Pleuven

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Pleuven
Pleuven
Mairie de Pleuven.
Blason de Pleuven
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Fouesnantais
Maire
Mandat
David Del Nero
2020-2026
Code postal 29170
Code commune 29161
Démographie
Gentilé Pleuvennois
Population
municipale
3 247 hab. (2021 en augmentation de 16,09 % par rapport à 2015)
Densité 237 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 54′ nord, 4° 02′ ouest
Altitude Min. 2 m
Max. 77 m
Superficie 13,69 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Fouesnant
(banlieue)
Aire d'attraction Quimper
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Fouesnant
Législatives Première circonscription
Localisation
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Pleuven
Liens
Site web Site de la commune

Pleuven [pløvɛn] (en breton : Pluwenn) est une commune du Pays fouesnantais située dans le département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Description, relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Pleuven est une commune du Pays fouesnantais située dans le sud du département du Finistère (au sud de Quimper) et littorale de l'océan Atlantique grâce à l'estuaire du ruisseau de l'anse de Saint-Cadou, ria affluente de rive gauche de celle que forme l'Odet, aux environs de Moulin du Pont ; ce ruisseau de l'anse de Saint-Cadou, un petit fleuve côtier, qui a sa source dans la commune voisine de Saint-Évarzec, forme d'ailleurs la limite nord de la commune, la séparant de Quimper (antérieurement d'Ergué-Armel avant l'annexion de cette commune par Quimper). D'autres tronçons de minuscules fleuves côtiers servent aussi de limite communale à l'ouest avec Gouesnach (ruisseau de l'anse de Kerandraon), au sud avec Clohars-Fouesnant (ruisseau de l'anse du Petit Moulin) et à l'est avec Fouesnant (ruisseau se jetant dans l'anse de Penfoulic, qui a sa source à l'est du bourg de Pleuven).

Carte de la commune de Pleuven.

Le finage de Pleuven est pour l'essentiel constitué d'un plateau situé vers une cinquantaine de mètres d'altitude (l'altitude la plus élevée atteint 66 mètres à l'ouest du bourg), qui constitue une zone de sources, et donc de divergence hydrographique pour les divers cours d'eau précités et certains de leurs petits affluents. Ce plateau est limité au nord par un talus visible principalement entre Creac'h Quetta, la chapelle Saint-Tudy et le moulin du Pont, qui limite une zone de comblement alluvionnaire dépassant à peine le niveau de la mer et correspondant à la partie aval du ruisseau de l'anse de Saint-Cadou (on y a installé une importante station d'épuration mise en service en 2014, juste à l'est du moulin du Pont[1]).

Géologie et paléontologie[modifier | modifier le code]

Des végétaux fossiles caractéristiques d'une flore éocène (empreintes de feuilles, fruits, bois silicifiés) se trouvent dans des grès datant du tertiaire et reposant sur des gneiss, près de la chapelle Saint-Tudy et aux environs de Moulin du Pont. Ils ont été signalés pour la première fois par Henri du Laurens de la Barre en 1863[2].

Des affleurements d'amphibolite forment une traînée allant de Pleuven à Fouesnant[3].

Transports[modifier | modifier le code]

Panneaux Michelin d'entrée et de sortie de la commune. Ils ont été retirés du service au bord de la route puis installés dans le jardin de la mairie de Pleuven en tant que patrimoine et souvenir.

Le bourg de Pleuven est traversé par la D 45 qui prend naissance au giratoire de Moulin du Pont et va jusqu'à Fouesnant et Beg Meil ; la D 34, qui vient de Quimper, traverse l'ouest de la commune du giratoire de Moulin du Pont jusqu'à Ty Glaz, desservant plus au sud Bénodet.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le paysage agraire traditionnel était celui du bocage avec habitat dispersé en écarts formés de hameaux et fermes isolées, mais le voisinage de Fouesnant et de la Riviera bretonne, ainsi que la proximité de Quimper, a totalement transformé la commune, provoquant une notable rurbanisation : le bourg s'est beaucoup développé avec de nombreux lotissements créés principalement à l'ouest et au sud de celui-ci ; d'autres zones de lotissements se sont développées ailleurs sur le territoire communal, notamment à l'ouest de moulin du Pont et au Prajou, ainsi qu'aux environs de Ty Glaz.

La zone d'activités de Fouesnant s'est en partie étendue dans la partie orientale du finage communal, avec principalement le centre commercial "Quai 29", constitué principalement par un hypermarché et quelques autres magasins ; le lotissement de Pen Hoat Salaün s'est développé à proximité.

