Mégot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Un mégot
Filtre usagé de cigarette, en acétate de cellulose
Les mégots contiennent des déchets dangereux non dégradables dont notamment du cadmium, de l'arsenic et du plomb adsorbé sur les fibres d'acétate au fur et à mesure que la cigarette a été fumée
Graphique présentant la proportion de divers déchets (dont mégots en jaune) parmi les déchets urbains (chewing gum exclu) de San-Francico (en 2009)[1]
Après un certain temps le papier de la plupart de ces mégots s'est biodégradé, mais pas les filtres
Il existe une « géographie » de la densité de mégots, liés aux lieux de consommation[2] (les arrêts de bus ou de train en font partie) (ici : arrêt de train à la gare de Strathfield en Australie)
À l'abri du soleil, comme dans ce puisard (couvert par une grille et à l'ombre d'un immeuble) les filtres de mégots se dégradent très mal.
Mégots (visiblement récents) jetés au sol près d'une descente de gouttière, à l'entrée du service d'urgence d'un hôpital (où il est interdit de fumer) (Allemagne). Une enquête américaine a montré que « les lieux médicaux et hospitaliers sont entourés de plus de mégots que les aires de récréation, bars/restaurants, commerces et centres-villes »[3].

Un mégot est ce qui reste d'une cigarette (ou d'un cigare) après son usage.

Il s'agit donc d'un déchet et même d'un déchet toxique[4],[5]. Il est difficile à collecter (en raison de sa dispersion), et difficile à valoriser en raison de sa toxicité et du peu de valeur de sa matière. Les fibres synthétiques d'acétate de cellulose (plus connue sous le nom de viscose ou rayonne) qui compose le filtre sont techniquement recyclables.

Une quantité considérable et croissante de mégots est jetée dans l'environnement par les fumeurs (environ 766 571 tonnes par an en 2011[6]). Les mégots sont en grande partie non-biodégradables et en ville ils constituent généralement le premier déchet en nombre (parfois, en seconde position derrière les débris de verre).

Le ruissellement les emporte dans les égouts, drains, lacs, ou cours d'eau et in fine souvent jusqu'à l'océan et sur ses plages. Les filtres et mégots sont le déchet le plus collecté lors les nettoyages internationaux de plage conduits chaque année depuis le début des années 1990[7],[8],[9],[10],[11]. En 2013 environ 2 millions de mégots ont été ramassés par des bénévoles sur les plages lors de ce nettoyage[12]). C'est l'une des origines des microplastiques trouvés dans les océans, mais aussi dans les moules, huîtres et poissons[13]. À titre d'exemple, à San Francisco en 2008 les mégots représentaient 10 % du volume total des déchets collectés dans l'espace public[14], ce qui a coûté au contribuable plus de 7,4 millions de dollars dans l'année[15].

Le filtre des cigarettes a été conçu pour que les fragments de feuille de tabac ne passe pas dans la bouche rappelle Novotny. Iskander a montré en 1985 que moins de 2 % de la quantité de tous les éléments issus de la combustion du tabac et du papier de cigarette s'adsorbent[16]. Néanmoins ces 2 % suffisent à rendre les mégots très toxiques pour les animaux à sang froid (poissons y compris)[16]. La toxicité aiguë des mégots pour de nombreux animaux serait principalement due à leur teneur en composés organiques ; 14 d'entre eux sont des toxiques bien connus, dont principalement la nicotine et l'éthylphénol[17]. Mais d'autres composés (métaux lourds, métalloïdes et radionucléides notamment) participent à des effets écosystémiques longtemps très sous-estimés. Cette toxicité augmente au fur et à mesure que la cigarette est fumée, et le mégot est plus toxique encore s'il reste un peu de tabac non brûlé devant le filtre. Certains polluants comme les furanes ou le benzène (cancérigène) sont issus de la combustion[18].

État des lieux[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Le type de mégot, son état et son odeur et sa toxicité dépendent des caractéristiques du produit (tabac et conditionnement) ainsi que de son usage (consomption spontanée et aspiration par le fumeur ; conditions de fin d'usage) :

  • Cigarette avec filtre : le mégot mesure moins du tiers de la longueur de la cigarette et se compose du filtre (tube de tissu synthétique ordinairement coloré en périphérie par le fabricant et en son cœur par les goudrons retenus), de quelques restes de tabac en partie consumés et de cendre. Parfois, le filtre est légèrement brûlé. Selon l'intensité avec laquelle la cigarette a été fumée, le mégot a joué plus ou moins longtemps son rôle filtrant et s'est chargé plus ou moins des éléments toxiques qu'il est censé retenir.
  • Cigarette sans filtre : le mégot, composé d'un peu de tabac, du papier et de cendres, est plus petit ;
    • Fabrication industrielle ;
    • Fabrication personnelle : le mégot moins ferme est pincé côté lèvres et vaguement cylindrique. Dans ce cas, l'usage d'un porte-cigarette permet d'éviter la formation d'un mégot par la combustion complète du tabac.

Le mégot de cigarette roulée, ou plus couramment de cigare est parfois conservé à la bouche un bon moment même éteint, surtout par ceux fumant sans interruption.

Certains mégots comportant encore beaucoup de tabac (ils sont le fait de fumeurs interrompus par exemple, par la montée dans un véhicule... ou de personnes cherchant à diminuer leur consommation). Statistiquement parlant, les fumeurs de milieux socioéconmiquement plus aisés tendent à laisser des mégots plus longs[19], et chimiquement différents (car ils ont tirés moins de bouffées de fumée, à des intervalles plus longs et plus brèves en inhalant moins de nicotine et de goudron que les fumeurs des groupes socio-économiques plus pauvres[19]. De même pour les hommes par rapport aux femmes (en moyenne)[19]. Des indigents peuvent avoir pour habitude ou réflexe de ramasser ces mégots dans les cendriers ou au sol dans les lieux fréquentés, pour consommer ou vendre ce qui peut rester de tabac, directement ou en formant de nouvelles cigarettes.

La forme du mégot peut indiquer la manière dont il a été produit lors de l'extinction généralement volontaire de la cigarette : par exemple, courbé et fortement écrasé à son extrémité ou aplati dans sa longueur quand la cigarette a été écrasée du pied. Un fumeur donné laisse généralement des mégots de mêmes type et allure. S'ils font partie des traces laissées par des délinquants distraits ou négligents, ils sont porteurs d'informations pour la police qui peut de surcroît y rechercher l'empreinte génétique laissée par les doigts ou la bouche. Ce sont des indices souvent utilisés dans les romans ou films policiers.

Une étude toxicologique australienne[17] a en 2006 montré des différences de toxicité significatives à importantes entre des mégots provenant de marques ou types différents de cigarette, cette toxicité variant aussi selon l'espèce-modèle testée : ainsi les lixiviats de mégots provenant de 19 cigarettes de marques différentes, artificiellement fumées en laboratoire se sont montrés jusqu'à 2,9 fois plus toxique (dans le pire des cas, par rapport au mégot le moins toxique) pour un crustacé cladocère (Ceriodaphnia dubia et jusqu'à 8 fois à l'égard de la bactérie luminescente Vibrio fischeri).

Quantités[modifier | modifier le code]

En France, vers 2010 les débitants de tabac vendaient environ 53 milliards de cigarettes par an, auxquelles s'ajoutent 15 à 18 milliards de cigarettes achetées à l'étranger et consommées en France[20], soit des dizaines de milliards de mégots potentiellement jetés dans la nature chaque année. La ville de Paris ramasse environ 350 tonnes de mégots par an, et encourage depuis peu leur collecte et recyclage en lien avec deux sociétés spécialisées[21].

En Australie en 2006, de 24 à 32 milliards de mégots de cigarettes ont fini dans l'environnement[17],[22]. L'année suivante, aux États-Unis, plus de 360 milliards de cigarettes ont été fumées aux États-Unis[15].

Aux États-Unis, vers 2010 le tabagisme aurait diminué de 28 % en 10 ans, mais, en 2009, 65 % des mégots sont encore volontairement jetés dans l'environnement. Avec d'autres déchets liés au tabagisme ils constituent 38 % des déchets ramassés sur les routes, trottoirs et autres espaces publics extérieurs[23]. Selon le programme Keep America Beautiful « 77 % des fumeurs interrogées disent savoir qu'un mégot est un détritus » et 14 % des grands fumeurs disent « avoir un cendrier de poche »[3]. La plupart des mégots de cigarettes sont néanmoins jetés au sol urbain (85 %), 37 % sont retrouvés dans les buissons/arbustes, 25 % dans ou autour des poubelles et 15 % dans des jardinières[3]. 28,1 % des fumeurs interrogés disent ne pas avoir de cendrier dans leur voiture[3].

Selon Wallbank & al., en 2015 de un à deux tiers de tous les filtres vendus dans le monde ont été jetés sous forme de mégots sur les routes, les trottoirs, dans les espaces verts ou la nature par des fumeurs[24].

Selon Planetoscope environ 137 000 mégots sont jetés dans l'environnement chaque seconde. En moyenne, il faut 12 ans pour que ces mégots se dégradent complètement[25] et on sait que le tabagisme se développe encore dans certains pays en développement où l'industrie du tabac y pousse la consommation via la publicité notamment[26] ; Même si le taux de fumeur tend à diminuer dans la population mondiale, le nombre absolu de fumeurs continue à croître, en raison de la croissance démographique mondiale[27]..

