Aymon de Savoie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Aymon de Savoie
Illustration.
Gisant d'Aymon avec son épouse Yolande dans l'abbaye d'Hautecombe.
Titre
Comte de Savoie

(13 ans, 7 mois et 20 jours)
Prédécesseur Édouard Ier
Successeur Amédée VI
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Nom de naissance Aymon de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Chambéry (Savoie)
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Montmélian (Savoie)
Sépulture Abbaye d'Hautecombe
Père Amédée V de Savoie
Mère Sibylle de Baugé
Conjoint Yolande de Montferrat
Enfants Amédée
Blanche
Jean
Catherine
Louis
Humbert (bâtard)
Héritier Amédée VI de Savoie (son fils)
(1329-1343)
Religion Catholique

Aymon de Savoie
Comtes de Savoie

Aymon de Savoie, dit « le Pacifique », né à Chambéry le et mort à Montmélian le , est comte de Savoie, de Maurienne et duc d'Aoste, de 1329 à 1343.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Fils cadet d'Amédée V de Savoie et de Sibylle de Baugé, il reçoit une formation ecclésiastique et exerce la charge de chanoine du chapitre de Lyon sans être prêtre. Il se trouve à Avignon, auprès du pape Jean XXII, lorsqu'il apprend sa nouvelle destinée.

Règne[modifier | modifier le code]

Aymon, soutenu par les États Généraux de Savoie qui avaient déclaré « que les États de Savoie ne tombaient pas de lance en quenouille » s'oppose à sa nièce Jeanne fille unique d'Édouard Ier et épouse du duc Jean III de Bretagne qui revendique le comté[1]. Il passe les premières années de son règne à combattre le Dauphin Guigues VIII de Viennois partisan de sa nièce. Après la mort de Guigues VIII en 1333 Aymon signe avec le nouveau Dauphin, Humbert II de Viennois, le traité de Chapareillan de 1334, dans lequel il reconnaît le Rhône comme frontière entre les États de Savoie et le Dauphiné septentrional. Par l'entremise du roi de France le 22 novembre 1339 un accord est également conclu avec Jeanne qui abandonne ses droits contre une rente de 6.000 livres tournois. Ces traités apportent une période de paix qui vaut à Aymon le surnom de « Pacifique ».

Il crée les Assises générales de Savoie, qu'il préside lui-même et qui ont lieu en mai de chaque année. Le 29 novembre 1329 il établit à Chambéry une cour permanente de justice qui décharge le Conseil suprême, lequel suivait les déplacements du comte[2]. Le 30 mai 1330 il crée également une chancellerie de Savoie. À cette époque les États de Savoie se divisent en dix bailliages répartis entre soixante-quinze châtellenies. Durant la guerre de Cent Ans, il aide le roi de France, Philippe VI de Valois, à combattre Édouard III d'Angleterre et participe notamment à la guerre des Flandres et rejoint l'ost royal en 1339 et 1342[3]. Il installe définitivement au château de Chambéry la chambre des comptes, où les châtelains viennent rendre leur comptabilité. Il agrandit les bâtiments du château et y fait construire une chapelle.

Entre octobre-novembre 1335, son châtelain de Salins engage un rapport de force avec la cité épiscopale de Moûtiers, en Tarentaise[4],[5]. L'affaire se poursuit par le siège de la cité durant 15 jours, jusqu'à ce que l'archevêque Jacques de Verloz de Salins vienne à Annecy pour obtenir du comte Aymon la fin du calvaire[4],[5]. Selon la tradition, face aux suppliques de l'archevêque, le comte aurait répondu « Qu'ils subissent le siège ou laissent arrêter les étrangers chez eux ! » ( « qui paterentur obsidionem aut captionem alienigenarum in civitate Musterii »)[4],[5]. Cet événement marque le début de la soumission du pouvoir temporel des archevêques face aux comtes de Savoie.

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Son épouse, malade, meurt en couches la veille de Noël 1342[6].

Il rédige son testament le , dont l'un des testamentaires sera l'évêque de Maurienne, Anthelme II de Clermont[7].

Aymon de Savoie meurt le , à Montmélian[8].