Climat[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation[5]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Monts d'Arrée », avec des hivers froids, peu de chaleurs et de fortes pluies[6].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 118 mm, avec 15,4 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020 la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Plomelin à 8 km à vol d'oiseau[7], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 150,4 mm[8],[9]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[10].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Pleuven est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[11],[12],[13]. Elle appartient à l'unité urbaine de Fouesnant, une agglomération intra-départementale regroupant six communes[14] et 24 203 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[15],[16].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 58 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[17],[18].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,2 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (78,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (39,2 %), terres arables (24 %), zones urbanisées (15 %), prairies (10 %), forêts (9,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %), eaux maritimes (0,1 %)[19]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie[modifier | modifier le code]

La localité est attestée sous la forme Ploeguen en 1402[20]. Le nom proviendrait du breton plou- (paroisse) et de Uuin (sainte Gwenn)[21]. Le nom de la commune est Pluwenn en breton[22].

La mention Ploe Meguen en 1468[23], semble provenir d'une confusion avec Ploeven.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Statue d'un barde à la lyre trouvée dans le camp gaulois de Paule (Côtes-d'Armor) en hornblendite provenant de Kerlévot en Pleuven.

Un tumulus se trouve dans la propriété du manoir de Créac'h Quetta[24]. Une hache en bronze et une soixantaine d'autres objets furent trouvés dans une cachette de fondeur à Kilivérien en Pleuven[25].

Le Chevalier de Fréminville écrit en 1845 : « Dans la paroisse de Pleuven, on trouve un assez grand système druidique [en réalité mégalithes] près du moulin nommé "le Moulin du Pont". Il consiste en un grand nombre de pierres brutes, les unes plantées, les autres simplement posées sur le sol d’une vaste lande. Parmi tous ces blocs, dont le plus haut a 2 mètres 30 d’élévation, on reconnaît avec peine l’enceinte elliptique d’un cromlech de 33 mètres de périmètre, qui est composé de 10 pierres, dont la plus occidentale est un vrai menhir de 3 mètres de hauteur. Quelques autres blocs, paraissant rangés sur deux lignes droites et parallèles, semblent indiquer une espèce d’avenue, se dirigeant du Moulin du Pont vers la lande où sont les autres pierres. Du reste l’ensemble a subi de grandes mutilations »[26]. De nos jours, seul subsiste un menhir.

La métahornblendite du carrefour de Kerlévot en Pleuven[27] qui se présente en quelques bancs de chlorito-amphibolite interstratifiés en un point très limité de la bande de micaschistes allant de Tréguennec jusqu'à Pont-Aven, a été exploitée dès le néolithique ; l'objet le plus connu retrouvé est la statuette à la lyre, représentant une divinité gauloise, retrouvée à Saint-Symphorien en Paule (Côtes-d'Armor) ; le lieu d'extraction de la pierre et celui de sa mise au rebut se trouvent tous deux dans le territoire de la tribu des Osismes[28] ; mais des objets divers provenant de ce gisement de métahornblendite ont été retrouvés jusque dans la Somme, une hache polie près d'Abbeville par exemple[29], une autre à l'Armor en Pleubian[30], etc..

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Pleuven est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui couvrait initialement un vaste territoire, englobant les communes actuelles de Gouesnac'h, Bénodet, Fouesnant, Clohars-Fouesnant, La Forêt-Fouesnant, Saint-Évarzec et la partie sud de Saint-Ivy (d'où le "Bois de Pleuven" situé dans cette dernière commune)[21]. Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes, les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons[31].

En 1426 Yvon de Kergoët vivait au manoir de Keroulain, Tiphaine de Kervastar à celui de Kerc'houil et Yvon de Keranrais à celui de Keranrais, mais la majeure partie du territoire de Pleuven dépendait du fief de Bodigneau (en Clohars-Fouesnant). La montre de 1481 de l'évêché de Cornouaille cite trois nobles de Pleuven : Jehan de Kergoët, Yvon Servan et Louis Kergos ; celle de 1562 cite Jehan de Lanros, René Caryou (sieur de Kerguilly) et Jehan Quimarch, sieur de Lanros[21].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Pendant les Guerres de la Ligue, le 17 janvier 1576, trente gentilshommes du pays, commandés par messires de Kermassouet et Baud de Vigne-la-Houlle, qui professaient la religion réformée prirent par ruse la ville de Concarneau. Les habitants des paroisses voisines, commandés par de Pratmaria[32] et Jean de Tyvarlen[33] s'assemblent au son du tocsin (« le tocsin sonnait dans les paroisses de Fouesnant, Pleuven, Saint-Évarzec et autres, et nous entourions la place, à la tête de 8 à 10 000 paysans » et se dirigent vers Concarneau, aidant à la reprise de la ville par les catholiques[34].

