Louis-Jean-Marie de Bourbon

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Louis-Jean-Marie de Bourbon
Portrait du duc de Penthièvre à la bataille de FontenoyHuile sur toile par Jean-Marc Nattier
Portrait du duc de Penthièvre
à la bataille de Fontenoy
Huile sur toile par Jean-Marc Nattier

Titre Duc de Penthièvre
(1737-1793)
Autre titre Duc d'Aumale
Duc de Rambouillet
Duc de Gisors
Duc de Châteauvillain
Duc d'Arc-en-Barrois
Duc d'Amboise
Comte de Dreux
Prédécesseur Louis Alexandre de Bourbon
Successeur Charles d'Orléans
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade militaire Amiral de France
Distinctions Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or
Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit
Autres fonctions Gouverneur de Bretagne
Grand Veneur de France
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Louis-Jean-Marie de Bourbon
Naissance
au Château de Rambouillet
Décès
au château de Bizy à Vernon (Eure)
Père Louis-Alexandre de Bourbon
Mère Marie-Victoire de Noailles
Conjoint Marie-Thérèse-Félicité d'Este-Modène
Signature de Louis-Jean-Marie de Bourbon

Coat of arms of Louis Jean Marie de Bourbon, Duke of Penthièvre.png
Le duc de Penthièvre.

Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, d'Aumale (1775), de Rambouillet (1737), de Gisors, de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois, d'Amboise, comte d'Eu et seigneur du duché de Carignan, amiral et grand veneur de France, est un aristocrate français né à Rambouillet le et mort au château de Bizy à Vernon (Eure) le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse-Félicité d'Este, princesse de Modène, duchesse de Penthièvre

Petit-fils en ligne légitimée (c'est à dire bâtarde) de Louis XIV de France, fils unique de Louis-Alexandre de Bourbon (1678-1737), prince légitimé, comte de Toulouse, et de la duchesse Marie-Victoire de Noailles, Louis-Jean-Marie de Bourbon est nommé amiral de France en survivance le et gouverneur et lieutenant général de Bretagne en survivance le .

Il perd son père à l'âge de 12 ans; La comtesse de Toulouse, femme avisée, sait conserver la faveur du roi, son neveu à la mode de Bretagne, en protégeant ses amours adultérines et les charges de son défunt mari sont transmises à son fils. Bien qu'encore mineur, le jeune duc de Penthièvre succède à son père dans ses charges civiles et militaires (), à savoir Amiral de France, gouverneur de Bretagne et Grand Veneur de France sous le tutorat de l'intelligente comtesse de Toulouse. Il est fait chevalier de l'Ordre de la Toison d'or le puis chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le . Nommé maréchal de camp le puis lieutenant général des armées du Roi le .

Il combat sous les ordres de son oncle Adrien Maurice de Noailles à Dettingen, Fontenoy et Raucoux.

La comtesse de Toulouse qui sait l'importance de se concilier les membres des autres branches de la famille royale, cherche à marier son fils avec une princesse du sang et jette son dévolu sur Louise-Henriette de Bourbon, mais la grand-mère de la princesse, princesse douairière de Conti, dédaignant une alliance avec une branche bâtarde, donne la préférence au duc de Chartres Louis Philippe d'Orléans (1725-1785).

La comtesse de Toulouse se "rabat" sur une princesse de rang moindre mais dont le père est un prince souverain et la mère une Orléans, Marie-Thérèse de Modène. Le mariage a lieu en présence du roi, des membres de la famille royale et de la cour à Versailles en 1744.

La comtesse de Toulouse et le duc de Penthièvre ne durent pas s'en plaindre. Le mariage de ce prince très pieux avec une princesse très pieuse se tranformera très vite en mariage d'inclination. Le couple fut harmonieux quand la duchesse de Chartres accumulait les frasques et les amants au point que la cour douta de la légitimité de ses enfants.

Le mariage du duc et de la duchesse de Penthièvre sera prolifique bien que seuls un fils et une fille survivent à l'enfance.

Cependant, usée par les maternités, la duchesse de Penthièvre meurt prématurément après dix ans de mariage. Le duc lui restera fidèle et ne se remariera pas.

Autant le duc est sage et chaste autant son fils sera un débauché. Pour le ramener à la raison, son père le marie à Nangis en 1767 à Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, une cousine et nièce du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne. Cependant le jeune homme retourne à ses passions et meurt l'année suivante d'une maladie vénérienne à l'âge de 20 ans non sans avoir auparavant contaminé sa femme.