Localisations[modifier | modifier le code]

Les jets de mégots sont géographiquement concentrés en certains lieux : zones fumeurs, zones de circulation, aires de loisirs et sur des plages fréquentées (19,1 % des objets collectés en 1997 lors des opérations internationales de nettoyage de plage[10]. Dans certains contextes, le nombre de mégots urbains augmente près des lieux de vente (par exemple en Californie où la loi interdit de fumer dans tous les lieux publics sauf dans les magasins de vente de tabac et dans les « bars à cigare »)[2]. En raison de leur grande longévité (surtout à l'abri du soleil) ces mégots peuvent localement s'accumuler et former de véritables tapis.

En présence d'eau, les filtres les font d'abord flotter. La pluie, le nettoyage des routes et trottoirs peuvent alors les disperser dans l'environnement, jusqu'en mer parfois. Le vent ou les systèmes de nettoyage par soufflage ou le nettoyage à l'eau sous pression emportent ou dispersent les microparticules de plastique issues de ceux des mégots qui ont déjà été déchiquetés par les véhicules et les piétons. Jetés dans les toilettes à chasse d'eau ou les égouts, ils sont arrêtés par les systèmes de dégrillage des stations d'épuration, à condition de n'avoir pas déjà été fragmentés en microparticules de plastiques, auquel cas ces particules sont retrouvées dans l'eau et/ou les boues d'épuration)

En connaissant les modes de vente et de consommation, et en utilisant un système d'information géographique, il est possible de modéliser les lieux où l'on risque en trouver le plus de mégots. Ceci peut aider à mieux cibler des politiques de sensibilisation, ou à équiper ces lieux en cendriers plus nombreux, ou à mieux évaluer les coûts sanitaires et socioéconomiques de ce déchet... ou encore à planifier des stratégies d'atténuation du tabagisme[2].

Les filtres ne se biodégradent pas dans l'air, dans le sol, ni dans l'eau. Leurs fibres finissent simplement par être altérées en microparticules puis en nanoparticules de plastique.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Diverses équipes de chercheurs se sont demandé pourquoi certains fumeurs jetaient leurs mégots dans l'environnement et pas d'autres ; et pourquoi les premiers semblent moins réceptifs aux campagnes de sensibilisation sur le respect du cadre de vie. À titre d'exemple, à San-Francisco, alors que les campagnes de sensibilisation associées à un effort de nettoyage ont permis entre 2009 et 2014 de très fortement diminuer (−68 %) la quantité de déchets jetés sur la voie publique, les fumeurs y ont été peu sensibles : les déchets autre que tabagiques ont diminué de −81 % alors que les déchets liés au tabac n'ont diminué que de −24 % dans le même temps, constituant en 2014 plus de la moitié (53 %) des déchets que les services municipaux ont collecté en 2014[28]. 3 % des fumeurs américains interrogés en 2009 disent enfouir leur mégot dans le sol[3], 2 % les jettent dans des coins[3] (ce qui rend les mégots moins visibles, mais n'atténue en rien leur écotoxicité). 27 % les écrasent du pied, ce qui accélère leur fragmentation (mais en accélérant la production et diffusion de microplastiques et de toxines à partir du filtre).

L'essentiel de la littérature disponible sur les jets de mégots, paquets de cigarette, briquetsetc. dans l'environnement date des années 1970 et des années 1980. Ces études étaient presque toutes initiées et/ou financées par l'industrie du tabac[4]. Par ailleurs « la grande majorité des recherches existantes repose sur des rapports rétrospectifs des fumeurs sur leur nombre moyen de cigarettes par jour, une mesure qui peut être variable en termes de fiabilité et de validité »[29]. De plus jusqu'aux années 2010, aucune étude indépendante n'a traité spécifiquement des déchets lié au tabagisme, et les différences de comportement entre ceux qui conservent leur mégot pour le jeter à la poubelle, et ceux qui l'écrasent dans un cendrier ou ceux qui le jettent par terre ou par une fenêtre sont encore mal comprises[4].

Quelques facteurs qui interviennent dans le fait de jeter les mégots sont :

  • Le taux de tabagisme, qui varie significativement selon le pays voir la région.
  • L'âge : C'est un facteur parmi d'autres : Les jeunes adultes fumeurs semblent plus enclins à jeter leur mégot[30],[31].
  • Le genre : Aux États-Unis, les hommes sont significativementt plus nombreux à jeter leurs mégots dans l'espace public ou la nature, par rapport aux femmes[4].
  • L'attitude sociale à l'égard du tabagisme est un autre facteur[4].
  • Les « croyances » : la conscience plus ou moins claire du fumeur à l'égard de la dangerosité des mégots influe sur son comportement. Moins un fumeur a l'impression que le mégot est un déchet et qu'il est toxique, plus il tend à le jeter dans l'environnement[4].
  • L'interdiction de fumer dans l'espace public intérieur ou dans les aires de jeux pour enfant ont fait que les fumeurs sont plus nombreux à fumer dehors, où ils refuseraient ou négligeraient de faire quelques pas vers le cendrier le plus proche ou d'utiliser un cendrier portatif[32] (hypothèse périodiquement évoquée mais qui reste non testée)[33]. Selon l'ONG Keep Britain Tidy, après l'interdiction de fumer dans les espaces publics intérieurs (en 2007) le nombre de mégots trouvés dehors a augmenté de 43 % dans le pays[12].

La plupart des aspects du tabagisme ont fait l'objet d'études poussées par l'industrie du tabac (soucieuse de son acceptabilité)[34]. Ces études internes ont d'ailleurs souvent précédé la littérature scientifique indépendante, de plusieurs années ou décennies parfois[35],[36]. En réponse aux problèmes d'image qu'elle a depuis longtemps identifié l'industrie a parrainé des « groupes anti-détritus » et financé de grandes études[37]. Elle a distribué des centaines de milliers de cendriers portables (souvent porteurs de publicité) et installé des cendriers permanents dans les centres-villes de nombreuses villes[38], sans jamais résoudre le problème des mégots dispersés dans l'environnement, peut être faute de vouloir modifier les croyances qui influent sur les comportements des fumeurs, en omettant toujours de préciser ou reconnaitre que les mégots sont réellement toxiques et écotoxiques.

Selon Rath (2012) pour être efficaces « les messages diffusés par campagnes de sensibilisation devraient souligner que les mégots ne sont pas seulement des déchets, mais qu'ils sont aussi des déchets toxiques, nocifs à chaque fois qu'ils sont éliminés de façon inappropriée »[4].

Selon Novotny, « la cigarette électronique maintenant largement utilisée par les fumeurs peut être une nouvelle source de contamination environnementale, les cartouches de nicotine utilisées étant parfois négligemment jetées dans l'environnement »[12]. et « les fumeurs et les décideurs politiques ont été trompés par la promesse de filtres comme dispositifs de protection de la santé alors qu'en en fait ils ne rendent pas les cigarettes plus sûres et ils découragent de cesser de fumer. Si ces outils de marketing étaient supprimés, bien plus de fumeurs décideraient d'arrêter de fumer, moins d'enfants commenceront à fumer, l'environnement sera plus propre, et ceux qui cessent de fumer dépenseront leur argent sur d'autres produits de consommation »[12].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Socioéconomiques[modifier | modifier le code]

Le mégot en tant que déchet toxique en quantité dispersée est l'une des externalités négatives directes et indirectes du tabac.

Il est parfois une source de risques pour la santé, car il est chargé de molécules toxiques et d'autre part le mégot d'une cigarette fumée par un malade peut être porteur de virus, de bactéries et de mycobactéries[39]).

Le mégot dévalorise le cadre de vie et il a un coût considérable en termes de nettoyage des villes et de l'environnement[10] (comme les chewing-gums jetés sur la voie publique). Ainsi le HECG (Health Economics Consulting Group LLC, un groupe d'économistes et de chercheurs universitaires du domaine de la santé) a calculé que les mégots ont coûté en 2009 7 487 916 dollars à l'agglomération de San Francisco, rien que pour les coûts directs (c'est-à-dire sans tenir compte des effets négatifs sur l'environnement et le tourisme)[15]. Sur la base d'une consommation annuelle de 30,6 millions de cigarettes, la ville devrait taxer chaque paquet à hauteur de 0,22 $ pour financer le coût de collecte et traitement des mégots)[15], ce qui est légalement possible aux États-Unis. En 2009, cette ville a prélevé aux buralistes une taxe de 200 US cents par paquet de cigarette ce qui a rapporté 2 millions de dollars aux équipes de nettoyage. Puis (six ans après, en 2015, sur la base d'un rapport fait en 2014[40] qui a évalué à 11,4 millions $ le coût de nettoyage et de traitement des mégots pour la ville) la taxe est passé à 40 cents par paquet[28]. Pour financer la collecte des briquets, emballages de cigarettes et papier métallisés jetés dans l’environnement, cette taxe devrait être de 84 cents selon la ville[28].

