Léon Cligman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Léon Cligman, né le à Tighina (royaume de Roumanie), est un industriel français du secteur du textile.

Carrière[modifier | modifier le code]

Né Leib Cligman à Tighina, ville de l'ancienne URSS aujourd'hui nommée Bender et située en Moldavie, Léon Cligman est fils d'industriel confectionneur du textile. Il étudie à l'École supérieure de commerce de Paris.

En 1941, Léon Cligman entre dans la Résistance française et devient secrétaire du Comité départemental de Libération pour la région d'Issoudun en 1944. À la Libération, il est un temps maire de cette ville et assure l'intérim avec les nouvelles institutions[1].

Il est nommé président (1940), cogérant (1946) puis gérant (1961) de la Confection de l'Indre à Issoudun, entreprise fondée par son père Serge en octobre 1939. En 1955, la Confection de l’Indre devient Indreco. Il est gérant (1958) puis cogérant (1961) de la Manufacture tourangelle de confection, animateur des établissements textiles Lemmel (1960), Duthilleul (1964) devenus Cidel SA (1969), Labrosse et Fils (1964), entités du groupe Indreco qu'il préside depuis 1989.

Simultanément, Léon Cligman est administrateur (1973) puis vice-président (1977-1991) des Nouvelles Galeries réunies, gérant de Devanlay-Recoing (1975-1984), puis président de Devanlay SA (1984-1998), qui possède les marques Lacoste, Scandale, Jil, Orly. À la fin des années 1970, le groupe Indreco-Devanlay emploie plus de 40 000 salariés[2]. En 1998, Léon Cligman vend Devanlay au groupe suisse Maus pour un montant de 2,9 milliards de francs[3].

Il s'associe à Pierre Bergé, président d'Yves Saint Laurent, pour contrer l'OPA lancée par Maurice Bidermann sur Saint Laurent via le groupe Mendès SA, fondé par Cerf Mendès France en 1902, dépositaire des licences Yves Saint Laurent, Christian Lacroix[4]. Il devient président de Mendès SA (1989-2000) puis cède Mendès à Gucci en 2000[5].

Le géant du textile Indreco possède également la marque New Man depuis 1966. Léon Cligman prend la présidence de New Man en 1986 et le groupe Jacques Jaunet SA est rebaptisé du nom de la marque. En 2000, il revend New Man au groupe Morepeace[6].

Léon Cligman est censeur de Pinault-Printemps-Redoute (1993-2002), administrateur (1979-1982) puis membre du Conseil de surveillance de Printemps SA (1982-1993), d'Uniprix (1973-1992), de la BNP (1982-1989), de Christian Dior SA (1983-1987), du groupe Yves Saint Laurent SCA (1989-1993), de la chemiserie Lacoste (1986-1998) et de Diffusion Rive Gauche - YSL (1987-2000).

Léon Cligman est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945, commandeur des Arts et des lettres (1985) et de la Légion d'honneur (1988), décoré par le président de la République François Mitterrand au Palais de l'Élysée[7]. Il est élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mérite sur la promotion du 15 mai 2015, par le Premier ministre Manuel Valls[8].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Donation[modifier | modifier le code]

En juin 2016, le conseil municipal de Tours a été saisi d'un projet de donation de la collection Léon Cligman au musée des Beaux-Arts. Sur 1800 œuvres, 1200 ont été retenues. Parmi les œuvres, on compte des peintures de Camille Corot, Henri de Toulouse-Lautrec, Maurice de Vlaminck, des sculptures de César, Eugène Delacroix, Edgard Degas, des dessins de Jean-Baptiste Carpeaux, Kees van Dogen, ou encore des objets d'antiquités (Afrique, Egypte, Grèce, Rome)[10]. Cette donation est assortie d'un financement pour construire une extension du musée qui accueillera cette collection.

