous[2]. Le mont Shari, collectivement avec les monts Onnebetsu et Unabetsu, était alors désigné par un mot de la langue aïnou, « Onnemupuri (オンネヌプリ?) », signifiant littéralement « montagne âgée » ou « montagnes parents », selon les sources[3],[4],[5]. Ce toponyme est, de nos jours, encore utilisé, à côté de « mont Shari » qui lie la montagne au fleuve Shari (ja) qui y prend sa source, et, plus largement, au territoire que couvre le district de Shari dans la sous-préfecture d'Okhotsk[4]. Le terme « Shari » est la transcription approximative en japonais du mot aïnou « saru » qui signifie « roselière du marais », une allusion aux colonies de roseaux qui poussent à l'embouchure du fleuve Shari[4]. Le volcan Shari serait le pendant mâle du mont Saru (1 422 m[1]) qui abrite la source du fleuve Saru (ja) dans le district de Saru de la sous-préfecture de Hidaka, un territoire situé dans le sud de l'île de Hokkaidō[6].

Le mont Shari est aussi couramment appelé Okhotskfuji (オホーツク富士?), ou encore Sharifuji (斜里富士?), en raison de sa forme conique qui rapelle celle du mont Fuji, symbole du Japon éternel[7],[8],[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le mont Shari est une montagne de l'île de Hokkaidō, au Japon, à cheval sur la limite sud du bourg de Shari (sous-préfecture d'Okhotsk), la limite est du bourg de Kiyosato, et la limite ouest du bourg de Shibetsu (sous-préfecture de Nemuro). Non loin de la base de la péninsule de Shiretoko, il est l'un des volcans des monts Shiretoko qui forment la majeure partie de la péninsule du même nom, dans une forêt nationale de 14 000 km2 qui couvre aussi le mont Rausu, une autre montagne inscrite sur la liste des 100 montagnes célèbres du Japon[10]. Il est situé environ 101 km au nord-est de Sapporo, 991 km au nord-est de l'agglomération de Tokyo, 22 km au nord-est du lac Mashū, 17 km de la mer d'Okhotsk et 28 km du détroit de Nemuro, un détroit qui relie la mer d'Okhotsk et l'océan Pacifique.

Topographie[modifier | modifier le code]

Édifice volcanique de la ceinture de feu du Pacifique, le mont Shari fait partie d'un groupe de volcans du nord-est de Hokkaidō formant la pointe sud de l'arc volcanique des Kouriles[11]. Il possède une forme conique caractéristique des stratovolcans ; le diamètre de sa base est d'environ 12 km[1]. Son point culminant (1 547 m d'altitude) est un dôme de lave. Ses pentes sont entaillées par l'érosion qui a donné naissance, au fil des âges, a des vallées radiaires profondes s'élargissant du centre du volcan vers sa circonférence. Sa partie haute est constituée de plusieurs dômes de lave dont cinq, sommet inclus, dépassent les 1 400 m, le mont Minamishari[n 1] (1 442 m) et le mont Higashishari[n 2] (1 452 m) notamment. Ces édifices volcaniques reposent sur des lignes de crête, vestiges d'anciens cratères au diamètre variant de 500 m à 1 km[11]. Un volcan parasite émerge à l'altitude de 1 508 m au sud du sommet, et deux autres dômes de lave sont proéminents au pied des versants sud et sud-ouest[11].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le mont Shari est un volcan dont les éruptions majoritairement explosives le classent comme un volcan gris. Il est essentiellement composé de roches magmatiques et plus particulièrement d'andésite, de dacite et de basalte[12].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le fleuve Shari prend sa source au pied du versant sud du mont Shari. Son bassin versant s'étend sur 566 km2, dans tout l'ouest et le nord-est de la montagne. Long de 55 km, il termine son parcours en mer d'Okhotsk, dans le Sud-Ouest du bourg de Shari[13]. De nombreux ruisseaux et rivières, prenant naissance sur les pentes du volcan, alimentent le fleuve. La rivière Ichinosawa[n 3], par exemple, prend sa source sur le versant occidental de la montagne dans l'un des ravins à disposition radiale qui incisent les pentes du volcan. Elle grossit les eaux de la rivière Chiesakuetonbi[n 4], un affluent de rive droite du fleuve dont le cours supérieur se développe au pied du versant ouest de la montagne.