Environnementales[modifier | modifier le code]

Écotoxicité[modifier | modifier le code]

Une Mouette scopuline (Chroicocephalus scopulinus) juvénile tentant d'avaler un mégot à la plage de Petone, en Nouvelle-Zélande.
Une Carpe commune (Cyprinus carpio) saisissant un mégot.
Des tests écotoxicologiques faits sur Pimephales promelas ont montré qu'un seul mégot trempé 96 h (4 jours) dans l'eau suffit à rendre un litre d'eau assez toxique pour tuer la moitié des individus de cette espèces exposés à cette eau. Il en va de même en eau de mer pour Atherinops affinis (autre poisson utilisé pour ce type d'étude)[5]
Chez ce poisson (Oryzias latipes souvent utilisé comme animal de laboratoire) l'exposition à un lixiviat de mégot induit des changements comportementaux à très faible dose : dès 0,2 picogramme par litre[41]. Pour ce poisson, le lixiviat d'un mégot se montre environ 100 fois plus toxique que celui d'une cigarette non fumée[42]
Le piétinement dégrade le mégot et le filtre, et la pluie diffuse (par lixiviation) certains des polluants qu'il renferme, nicotine en particulier.

Bien qu'individuellement apparemment anodins, les mégots répandus dans l'environnement posent (de par le nombre, leur longévité et leur toxicité intrinsèque) des problèmes environnementaux qui ont été longtemps sous-estimés. Ils pourraient aussi poser des problèmes sanitaires pour l'Homme.

Leur écotoxicité a été prouvée pour des espèces aquatiques considérées comme bioindicatrices tant en eau douce (cladocères notamment[17]) qu'en eau de mer[43]. L'un des toxiques en cause est la nicotine ; relarguée par les mégots elle est retrouvée en quantité significative dans les eaux urbaines, avec des variations spatiale et saisonnières[44]. La vitesse et le taux de libération de nicotine par un mégot dans une flaque d'eau ou quand il est exposé à un cycle pluies-séchages ont été mesurés à Berlin, ville qui produit localement toute sa ressource en eau potable : Dans une flaque d'eau un mégot libère en moyenne 7,3 mg de nicotine par gramme de mégot, dont 50 % sont émis dans les 27 premières minutes. Pour les mégots simplement exposés à un cycle de 15 pluies (de 1,4 mm chacune) la libération cumulative de nicotine est de 3,8 mg par gramme de mégot, avec 47 % de cette nicotine larguée lors de la première pluie. Un seul mégot peut ainsi contaminer 1 000 L d'eau à des concentrations supérieures à la dose prévue sans effet (PNEC) qui est de seulement 2,4 × 10−3 mg L−1 selon Valcárcel et al. (2011). Les auteurs ont conclu que « étant donnée la quantité de mégots jetés [à Berlin] et vue la vitesse à laquelle ils relarguent leur nicotine, ils sont à considérer comme une menace significative pour la qualité des eaux urbaines et par conséquent pour l'eau potable ».

La nicotine n'est pas le seul polluant relargué par les mégots : un filtre a été traversée par une fumée contenant environ 4 000 substances chimiques et il faut jusqu'à 12 ans voire plus pour sa totale dégradation. Au fur et à mesure de sa fragmentation le filtre relarguera dans l'environnement (dans l'air ou dans l'eau via la lixiviation) les toxines qu'il a accumulé. Un seul mégot peut ainsi polluer 1 m3 de neige[45],[20].

Dans le monde vers 2008, pour environ 5 600 milliards de cigarettes fumées par an, il a été estimé qu'environ 4 500 milliards de mégots ont été jetés dans l'environnement[46],[47].

Selon une étude faite par l'industrie du tabac (vers 1990, mais publiée bien plus tard) : après deux mois sur un sol urbain, un mégot ne présente aucun signe de biodégradation[48]. Dans la nature un mégot met six mois à 10 ou 12 ans voire bien plus pour se décomposer (selon qu'il comporte ou non un filtre et selon les conditions pédo-climatiques) et d'exposition au soleil[49].

Le filtre d'une cigarette est principalement constitué d'acétate pur, sous forme d'un feutrage composé d'environ 12 000 fibres[47] chacune épaisse de 20 μm[50]. L'acétate pur ne présente pas de toxicité intrinsèque, mais en raison des groupes acetyl qu'on a ajouté à la cellulose, par substitution à du glucose, il n'est pas directement biodégradable[51] (sauf après un pré-traitement chimique (hydrolyse chimique partielle) ou sauf s'il a déjà été très fragmenté et pré-dégradé par des enzymes (estérases) qui ont commencé à le dépolymériser (étape de désacétylation, à laquelle peuvent contribuer divers microorganismes produisant de l'acétyl estérase) ; alors le squelette cellulosique de la molécule de plastique peut être rapidement biodégradée[52], par des organismes fongiques[53]. Selon deux chercheurs en médecine légale (Northrop et Rowe, 1987) des fibres d'acétate enfouies dans un sol humide y subissent une biodétérioration pouvant conduire à leur dégradation totale après 4-9 mois alors que dans les mêmes conditions (sol de pH 7,5 et à 29 % de matière organique) le nylon, polyester et acryliques ne présentent pas de changement significatif à après 12 mois (date de la fin de l'étude)[54]. Une autre étude de biodégradation aérobie où une partie du carbone des fibres d'acétate de cellulose était radiomarquée (14C)[55] a montré que la biodégradation étaient réduite mais non stoppée par les groupements acétyl. Un essai fait en 1993 avait montré que dans un milieu de culture enrichi, et dans le bassin d'une station d'épuration à boues activées, plus de 60 % des molécules d'un film d'acétate de cellulose sont dégradées en 4 et 10 semaines respectivement[56]. Plus l'acétate est « substitué », plus il résiste à la biodégradation[56]. Ces études ont porté sur de l'acétate pur et propre (qui présente une certaine biodégradabilité dans un compost, alors que l'acétate d'un mégot a adsorbé de nombreux composés écotoxiques pouvant inhiber l'activité les bactéries et champignons actifs dans le processus du compostage. Le compost sera en outre pollué par les métaux et métalloïdes retenus par le filtre.

Choisie parce qu'offrant le meilleur rapport prix/poids[57] cette molécule présente une certaine photodégradabilité (en conditions idéales les rayons ultraviolets solaires cassent les fibres en petits morceaux de plastique, en 18 mois si les meilleurs conditions de lumière sont réunies selon Ach (1993)[58], mais d'une part la quantité totale d'acétate de cellulose n'est pas réduite par une telle dégradation ; la fibre est simplement dispersée dans l'environnement en plus petites particules[59] et d'autre part cette fibre n'est dégradée que par des lumières dont la longueur d'onde est inférieure à 280 nm, et sa photodégradabilité au soleil est limitée par le fait que cette matière ne comporte pas de chromophores absorbant la lumière ultraviolette[52] (le TiO2, azurant optique parfois utilisé comme agent blanchissant et azurant optique, pourrait toutefois jouer ce rôle[52], mieux encore en nanoparticules[60] ou s'il est dopé avec du phosphate de barium[61], mais avec alors d'autre problèmes toxicologiques).

Novotny signale aussi que des fragments de fibres issues du filtre peuvent aussi pénétrer les poumons du fumeur (Novotny et al. 2009)[47].

De plus certains additifs peuvent lui être adjoints dans le processus de fabrication (exemple : retardateur de flamme tels que le Tungstate de sodium ; agent blanchissant tel que le dioxyde de titane[62] et colle (Triacétine[62], qui ne semble toutefois pas interagir significativement avec la vitesse (faible) de biodégradation du mégot)[63].

Ensuite de petites quantité de milliers de substances nocives - dont métaux lourds, métalloïdes et plus de 50 molécules cancérigènes (toluène par exemple[64] ou N-nitrosamines, spécifiques de la cigarette[18]) - s'y accumuleront au fur et à mesure que la cigarette est fumée (de même que sur les restes de tabac d'un mégot sans filtre) ; Des restes de tabac imbrûlé contiennent en outre encore de la nicotine toxique pour les insectes, les amphibiens et les poissons[65],[16] et la vie aquatique en général[66], y compris en milieu marin[5].

Comme les mégots finissent souvent en grande quantité dans le sol et/ou dans l'eau, se pose le problème de sa pollution de ces milieux. Les mégots sont des déchets toxiques en quantités dispersées qui posent un problème esthétique, mais aussi de pollution chronique[67],[68], la fumée de cigarette constitue en effet un cocktail de plus de 4 000 substances chimiques[69], dont au moins 250 sont reconnues nocives et plus de 50 cancérigènes, certaines étant aussi mutagènes[70]. Par exemple en 2011 Moerman & Potts ont montré qu'un mégot abandonné dans la nature et exposé à l'eau est une petite source de contamination chronique par divers métaux, dont par le barium, le fer, le manganese et le strontium pour au moins un mois, qu'il ait ou non un filtre[71]. Les quantités de toxines relargués par un seul filtre semblent négligeables, mais les expérimentations de Slaughter & al. (2011) sur le lixiviat de cigarette non fumée et de mégots ont montré un seul mégot par litre d'eau suffit à tuer jusqu'à la moitié des poissons (Atherinops affinis et Pimephales promelas) qui y sont exposés[5] (A l'occasion cette étude a montré que le lixiviat d'une cigarette non fumée est également écotoxique pour ces deux poissons) ; Or ce sont des milliards de filtres qui sont perdus dans l'environnement chaque année, et souvent aux mêmes endroits.