Seule héritière du plus riche prince du royaume, la fille du duc , "Mademoiselle de Penthièvre" attire les coureurs de dot et le duc d'Orléans qui ne dédaigne pas de se mésallier avec une branche légitimée mais richissime, propose son fils, le duc de Chartres. Pour le duc de Penthièvre, cette alliance avec un prince du sang est flatteuse mais le mariage ne sera pas heureux. Devenu duc d'Orléans en 1785, l'ambitieux et mesquin prince du sang proposera en vain de racheter à son beau-père ses charges militaires ante mortem. Le couple Orléans se séparera en 1790. Quant à la belle-fille du duc, veuve de 19 ans, ses qualités de coeur lui valent l'amitié de la nouvelle dauphine puis reine Marie-Antoinette d'Autriche.

Très affecté par la mort de sa femme et de ses enfants, par celle de sa mère en 1766, de son seul fils survivant en 1768, par les déboires conjugaux de sa fille et les évènements révolutionnaires : incarcération de la famille royale le 10 août 1792, assassinat par la foule de sa belle-fille, la princesse de Lamballe le 4 septembre 1792, la mort du roi votée par son gendre le duc d'Orléans en décembre de la même année et l'exécution du monarque le 21 janvier 1793, le duc de Penthièvre mena une vie retirée, mélancolique, absorbé par la dévotion et la charité.

Bon et doux, il meurt paisiblement en son château de Bizy, en Normandie à l'âge de 68 ans le 4 mars 1793, jouissant d'une certaine popularité alors que la révolution fait rage et que la première République française vient d'être proclamée. Son corps est enterré à Dreux (clandestinement) mais les révolutionnaires profanèrent les tombes le , huit mois après sa mort, et les corps sont jetés dans une fosse commune.

Il faudra attendre 1816 pour reconstruire la chapelle des Orléans, où ses restes seront transférés. Sa principale passion était sa collection de montres, qu'il aimait à régler et réparer lui-même.

La fortune du duc de Penthièvre[modifier | modifier le code]

Le duc de Penthièvre recueillit l'énorme patrimoine foncier des enfants du duc du Maine, le prince de Dombes (mort en 1755) et le comte d'Eu (mort en 1775), comprenant les châteaux de Sceaux, d'Anet, d'Aumale, de Dreux et de Gisors. D'après l'ouvrage La Fortune disparue du roi Louis-Philippe de Jacques Bernot et Jean-Pierre Thomas, ses revenus annuels étaient évalués à 6 millions de livres, soient 17 millions d'euros, ce qui faisait de lui l'un des hommes les plus riches d'Europe.

Il passait beaucoup de temps au château de Rambouillet, où il était né et dont il fit embellir les jardins en les mettant à la mode du temps.

En , il doit le céder à Louis XVI, qui voulait un vaste domaine de chasse dans la forêt des Yvelines et trouvait son château de Saint-Hubert trop exigu.

En quittant le domaine où il était né et qu'il avait tant aimé, le duc de Penthièvre emporte les neuf cercueils de son père, de sa mère, de sa femme et de ses six enfants, qu'il alla déposer dans sa propriété de Dreux : c'est l'origine de la chapelle royale de Dreux, nécropole familiale des Orléans.

En contrepartie, il rachète à la duchesse de Choiseul le magnifique château de Chanteloup, près d'Amboise et le roi contraignit le banquier Jean-Joseph de Laborde à lui céder, en 1784, son splendide château de La Ferté-Vidame. Ceux-ci sont saisis comme biens nationaux à sa mort en 1793.

Le duc possédait en outre les châteaux de Blois, d'Amboise et de Châteauneuf-sur-Loire, ainsi que l'Hôtel de Toulouse à Paris (siège de la banque de France de nos jours).

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

La famille du duc de Penthièvre (1766/1768)

Le timide duc épousa en 1744 Marie-Thérèse-Félicité d'Este (1726-1754), fille du duc François III de Modène et de la duchesse née Charlotte-Aglaé d'Orléans (1700-1761), elle-même fille du Régent. Le mariage fut très heureux. Il donna le jour à :

Titres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Jean Duma, Les Bourbon-Penthièvre, (1678-1793) : une nébuleuse aristocratique au XVIIIe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995, 744 p.