Louis de Genève

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Louis de Genève
Image illustrative de l'article Louis de Genève

Titre comte apanagiste de Genève
(avt. 1458-1459-1460)
Autre titre Roi de Chypre (1459-1460)
Prédécesseur Jean II de Chypre
Successeur Jacques de Lusignan
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Louis de Savoie
Naissance
Décès (à 51 ans)
Père Louis Ier de Savoie
Mère Anne de Chypre
Conjoint Charlotte de Chypre

Louis de Savoie ou de Genève, né le à Genève et mort en août 1482 au prieuré de Ripaille, près de Thonon, est un comte apanagiste de Genève et roi de Chypre, par mariage de 1459 à 1460, issu de la maison de Savoie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Louis est le second fils de Louis Ier de Savoie, deuxième duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et de Anne de Lusignan ou de Chypre[1], fille de Janus, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem[2],[3]. Anne de Lusignan a pour frère, le futur roi Jean II. Louis naît en juin 1441, à Genève[2].

Son frère aîné, Amédée (le futur duc Amédée IX) obtient de leur père les terres du Piémont, tandis que lui devient comte apanagiste de Genève[2],[4]. Toutefois ce dernier ne possède réellement aucun pouvoir sur l'ancien comté de Genève[4].

Fiançailles avec la fille du roi d'Écosse[modifier | modifier le code]

Le duc Amédée VIII envisage des alliances avec les grandes maisons royales d'Europe. Louis est fiancé par contrat de mariage, par la légation du duc de Savoie, à Stirling, la capitale du royaume d'Écosse, en décembre 1444 à Annabelle d'Écosse (en), fille du roi Jacques Ier d'Écosse, fils de Robert III[5],[6]. Dans son ouvrage, Samuel Guichenon donnait pour père Robert III[2]. Les deux enfants princiers sont âgés de huit ans[2],[5]. Annabelle d'Écosse se rend en Savoie l'année suivante[2],[5].

Le convoie de la princesse, accompagné des ambassadeurs du Duc, arrive en Savoie en septembre 1445, après un périple mouvementé de 86 jours[5]. De nombreuses dépenses ont été engagées pour son accueil, malgré le fait qu'elle ne soit pas l'héritière du royaume d'Écosse, ni la future duchesse de Savoie[5]. Le mariage n'est cependant pas célébré[5]. Le roi de France, Charles VII, n'est pas favorable à cette alliance et engage plusieurs ambassades pour l'empêcher[2]. Les promesses de sont ainsi rompues lors de négociations à Gannat, en présence du roi de France et des représentants du duc de Savoie et du roi d'Écosse[5]. Le duc doit payer 25 000 écus d'or de dommages-intérêts[2].

La petite princesse sera restée onze année à la cour de Savoie[5]. Rentrée en Écosse, elle est mariée à George Gordon (1440/41-1501), comte de Huntly[5].

Roi de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie[modifier | modifier le code]

En 1559, une nouvelle ambassade du duc de Savoie est envoyée auprès du roi de Chypre afin de négocier un mariage avec ce cadet de la maison de Savoie[6],[4]. Jean II de Chypre n'a pas descendant mâle, si ce n'est un bâtard Jacques[2]. Sa fille aînée, Charlotte de Lusignan, princesse d'Antioche, héritière du royaume, est veuve d'un premier mariage avec Jean de Coimbra, infant d'Espagne, mort en 1457[2]. L'union entre les deux cousins germains est envisagée. En effet, les parents des deux jeunes princes, sont frère et sœur.

Le mariage a lieu le 7 octobre[7]. La princesse d'Antioche devenue « reine de Jérusalem, de Chypre et d'Arménie » voit son titre contesté par son demi-frère, Jacques[7]. Ce dernier se réfugie auprès de al-Achraf Saïf ad-Din Inal, sultan mamelouk d'Égypte, et lui demande son intervention pour prendre possession du titre[7]. L'île de Chypre est occupée par les troupes du sultan en septembre 1460, Jacques s'empare du trône sous le nom de Jacques II de Chypre[7]. Louis s'est réfugié dans la forteresse de Cérines (Kyrenia), qui subit un siège de trois années[8].