Des mégots sont aussi directement jetés dans la zone intertidale à marée basse. Une étude a montré en 2015 que les mollusques intertidaux communs y sont également sensible[43]. Placés laboratoire en contact avec un lixiviat de mégot à diverses concentrations, leur mortalité est très élevée : 100 % de mortalité en moins de 8 jours (pour toutes les espèces testées) pour un lixiviat issu du trempage de 5 mégots par litre durant seulement 2 h[43]. Certaines espèces comme Austrocochlea porcata en meurent à des concentrations bien plus faibles (10 %, 25 %) et d'autres (ex : Nerita atramentosa) y semblent un peu moins vulnérables, ce qui montre que les mégots peuvent aussi modifier l'abondance relative des escargots aquatiques selon leur quantité et le taux de polluants qu'ils libèrent. Des effets comportementaux sublétaux (c'est-à-dire non-mortels) ont aussi été mis en évidence par cette étude et d'autres (dont à très faible dose, à partir de moins de 0,2 picogramme par litre chez des poissons[41] alors que les premiers effets ne se manifestent qu'à partir de 20 pg/L (concentration 100 fois plus élevée) pour un lixiviat de cigarette non fumée[42]), et avec des réponse différentes de la part de mollusques pourtant étroitement apparentés. Ceci confirment que le tabagisme a aussi des impacts écosystémiques, « méconnu ou ignoré du public »[41] et encore très peu explorés, dont en zone intertidale[43].

Dans divers pays, depuis les années 1970, des ornithologues signalent que des oiseaux urbains (moineaux, pinsons, Grive musicienne notamment) construisent fréquemment leurs nids en y incorporant des mégots ou des fibres d'acétate extraites de mégots ; a priori pour profiter d'un effet insecticide et répulsif diminuant la charge parasitaire du nids[72],[73], avec un efficacité qui a pu être confirmée en laboratoire[74],[75],[76],[77]. On ignore encore si les mégots sont délibérément choisis par les oiseaux pour leur toxicité pour les parasites (automédication animale[78] ?) ou s'ils le sont parce qu'ils sont thermiquement isolant. On ignore aussi si le bénéfice apporté par l'effet insecticide et acaricide des mégots ou de leurs fibre compense les effets toxiques des composants accumulés dans les mégots (Les moineaux comptent en tous cas parmi les espèces en forte régression). Une thèse est qu'il pourrait s'agir d'une manifestation urbaine et récente de comportement préexistant chez des oiseaux naturellement capables de détecter à l'odeur de plantes émettant des substances antiparasitaires[79] seraient aussi capable d'identifier des molécules de ce type (nicotine par exemple) dans les mégots.

Les effets ci-dessus décrits s'ajoutent à ceux de la déforestation induite par l'industrie du tabac dans certains pays en développement[80],[81] et aux effets globaux de la pollution par les pesticides utilisés sur les cultures de tabac[82]. En outre le tabagisme est souvent associé à la consommation de caféine[83],[84], ce qui fait que ces deux composants psychoactifs sont de plus en plus conjointement présents dans l'environnement aquatique, et considérés par certaines études comme des « contaminants émergents » des eaux usés arrivant en station d'épuration[85]. À la différence de la caféine, la nicotine peut être très présente dans les réseaux d'eaux pluviales séparatifs, et être alors rejetée sans traitement adapté dans le milieu naturel.

La daphnie Ceriodaphnia dubia y est toxicologiquement 15,4 fois plus sensible que la bactérie Vibrio fischeri et la toxicité d'un mégot pour ces deux espèces varie selon la marque et le type de cigarette[17]. Ceci montre qu'une évaluation objective et complète de la toxicité des mégots devrait être faite en la testant à parti de divers types de cigarettes et sur un grand nombre d'espèces, et qu'on ne dispose pas d'un nombre suffisant de données pour modéliser les effets réels des mégots sur l'environnement[17].

Incendies[modifier | modifier le code]

Des cigarettes ou - ce qui est en général le cas - des mégots non ou mal éteints provoquent chaque année des incendies de forêts, de maisons et de voitures causant des dégâts matériels importants et régulièrement des blessés et des morts. Souvent les coupables ne peuvent pas être identifiés et il est probable qu'ils n'en aient même pas conscience[86],[87],[88],[89].

Dans les Bouches-du-Rhône, 16 % des départs d'incendies sont dus à des mégots jetés par des conducteurs, et près de 14 % le sont par les promeneurs qui éteignent mal leurs mégots[32].

Recyclage[modifier | modifier le code]

Le recyclage du papier, des restes de tabac et même du filtre est techniquement possible.

  • chercheurs australiens et malais ont récemment (2015) testé le mélange de quelques mégots à de l'argile pour ensuite en faire des briques[90]. Des tests ont été faits avec 2,5 %, 5 %, et 10 % de mégots par brique. Les résultats montrent que plus l'argile est enrichi en mégots, plus la brique est poreuse à l'eau[91]. La brique est allégée (densité sèche diminuant jusqu'à −30 %) et sa cuisson consomme moins d'énergie (jusqu'à −58 %), mais la résistance de la brique à la compression est diminuée (−88 % pour les briques contenant 10 % de mégots)[90]. Selon les auteurs de l'étude une brique à 1 % de mégot conserve des caractéristiques acceptables[90]. Intégrer des mégots dans 2,5 % des briques produits dans le monde suffirait à absorber la quantité de mégots produite annuellement ajoutent-ils[90]. La température de cuisson influe aussi sur la qualité des gaz relargués par la brique en train de cuire (une montée plus rapide en température se traduit par moins de gaz émis, une brique plus fragile, mais a peu d'effet sur la capacité d'absorption d'eau)[92].
  • En 2014, À l'Université nationale de Séoul des chercheurs ont publié un procédé simple permettant en une seule étape de convertir l'acétate de cellulose (matériau des filtres de cigarettes) en un matériau hybride méso/microporeux (NCF) dopé à l'azote (N-dopé) par le traitement thermique, pouvant être utilisé dans le domaine des nanotechnologies, par exemple pour la perméation d'électrolytes et la réalisation de supercondensateurs. En effet la mousse de carbone obtenue après traitement thermique sous atmosphère d'azote et dopage à l'azote, est plus poreux et présente une capacité de débit et une capacité spécifique plus élevée (153.8 F g−1) que celles du charbon actif classique (125.0 F g−1) à 1 A g−1 ; il acquiert ainsi des caractéristiques proches de celles du graphène et des nanotubes de carbone le rendant utilisable pour fabriquer des électrodes à hautes capacités[93]. Selon les auteurs, le matériau de carbone ainsi obtenu a lors de tests conservé sa performance électrochimique durant les 6000 cycles requis de mesures de charge/décharge.
  • En 2013 il a été proposé de recycler les mégots en un pesticide (larvicide) destiné à lutter contre les larves de moustiques Aedes aegypti vecteurs de la dengue[94]. Les tests ont montré que les mégots tuent une grande partie des jeunes larves, mais qu'ils sont moins efficaces pour les larves âgées, sauf en augmentant le nombre des mégots, au risque alors d'affecter tout l'écosystème. Les auteurs voient dans ce type de déchet de nouvelles voies pour l'identification de nouveaux produits insecticides[94].
  • En 2010, d'autres chercheurs ont proposé d'en faire un inhibiteur de corrosion de l'acier[95]

Mais faute de filière dédiée, et faute d'écotaxe, la collecte des mégots éparpillés dans l'environnement, et même rapportés par les fumeurs n'est pas actuellement rentable. En France, au nom du principe « pollueur-payeur » une proposition de taxe environnementale sur les mégots (0,05 centime d'euro par cigarette, soit 1 centime par paquet de 20 cigarettes à la charge des fabricants de tabac et qui « serait maintenue chaque année, tant que la pollution générée par les mégots subsiste ») été proposée. Cette taxe aurait rapporté « 26,5 millions d'euros par an » et aurait pu en partie « être reversée aux collectivités locales au travers de la dotation générale de fonctionnement », mais elle n'a finalement pas été votée[20].

À Paris des boites zéro-déchet (contenance 5 300 mégot) sont proposées par Terracycle (70 , frais de réexpédition compris pour compenser la manque de rentabilité du recyclage de ces produits)[96].

Les mégots contiennent des restes de tabac non brûlé qui sont - comme le filtre - riche en nicotine. Cette molécule est écotoxique pour de nombreux invertébrés (larves d’insectes), mais le tabac peut être composté en mélange avec d'autres résidus. Des essais de réutilisation de déchets de tabac en plantations ont également été faits sur un substrat composé de compost de divers végétaux, ensuite enrichi de 10, 20 ou 40 % de résidus de tabac[97]. Le compostage de poussière de tabac avec des boues d'épuration a été testé[98]. Des essais ont ensuite porté sur les effets du tabac composté sur la biomasse microbienne du sol et sur la croissance de certaines plantes[99].

