Aérodrome

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Un aérodrome est une surface (sur terre ou sur l'eau) destinée à être utilisée pour l'arrivée, le départ et les évolutions au sol des aéronefs.

L'aérodrome peut inclure des bâtiments, des installations et des équipements destinées au garage, à la mise en œuvre et à la maintenance des aéronefs. Le site est souvent le lieu d'implantation d'associations ou d'entreprises ayant des activités liées à l'aéronautique.

Le contrôle local du trafic aérien, s'il existe, est assuré à partir d'une tour de contrôle. Les services de contrôle régionaux y sont souvent colocalisés.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les deux pistes en herbe de l'aérodrome de Chavenay-Villepreux (près de Paris) et ses hangars est utilisé par des avions légers.

Le terme aérodrome désigne l'ensemble des surfaces au sol ou sur l'eau destinées aux mouvements des aéronefs et les infrastructures associées[1].

Vue aérienne d'un des héliports de New York City, NY.

Si l'accès est réservé aux hélicoptères on utilise le terme d'hélisurface.

En fonction de l'utilisation, l'aérodrome peut accueillir des infrastructures destinées au transport commercial de passagers ou à des activités militaires. On utilise alors, respectivement, les termes d'aéroport ou de base aérienne. Lorsque l'aérodrome est utilisé exclusivement pour l'une de ces activités il peut y avoir confusion entre les termes.

Articles détaillés : Aéroport et Base aérienne.

Le terme champ d'aviation a été utilisé en français, les infrastructures des premiers aérodromes étant couvertes d'herbe. On le trouve en particulier sur les affiches et annonces des premières démonstrations aériennes.

Les aérodromes dédiés exclusivement à la pratique des ULM et autres ultra-légers sont appelés base.

En dehors des aérodromes enregistrés on peut trouver des pistes sommaires en particulier dans des régions ou îles isolées. Ces terrains sont en général dépourvus de balisage et d'infrastructures. Ils sont utilisés par des pilotes privés ou pour des interventions d'urgence. L'anglais utilise le terme airstrip, l'équivalent français serait "piste sommaire".

Terminologie anglaise[modifier | modifier le code]

L'anglais est largement utilisé en aéronautique et influence la terminologie locale.

Le terme airport utilisé par les Américains désigne un aérodrome. L'équivalent d'aéroport est commercial airport.

Le terme aerodrome reste utilisé dans les documents de l'OACI ainsi qu'au Canada et en Australie bien que remplacé par airport ou airfield dans le langage courant.

Le terme airstrip, est utilisé pour une piste sommaire.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Piste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Piste (aéronautique).

Les pistes sont les surfaces réservées au décollage et à l'atterrissage des avions. Leurs caractéristiques, longueur et largeur, revêtement et résistance sont liées aux caractéristiques des avions qui utilisent l'aérodrome. Les avions légers peuvent le plus souvent se contenter de pistes en herbe ou en terre battue de moins de 1 000 m de long et 25 à 45 m de large. Les pistes prévues pour accommoder les plus gros avions de ligne dépassent 2 000 m de long et 50 m de large et sont en béton.

Balisage & Contrôle des mouvements sur et autour de la plateforme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Contrôle d'aérodrome.
Vue d'une tour de contrôle sur un aérodrome (Hangelar, RFA) dédié à l'aviation générale

Le balisage est l'ensemble des indications et signaux peints ou lumineux présents sur les pistes ou les aires de circulation et destinés à aider le pilote à se repérer et à se déplacer sur la plateforme.

Les aérodromes peuvent être :

  • non contrôlés : l'aérodrome dispose, au minimum, d'une aire à signaux et d'une manche à air. Un service d'annonce enregistrées peut informer les pilotes par radiocommunications sur le numéro de la piste en service et sur les données météorologiques. On peut aussi installer un dispositif de télécommande de balisage permettant l'allumage du balisage de piste. Les pilotes sont responsables de l’anti-collision et Il leur est conseillé d'annoncer leurs intentions à l'attention des éventuels autres pilotes en utilisant la fréquence radio adéquate ;
  • contrôlés : le service de contrôle aérien est responsable de la gestion et de la sécurité du trafic ; les pilotes doivent maintenir un contact radio avec la tour de contrôle et suivre les instructions ; les annonces enregistrées sont alors utilisées pour décharger les contrôleurs des contacts routiniers.

Aire de circulation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voie de circulation (aérodrome).

Les voies de circulation sont délimitées et aménagées pour le déplacement des avions entre les points de stationnement et les pistes.

Aire de stationnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire de stationnement.

Les aires de stationnement sont des surfaces réservées aux avions à l'arrêt et utilisées pour l'avitaillement, l'embarquement et le débarquement de passagers ou de fret. Comme les pistes, leur dimensions et leur couverture dépendent de la taille et du poids des aéronefs qui les utilisent.

Hangars[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hangar.

Les hangars sont des bâtiments, généralement en tôle, destinés à abriter les aéronefs en particulier pour y effectuer des opérations de maintenance ou de réparation. Sur une base aérienne on trouve aussi des hangars individuels destinés à la protection des avions d'armes.

Associations et entreprises implantées sur le site[modifier | modifier le code]

L'une des usines d'Airbus est implantée sur le site de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Les avions construits partent de l'aéroport pour rejoindre la compagnie cliente.