Le rêve de la maison de Savoie de porter la couronne royale est de courte durée. L'historiographe de la maison de Savoie, Samuel Guichenon, nous dit que Louis ne peut faire face à « son propre malheur, la perfidie de ses sujets, l'oppression tyrannique d'un bâtard et les armes d'un roi barbare »[2]. L'historien, ancien ambassadeur de France, puis de l'Ordre de Malte, Claude Petiet le juge sévèrement plutôt « d'incapable »[7].

Mort et sépulture[modifier | modifier le code]

Louis tente de récupérer son ancien titre de comte apanagiste de Genève, à la mort de son père, en 1466[4]. Son frère cadet, Janus, qui a obtenu l'apanage en 1460, obtient cependant gain de cause et devient prince de ce fief[4].

Louis meurt en avril 1482 à Ripaille[9]. Il y est d'ailleurs enterré[9].

Titres[modifier | modifier le code]

Son père le fait comte apanagiste de Genève, avant 1458, et il devient par mariage roi de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie[1]. Le titre de comte apanagiste de Genève passe ensuite en 1460 à son cadet, Janus de Savoie. Il tente, lorsqu'il perd son titre royal, de récupérer son ancien titre de Genève, mais échoue.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires et autres preuves authentiques. Livres 1-2 / ; enrichie de plusieurs portraits, sceaux, monnaies, sculptures et armoiries, Lyon, G. Barbier, , 1073 p. (lire en ligne), p. 522.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires et autres preuves authentiques. Livres 1-2 / ; enrichie de plusieurs portraits, sceaux, monnaies, sculptures et armoiries, Lyon, G. Barbier, , 1073 p. (lire en ligne), p. 536-546.
  3. André Palluel-Guillard, « La Maison de Savoie » (consulté le 23 février 2017), dont André Palluel-Guillard, « Louis Ier » (consulté le 23 février 2017)
  4. a, b, c, d et e Laurent Perrillat, « Les apanages de Genevois au XVe siècle. quelques résultats de recherches sur les institutions et les hommes », Etudes savoisiennes, no halshs-01023760,‎ (lire en ligne).
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i Eva Pibiri, « A la recherche d'une épouse. Ambassades et voyages autour des fiançailles d'Annabelle d'Ecosse et de Louis de Savoie, comte de Genève (1444-1445) », Cahiers lausannois d'histoire médiévale, vol. L'itinérance des seigneurs (XIVe-XVIe s.), no 34,‎ , p. 123-171 (lire en ligne).
  6. a et b Thierry Couzin, Passer par le XIXe siècle : les frontières, le capitalisme, l'Occident : aux origines européennes de l'unification italienne, Peter Lang, , 411 p. (ISBN 978-3-0343-0318-7, lire en ligne), p. 103.
  7. a, b, c, d et e Claude Petiet, Au temps des chevaliers de Rhodes, Fernand Lanore, , 336 p. (ISBN 978-2-85157-192-2, lire en ligne), p. 45-46.
  8. Ivan Cloulas (avec Vito Castiglione-Minischetti), Mémoires d'un pape de la Renaissance : Les Commentarii de Pie II, Tallandier, , 540 p. (ISBN 979-1-02101-680-4, lire en ligne), p. 257, note de bas de page.
  9. a et b Bernard Andenmatten, Laurent Ripart, « Ultimes itinérances. Les sépultures des princes de la Maison de Savoie entre Moyen Âge et Renaissance », dans Agostino Paravicini Bagliani, Eva Pibiri et Denis Reynard (dir.), L’itinérance des seigneurs (XIVe-XVIe siècles). Actes du Colloque international de Lausanne et Romainmôtier, 29 novembre-1er décembre 2001, Lausanne, Université de Lausanne, (lire en ligne), p. 239.