Sanitaires[modifier | modifier le code]

Pour les plus petits, explorer le monde en prenant des objets connus ou inconnus dans la bouche est un comportement normal, pour les enfants un peu plus âgés le fait d'imiter les adultes fumeurs. Des enfants en bas-âge portent des mégots à la bouche, sont parfois trouvés en train d'en mâchouiller[100] ou en avalent accidentellement[101],[102]. Ceci est rare, mais présente un réel risque d'intoxication[103],[67],[104] notamment si des fumeurs ont jeté leurs mégots, dans les bacs à sable ou aires de jeux.

Certains adultes (handicapés mentaux en général) ingèrent volontairement de la cendre de cigarette, voire présentent une addiction à cette consommation, ce qui serait une des formes que peut prendre la Pica. La Pica est une source commune et connue de saturnisme, mais elle peut dans ce cas aussi causer des intoxications par la nicotine[105], et probablement être source de cancers ou d'autres maladies dues aux composés toxiques du mégot. Ce domaine de la médecine et de la sychologie fait encore l'objet d'études socio-culturelles et médicales visant à mieux comprendre l'étiologie de la Pica.

Lutte contre les conséquences négatives des mégots[modifier | modifier le code]

Législation et politiques publiques[modifier | modifier le code]

Selon Thomas E. Novotny & al. (2009)[47], plusieurs options permettraient de réduire l'impact environnemental des mégots en tant que déchets dont :

  • le développement par l'industrie de filtres biodégradables (ou rendus plus dégradables ; par exemple il a été proposé de mobiliser la chimie verte pour utiliser des fibres photodégradables et/ou intégrer dans le filtre de petits comprimés d'acide (de qualité alimentaire) qui une fois assez humide, libéreraient de l'acide pour accélérer la dégradation à environ deux semaines[106], en complément des acides libérés par la fumée elle-même, mais si ces méthodes accélèreraient la disparition visuelle du mégot[107] en réglant la part esthétique du problème, elle se traduirait aussi par une production accélérée de micropastique, avec dispersion des polluants accumulés dans le filtre ;
  • la recherche de substances anti-mutagène (ex : β-caryophyllène et/ou oxyde de β-caryophyllène oxyde) susceptibles de rendre les mégots collectés dans l'environnement moins mutagènes[108] ;
  • l'augmentation des amendes et des pénalités concernant l'abandon des déchets en général ou des mégots en particulier (Ainsi dans l'État de Washington, suite aux incendies accidentels de forêt déclenchés par des fumeurs, jeter un mégot par terre, même bien éteint peut justifier une amende de 1 025 $[109] ;
  • une écotaxe sur les filtres (déjà proposée mais non votée en France) ;
  • responsabiliser les producteurs selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP), dans le cadre d'une loi[110],[111]. Ce principe est déjà utilisé dans divers pays et dans 32 États américains, avec un certain succès, pour financer et organiser la collecte de déchets « post-consommation » toxiques et dispersés (ex : piles au mercure, batteries, téléphones portables, déchets électroniques, lampes fluorescentes, thermomètres au mercure, contenants de pesticides, etc. ) et pourrait être décliné aux déchets induits par la consommation de tabac[112] ;
  • des paquets de cigarettes dotés d'un compartiment destiné à recueillir les mégots ;
  • l'augmentation du nombre de cendriers publics ;
  • une mention « ne pas jeter sur la voie publique ou l'environnement » sur le filtre et/ou sur le paquet[113] ;
  • l'éducation du public et des fumeurs ;
  • des études plus objectives et scientifiques pour mieux comprendre le comportement et les motivations des fumeurs qui jettent leurs mégots dans la nature[114] ;
  • ou ultime solution : l'interdiction des cigarettes à filtres tant que les industriels ne leur adjoindront pas de filtres biodégradables[47]. Début2014, des élus de l’État de Californie ont soumis un projet de loi à l'Assemblée de l'État, visant à interdire la vente de cigarettes à filtre. Le projet de loi a échoué, mais ses promoteurs ont annoncé qu'ils essayeraient à nouveau de la faire passer.

De nombreux pays ont durci leur législation relative au risque d'incendies de forêt. Des mégots mal éteints sont de fréquentes sources d’incendies, éventuellement mortels. La justice est périodiquement saisie d’affaires liées à des incendies, explosions ou dégradations matérielles induites par des mégots mal éteints, dont en France[115],[116],[117].

France[modifier | modifier le code]

En France, jeter un mégot (ou autre détritus) sur la voie publique relève de l'« abandon d'ordures, déchets, matériaux ou autres objets ». C’est une action « portant atteinte à la propreté des espaces publics », pouvant être punie d’une amende de 2e classe (soit 150 euros), passée à 450 euros en devenant contraventions de la 3e classe suite à un décret ministériel du 25 mars 2015 « relatif à l'abandon d'ordures et autres objets » et visant l'amélioration de la propreté des espaces publics[118].

« En vertu de l'article R48-1 (3°) CPP, les contraventions en matière de protection de l'environnement réprimées par l'article R633-6 code pénal sont soumises à la procédure d'amende forfaitaire. Le montant de l'amende forfaitaire (contraventions de la 3e classe) s'élève à 68 euros (article R49 CPP) et à 180 euros en cas d'amende forfaitaire majorée (article R49-8 CPP)[21] ».

Si les mégots ont été jetés à partir d'un véhicule dans certains cas, ils peuvent justifier d'une contraventions de la 5e classe[119]. Et les amendes peuvent être fortement aggravées en cas de récidive dans les 1 à 3 ans à compter de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine[120].

En France, fumer dans des aires de jeux pour enfants est interdit depuis le [121].

Position de l'industrie du tabac[modifier | modifier le code]

Selon une étude[6] publiée en 2010 et basée sur une analyse interprétative d'environ 680 documents publiés de 1959 à 2006 dans plusieurs base bibliographiques dédiées aux tabac et à son commerce qui rassemblant plusieurs millions de documents[122]: « L'industrie du tabac craint (au moins depuis 1990) d'être tenue pour responsable des mégots dispersés dans l'environnement) ». Ses efforts pour éviter cette responsabilité ont été doubles :

  1. L'industrie a inventé des filtres biodégradables (avec de nombreux dépôts de brevets[62]). Stanelco a ainsi créé un filtre fait de fibres biosourcées, issues du riz et/ou de la pomme de terre, encore moins chère que l'acétate, et qui se biodégrade en 60 jours[123]). Ces filtres n'ont cependant pas été mis sur le marché, car diverses études commandées par les fabricants ont conclu que « les filtres biodégradables favoriseraient sans doute encore plus les jets de mégots dans la nature et ne seraient pas commercialisables ». Selon Smith & Novotny (2011), ces travaux indiquaient que les fumeurs étaient « sur la défensive » concernant la récupération de leurs mégots, et qu' « ils ne peuvent pas faire l'objet d'encouragement à ne pas jeter leurs mégots par terre »[6].
  2. L'industrie a financé de nombreuses campagnes encourageant à ne pas jeter ses mégots. Parallèlement elle a distribué de grandes quantités de cendriers permanents et portatifs pour inciter les fumeurs à ne pas jeter leurs mégots (l'usage d'une poubelle ordinaire présentant en outre un risque d'incendie). Cependant l'industrie n'a jamais communiqué sur le fait que les mégots étaient toxiques et écotoxiques et qu'il fallait pour cette raison les collecter et traiter dans une filière déchets adéquate.

Smith & Novotny concluent de ceci que ceux qui lutte contre le tabagisme et les protecteurs de l'environnement devraient établir des partenariats pour « obliger l'industrie à assumer sa responsabilité financière et pratique dans la gestion des déchets du tabac »[6].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le mot « mégot » est apparu assez tardivement dans la langue française[124], son étymologie est incertaine. Le mot serait un diminutif du mot d'argot mec, parfois sous la forme meg, ou moins probablement du verbe populaire mégauder employé pour le nourrisson qui tête le sein[125].

Le mot a donné le verbe « mégoter », qui signifie en langage populaire : s'attacher à des détails insignifiants, « pinailler ». Les clochards, habitués à ramasser les mégots pour en récupérer le tabac, ce qui, aux époques de pénuries pouvait être une véritable activité, étaient appelés des mégotiers.