Les aérodromes accueillent souvent, directement sur la plateforme ou sur un terrain connexe, des associations ou des entreprises à caractère aéronautique.

Les aéroclubs sont des structures dédiées à la pratique des loisirs et sports aériens. En plus des locaux techniques permettant le garage et l'entretien des appareils ils disposent souvent de locaux de convivialité permettant aux adhérents de se retrouver sur le terrain.

Les écoles de pilotage, parfois partie d'un aéroclub, assurent la formation des pilotes privés.

Des entreprises s'installent sur les sites d'aérodromes lorsque leur activité est liée à l'aéronautique. C'est obligatoirement le cas pour les entreprises de travail aérien, les compagnies d'avion-taxi, les services touristiques proposant des excursions aériennes ou des baptêmes de l'air et, bien entendu, les constructeurs aéronautiques.

Installations aéroportuaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : aéroport.
La vue aérienne de l'aéroport de Rennes permet de voir les installations aéroportuaires près de la piste principale et, au premier plan, les installations de l'aéroclub près de la piste secondaire.

Si l'aérodrome reçoit des avions de ligne il est alors nécessaire d'implanter des installations dédiées au traitement des passagers et du fret à l'usage des compagnies aériennes dont l'ensemble constitue l'aéroport. Le bâtiment principal, l'aérogare, permet d'assurer la transition entre les transports terrestres et le transport aérien. Les grandes villes disposent souvent d'un aérodrome exclusivement dédié au trafic commercial qui est alors désigné comme aéroport, et d'autres aérodromes dédiés à l'aviation générale. L'exclusion de l'aviation générale peut être réglementaire ou de facto par l'application de redevances discriminatoires.

Installations militaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : base aérienne.
Un aérodrome militaire, la Base aérienne 105 d'Evreux, se distingue par les zones de garage d'avions en épi, dispersées sur le terrain.

Si l'aérodrome reçoit des avions militaires les zones, en dehors des pistes, sont généralement séparées des installations à usage civil. Les points de stationnement, les hangars, les dépôts de munitions et armements, voire une zone de vie destinée au personnel constituent une base aérienne généralement gardée et dont l'accès est restreint.

Identification et information[modifier | modifier le code]

Un aérodrome est le plus souvent connu sous le nom de la ville située à proximité auquel est éventuellement accolé le nom de la localité sur laquelle il est implanté.

L'OACI attribue à chaque aérodrome civil un code constitué de quatre lettres.

L'IATA attribue à chaque aéroport un code constitué de trois lettres.

Par exemple, l'aérodrome de Marignane-Berre, identifié « LFTB » par l'OACI est co-localisé avec l'aérodrome de Marseille-Provence, identifié « LFML » par l'OACI qui est lié à l'aéroport de Marseille Provence identifié « MRS » par l'IATA.

En France le Service d'information aéronautique publie les AIP, publication d'information aéronautique, donnant toutes les cartes et informations concernant un aérodrome. Le même service publie aussi les NOTAM, donnant des informations supplémentaires, généralement provisoires, concernant un aérodrome.

Gestionnaire[modifier | modifier le code]

En France, le gestionnaire précise dans sa déclaration auprès des autorités la nature des aéronefs auxquels l'aérodrome est ouvert.

Un aérodrome peut être :

  • civil : ouvert à la circulation aérienne générale, avec éventuellement des restrictions d'accès aux seuls vols commerciaux ;
  • gouvernemental : ouvert aux services gouvernementaux, militaires dans la majorité des cas ;
  • privé : réservé à des utilisateurs particuliers.

Historique[modifier | modifier le code]

Au début de l'aviation il n'existait pas de pistes en dur et les avions utilisaient des surfaces planes couvertes d'herbe d'où le terme de "champ d'aviation". Les avions décollaient et atterrissaient contre le vent. La première guerre mondiale où des milliers d'avions ont été utilisés simultanément dès 1914 a imposé une certaine discipline dans les procédures afin d'éviter les accidents. Les aérodromes ont été progressivement pourvu de balisages pour délimiter des pistes souvent multiples car l'atterrissage par vent de travers était alors difficile voire impossible.

Port-Aviation, inauguré en 1909 sur le territoire de la commune de Viry-Châtillon (Essonne) et ancêtre de l'aéroport Paris-Orly, revendique d'être le premier aérodrome organisé au monde[2].

Les aérodromes dans le monde[modifier | modifier le code]

La répartition des aérodromes dans le monde est très inégale[3]. Les États-Unis en comptent 20171, pratiquement les ⅔ des aérodromes du monde. Quelques pays très étendus, le Brésil (2595), le Canada (1881) et l'Australie (665) ainsi que l'Allemagne (474), la France (450) et le Vénézuela (410) complètent le tableau des pays comptant un nombre élevé d'aérodromes rapportés à leur superficie et à leur population.

Les États-Unis sont toujours (en 2017) le pays disposant de la flotte la plus importante d'avions légers et d'aérodromes pour les accueillir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. International Civil Aviation Organization (ICAO) Documents, Annex 14 to The Convention on International Civil Aviation (Chicago Convention), Volume I- Aerodrome Design and Operations under Definitions
  2. « Port-aviation », sur Ville de Viry-Châtillon, (consulté le 25 avril 2010)
  3. (en) « Lookup airport », sur SkyVector, (consulté le 17 avril 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]