Jo Attia

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Jo Attia
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Jo Attia, de son vrai nom Joseph Brahim Attia, né le et décédé le , est un truand parisien des années 1940 à 1960, patron du Gavroche à Paris (rue Joseph-de-Maistre). Il fut membre du gang des Tractions et fut aussi impliqué dans l'enlèvement de Ben Barka et dans l'affaire du colonel Antoine Argoud, opérations controversées imputées aux services spéciaux français sous l'ère gaulliste[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jo Attia est le fils d'une Bretonne et d'un Tunisien tué sur le front durant la Première Guerre mondiale. Ancien des bataillons d'infanterie légère d'Afrique (les Bat d'Af), vers Tataouine, c'est là qu'il a rencontré Pierre Loutrel, dit Pierrot le fou.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Attia travaille pour les nazis. Il fait partie de la bande de la rue Lauriston dans l'équipe de Charles Cazauba, lieutenant d'Henri Lafont, chef de la Carlingue (la Gestapo française). Il était en particulier chargé de la distribution de faux tickets d'alimentation[2]. En 1943, il est déporté à Mauthausen. Après la guerre, il est décoré de la Légion d'honneur par Charles de Gaulle. L'ancien ministre gaulliste de la Justice Edmond Michelet, ex-déporté lui aussi, est témoin de moralité à l'un de ses procès. C'est à ce moment, en 1946, que commence la carrière du Gang des Tractions avant.

On le retrouve un temps à Abidjan (Côte d'Ivoire) à la tête d'un bar-club, Le Refuge, où la chanteuse Barbara donna quelques soirées.

Puis il est recruté par Bob Maloubier du SDECE pour exécuter des contrats au Maghreb[3]. En 1969, un dénommé Christian Jubin pénètre dans un bar appartenant à Attia, tue la barmaid et son petit ami et viole la propre fille de Jo Attia. Jubin est condamné à perpétuité en 1975 ; il mourra en 1990 en prison.

Jo Attia meurt d'un cancer de la gorge en 1972. Il est enterré au cimetière d'Orsay[4]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Quand Jo Attia passait ses “vacances” à Royan », Sud Ouest, 21 mars 2012.
  2. Nicole Attia, Jo Attia mon père, 1974.
  3. Roger Faligot, Pascal Krop, La piscine : les services secrets français, 1944-1984, Éditions du Seuil, , p. 93
  4. Jo Attia, sur Cimetières de France et d'ailleurs.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Attia, Jo Attia mon père, Gallimard, 1974
  • Jean Marcilly, Vie et mort d'un caïd - Jo Attia, Fayard, 1977