Une confrérie du Rosaire est créée à Pleuven le  : « Promesse fut faite de célébrer solennellement chaque année la fête du Rosaire le premier dimanche d'Octobre (...) »[21].

Les paysans étaient astreints aux corvées : par exemple une ordonnance du , les habitants des paroisses d'Ergué-Armel, Saint-Évarzec, Clohars-Fouesnant, Gouesnac'h et Pleuven « se rendront au nombre de vingt hommes de chaque paroisse, et chaque jour alternativement suivant les rôles qui seront à cette fin arrêtés » pour réparer un tronçon du « chemin de la ville de Quimper à celles de Concarneau et Rosporden » jusqu'à ce que les réparations « soient finies et parfaites » ; les paysans devaient aussi souvent participer à des transports (par exemple de bois depuis la forêt de Carnoët) liés aux arsenaux de Brest et Lorient[35].

Carte de Cassini (1793) : région de Fouesnant-Bénodet (y compris Pleuven).

En 1759 la paroisse de Pleuven devait chaque année fournir 11 hommes pour servir de garde-côtes[36].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pleuven en 1778 :

« Pleuvin-Fouesnant ; à 2 lieues au sud-sud-est de Quimper, son évêché ; à 39 lieues de Rennes et à 1 lieue et demie de Concarneau, sa subdélégation et son ressort. Cette paroisse compte 450 communiants[Note 3] ; la cure est à l'alternative. Son territoire est borné à l'ouest par la rivière d'Odet ; il est rempli de vallons et de monticules, mais exactement cultivé ; on y voit peu de landes. La haute, moyenne et basse justice de Bodiguio [ou Bodigneau, en Clohars-Fouesnant ] appartient à M. de Chef-Fontaine (..). »[37]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances de Pleuven, rédigé le par l'assemblée électorale du tiers-état de Pleuven, réunie sous la présidence d'Alain Clorennec[Note 4], notaire royal en la sénéchaussée de Concarneau, est en majeure partie une copie des « Délibérations du Tiers de Rennes », des 22 au  ; parmi les articles originaux, l'article 1 : « Que la religion catholique soit toujours constante en Basse-Bretagne », l'article 12 : « Q'il sera fait également répartition égale entre les trois ordres pour la capitation, dans un seul et même rôle », l'article 13 : « Que la corvée en nature soit supprimée (...) »[38]. Les paysans de Pleuven se plaignent aussi que « le droit de moute est ruineux, car au lieu du seizième, le meunier prend souvent le quart ou même le tiers »[39]. Les deux députés élus pour représenter le tiers-état de Pleuven à l'assemblée générale de la sénéchaussée sont Alain Clorennec et Pierre Nédélec[Note 5]. Henri Quéré était recteur de Pleuven lors du déclenchement de la Révolution française ; il se réfugia dans sa famille à Plussulien pendant la Terreur car on retrouve sa signature sur des actes de baptêmes de cette paroisse[40].

Le décret de l'Assemblée nationale du précise que hors la ville, les paroisses du district de Quimper sont réduites à 18. Parmi elles, Clohars, qui aura pour succursales les ci-devant paroisses de Goefnac (Gouesnac'h), Pleuven et Perguet [Bénodet actuellement][41]. Ce découpage ne fut que provisoire et non repris lors de la création des communes par le décret de la Convention nationale du 10 brumaire an II ().

Des habitants de Perguet, Fouesnant et Pleuven participèrent en 1792 à la révolte de Fouesnant dirigée par Alain Nédélec.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Pleuven en 1845 :

« Pleuven : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale. Cette petite commune n'offre rien de remarquable, si ce n'est un assez grand nombre de taillis qui, aux dires de Cambry, étaient autrefois d'un très bon produit. Géologie : granite au sud du bourg, gneiss dans le nord. On parle le breton. »[42]

Un soldat du 95e de ligne originaire de Pleuven, Corentin Le Déon[Note 6], fut blessé à la jambe droite pendant la Guerre de Crimée[43].

En 1871 et 1872, le tracé passant par le bourg de Pleuven du chemin d'intérêt commun n°12 [actuels D 34 et D 45] entre Quimper et Fouesnant, préféré à celui passant auparavant par le bourg de Saint-Évarzec, est retenu et aménagé[44].

