Grive musicienne

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Turdus philomelos

Turdus philomelos
Description de cette image, également commentée ci-après
Une Grive musicienne en Nouvelle-Zélande
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Turdidae
Genre Turdus

Nom binominal

Turdus philomelos
Brehm, 1831

Synonymes

  • Turdus musicus Linnaeus, 1758[1]
  • Turdus ericetorum Turton, 1807

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
  • habitat permanent
  • zone de nidification
  • habitat d'hiver

La Grive musicienne (Turdus philomelos) est une espèce de passereaux de la famille des Turdidés.

Morphologie[modifier | modifier le code]

L'identification de la grive musicienne peut être faite en regardant le dessous de l'aile lorsqu'elle est en vol ; dans le cas de la grive musicienne cette zone est orangée alors que dans le cas de la grive mauvis, elle est rouge ; dans le cas de la grive draine et de la grive litorne la zone est blanche.

D'une longueur de 22 cm, la grive musicienne a une envergure de 33 à 36 cm pour une masse de 65 à 90 g.

Longévité[modifier | modifier le code]

Cette espèce vit 14 ans en moyenne.

Répartition et sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • T. p. hebridensis W. E. Clarke, 1913 : ouest de l'Écosse (Hébrides extérieures, île de Skye, côte ouest) et ouest de l'Irlande ;
  • T. p. clarkei E. J. O. Hartert, 1909 : ouest de l'Europe ; hiverne dans l'ouest du bassin méditerranéen ;
  • T. p. philomelos C. L. Brehm, 1831 : centre et est de l'Europe, nord de l'Anatolie, région du Caucase et nord de l'Iran ; hiverne dans l'ouest et le sud de l'Europe, nord et nord-est de l'Afrique et Asie du Sud-Ouest ;
  • T. p. nataliae Buturlin, 1929 : du centre et l'ouest de la Sibérie à l'Altaï ; hiverne dans l'est du bassin méditerranéen[2].

La grive musicienne a été introduite en Nouvelle-Zélande, en Australie autour de Melbourne et dans les Nouvelles-Hébrides.

Habitat[modifier | modifier le code]

Moins sociale que la grive mauvis, la grive musicienne se rencontre dans les bois, les grands jardins, les haies et les parcs urbains.

Migration[modifier | modifier le code]

La grive musicienne est une migratrice partielle (une partie de la population reste sur les lieux de nidification, tandis qu'une autre partie migre).
  • Mondiale

Nicheur répandu en Europe, excepté en Islande, mais plus ou moins absente le long des côtes méditerranéennes. Son aire de répartition s’étend jusqu’au lac Baïkal à l’Est et jusqu’aux mers Noire et Caspienne au Sud-Est. La population européenne est estimée à environ 30 millions de couples, représentant près des ¾ de la population mondiale (BirdLife International 2004). L’espèce a également été introduite dans le sud de l’Australie et en Nouvelle Zélande.

  • En France

Uniquement absente le long des côtes du Languedoc-Roussillon, des Alpes-Maritimes et de Corse. Probablement de l’ordre de 2 millions de couples nicheurs (Dubois et al. 2001).

  • Tendances

Stable en Europe, en progression en France (BirdLife International 2004).

Aire d’hivernage

  • Mondiale

Hiverne dans toute l’Europe de l’Ouest et du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Certaines atteignent le Sénégal et l’Arabie Saoudite.

  • En France

Hiverne en grand nombre.

MIGRATION

Type de vol Vol battu et horizontal.

Vitesse de vol La vitesse dans l’air mesurée en Israël est plus faible (43 km/h en moyenne) que celle mesurée dans les Alpes (53 km/h en moyenne) (Bruderer & Boldt 2001).

Groupes Le plus souvent à l’unité ou par petits groupes, sauf les jours de gros passage, où l’on observe alors des groupes de plusieurs dizaines d’oiseaux.

Heure La migration est essentiellement nocturne, plus intense entre 23h et 3h. Elle se poursuit généralement jusqu’en matinée.

Durée et distance La migration peut s’effectuer sur quelques milliers de kilomètres : un juvénile bagué en Suède a été repris en Espagne à 3100 km de là (Milwright 2006). Toujours d’après les reprises de bague, la Grive musicienne peut parcourir jusqu'au moins 763 km en une journée (Payevsky et al. 2004).

Trajet migratoire Les oiseaux d’Europe centrale/orientale migrent vers le sud-ouest vers la France et la Péninsule ibérique. Les populations les plus nordiques tendent à migrer plus droit vers le sud, atteignant l’Afrique du Nord ; les populations les plus orientales migrent vers le nord-est de la Méditerranée (Wernham et al. 2002). Milwright (2006) a étudié la localisation des reprises de bagues des oiseaux en fonction de leur région origine, et distingue 5 voies migratoires principales : 1-De la Scandinavie vers l’Ouest de l’Espagne et le Portugal, en traversant la France 2-De l’Europe centrale à l’Est de l’Espagne, les Baléares et la Tunisie 3-De l’Europe du sud-est vers l’Italie, la Corse et la Sardaigne 4-De la Russie vers la mer Egée 5-Des Pays-Bas et nord-ouest de l’Allemagne vers la Belgique, l’Angleterre et la France Cette espèce effectue ainsi une migration « à saute-mouton », les oiseaux de la zone Pays-Bas/Allemagne du Nord ne dépassant guère la France et les populations les plus méridionales (et occidentales) étant sédentaires.

