Léon Cligman

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Léon Cligman, né le (97 ans) à Tighina (royaume de Roumanie), est un industriel français du secteur du textile.

Carrière[modifier | modifier le code]

Né Leib Cligman à Tighina, ville de l'ancienne URSS aujourd'hui nommée Bender et située en Moldavie, Léon Cligman est fils d'industriel confectionneur du textile. Il étudie à l'École supérieure de commerce de Paris.

En 1941, Léon Cligman entre dans la Résistance française et devient secrétaire du Comité départemental de Libération pour la région d'Issoudun en 1944. À la Libération, il est un temps maire de cette ville et assure l'intérim avec les nouvelles institutions[1].

Il est nommé président (1940), cogérant (1946) puis gérant (1961) de la Confection de l'Indre à Issoudun, entreprise fondée par son père Serge en octobre 1939. En 1955, la Confection de l’Indre devient Indreco. Il est gérant (1958) puis cogérant (1961) de la Manufacture tourangelle de confection, animateur des établissements textiles Lemmel (1960), Duthilleul (1964) devenus Cidel SA (1969), Labrosse et Fils (1964), entités du groupe Indreco qu'il préside depuis 1989.

Simultanément, Léon Cligman est administrateur (1973) puis vice-président (1977-1991) des Nouvelles Galeries réunies, gérant de Devanlay-Recoing (1975-1984), puis président de Devanlay SA (1984-1998), qui possède les marques Lacoste, Scandale, Jil, Orly. À la fin des années 1970, le groupe Indreco-Devanlay emploie plus de 40 000 salariés[2]. En 1998, Léon Cligman vend Devanlay au groupe suisse Maus pour un montant de 2,9 milliards de francs[3].

Il s'associe à Pierre Bergé, président d'Yves Saint Laurent, pour contrer l'OPA lancée par Maurice Bidermann sur Saint Laurent via le groupe Mendès SA, fondé par Cerf Mendès France en 1902, dépositaire des licences Yves Saint Laurent, Christian Lacroix[4]. Il devient président de Mendès SA (1989-2000) puis cède Mendès à Gucci en 2000[5].

Le géant du textile Indreco possède également la marque New Man depuis 1966. Léon Cligman prend la présidence de New Man en 1986 et le groupe Jacques Jaunet SA est rebaptisé du nom de la marque. En 2000, il revend New Man au groupe Morepeace[6].

Léon Cligman est censeur de Pinault-Printemps-Redoute (1993-2002), administrateur (1979-1982) puis membre du Conseil de surveillance de Printemps SA (1982-1993), d'Uniprix (1973-1992), de la BNP (1982-1989), de Christian Dior SA (1983-1987), du groupe Yves Saint Laurent SCA (1989-1993), de la chemiserie Lacoste (1986-1998) et de Diffusion Rive Gauche - YSL (1987-2000).

Croix de guerre 1939-1945, commandeur de la Légion d'honneur et des Arts et des lettres, Léon Cligman est élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mérite sur la promotion du 15 mai 2015[7].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Donation[modifier | modifier le code]

En juin 2016, le conseil municipal de Tours a été saisi d'un projet de donation de la collection Léon Cligman au musée des Beaux-Arts. Sur 1800 œuvres, 1200 ont été retenues. Parmi les œuvres, on compte des peintures de Camille Corot, Henri de Toulouse-Lautrec, Maurice de Vlaminck, des sculptures de César, Eugène Delacroix, Edgard Degas, des dessins de Jean-Baptiste Carpeaux, Kees van Dogen, ou encore des objets d'antiquités (Afrique, Egypte, Grèce, Rome)[9]. Cette donation est assortie d'un financement pour construire une extension du musée qui accueillera cette collection.

En mars 2017, le conseil municipal de Tours met fin de manière anticipée au partenariat qui liait la ville au Jeu de Paume, dans le but d'installer la collection Cligman au château de Tours, qui accueillait jusque-là des expositions temporaires du Jeu de Paume[10].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Par ordre de préséance :

Hommages[modifier | modifier le code]

Après la donation de plusieurs terrains à la ville d'Issoudun (l'un où est édifié l'actuel gymnase Serge Cligman, l'un pour la construction du square Anne-Franck, l'autre pour la maison de la Croix-Rouge avenue de Chinault), Léon Cligman est fait citoyen d'honneur en 1994. Le site industriel d'Indreco d'une surface de près de 4 000 m² ferme définitivement en 1998 et fait l'objet d'une nouvelle donation en juin 2001. L'usine devient le Piaf (Pôle Images Arts et Formations) en 2006. En 2012, un nouveau legs d'un terrain de 12 000 m² est fait à la ville. À cette occasion, une plaque commémorative honorant la famille Cligman est apposée à l'endroit de l'ancienne usine Indreco[11].

Famille[modifier | modifier le code]

Léon Cligman est le mari de Martine Lévy, dite "Martine Martine", artiste peintre, sculptrice, cofondatrice du musée d'art moderne de Troyes (1982), chevalier de l'ordre national du Mérite (2003)[12], commandeur des Arts et des Lettres (2009)[13], chevalier de la Légion d'honneur (2011)[14] ; et le père de l'avocate Olivia Cligman, codéfenderesse de Florence Rey dans l'affaire Rey-Maupin en 1994[15].

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]