La première pierre de la nouvelle église de Pleuven est posée par le curé d'Elliant le , en présence du maire[45].

Un rapport de l'inspecteur d'académie signale en 1880 que la commune de Pleuven fait partie des six communes du département du Finistère « encore dépourvues de tout moyen d'instruction »[46].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Un bureau téléphonique ouvre au bourg de Pleuven le [47].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pleuven : le monument aux morts.

Le monument aux morts de Pleuven porte les noms de 42 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux, 4 au moins sont morts en Belgique (Pierre Christien à Arsimont et Corentin Bertholom à Maissin, tous deux dès le  ; Alain Clorennec à Maissin et Joseph Quiniou à Rossignol, tous deux dès le  ; deux au moins (Yves Friant et Isidore Nédélec), membres de l'Armée française d'Orient, sont morts en 1915 lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr en Turquie ; Jean Christien, marsouin au 41e régiment d'infanterie coloniale, a été tué à l'ennemi le en Serbie où il combattait dans le cadre de l'expédition de Salonique ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français, par exemple François Thomas, soldat au 328e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Tahure (Marne), décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre ; François Garin, caporal au 77e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Craonne (Aisne) lors de la bataille du Chemin des Dames, décoré lui aussi de la Médaille militaire et de la Croix de guerre ; Pierre Bertholom, né le à la métairie de Kergoat en Clohars-Fouesnant, caporal au 90e régiment d'infanterie, blessé à Craonne lors de la bataille du Chemin des Dames, décéda le à l'hôpital d'évacuation numéro 13 de Courlandon (Marne), etc.[48]. Le livre d'or 14-18 de Pleuven précise les coordonnées de tous les soldats de Pleuven morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[49].

Cinq frères Montfort, dont les parents tenaient la ferme de Kerleverien Huella, ont participé à la Première Guerre mondiale : Jean Montfort, né le , gazé et réformé en (décédé en 1939) ; Paul Montfort, né le (décédé le à Fouesnant) ; Corentin Montfort, né le , prêtre émigré au Pays de Galles à partir de 1905, fut ambulancier au 118e régiment d'infanterie, puis au 261e régiment d'infanterie (prêtre à Beurlay (Charente-Inférieure) après la guerre, il est décédé en 1943) ; Alain Montfort, né le , maître pointeur au 28e régiment d'artillerie, victime d'un accident de tir le à Perthes-lès-Hurlus (Marne)[50] et Jean-Louis Montfort, né le , sergent au 116e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Lenharrée (Marne)[51].

D'autres soldats, revenus vivants, ont été distingués ; c'est le cas par exemple de Jean-Marie Le Loupp, de Pleuven, caporal brancardier au 2e régiment d'infanterie coloniale, décoré de la Médaille militaire au motif suivant : « Au front depuis le , s'est fait remarquer en de nombreuses circonstances par sa bravoure et son mépris du danger. À l'attaque du a accompagné sous une pluie de balles le médecin major du bataillon sur la première ligne pour relever un officier et un sous-officier blessés. A porté ce dernier sur le dos pendant un parcours de 3 kilomètres »[52].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le FC Pleuven a été créé en 1931 ; son premier terrain était situé près du château d'eau ; les présidents du club les plus connus ont été Alain Cosquéric[Note 7] et Jean Diraison, dont le stade porte le nom de nos jours[53].

En , Jean Chalony, maire de Pleuven, cultivateur propriétaire à Lesvez, président du syndicat agricole de Pleuven, dorgériste, est inculpé pour « tentative d'organisation du refus collectif de payer l'impôt et de tentative d'organisation du retrait des fonds des caisses de l'État » ; le non-versement par l'État d'une subvention promise lors de la construction d'une école entraîna une hausse des impôts locaux, ce qui fut à l'origine de cette fronde paysanne[54].

Le , le thermomètre descendit jusqu'à -8 °C à la station météorologique de l'école publique du bourg de Pleuven ; « des quantités de pommes de terre et de batteraves ont été gelées, des moteurs ont éclaté »[55].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Stèle commémorative à la mémoire des 5 aviateurs américains dont l'avion, un C 47, abattu par 2 Messerschmitt allemands, s'écrasa près de la chapelle Saint-Thomas en Pleuven le .

Le monument aux morts de Pleuven porte les noms de 6 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, dont Yves Le Clac'h, matelot chauffeur à bord du cuirassé Bretagne, mort le lors de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir[48].

