Bac à sable

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Bac à sable avec des jouets utilisés par les enfants pour jouer dans le sable.

Un bac à sable, ou carré de sable en français canadien[1], est un récipient rempli de sable. On en trouve le plus souvent sur les terrains de jeux mais peuvent également constituer le sol amortissant naturel d'un portique de jeu. Ils permettent aux enfants de s'amuser en faisant des châteaux de sable avec des seaux, en utilisant des outils comme râteaux et pelles, ou encore en apprenant à manipuler le sable.

Cet espace ludique exerce un fort attrait sur les enfants en bas âge. Les enfants peuvent y creuser des trous plus ou moins profonds suivant la taille du bac.

Ce type d'espace est souvent mis en place par les municipalités ou les administrations territoriales, au même titre que les balançoires ou les toboggans.

Il peut également être aménagé n'importe où tant que la place est suffisante et que l'on peut se procurer un récipient (bac) suffisamment grand, avec une quantité et qualité de sable adéquates et un entretien régulier, en évitant dans la mesure du possible que chats et chiens viennent y uriner ou déféquer.

L'appellation carré de sable au Canada est utilisée peu importe la forme de celui-ci.

Aspects sanitaires[modifier | modifier le code]

S'il est en surface partiellement et naturellement désinfecté par les UV solaires, en profondeur, « le sable est également un excellent milieu pour la prolifération des micro-organismes en raison de sa teneur favorable en matière organique, de son humidité relative et de son pH »[2].

Un bac à sable nécessite d'être rempli avec du sable propre d'origine connue (on parfois retrouvé des déchets industriels ou des sables pollués au delà des seuils autorisés dans certains bacs destinés aux enfants)[3].

De nombreuses études ont montré que certains bacs à sable abritent des agents pathogènes[4], parfois résistants aux antibiotiques[5]. On y a aussi trouvé des champignons pathogènes considérés comme un problème émergeant[6].

En 2008, les taux de 10 types d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont été recherchés au Japon dans le sable de bacs à sable situés dans 51 parcs. Les HAP dosés étaient : fluoranthène, pyrène, benz[a]anthracène, chrysène, benzo[b]fluoranthène, benzo[k]fluoranthène, benzo[a]pyrène, indéno[1, 2, 3,-cd] pyrène, benzo [ghi]pérylène et dibenz[a,h]anthracène). Le fluoranthène (17,2 ng/g de sable en moyenne) et le pyrène (4,9 ng/g) étaient les plus présents. En général, le sable contenait de 1 à 120 ng/g de HAP, mais certains bacs en contenaient 400, 600 voire presque 1 500 ng/g. Et parfois, les ratios de composition indiquaient des sources multiples[7].

Un entretien régulier et un changement périodique du sable sont donc nécessaires, notamment car les chiens et les chats peuvent souvent être tentés d'y déposer ou enfouir leurs excréments. Ces derniers sont notamment sources de bactéries et d'autres microbes indésirables[8],[9] (dont streptocoques et staphylocoques fécaux, Salmonella spp. et Enterococcus spp. ; Clostridium difficile[10],[11], agent de la toxoplasmose ou de l'échinococcose alvéolaire (susceptible de toucher des enfants victimes d'une grave dépression immunitaire) ; amibes et sources potentielles d'oeufs ou propagules de parasites[12].

Les jouets ayant passé du temps enfouis dans le sable sont aussi une source possible d'agents infectieux[13].

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Le bac à sable existe très souvent dans la cour de récréation. La manipulation de sable entre dans les activités d'apprentissage. L'activité de transvasement est importante dans la compréhension de diverses notions, par exemple qu'une matière n'est pas forcément un bloc mais un composé d'éléments (les grains en ce qui concerne le sable). L'enfant appréhende et avance dans la compréhension de notions diverses de vide/plein, de sec/mouillé, de dur/mou, de fragile/solide. Cette construction mentale est rendue possible par la répétition de ces actes au bac à sable, mais aussi dans la neige, les jeux de construction, les collages ou la préparation de recettes de cuisine (travail sur les différents états de la matière). D'après le psychologue Jean Piaget, le jeu est un moment de l'enfance préalable à la construction de soi et du monde.

Entretien[modifier | modifier le code]

Le sable peut s'envoler ou être souillé, en particulier par les animaux domestiques ou errants, et provoquer des problèmes sanitaires chez les enfants qui y jouent si aucune mesure n'est prise[14]. Quand ils ne servent pas, certains bacs à sable peuvent être couverts avec une bâche ou un couvercle.

Sports mécaniques[modifier | modifier le code]

L'immense échappatoire de la courbe Dunlop au circuit Bugatti.

En sports mécaniques, le « bac à sable » est une échappatoire disposée à l'extérieur d'un virage sur un circuit. Plus généralement rempli de gravier aujourd'hui, sa fonction est de ralentir et de stopper les véhicules ayant quitté la piste.

Sens figuré[modifier | modifier le code]

Par extension, le bac à sable est une zone d'essai :

  • une sandbox (« bac à sable » en anglais) est, en informatique, un dispositif permettant d'exécuter des programmes en phase d'essai ou dans lesquels la confiance est incertaine ;
  • un jeu bac à sable est un type de jeu vidéo dont le scénario est inexistant ou minimal, ou dans lequel le joueur peut exercer de nombreuses activités sans rapport avec ledit scénario.

