Jacques Morlane

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Jacques Morlane (alias de Henri Fille-Lambie[1]) était un colonel de l'Armée française. Il fut membre de la Résistance au sein de l'Organisation de résistance de l'armée (ORA).

Il dirigea le Service Action des services secrets français, le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) de 1946 à 1958. Il participa à la guerre d'Indochine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la guerre, Morlane prend la direction du Service Action. Il crée, à partir d'un fichier de tous les anciens volontaires spéciaux des unités aéroportées, le noyau du Service Action du SDECE[2].

Au printemps 1947, il envoie R. Mautaint à Montlouis pour animer et entraîner le 11e bataillon de Choc, bras armé du Service Action du SDECE, qui sera par la suite dirigé par Paul Aussaresses. Avant de rejoindre Montlouis, Mautaint rédige de nombreuses notes sur l'enseignement reçu au SOE (Special Operations Executive, le service secret britannique) afin de préparer celui des futurs agents du Service Action[3]

Morlane demande ensuite à Paul Aussaresses, qui arrive au Service Action en juillet 1947[3], tandis que les effectifs augmentent[3], de remplacer Mautaint[3], avec pour mission, selon les mots d'Aussaresses, de « mener ce qu'on appelait alors la “guerre psychologique”, partout où c'était nécessaire, et notamment en Indochine (...) Je préparais mes hommes à des opérations clandestines, aéroportées ou non, qui pouvaient être le plasticage de bâtiments, des actions de sabotage ou l'élimination d'ennemis... Un peu dans l'esprit de ce que j'avais appris en Angleterre. » [4] À son retour d'Indochine, en 1952, Aussaresses fut chargé par Morlane d'éliminer ceux qui soutenaient la rébellion algérienne. Dans son livre Pour la France : Services spéciaux 1942-1954, il raconte que « Morlane était persuadé qu'une invasion soviétique était imminente et il s'était occupé de créer des dépôts d'armes secrets sur le territoire pour que, le moment venu, une résistance puisse s'organiser[5]. »

De retour en France au printemps 1949, Mautaint reçoit ordre de Morlane de former à l'action de futurs agents de renseignements issus d'Europe de l'Est en vue d'infiltrations potentielles[6]. Le centre d'instruction est basé à Saint-Germain-en-Laye sous couverture du CIRVP (Centre d'instruction des réserves volontaires parachutistes)[6]. Sur proposition de Mautaint, Morlane le charge ensuite de constituer un corps de nageurs de combat[6], et l'envoie en septembre 1950 à Portsmouth chez les Royal Marines, lesquels se montrent un peu réticents pour enseigner leurs techniques[6]. Le CIOA d'Arzew — Centre d’intervention par opérations amphibies ; situé en Algérie, il sera le lieu du Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla (CIPCG) de Marcel Bigeard, créé en 1957 —, commandé par André Patou, est choisi comme base d'entraînement pour cette nouvelle unité amphibie[6].

Dès le début de la guerre d'Algérie, Mautaint est sollicité par Morlane pour neutraliser les soutiens du FLN[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Peter Harclerode, Fighting Dirty, Cassell paperbacks, 2001, p. 225.
  2. Ministère de la Défense, Service historique de la Défense, Département de l'innovation technologique et des entrées extraordinaires, Bureau des témoignages oraux, Histoire orale. Inventaire analytique de la sous-série 3K, tome III, par Sébastien Laurent, Hervé Lemoine, Marilyne Morais, Stéphane Simmonet, Guillaume Zeller. Château de Vincennes, 2005. p. 137
  3. a b c et d Ministère de la Défense, Service historique de la Défense, op.cit., p.210
  4. Entretien avec Marie-Monique Robin cité in Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap. IV, p.49
  5. Paul Aussaresses, Pour la France : Services spéciaux 1942-1954, Editions du Rocher, 2001, p.257, cité in Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions] chap. VI, p.76
  6. a b c d et e Ministère de la Défense, Service historique de la Défense, op.cit., p.211
  7. Ministère de la Défense, Service historique de la Défense, op.cit., p.212