En mars 2017, le conseil municipal de Tours met fin de manière anticipée au partenariat qui liait la ville au Jeu de Paume, dans le but d'installer la collection Cligman au château de Tours, qui accueillait jusque-là des expositions temporaires du Jeu de Paume[11].

Après l'échec du projet avec la ville de Tours en août 2017, c'est finalement à la Région Pays de la Loire qu'ira la donation du couple Cligman[12]. Ainsi, c'est l'Abbaye Royale Notre-Dame de Fontevraud qui accueillera les oeuvres courant 2019[13].

Le 23 juillet 2018 au ministère de la Culture, Léon Cligman et son épouse signent avec Françoise Nyssen l'acte officiel de donation des oeuvres[14].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Après la donation de plusieurs terrains à la ville d'Issoudun (l'un où est édifié l'actuel gymnase Serge Cligman, l'un pour la construction du square Anne-Franck, l'autre pour la maison de la Croix-Rouge avenue de Chinault), Léon Cligman est fait citoyen d'honneur d'Issoudun en 1994.

Le site industriel d'Indreco d'une surface de près de 4 000 m² ferme définitivement en 1998 et fait l'objet d'une nouvelle donation en juin 2001. L'usine devient le Piaf (Pôle Images Arts et Formations) en 2006. En 2012, un nouveau legs d'un terrain de 12 000 m² est fait à la ville. À cette occasion, une plaque commémorative honorant la famille Cligman est apposée à l'endroit de l'ancienne usine Indreco[21].

Une rue Serge-Cligman porte également le nom de son père à Issoudun.

Famille[modifier | modifier le code]

Léon Cligman est le mari de Martine Lévy, dite "Martine Martine", artiste peintre, sculptrice, cofondatrice du musée d'art moderne de Troyes (1982), chevalier de l'ordre national du Mérite (2003)[22], commandeur des Arts et des Lettres (2009)[23], chevalier de la Légion d'honneur (2011)[24] ; et le père de l'avocate Olivia Cligman, codéfenderesse de Florence Rey dans l'affaire Rey-Maupin en 1994[25].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Nouvelle République, 18 février 2012
  2. Les Cligman et Issoudun, La Nouvelle République,février 2012
  3. Libération du 19 mars 1998
  4. Didier Grumbach, Histoires de la mode, éditions du Regard, 2008
  5. Bruna Basini, « Avec les " Gucci men ", Saint Laurent adopte le style business », L'Expansion,
  6. Morepeace accquiert New Man, Le Figaro, 3 juin 2010
  7. Catalogue raisonné de l'oeuvre de Martine Cligman, p.11
  8. Journal officiel de la République française n° 112 du 16 mai 2015
  9. Ligue française contre la sclérose en plaques, qui sommes-nous
  10. « Tours : l'incroyable donation faite au musée des Beaux-Arts », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  11. « Le Jeu de Paume poussé vers la sortie du château », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  12. « La donation Cligman ira en Pays de la Loire », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 1er septembre 2017)
  13. La donation Cligman à Fontevraud, ministère de la Culture, DRAC Pays de la Loire, 1er septembre 2017
  14. Ouest France, signature de la donation Cligman, 24 juillet 2018
  15. Décret du 14 juillet 1988 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur
  16. Décret du 15 mai 2015 portant élévation aux dignités de grand croix et de grand officier dans l'ordre national du Mérite
  17. Décret du 15 novembre 2004 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite
  18. Décret du 5 décembre 1985 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite
  19. Arrêté du 4 juin 1985 portant nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres
  20. Vérifié auprès de la section des distinctions honorifiques du ministère de la Culture, janv. 2019
  21. Issoudun honore son généreux donateur, La Nouvelle République, 18 février 2012
  22. Journal officiel de la République française n° 264, 15 novembre 2003
  23. Arrêté de janvier 2009
  24. Journal officiel de la République française n°1, 1er janvier 2011
  25. Olivia Cligman, ancienne avocate de Florence Rey, Le Parisien, 22 novembre 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]