Références[modifier | modifier le code]

  1. d'après des chiffres de McKenney M.G (2009) "San Francisco Super Site Data 2009." Osoyoos, BC, Canada: MGM Management & HDR Engineering cités par Health Economics Consulting Group (2009) Cost of Tobacco Litter in San Francisco and Calculations of Maximum Permissible Per-Pack Fees . Health Economics Consulting Group. PDF, 19 pp (voir p. 7 et p. 19)
  2. a, b et c Maacah Marah, Thomas E Novotny (2011) « Geographic patterns of cigarette butt waste in the urban environment » ; Tobacco Control 2011;20:i42-i44 doi:10.1136/tc.2010.042424
  3. a, b, c, d, e et f The 2009 National Visible Litter Survey and Litter Cost Study ; prepared by MidAtlantic Solid Waste Consultants for Keep America Beautiful, Inc. Téléchargeable sur www.kab.org/research09. Keep America Beautiful, Inc. Étude financée par le cigrettier Philip Morris USA (Altria Company) & Wm. Wrigley Jr. Company Foundation sponsored the creation of these fact sheets. (synthèse, PDF, 2p)
  4. a, b, c, d, e, f et g Rath, J.M, Rubenstein R.A, Curry L.E, Shank S.E & Cartwright J.C (2012) Cigarette litter : smokers’ attitudes and behaviors. International journal of environmental research and public health, 9(6), 2189-2203
  5. a, b, c et d Slaughter, E., Gersberg, R. M., Watanabe, K., Rudolph, J., Stransky C & Novotny T.E (2011) Toxicity of cigarette butts, and their chemical components, to marine and freshwater fish. Tobacco Control, 20(Suppl 1), 125-129.
  6. a, b, c et d Elizabeth A Smith & Thomas E Novotny (2011), « Whose butt is it? » Tob. Control ; 20:i2-i9 ; doi:10.1136/tc.2010.040105 (Open Access) (résumé)
  7. Oigman-Pszczol SS & Creed JC (2007). Quantification and classification of marine litter on beaches along Armacao dos Buzios, Rio de Janeiro, Brazil. J Coast Res ;23:421–8.
  8. Ocean Conservancy (2010) http://www.oceanconservancy.org/our-work/marine-debris/program_marinedebris_iccreport.html Rapport International Coastal Cleanup 2010]. The Ocean Conservancy
  9. Martinez-Ribes L, Basterretxea G, Palmer M, et al; (2007). Origin and abundance of beach debris in the Balearic Islands. Sci Mar ;71:305–14.
  10. a, b et c Novotny TE, Zhao F (1999) [ Consumption and production waste : another externality of tobacco use]. Tob Control ;8:75–80 (résumé).
  11. International Coastal Cleanup: a rising tide of ocean debris (2009) (consulté 23 novembre 2010)
  12. a, b, c et d Novotny T (2014) “Time to kick butts ; Poisons leach from the 4 trillion cigarette filters that we chuck each year, harming health and environment alike. They should be banned” ; Magazine n°2975, en ligne 25 juin 2014, consulté 2016-12-03
  13. Ostréiculture : les huîtres menacées par les micro-plastiques, journal Sud-Ouest, publié le 25/03/2016, consulté 26/11/2016
  14. HDR (2008) The City of San Francisco Street Litter Re-Audit. HDR Engineering/Brown, Vence & Associates, Inc./MGM Management.
  15. a, b, c et d Health Economics Consulting Group (2009) Cost of Tobacco Litter in San Francisco and Calculations of Maximum Permissible Per-Pack Fees . Health Economics Consulting Group. PDF, 19 pp
  16. a, b et c Slaughter E.D (2010) Toxicity of cigarette butts and their chemical components to the marine and freshwater fishes, Atherinops affinis and Pimephales promelas, Thèse, Université d’État de San Diego.
  17. a, b, c, d, e et f Micevska, T., Warne M.S.J, Pablo F & Patra R (2006) Variation in, and causes of, toxicity of cigarette butts to a cladoceran and microtox. Archives of Environmental Contamination and Toxicology, 50(2), 205-212 (résumé).
  18. a et b Hoffmann D & Hoffmann I (1997) The changing cigarette, 1950-1995. ; J Toxicol Environ Health. Mars 1997 ;50(4):307-64 (résumé)
  19. a, b et c Moody P (1980) The relationships of quantified human smoking behavior and demographic variables. Social Science & Medicine. Part A: Medical Psychology & Medical Sociology, 14(1), 49-54. (résumé)
  20. a, b et c Proposition de loi visant à créer une taxe environnementale sur les mégots à la charge des fabricants de tabac, enregistré à la Présidence du Sénat le 11 février 2013
  21. a et b Terracycle (www.terracycle.fr) et Eco-Action-Plus (www.eco-action-plus.fr) ; source : CNFPT
  22. Cigarette Litter Organisation (2001) The awful truth about cigarette litter. http://www.cigarettelitter.org/ (consulté le 15 avril 2003)
  23. Page du programme Keep America Beautiful
  24. Wallbank LA, MacKenzie R, Beggs PJ. (2016) Environmental impacts of tobacco product waste: International and Australian policy responses. Ambio. 2016 Nov 14. [Epub ahead of print] Review. PMID 27844421 (résumé)
  25. Nombre de mégots jetés dans l'espace public (simulation en temps réel), planetoscope
  26. Article intitulé Tabac : les pays pauvres, cibles d’un marketing intense… publié le 09/12/2015 par le journal La dépêche (consulté 2016-11-28)
  27. (en) Ng M, Freeman MK, Fleming TD, « Smoking prevalence and cigarette consumption in 187 countries, 1980-2012 », Journal of the American Medical Association, vol. 311, no 2,‎ , p. 183-192 (DOI 10.1001/jama.2013.284692)
  28. a, b et c Joshua Sabatini (2015) article : San Francisco to double litter fee on cigarette sales publié 18 décembre 2015 dans le journal « Examiner » de San-Francisco
  29. Measurement of smoking behavior: Comparison of self-reports, returned cigarette butts, and toxicant levels. Blank MD, Breland AB, Enlow PT, Duncan C, Metzger A, Cobb CO (2016). Exp Clin Psychopharmacol. Octobre 2016 ; 24(5):348-355. PMID 2734774
  30. Robinson SN (1976). Littering behavior in public places. Environ Behav ;8:363–84.
  31. Spehr K, Curnow R (2003). Improving disposal behavior in the city of Melbourne. http://www.ecorecycle.sustainability.vic.gov.au/resources/documents/JRG_-_MelbDisposal_Aug03.pdf (consulté le 23 novembre 2010).
  32. a et b Fumer tue... la planète ! (en français)
  33. Clean Virginia Waterways (2006), Cigarette butt litter (consulté le 29 septembre 2009).
  34. Ling PM, Glantz SA (2005). Tobacco industry consumer research on socially acceptable cigarettes. Tob Control ;14:e3.
  35. Stevenson T, Proctor RN (2008). The secret and soul of Marlboro: Philip Morris and the origins, spread, and denial of nicotine freebasing. Am J Public Health ;98:1184–94.
  36. Ling PM, Glantz SA (2002). Using tobacco-industry marketing research to design more effective tobacco-control campaigns. JAMA ;287:2983–9.
  37. Keep America Beautiful (2008) National visible Litter Survey and Litter CostResearch Study.
  38. Smith EA, McDaniel PA (2010) Covering their butts: responses to the cigarette butt litter problem. Tob Control, mis en ligne le 21 Oct 2010 ; doi:10.1136/tc.2010.036491.
  39. Eaton T, Falkinham 3 rd J.O & von Reyn C.F (1995) Recovery of Mycobacterium avium from cigarettes. Journal of clinical microbiology, 33(10), 2757. (résumé)
  40. San Francisco 2014 Litter Study, HDR, pour le "City and County of San Francisco" (Office of the Controller and Department of the Environment) ; PDF, 7 Pp
  41. a, b et c Lee W, Lee CC (2015), Developmental toxicity of cigarette butts - An underdeveloped issue. Ecotoxicol Environ Saf. 2015 Mar; 113:362-8. Epub 2014 Dec 19.
  42. a et b Wenjau Lee & Chih Chun Lee (2015), Developmental toxicity of cigarette butts – An underdeveloped issue ; Ecotoxicology and Environmental Safety Volume 113, March 2015, Pages 362–368 (résumé)
  43. a, b, c et d Booth DJ, Gribben P, Parkinson K. (2015), Impact of cigarette butt leachate on tidepool snails. Mar Pollut Bull. 2015 Jun 15;95(1):362-4. doi:10.1016/j.marpolbul.2015.04.004. PMID 25913792 (résumé)
  44. Amy L. Roder Green, , Anke Putschew , Thomas Nehls (2014), Littered cigarette butts as a source of nicotine in urban waters ; Journal of Hydrology, Volume 519, Part D, 27 November 2014, Pages 3466–3474 (résumé)
  45. http://www.pureprovince.be/ Association Pure Province
  46. étude scientifique sur les mégots (en anglais)
  47. a, b, c, d et e Novotny, T. E., Lum, K., Smith, E., Wang, V., & Barnes, R. (2009). Cigarettes butts and the case for an environmental policy on hazardous cigarette waste. International journal of environmental research and public health, 6(5), 1691-1705
  48. Luke J.A (1991) Degradability of Filter Materials and Plastics Packaging ; Bates No. 401341580-401341583. En ligne : http://legacy.library.ucsf.edu/tid/rvj95a99 (consulté 22 décembre 2011)