Passage postnuptial Il débute à la fin du mois d’août et s’achève à la mi-novembre, parfois plus tard, et est d’intensité maximale en octobre. Un premier pic a généralement lieu autour du 10 octobre et un second autour du 25. Le front est très large et la migration étant principalement nocturne, l’espèce n’est pas détectée en très grand nombre. Ce sont tout de même 22 000 oiseaux qui sont dénombrés depuis la pointe de l’Aiguillon en 1995.

Passage prénuptial Il est principalement orienté vers le nord-est en France. Dans le sud de la France, le long de la vallée du Rhône et des côtes Atlantiques, les premiers migrateurs peuvent passer dès la fin du mois de janvier, mais le gros du passage prénuptial a lieu lors de la première décade de mars, et un second pic a lieu fin mars (Roux & Boutin 2003). Le long des côtes de la Baltique, les tout premiers individus sont parfois signalés à la mi-mars, la médiane du passage se situe le 17 avril et celui-ci est presque terminé à la mi-mai, bien que des oiseaux en migration nocturne y soient notés jusque début juin (Sinelschikova et al. 2007).

Météorologie La date médiane du passage prénuptial de cette espèce s’est avancée de 10 jours lors des 40 dernières années le long des côtes de la Baltique. Or en février et mars, la fréquence des vents plus ou moins orientés au sud a nettement décliné sur la même période : les vents sont moins favorables aux départs en migrations en fin d’hiver/début de printemps. Sinelschikova et al. 2007 ont ainsi trouvé que les variations de fréquence des vents arrières (favorables à la migration) expliquaient plus de 50% des variations des dates d’arrivée (alors que les variations de température le long de la route migratoire n’en expliquent que 20%).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les grives musiciennes passent l'hiver en Afrique du Nord ou en Europe méridionale et occidentale. En mars, les mâles reviennent les premiers et établissent leur territoire. Quelques jours après, arrivent les femelles qui choisissent un partenaire. En avril, le couple construit le nid avec des tiges et brindilles entrelacées. Le nid est facilement reconnaissable : le fond est lisse, recouvert d'un torchis séché constitué d'argile, de limon et de salive.

La femelle y pondra 3 à 6 œufs bleutés, parsemés de taches sombres. Elle les couvera durant 12 à 14 jours[3]. Les poussins sont ensuite nourris au nid pendant 2 semaines par les parents, puis iront à terre où les parents continueront à les alimenter durant 2 à 3 semaines. Cependant, la mère ne s'occupe que de 3 petits si elle en a plus elle chasse les oisillons en dehors du nid et ne s'occupe plus d'eux.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La grive musicienne se nourrit de vers, de limaces, chenilles ou escargots, ainsi que de baies ou autres fruits.

La grive musicienne recherche son alimentation principalement au sol. Friande d'escargots, elle a pour habitude de se servir d'une pierre comme enclume afin d'y casser leur coquille. Ce comportement lui est propre et n'est pas partagé par les autres espèces de grives. Elle présente un exemple d'utilisation d'outil par un animal.

Comportement[modifier | modifier le code]

Plutôt solitaire et discrète en général, la Grive musicienne vit le plus souvent seule ou en couple, sauf durant l'hiver pendant lequel elle se joint aux bandes de grives mauvis. Elle vole souvent au ras du sol sur de courtes distances cherchant à se cacher rapidement. Par contre, en migration, elle a un vol direct et puissant.

Chant[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Chant de la grive musicienne

Le chant de la grive musicienne est très complexe : un motif simple, sifflé trois ou quatre fois, puis un autre et encore un autre, avec parfois des imitations du chant d'autres espèces : "Pii-èh pii-èh pii-èh" puis "Kvièt kvièt" suivi de "Pii-èh pii-èh pii-èh", "Trruy trruy trruy, codidio codidio". Pour corser le tout, la grive musicienne imite très bien la fauvette des jardins et d'autres encore. Il faut écouter attentivement l'imitation pour détecter une pause ou un son anormal qui désigne alors la grive !

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par l'ornithologue allemand Christian Ludwig Brehm en 1831[4].

Variétés domestiques[modifier | modifier le code]

Un individu des variétés brune, albino ou satinée, issu d'élevage, est considéré comme étant un animal domestique en droit français. Les autres formes de cet oiseau relèvent donc de la législation concernant les animaux sauvages[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, C. 1758. Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp
  2. (en) https://www.hbw.com/species/song-thrush-turdus-philomelos
  3. Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert », , 320 p., 22 cm × 30 cm (ISBN 978-2-7000-1504-1), p. 271
  4. Brehm, C. L. (1831). Handbuch der Naturgeschichte aller Vögel Deutschlands worin nach den sorgfältigsten Untersuchungen und den genauesten Beobachtungen mehr als 900 einheimische Vogel-Gattungen zur Begründung einer ganz neuen Ansicht und Behandlung ihrer Naturgeschichte vollständig beschrieben sind. Mit 47 ganz treu und sorgfältig nach der Natur gezeichneten illuminirten Kupfertafeln. pp. I-XXIV [= 1-24], 1-1085. Bernh. Friedr. Voigt, Ilmenau
  5. Arrêté du fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques

Annexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]