La rivière Pankeniwanai[n 5] prend sa source sur le versant sud-est du mont Shari. Au pied de la montagne, il se jette dans le fleuve Chūrui[n 6] qui serpente sur environ 35 km avant d'atteindre son embouchure : le détroit de Nemuro, dans l'Est de Shibetsu[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sol de la partie nord-est de l'île de Hokkaidō s'est formé sur une roche-mère qui a pris forme lors de l'ouverture de la mer d'Okhotsk le long de l'arc volcanique des Kouriles, de la fin de l'Oligocène (33,9 - 23,03 Ma) au milieu du Miocène (23 - 5,3 Ma). Durant le Néogène et le Pléistocène, les mouvements tectoniques du sous-sol engendrent une activité volcanique qui fait surgir de la lithosphère le magma à l'origine de la formation des chaînes vulcaniennes du Nord de Hokkaidō[15],[11]. L'orogenèse du stratovolcan Shari débute au Pléistocène inférieur, il y a 1,03 Ma. La structure volcanique initiale est recouverte par un nouvel édifice volcanique durant le Pléistocène moyen (250 000 ans - 80 000 ans)[5],[12],[15].

L'Agence météorologique du Japon, se conformant à des normes internationales depuis 2003, considère qu'un volcan est actif s'il est entré en éruption au cours de l'Holocène, soit depuis les 10 000 dernières années environ. Par conséquent, elle ne classe pas le mont Shari dans sa liste des volcans actifs du Japon[16].

Activités[modifier | modifier le code]

Voies d'accès[modifier | modifier le code]

Deux voies d'ascension principales permettent d'accéder au sommet du mont Shari. L'une, la « voie Kiyosato »[n 7], longue d'environ 5 km pour un dénivelé de 867 m, débute dans le bourg de Kiyosato, au pied du versant ouest du volcan, près du refuge Seigakusō[n 8] (altitude 680 m[1])[17],[3]. Elle longe une partie de la rivière Ichinosawa, puis mène à la cime de la montagne en suivant un chemin de crête, via le col Kumami[n 9] (altitude 1 230 m)[17],[5]. Une variante de ce parcours consiste à suivre jusqu'à sa source le cours de la rivière Ichinosawa dont le cours comprend plusieurs passages en cascade[17],[5],[3]. Sur le versant nord-ouest, la « voie Shari »[n 10], ou « voie Mitsui »[n 11], est ouverte depuis 1958 au bord d'une route forestière du bourg de Shari, au-delà du cours supérieur de la rivière Toyosato[n 12] (altitude 450 m[1])[5],[3]. Un sentier de randonnée, long d'environ 4,5 km, aboutit au sommet du mont Shari, via le rocher Gama, en suivant une ligne de crête au bord du lit d'un ruisseau tari[n 13] (altitude 1 138 m)[5],[3].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le mont Shari et ses environs immédiats sont protégés dans un vaste espace forestier de 14 000 km2 géré par le ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche. Les agents de l'État assurent notamment la protection de l'environnement naturel, veillent au maintien de la biodiversité, et contrôlent l'usage des ressources agricoles, forestières et aquatiques[10].