Terminologie militaire[modifier | modifier le code]

  • Technique utilisée par les militaires pour reproduire à l'échelle, sur le sable ou la terre, un paysage comportant la topographie du terrain, routes, rivières, ponts, constructions, végétation…, de la façon la plus réaliste possible, en vue de préparer une manœuvre ou une offensive.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « bac à sable », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française
  2. (en) Asta Aleksandravičienė, Monika Mažeikaitė, Albina Vaičiulevičienė et Žaneta Maželienė, « Assessment of microbial contamination of sandboxes and toys left in sand », Biologija, vol. 68, no 1,‎ (ISSN 2029-0578 et 1392-0146, DOI 10.6001/biologija.v68i1.4702, lire en ligne, consulté le ).
  3. (en) Nina Zupančič, Miloš Miler, Ana Ašler et Natalija Pompe, « Contamination of children's sandboxes with potentially toxic elements in historically polluted industrial city », Journal of Hazardous Materials, vol. 412,‎ , p. 125275 (DOI 10.1016/j.jhazmat.2021.125275, lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) Daniela Romão, Raquel Sabino, Cristina Veríssimo et Carla Viegas, « Children and Sand Play: Screening of Potential Harmful Microorganisms in Sandboxes, Parks, and Beaches », Current Fungal Infection Reports, vol. 9, no 3,‎ , p. 155–163 (ISSN 1936-377X, DOI 10.1007/s12281-015-0230-5, lire en ligne, consulté le )
  5. Edyta Mazur et Maria Jolanta Chmiel, « Sandboxes As A Potential Source Of Dangerous Drug-Resistant Escherichia Coli And Staphylococcus Aureus Strains », Postępy Mikrobiologii - Advancements of Microbiology, vol. 60, no 1,‎ , p. 77-81 (DOI 10.21307/pm-2021.60.1.07, lire en ligne, consulté le )
  6. C. Viegas, S. Viegas, M. Almeida-Silva et C. Veríssimo, « Environmental impact caused by fungal and particle contamination of Portuguese swine », Environmental Health Risk VII, WIT Press,‎ (DOI 10.2495/ehr130021, lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) Yukihiko Takagi, Shigeru Mineki, Nobuyuki Sera et Daisuke Nakajima, « MEASUREMENT OF CONCENTRATIONS OF POLYCYCLIC AROMATIC HYDROCARBONS (PAHS) IN SANDBOXES IN 51 JAPANESE PARKS », Polycyclic Aromatic Compounds, vol. 28, nos 4-5,‎ , p. 451–461 (ISSN 1040-6638 et 1563-5333, DOI 10.1080/10406630802377732, lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) Asta Aleksandravičienė, Monika Mažeikaitė, Žaneta Maželienė et Ingrida Viliušienė, « Analysis of microorganisms in sandboxes in urban area », Lietuvos mikrobiologų draugijos konferencija "Mikrobiologija 2022" : pranešimų santraukų knyga : Birštonas, balandžio (conférence), Lithuanian University of Health Sciences,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. Robert Hall, « Vascular injuries resulting from arterial puncture or catheterization », British Journal of Surgery, vol. 58, no 7,‎ , p. 513–516 (ISSN 0007-1323 et 1365-2168, DOI 10.1002/bjs.1800580711, lire en ligne, consulté le )
  10. (en) Katherine Bortz et Andi L. Shane, « Epidemic strains of C. difficile detected within playground sandboxes », Infectious Diseases in Children, vol. 30, no 8,‎ , p. 5 (ISSN 1044-9779, présentation en ligne, lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) Cristina Orden, Carlos Neila, José L. Blanco et Sergio Álvarez-Pérez, « Recreational sandboxes for children and dogs can be a source of epidemic ribotypes of Clostridium difficile », Zoonoses and Public Health, vol. 65, no 1,‎ , p. 88–95 (DOI 10.1111/zph.12374, lire en ligne, consulté le )
  12. J Valkounová, « Parasitological investigation of children's sandboxes and dog faeces from public areas of housing development in Prague », Folia parasitologica, vol. 29, no 2,‎ , p. 133–138 (ISSN 1803-6465, PMID 7201949, lire en ligne, consulté le ).
  13. (en) Asta Aleksandravičienė, Monika Mažeikaitė, Albina Vaičiulevičienė et Žaneta Maželienė, « Assessment of microbial contamination of sandboxes and toys left in sand », Biologija, vol. 68, no 1,‎ (ISSN 2029-0578, DOI 10.6001/biologija.v68i1.4702, lire en ligne, consulté le ).
  14. Gwenaël Vourc'h et al., Les zoonoses : ces maladies qui nous lient aux animaux, Éditions Quæ, coll. « EnjeuxScience », (ISBN 978-2-7592-3270-3, lire en ligne), Qui nous transmet quoi et comment ?, « La terre : transmission tellurique », p. 50-51, accès libre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Gary Fromm, « Mikroorganismen- und Nematoden-Nachweis in benutzten Spielsanden. Eine Infektionsgefährdung ? », Zentralblatt für Bakteriologie, Parasitenkunde, Infektionskrankheiten und Hygiene. Erste Abteilung Originale. Reihe B: Hygiene, präventive Medizin, vol. 155, no 4,‎ , p. 391-400 (ISSN 0300-9661, OCLC 102755647, PMID 4575132, S2CID 6962560).
  • (en) Helena M. Solo-Gabriele, Valerie J. Harwood, David Kay et Roger S. Fujioka, « Beach sand and the potential for infectious disease transmission: observations and recommendations », Journal of the Marine Biological Association of the United Kingdom, vol. 96, no 1,‎ , p. 101–120 (ISSN 0025-3154 et 1469-7769, DOI 10.1017/s0025315415000843, lire en ligne, consulté le ).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Ressource relative à la santéVoir et modifier les données sur Wikidata :