Après sa mort à Montmélian il est inhumé dans la chapelle des Princes de l'abbaye d'Hautecombe, chapelle qu'il a lui-même fait construire pour y rassembler les restes de ses aïeux qui reposaient jusqu'alors dans le cloître de l'abbaye.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Aymon épouse à Casal, le 1er mai 1330, Yolande de Montferrat (1318 - †1342), fille du marquis de Montferrat, Théodore Ier Paléologue et d'Argentina Spinola, de laquelle il a cinq enfants[6] :

  • Amédée (1334 - †1383), son successeur
  • Blanche Marie (1336 - †1387), mariée en 1350 au seigneur de Milan, Galéas II Visconti (1320 - †1378)
  • Jean (1338 - †1345)
  • Catherine (1341 - †)
  • Louis (1342 mort-né) dont la naissance coûte la vie à sa mère Yolande[6]

Hors mariage, Aymon eut un certain nombre d'enfants illégitimes (estimé à sept ou huit[9]) qui furent tous élevés à la cour. Deux d'entre eux sont connus : Humbert et Ogier (Oger)[10].

Humbert — à ne pas confondre avec un autre bâtard nommé Humbert (d.1443) — épouse Audise, héritière des seigneurs d'Arvillard « en Allevard », en 1341[11],[12],[13]. Il devient ainsi seigneur d'Arvillard et des Molettes. Il épouse en secondes noces Marguerite, fille du noble Humbert V de Chevron[14]. L'usage du prénom d'Humbert trouve son origine avec le fondateur dynastique des Savoie (en allemand Leitname), Humbert aux Blanches Mains et est utilisé entre le milieu du XIVe siècle et le XVe siècle pour prénommer les grands bâtards comtaux[15].

Le second, Ogier (Ogerii bastardi de Sabaudie), mort en 1372, a eu une carrière moins importante, il a cependant été châtelain de Faverges, Conflans[10]. Il a été probablement marié avec une Dame de Meyria, ainsi que plus probablement Bernarde de Cevins, pour qui c'est le second mariage[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages spécialisés sur la période[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Marie José Histoire de la Maison de Savoie « Les origines » éditions Albin Michel, Paris 1956 p. 53-54 et note no 1.
  2. Jules-Joseph Vernier, Étude historique et géographique sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis, (réimpr. 1993) (1re éd. 1896), 185 p. (ISBN 978-2-7428-0039-1 et 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 64.
  3. Marie José op.cit p. 62 et 67.
  4. a b et c Émile Plaisance, Histoire de Tarentaise jusqu'en 1792, Moûtiers, A. Gavin, , 334 p. (lire en ligne), p. 106-108.
  5. a b et c Jacqueline Roubert, « La seigneurie des Archevêques Comtes de Tarentaise du Xe au XVIe siècle », Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, impr. Chatelain (Chambéry), no 6, tome 5,‎ , p. 235 (lire en ligne).
  6. a b et c Germain 2007, p. 397.
  7. Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye, S. Hénault, 1759 (copie de l'exemplaire bibliotheque cant. et univ. lausanne), 506 p. (lire en ligne), p. 296-297.
  8. Jean Cordey, Les Comtes de Savoie et les rois de France pendant la Guerre de Cent Ans (1329-1391), Paris, 1911, p. 60.
  9. Demotz 2000, p. 170.
  10. a b et c (en) Eugene L. Cox, The Green Count of Savoy : Amedeus VI and Transalpine Savoy in the Fourteenth-Century, Princeton University Press, (réimpr. 2015) (1re éd. 1967), 422 p. (ISBN 978-1-4008-7499-6, présentation en ligne), p. 353-354.
  11. Léon Menabrea, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale, , 596 p., p. 462.
  12. Eugène Burnier, La Chartreuse de Saint-Hugon en Savoie, Imprimerie F. Puthod, , 567 p., p. 80.
  13. Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny et Chablais, vol. 5, Éditions de la revue "Les Alpes", (ISBN 978-2-84265-326-2), p. 139.
  14. Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, pp. 271-273 (lire en ligne).
  15. Guido Castelnuovo, « Humbert le Bâtard : un seigneur itinérant au service de son prince », dans Agostino Paravicini Bagliani, Eva Pibiri, Denis Reynard, L'itinérance des seigneurs, actes du Colloque international, vol. 34, Lausanne, Université de Lausanne, Faculté des lettres, Section d'histoire, coll. « Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale », , 413 p. (ISBN 978-2-94011-047-6, lire en ligne), p. 5-25, p. 10.