Langues en Côte d'Ivoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Langues de Côte d'Ivoire)
Aller à : navigation, rechercher
Langues en Côte d'Ivoire
Langues officielles Français
Journaux ivoiriens, en français
Groupes linguistiques et ethniques de la Côte d’Ivoire
Carte simplifiée des principales langues, le français exclu

Le français est la langue officielle de la Côte d'Ivoire. Elle y est la langue d'enseignement et environ 70 % des habitants du pays la comprennent. Selon l'OIF en 2009, 99 % des habitants de la plus grande ville du pays Abidjan savent lire, écrire et parler français[1].

Les langues d'origine africaines en Côte d'Ivoire appartiennent à quatre principaux groupes linguistiques : Akan et Krou dans le sud du pays, Mandé et Voltaïque dans le nord ; il y a plus de 60 langues indigènes. Les plus parlées sont le sénoufo (1 663 199 locuteurs), le dioula (303 491 locuteurs), extrêmement proche du bambara, le baoulé (akan) (3 943 667 locuteurs) et le bété (3 086 348 locuteurs). D'autres langues comme le yacouba (1 301 410 locuteurs) et l'agni (953 339 locuteurs) sont aussi des langues importantes. Ces six ethnies à elles seules représentent 58,03 % des ivoiriens. En outre le dioula est utilisé par la majeure partie des commerçants (Marchés) souvent illettrés. Parmi les autres langues usitées on note les dialectes gur, kru (dont le néyo, le dida, le nyabwa, le , et le krahn), langues kwa (telles que l'abé, l'abouré, l'abron, l'adjoukrou et l'avikam...). En outre, environ 70 % des habitants du pays pratiquent le français, langue officielle de l'État[2].

Évolution linguistique[modifier | modifier le code]

Les Mandé forestiers (Dan, Gban et Kwéni) sont arrivés aux entre le XIe siècle et le XVIe siècle, en provenance de la zone du Sahel. Aux XIVe siècle et XVe siècle, d’autres groupes venus du nord (Ligbi, Numu et quelques clans Malinké) s'installement à leur tour, ce qui provoque quelques déplacements limités de populations plus anciennement établies (Krou sur la côte avant le XVe siècle et Sénoufo). Les XVIe siècle et XVIIe siècle consacrent l’arrivée au nord de plusieurs clans Malinkés ou mandé-dioula (Kamagaté, Keita, Binate, Diomandé) et Sénoufo et au sud-est, des peuples en provenance de la basse vallée de la Volta (Efié, Essouma, Abouré, Alladian et Avikam). L’un de ces groupes akan (Abron) s’installe dans la région de Bondoukou à l’est du pays[3].

Le XVIIIe siècle consacre les grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ébriés, M'Battos, Abidji) dans le sud-est et le centre du pays ainsi que celle d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso[4].

Ces migrations sont causes de conflits entre les populations, mais permettent surtout de tisser de nombreuses alliances politiques et matrimoniales ainsi que des parentés à plaisanterie[5].

Ainsi se met en place le système linguistique que les colonisateurs vont trouver aux XIXe siècle et XXe siècle, et auquel ils surimposeront le français, aujourd'hui langue officielle et d'enseignement de la Côte d'Ivoire[2].

Français[modifier | modifier le code]

En 2014, 57,6 % des habitants d'Abidjan de 15 ans et plus savent lire et écrire le français tandis que 68,6 % savent le parler et le comprendre[6].

Estimation des effectifs de francophones analphabètes en 2015 à Abidjan[7]
Population totale estimée en 2015 4 923 000
Population de 15 ans et plus estimée en 2015 3 209 796
Pourcentage sachant lire et écrire le français 57,6 %
Pourcentage sachant parler et comprendre le français 68,6 %
Nombre de francophones analphabètes estimé en 2015 353 078

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. OIF 2010
  2. a et b MFI 2009
  3. Kipré 1992, p. 23-25
  4. Kipré 1992, p. 25
  5. Kouadio Kouadio 2004
  6. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 30
  7. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 31

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes : avec des notes linguistiques et ethnologiques, une bibliographie et une carte, Paris, E. Leroux,‎ , 284 p.
  • Georges Hérault (dir.), Atlas des langues kwa de Côte d'Ivoire, Université d'Abidjan, Institut de linguistique appliquée,‎ , 509 p. (ISBN 2-7166-0228-X)
  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,‎
  • Yacouba Kouadio Kouadio, « Alliances inter-ethniques et parenté à plaisanterie ou dynamique d'une dédramatisation endogène des conflits socio-politiques en Afrique : le cas de la Côte-d'Ivoire », dans Actes du colloque international sur « Royautés, chefferies traditionnelles et nouvelles gouvernances : problématique d'une philosophique pour l'Afrique politique », Abidjan, édition Dagekof,‎ (ISBN 978-2-9503515-6-2), p. 76-90
  • Médias France Intercontinents, Le français, enjeu du XXIe siècle, Organisation internationale de la francophonie,‎ , 35 p. (lire en ligne)
  • Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde en 2010, Nathan,‎ (ISBN 978-2-09-882407-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]