  49. Lanouvelle.net (mégots)
  50. U.S. Department of Health and Human Services (1989) "Reducing the Health Consequences of Smoking : 25 Years of Progress." Rockville, MD: Public Health Service, Centers for Disease Control, Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion, Office on Smoking and Health
  51. En 1972, le rapport EPA référencé EPA-R2-72-046 a porté sur la biodégradabilité des emballages plastiques. Après exposition des polymères (dont acétate de cellulose) à des champignons, en utilisant la méthode ASTM D-1924-63 et après avoir évalué les taux de croissance lors de mises en culture ayant duré jusqu'à 3 semaines, les auteurs ont conclu que dans les conditions de ces essais, l'Acétate de cellulose n'est pas biodégradable ; Pour en savoir plus : Potts JE, Clendinning RA, Ackart WB (1972) An investigation of the biodegradability of packaging plastics. EPA Study EPA-R2-72-046.
  52. a, b et c Puls, J., Wilson, S.A. & Hölter, D. (2011) Degradation of Cellulose Acetate-Based Materials: A Review, Journal of Polymers and the Environment ; march 2011, Volume 19, Issue 1, pp 152–165 ; doi:10.1007/s10924-010-0258-0
  53. Potts JE, Clendinning RA, Ackart WB (1972) An investigation of the biodegradability of packaging plastics. EPA Study EPA-R2-72-046
  54. Northrop DM, Rowe WF (1987) Effect of the soil environment on the biodeterioration of man-made textiles. In: Llewellyn GC, O’Rear CE (eds) Biodeterioration research 1. Plenum Press, New York, pp 7–16 (résumé)
  55. Komarek, R. J., Gardner, R. M., Buchanan, C. M., & Gedon, S. (1993). Biodegradation of radiolabeled cellulose acetate and cellulose propionate. Journal of applied polymer science, 50(10), 1739-1746 (résumé).
  56. a et b Buchanan, C. M., Gardner, R. M., & Komarek, R. J. (1993). Aerobic biodegradation of cellulose acetate. Journal of Applied Polymer Science, 47(10), 1709-1719 (résumé).
  57. Harris B (2011) The Intractable Cigarette 'Filter Problem'."Tobacco Control ; 20:10
  58. Ach A (1993). Biodegradable plastics based on cellulose acetate, Part A Pure and Applied Chemistry. Journal of Macromolecular Science, pp. 30(9), 733-740
  59. Hon NS (1977), Photodegradation of cellulose acetate fibers. J Polym Sci publié en ligne en mars 1977 ; 15:725–44. Doi: 10.1002/pol.1977.170150319.
  60. Jang J, Lee HS, Lyoo WS (2007) Effect of UV irradiation on cellulase degradation of cellulose acetate containing TiO2 ; Fibers Polym 8:19–24 (résumé)
  61. Irick G Jr (1993) Brevet US 5,242,880
  62. a, b et c Lee Joyce (2012) Get Your Butt Off the Ground ! : Consequences of Cigarette Waste and Litter-Reducing Methods, Mémoire de Bachelor (Arts Degree in Environmental Analysis), Pomona College, Claremont Colleges (Open Access Senior Thesis)
  63. Haynes SK, Wilson SA, Strickler DV (1991) Study of the environmental degradation of cigarette filters : a simulation of the roadside or parking lot environment. Eastman Chemical customer service technical report. http://www.acetateweb.com/techinfo.htm.
  64. Shafey O, Eriksen M, Ross H, et al (2009), The Tobacco Atlas. 3rd edn. Atlanta, GA: American Cancer Society
  65. Konar SK (1970) Nicotine as fish poison. Prog Fish Cult 32:103–104 (résumé)
  66. Konar SK (1977) Toxicity of nicotine to aquatic life. Ind J Fish 24:124–128
  67. a et b Register K (2000) Cigarette Butts as Litter- Toxic as Well as Ugly ?. Underwater Naturalist, 25(2), 23-29.
  68. univers-nature (flot de mégots)
  69. Rodgman A, Perfetti T. The Chemical Components of Tobacco and Tobacco Smoke. Boca Raton, FL: CRC Press, 2008:933
  70. Di Giacomo, S., Mazzanti, G., & Di Sotto, A. (2015) https://www.researchgate.net/profile/Silvia_Di_Giacomo/publication/273065806_Mutagenicity_of_cigarette_butt_waste_in_the_bacterial_reverse_mutation_assay_The_protective_effects_of_b-caryophyllene_and_b-caryophyllene_oxide/links/5774ffd708ae1b18a7df9eab.pdf Mutagenicity of cigarette butt waste in the bacterial reverse mutation assay: The protective effects of β‐caryophyllene and β‐caryophyllene oxide]. Environmental toxicology.
  71. Moerman J.W& Potts G.E (2011), « Analysis of Metals Leac hed From Smoked Cigarette Litter », Tobacco Control 20:30-35
  72. Ouest-France du samedi 8 et dimanche 9 décembre 2012
  73. Suárez-Rodríguez, M., López-Rull, I., & Garcia, C. M. (2013). Incorporation of cigarette butts into nests reduces nest ectoparasite load in urban birds: new ingredients for an old recipe ?. Biology letters, 9(1), 20120931.
  74. Schneider DE, Fall MW (1970) The role of bird management in fire protection. In Proceedings of the 5th Bird Control Seminar, pp. 53–55, Paper 194. See http://digitalcommons.unl.edu/icwdmbirdcontrol/194.
  75. Hamel PB, Wagner SJ (1984) Status of the House Finch in South Carolina, including discovery of two nests in Clemson. Chat 48, 5–7.
  76. Igic B, Cassey P, Samas P, Grim T, Hauber ME (2009) Cigarette butts form a perceptually cryptic component of song trush (Turdus philomelos) nest. Notornis 5, 134–138.
  77. Wimberger PH (1984) The use of green material in bird nests to avoid ectoparasites. Auk 101, 615–618.
  78. Clayton DH, Wolfe ND. 1993 The adaptive significance of self-medication. Trends Ecol. Evol. 8, 60–63. doi:10.1016/0169-5347(93)90160-Q (doi:10.1016/0169-5347(93)90160-Q)
  79. Clark L (1991) The nest protection hypothesis: the adaptive use of plant secondary compounds by European starlings. In Bird–parasite interaction, ecology, evolution and behavior (eds Loye JE, Zuk M), pp. 204–221. Oxford, UK: Oxford University Press
  80. Loker WM (2005), The rise and fall of flue-cured tobacco in the Copán Valley and its environmental and social consequences. Human Ecology ;33:299–327
  81. Mwita MM (2005), Ecological impact of tobacco farming in miombo woodlands of Urambo District, Tanzania. Afr J Ecol ;43:385–91.
  82. Novotny TE, Zhao F (1999), Consumption and production waste: another externality of tobacco use. Tob Control ;8:75–80
  83. Marshall, W. R., Epstein, L. H., & Green, S. B. (1980). Coffee drinking and cigarette smoking: I. Coffee, caffeine and cigarette smoking behavior. Addictive behaviors, 5(4), 389-394.
  84. Treur J.L, Taylor A.E, Ware J.J, McMahon G, Hottenga J.J, Baselmans B.M, ... & Vink J.M (2016), Associations between smoking and caffeine consumption in two European cohorts. Addiction, 111(6), 1059-1068
  85. Robles-Molina, J., Gilbert-López, B., García-Reyes, J. F., & Molina-Díaz, A. (2014). Monitoring of selected priority and emerging contaminants in the Guadalquivir River and other related surface waters in the province of Jaén, South East Spain. Science of the Total Environment, 479, 247-257.
  86. Une cigarette à l'origine de l'incendie (en anglais)
  87. Echappé de peu à la mort (en anglais)
  88. Collection d'articles de presse sur des incendies causés par des mégots (en anglais)
  89. L'invasion du mégot -pollution, incendies, accidents (en français)
  90. a, b, c et d Mohajerani A, Kadir AA, Larobina L. (2016) A practical proposal for solving the world's cigarette butt problem : Recycling in fired clay bricks. Waste Manag. 2016 juin ;52:228-44. doi: 10.1016/j.wasman.2016.03.012. PMID 26975623 (résumé)
  91. Présentation pour séminaire sur le recyclage de mégots dans des briques d'argile cuitepublié 20 avril 2016, sur slideshare.net, consulté 29 novembre 2016
  92. Aeslina Abdul Kadir, , Abbas Mohajerani (2016), Effect of heating rate on gas emissions and properties of fired clay bricks and fired clay bricks incorporated with cigarette butts ; Applied Clay Science, Volume 104, February 2015, Pages 269–276
  93. Minzae L, Gil-Pyo K, Hyeon DS, Soomin P, Jongheop Y (2014), Preparation of energy storage material derived from a used cigarette filter for a supercapacitor electrode. IOP Science. 25:34
  94. a et b Hamady Dieng & al; (2013) ; Turning cigarette butt waste into an alternative control tool against an insecticide-resistant mosquito vector ; Acta Tropica, Volume 128, Issue 3, December 2013, Pages 584–590
  95. Zhao, J., Zhang, N., Qu, C., Wu, X., Zhang, J., & Zhang, X. (2010). Cigarette butts and their application in corrosion inhibition for N80 steel at 90°C in a hydrochloric acid solution. Industrial & Engineering Chemistry Research, 49(8), 3986-3991.
  96. Le recyclage des mégots se développe !, Natura-sciences], actualité environnement.consulté 26 novembre 2016