Le , à la suite d'un combat aérien entre deux avions au sud de Fouesnant, un avion s'écrase près de Clohars-Fouesnant. Les quatre aviateurs américains : Louis Rapin, Lloyd Mahurin, Sdney Jablowitz et Sam Kahn ; ils furent enterrés le à Pleuven en présence d'une foule de 1 500 personnes[56]. Un cinquième, le sergent mécanicien Cecil Bell, bien que blessé à une jambe, parvint à s'extraire de la carcasse en feu de l'avion, fut caché grâce à l' aide de deux jeunes Pleuvennoises, Marie Deniel et Jeanne Morvan dans le bois de Creach Queta, et fut ensuite exfiltré en Angleterre par un réseau de résistants[57].

Un groupe d'une dizaine de résistants du réseau Turma-Vengeance est basé au Moulin du Pont ; parmi ses membres, Alain Bodivit (sous le pseudonyme de Jean Raminger), qui renseigna les alliés sur les bateaux allemands s'abritant un temps dans l'Anse de Bénodet ; puis participa aux combats pour la libération de Quimper, puis aux opérations du siège de Lorient[58].

Plaque commémorative à la mémoire de René Treussard, déporté.

René Tressard[Note 8], instituteur à l'école de Pleuven, résistant, fut arrêté le et déporté le depuis le camp de Royallieu vers le camp de concentration de Buchenwald, disparût le lors de l'évacuation du camp[59].

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Y. Rannou est mort pour la France pendant la guerre d'Algérie[48].

En 1960 Pleuven avait environ 1 000 habitants ; le bourg disposait alors de 3 boulangeries et de 11 cafés. La dernière boulangerie-café-épicerie du bourg, tenue par la famille Kerdranvat depuis 5 générations, a fermé ses portes le [60]

La « salle Joncour » (du nom de famille de ses propriétaires), ouverte en 1951, pouvait accueillir jusqu'à 250 convives lors des bals, banquets et mariages. Elle était située en face du bar-tabac situé de l’autre côté de la rue, dans une maison construite en 1870, qui fut la première salle de danse du village. Elle a été démolie en janvier 2021[61].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie de Pleuven.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 mars 1965 François Renot[Note 20]   Cultivateur, ancien adjoint au maire
mars 1965 janvier 1973
(décès)
Jean Diraison PCF Directeur d'école, ancien déporté et résistant
1973 mars 1977 Lucien Capp PS Professeur d'éducation physique
mars 1977 mars 2001 Corentin Renot DVD Agriculteur
Vice-président de la CC du Pays fouesnantais
mars 2001[62] mars 2014 Jean Loaëc PS Technicien Télécom. Réélu en 2008[63].
Vice-président de la CC du Pays fouesnantais (2001 → 2014)
mars 2014[64] 25 mai 2020 Christian Rivière DVG Agriculteur
Vice-président de la CC du Pays fouesnantais (2014 → )
25 mai 2020 En cours
(au 19 janvier 2021)
David Del Nero[65]   Employé multiservices

Jumelages[modifier | modifier le code]