Du sommet du mont Shari jusqu'à la mi-hauteur de son versant sud, le parc naturel préfectoral Sharidake (en), une zone naturelle de 29,8 km2, étendue sur les deux municipalités de Shibetsu et Kiyosato, est administré par le gouverment préfectoral de Hokkaidō depuis le [5].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Après sa découverte à Kitami, sur l'île de Hokkaidō, le , un astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes est nommé (5580) Sharidake d'après le mont Shari[18],[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le mont Minamishari (南斜里岳, Minamishari-dake?).
  2. Le mont Higashishari (東斜里岳, Higashishari-dake?).
  3. La rivière Ichinosawa (一の沢川, Ichinosawa-gawa?).
  4. La rivière Chiesakuetonbi (チエサクエトンビ川, Chiesakuetonbi-gawa?).
  5. La rivière Pankeniwanai (パンケニワナイ川, Pankeniwanai-gawa?).
  6. Le fleuve Chūrui (忠類川, Chūrui-gawa?), dont le nom signifie « fleuve tempétueux » en aïnou[14].
  7. La « voie Kiyosato » (清里コース, Kiyosato-kosu?).
  8. Le refuge Seigakusō (清岳荘小屋, Seigakusō-goya?).
  9. Le col Kumami (熊見峠, Kumami-tōge?).
  10. La « voie Shari » (斜里コース, Shari-kosu?).
  11. La « voie Mitsui » (三井コース, Mitsui-kosu?).
  12. La rivière Toyosato (豊里川, Toyosato-gawa?), qui circule dans le bassin versant du fleuve Shari et donne aussi son nom à la voie d'ascension nord-ouest du mont Shari.
  13. Le rocher Gama (ガマ岩, Gama-iwa?).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) Institut d'études géographiques du Japon, « GSI Maps », sur www.gsi.go.jp, (consulté le 10 mars 2017).
  2. Chantal Deltenre et Maximilien Dauber, Japon : miscellanées, Cork, Primento Digital Publishing, , 3e éd. (1re éd. 2011), 345 p. (ISBN 9782511006887, OCLC 914149685), p. 19-20.
  3. a, b, c, d et e (ja) Yama-kei Publishers co., Ltd., « 斜里岳山 » [« Mont Shari »], sur Yamakei-Online,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  4. a, b et c (ja) Mairie de Kiyosato, « 斜里岳ガイド » [« Guide du mont Shari »], sur www.town.kiyosato.hokkaido.jp,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  5. a, b, c, d, e, f et g (ja) Préfecture de Hokkaidō, « 斜里岳道立自然公園 » [« Le parc naturel préfectoral Sharidake »], sur www.pref.hokkaido.lg.jp,‎ (consulté le 11 mars 2017).
  6. (ja) Préfecture de Hokkaidō, « アイヌ語地名リスト : シベ~セツ P61-70 » [« Liste de noms de lieux en langue aïnu »] [PDF], sur www.pref.hokkaido.lg.jp,‎ (consulté le 10 mars 2017), p. 64.
  7. (ja) Asahi Shinbun, « 斜里富士 » [« Sharifuji »], sur Kotobank,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  8. (ja) Asahi Shinbun, « オホーツク富士 » [« Okhotskfuji »], sur Kotobank,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  9. (ja) The Asahi shimbun company, « 北海道の富士 斜里富士(斜里岳) » [« Le mont Fuji de Hokkaidō : Sharifuji (mont Shari) »], sur Asahi shimbun digital,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  10. a et b (ja) Ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche, « 国有林の森林へようこそ » [« Bienvenue dans les forêts nationales »] [PDF],‎ (consulté le 11 mars 2017), p. 2-3.
  11. a, b, c et d (ja) Asahi Shinbun, « 斜里岳 » [« Le mont Shari »], sur Kotobank,‎ (consulté le 10 mars 2017).
  12. a et b (en) Geological Survey of Japan, « Shari Dake », sur gbank.gsj.jp, (consulté le 11 mars 2017).
  13. (en) Atsushi Noda, « Texture and petrology of modern river, beach and shelf sands in a volcanic back-arc setting, northeastern Japan » [« Texture et pétrologie d'un cours d'eau »] [PDF], sur staff.aist.go.jp, (consulté le 11 mars 2017), p. 688.
  14. (ja) NHK, « 北海道 忠類川 » [« Hokkaidō : le fleuve Chūrui »], sur www.nhk.or.jp,‎ (consulté le 11 mars 2017).
  15. a et b (en) Yuichi Morishita, Nguyen Hoang, Isoji Miyagi et Jun'ichi Itoh, « Magma systems of the Kutcharo and Mashu volcanoes (NE Hokkaido, Japan) : Petrogenesis of the medium-K trend and the excess volatile problem », Journal of Volcanology and Geothermal Research, Elsevier, vol. 231-232,‎ , p. 51 (ISSN 0377-0273, DOI 10.1016/j.jvolgeores.2012.04.013, lire en ligne).
  16. (ja) Agence météorologique du Japon, « 活火山とは » [« Volcans actifs »], sur www.jma.go.jp,‎ (consulté le 25 juin 2017).
  17. a, b et c (ja) Association touristique de, « 斜里岳コースガイド » [« Guide des voies d'ascension du mont Shari »] [PDF], sur www.kiyosatokankou.com,‎ (consulté le 11 mars 2017), p. 1.
  18. (en) Lutz Dieter Schmadel, Union astronomique internationale, Dictionary of minor planet names, New York, Springer Publishing, , 1452 p. (ISBN 9783642297182, OCLC 824420197), p. 451.
  19. (en) Centre des planètes mineures, « (5580) Sharidake », sur www.minorplanetcenter.net, (consulté le 11 mars 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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