  97. Verdonck O (1985) La recherche des matières premières susceptibles d'être compostées. Arxius de l'Escola Superior d'Agricultura de Barcelona, (8), 15-22. ; voir tableau III, Résultats des essais de croissance, page 2 et suivantes
  98. Czekala, J., & Jakubus, M. (1998). Properties of humic compounds derived from composted sewage sludge with tobacco dust. In Humic Substances in Ecosystems, Rackova Dolina (Slovak Republic), 14-16 Jun 1998. Vyskumny Ustav Podoznalectva a Ochrany Pody, Slovenska Polnohospodarska Univ..
  99. Kayıkçıoğlu, H. H. (2009). Composting of tobacco waste with organic materials and effect of resulting compost on soil microbial biomass, acitivity and plant growth.
  100. Kubo K & Chishiro t (2008) "Six - Year Review of Cigarette Ingestion in Children - Gastric Lavage Versus Medical Observation" Chudoku Kenkyu 23: 115 - 22
  101. McGee D, Brabson T & McCarthy J (1996) Four year Review of Cigarette Ingestions in Children Journal of Emergency Medicine 14:275
  102. Centers for Disease Control and Prevention (CDC. (1997). Ingestion of cigarettes and cigarette butts by children--Rhode Island, January 1994-July 1996. MMWR. Morbidity and mortality weekly report, 46(6), 125 (résumé).
  103. CHRU Lille (Intoxication par cigarettes chez l'enfant)
  104. Novotny, T. E., Hardin, S. N., Hovda, L. R., Novotny, D. J., McLean, M. K., & Khan, S. (2011). Tobacco and cigarette butt consumption in humans and animals. Tobacco control, 20(Suppl 1), i17-i20.
  105. Ali Z (2001). Pica in people with intellectual disability: A literature review of aetiology, epidemiology and complications. Journal of Intellectual and Developmental Disability, 26(3), 205-215 (résumé).
  106. Robertson R.M, Thomas W.C, Suthar J.N & Brown D.M (2012). Accelerated degradation of cellulose acetate cigarette filters using controlled-release acid catalysis. Green Chemistry, 14(8), 2266-2272 (résumé).
  107. "No more butts: biodegradable filters a step to boot litter problem". Environmental Health News. 2012-08-14.
  108. Di Giacomo S, Mazzanti G, Di Sotto A (), Mutagenicity of cigarette butt waste in the bacterial reverse mutation assay: The protective effects of β-caryophyllene and β-caryophyllene oxide ; Environ Toxicol. 2016 Nov;31(11):1319-1328. doi: 10.1002/tox.22136. PMID 25728712 (résumé)
  109. "Accidents, fires: Price of littering goes beyond fines" ; État de Washington, Département de l’Écologie. 2004-06-01.
  110. Curtis C, Novotny TE, Lee K, Freiberg M, McLaughlin I. (2016), « Tobacco industry responsibility for butts: a Model Tobacco Waste Act. » Tob. Control 2016 Mar 1. pii: tobaccocontrol-2015-052737. doi:10.1136/tobaccocontrol-2015-052737. PMID 26931480 (résumé)
  111. Curtis C, Collins S, Cunningham S, Stigler P, Novotny TE. (2014 ), « Extended Producer Responsibility and Product Stewardship for Tobacco Product Waste » ; Int J Waste Resour. septembre 2014 ; 4(3). Epub 2014 Sep 4.
  112. Barnes RL. (2011), « Regulating the disposal of cigarette butts as toxic hazardous waste ». Tob. Control 2011 May; 20 Suppl 1:i45-8 (version PDF et résumé).
  113. Daryl Kaplan, (2015) Kicking butt once and for all! Business improvement district hub, consulté 2016-12-03
  114. ex : Blank MD, Breland AB, Enlow PT, Duncan C, Metzger A, Cobb CO. (2016)), Measurement of smoking behavior: Comparison of self-reports, returned cigarette butts, and toxicant levels ; Exp Clin Psychopharmacol. 2016 Oct;24(5):348-355. PMID 27347741 (résumé).
  115. Ex : Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 12 janvier 2010, 09-81.936
  116. Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 10 novembre 2015, 14-84.137 )
  117. Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 18 janvier 2012, 11-81.324
  118. Décret n° 2015-337 du 25 mars 2015 « relatif à l'abandon d'ordures et autres objets »
  119. Article R635-8 du Code pénal, modifié par Décret n° 2010-671 du 18 juin 2010 - art. 4
  120. Cf. article 132-11 et article 132-15 du Code pénal
  121. Décret n° 2015-768 du 29 juin 2015
  122. http://legacy.library.ucsf.edu et http://tobaccodocuments.org
  123. Platt David K (2006) Biodegradable Polymers: Market Report. UK: Smithers Rapa Limited
  124. 1876, dans un poème de Jean Richepin du recueil La Chanson des gueux
  125. Étymologies proposées sur Trésor de la langue française informatisée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Booth DJ, Gribben P, Parkinson K. (2015), Impact of cigarette butt leachate on tidepool snails. Mar Pollut Bull. 2015 Jun 15;95(1):362-4. doi: 10.1016/j.marpolbul.2015.04.004. PMID 25913792 (résumé)
  • Curtis C, Novotny TE, Lee K, Freiberg M, McLaughlin I. (2016), Tobacco industry responsibility for butts: a Model Tobacco Waste Act. Tob Control. 2016 Mar 1. pii: tobaccocontrol-2015-052737. doi:10.1136/tobaccocontrol-2015-052737. PMID 26931480 (résumé)
  • Dobaradaran S, Nabipour I, Saeedi R, Ostovar A, Khorsand M, Khajeahmadi N, ... & Keshtkar M (2016) Association of metals (Cd, Fe, As, Ni, Cu, Zn and Mn) with cigarette butts in northern part of the Persian Gulf. Tobacco Control, tobaccocontrol-2016 (résumé).
  • Javadian S, Stigler-Granados P, Curtis C, Thompson F, Huber L, Novotny TE. (2015), Perspectives on Tobacco Product Waste: A Survey of Framework Convention Alliance Members' Knowledge, Attitudes, and Beliefs ; Int J Environ Res Public Health. 18 aout 2015; 12(8):9683-91. (résumé).
  • Kim JH, Lim JH. (2016), Acute fatal pericardial effusion induced by accidental ingestion of cigarette butts in a dog. ; Can Vet J. 2016 Feb;57(2):151-6. PMID 26834265 (résumé)
  • Mohajerani A, Kadir AA, Larobina L. (2016) A practical proposal for solving the world's cigarette butt problem: Recycling in fired clay bricks. Waste Manag. 2016 juin;52:228-44. doi: 10.1016/j.wasman.2016.03.012. PMID 26975623 (résumé)
  • Novotny T.E, Lum K, Smith E, Wang V & Barnes R (2009) Cigarettes butts and the case for an environmental policy on hazardous cigarette waste. International journal of environmental research and public health, 6(5), 1691-1705.
  • O'Connor RJ, Bansal-Travers M, Cummings KM, Hammond D, Thrasher JF, Tworek C. (2015), Filter presence and tipping paper color influence consumer perceptions of cigarettes. ; BMC Public Health. 22 décembre 2015 ; 15:1279. Epub 2015 Dec 22.
  • Rath, J.M, Rubenstein R.A, Curry L.E, Shank S.E & Cartwright J.C (2012) Cigarette litter : smokers’ attitudes and behaviors. International journal of environmental research and public health, 9(6), 2189-2203.
  • Register K (2000) Cigarette butts as litter—toxic as well as ugly ? Bull Am Litt Soc 25:23–29
  • Étude scientifique sur les mégots (en anglais)
  • Register KM (2000) Cigarette Butts as Litter—Toxic as Well as Ugly "Underwater Naturalist" ; Bulletin of the American Littoral Society, Volume 25, Number 2, aout 2000
  • Sarani N.A (2014) Properties and environmental impact of recycling cigarette butts (CBs) in fired clay brick (Doctoral dissertation, Universiti Tun Hussein Onn Malaysia).
  • Skenazy M (2011) "Can Cigarette B utts Be Recycled ?" Miller - McCune, 30 juin 2011, consulté 6 décembre 2011 (http://www.miller-mccune.com/environment/can-cigarette-butts-be-recycled-32091/)
  • Slaughter, E., Gersberg, R. M., Watanabe, K., Rudolph, J., Stransky, C., & Novotny, T. E. (2011). Toxicity of cigarette butts, and their chemical components, to marine and freshwater fish. Tobacco Control, 20(Suppl 1), 125-129.
  • Stransky, C., & Novotny, T. E. () Toxicity of cigarette buttsf and their chemical components, to marine and freshwater fish Elli Slaughter, 1, 2 Richard M Gersberg, 2 Kayo Watanabe, 2 John Rudolph, 3.
  • Shevchenko V (2012) Characterization of chemical compounds in cigarette filters leachates.
  • Victorian Litter Action Alliance (2002) Fact sheet—cigarette butt litter. http://www.litter.vic.gov.au/ (consulté 15/04/03)
  • Wallbank LA, MacKenzie R, Beggs PJ. (2016) Environmental impacts of tobacco product waste: International and Australian policy responses. Ambio. 2016 Nov 14. [Epub ahead of print] Review. PMID 27844421 (résumé).
  • Warne M, Patra R, Cole B, et al (2002). Toxicity and a Hazard Assessment of Cigarette Butts to Aquatic Organisms. 21-25 Jul 2002, Sydney, Australia : Interact 2002 e Programme and Abstract Book, 2002:1