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Mathurin.
  • La chapelle Saint-Thomas dont la construction semble remonter avant le XVIIe siècle est consacrée à saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, dont le culte a été répandu dans le Pays fouesnantais par les moines de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas (l'église paroissiale de la commune voisine de Bénodet est aussi dédiée à saint Thomas Becket)[67]. C'est un édifice long de 16 mètres, et de 6 mètres de large entièrement bâti en pierres de taille ; son chevet est aveugle, mais son chœur est éclairé par deux fenêtres latérales. Sa façade, étayée de deux contreforts, possède une porte surmontée d'un arc en plein cintre et de pinacles de style gothique. Des sculptures ornent les quatre angles de la chapelle, dont un dragon et un grotesque. Un écusson situé à la base du clocher porte les armes des Saint-Georges[68] et des Penfeunteniou. Certaines parties laissent supposer qu'elle fut édifiée sur une chapelle plus ancienne. Des restes d'une fresque jusque-là masquée sous la chaux et représentant un Christ en croix ont été découverts lors de la restauration effectuée au printemps 1986[67]. Les vitraux contemporains sont de Pierre Toulhoat.
  • La chapelle Saint-Tudy, dédiée à saint Tudy, édifiée au XVIe siècle et restaurée vers 1665. La légende rapporte que saint Tudy, dont le fief se trouvait en Pays bigouden se serait arrêté à cet endroit après une visite à saint Primel. Jean Renault, artiste contemporain, a peint un Christ en croix au centre du retable de la Sainte Famille, ainsi qu'un chemin de croix[21]. À proximité se trouvent les ruines d'un ermitage, avec une fontaine et une croix. Un petit livre lui a été consacrée[69]. Un pardon y est organisé chaque année au mois de mai[70].
  • Le manoir de Créac'hquéta déjà mentionné lors de la Réformation de 1426, fut la propriété de la famille de Kerouant ; incendié pendant les Guerres de religion vers 1590 ; reconstruit vers 1636 par Jean de Plœuc, baron de Kergolay, seigneur de Kerouant (en Laz) et de Kernuz (en Plomeur), il fut acheté en 1792 par le général d'Empire Moreau dont ses descendants (famille Moreau de Lizoreux[Note 21]) sont toujours propriétaires de nos jours.
  • La mairie ancienne (propriété "Kervella"), construite après la Révolution par le juge et notaire Alain Clorennec qui fut un personnage très en couleur sur le canton de Fouesnant. L'un de ses descendants la vend à la municipalité à la fin du XIXe siècle.
  • Le gros chêne pédonculé, classé arbre remarquable en 2005, a été durement touché par une tempête en [71]. Il avait 8,80 mètres de circonférence à 1 mètre du sol et 9,60 mètres à 50 cm du sol avant sa destruction partielle. Il devait avoir plus de 700 ans[72]. La Tempête Ciarán a fini de l'abattre le .

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[73]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[74].

En 2021, la commune comptait 3 247 habitants[Note 22], en augmentation de 16,09 % par rapport à 2015 (Finistère : +1,52 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
480509512559648733631631681
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
637669736694753756803862883
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
948995967882868915981978959
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 0381 1071 3321 6901 9932 3562 5552 6302 636
2014 2019 2021 - - - - - -
2 7773 1883 247------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[75] puis Insee à partir de 2006[76].)
Histogramme de l'évolution démographique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Revue Foen Izella : spécial Pleuven

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Personnes en âge de communier.
  4. Alain Clorennec, né le à Combrit, notaire royal, demeurant au manoir de Kerguily, décédé le au presbytère de Pleuven (qu'il avait acheté comme bien national).
  5. Pierre Nédélec, agriculteur à Kerlévot, né le à Pleuven, maire de Pleuven en 1790, décédé le à Pleuven. Il est le frère aîné d'Alain Nédélec, chef des révoltés de Fouesnant en 1792.
  6. Corentin Le Déon, né le à Keraris en Pleuven, cultivateur.
  7. Alain Cosquéric, né le à Pleuven
  8. René Tressard, né le à Quimper.
  9. Pierre Nédélec, né le à Kerlévot en Pleuven, décédé le à Pleuven.
  10. Corentin Clorennec, né le à Combrit, décédé le à Pleuven.
  11. Georges Lesneven, né le à Auray (Morbihan, décédé le à Quimper.
  12. Joseph Hélias, né le à Pleuven, décédé le à Pleuven.
  13. Eugène Dubois, né le à Pont-l'Abbé, décédé après 1868.
  14. Noël Renot, né le à Maner Bihan en Pleuven
  15. Tristan Jan, né le à Clohars-Fouesnant, décédé vers 1905 à Pleuven.
  16. Sa famille était probablement originaire d'Elliant où un Ange Le Gualès (sans doute son père) est décédé le au château de Kerveniou.
  17. Guillaume Cosquéric, né le à Roscoler en Pleuven.
  18. Charles Rivière, né le à Beuzec-Conq, décédé le à Kerguilavant en Pleuven.
  19. Jean Chalony, né le à Ru Alaë en Saint-Évarzec, décédé le à Pleuven.
  20. François Renot, né le à Pleuven, décédé le à Maner Traon en Peuven.
  21. La famille Moreau a été anoblie par Louis XVIII ; le suffixe "de Lizoreux", nom qui appartenait à ses ascendants paternels, a été ajouté par décret du (voir "Bulletin des lois de la République française", n° de juillet 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k210072s/f620.image.r=Lizoreux?rk=536483;2), bénéficiant initialement à Joseph Louis Alexandre Moreau de Lizoreux, né le à Lorient, propriétaire, décédé le à Quimper.
  22. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

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  69. Eugène Royer et Joël Bigot, "La chapelle Saint-Tudy : 29170 Pleuven", 2000.
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  76. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.

Liens externes[modifier | modifier le code]