Paul Feillet

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Paul Feillet
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Paul Théodore Marie Edouard Feillet né le à Paris et mort le à Montpellier (Hérault) est un haut fonctionnaire français. Il est un des plus importants gouverneurs de la Nouvelle-Calédonie, par la durée de son mandat, par sa politique de colonisation et les polémiques qu'elle a suscitées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'historien Alphonse Feillet et de Juliette Charrier[1], Paul Feillet suit un cursus complet d'études de droit puis débute dans la carrière administrative au Ministère de l'Intérieur en février 1882 dans le cabinet de René Goblet. En novembre, il est nommé chef de cabinet du préfet de la Seine Eugène Poubelle. Il reste cinq ans à ce poste et s'intéresse de plus en plus à l'actualité coloniale française devenant un membre important de la Société française de colonisation.

Nommé sous-préfet de 1re classe à Dunkerque le , il est transféré pour ordre le à Riom et il entre le 26 du même mois dans l'administration comme directeur de l'Intérieur de la Guadeloupe. Selon Louis Henrique, il donne à ce poste « la preuve de son esprit laborieux et conciliant[2] ».

Le il est promu gouverneur de 4e classe de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il tente à ce poste d'ouvrir le marché de Saint-Pierre aux produits de l'industrie métropolitaine.

Nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie par décret du , il prend ses fonctions le , jour de son arrivée à Nouméa. Le , il est élevé à la 3e classe.

La ligne directrice de sa politique consistant à favoriser le développement de la colonisation européenne libre, il s'attache à faire disparaître le bagne et à mettre à la disposition de nouveaux colons des terres enlevées à des tribus kanak dont la population est en diminution depuis de nombreuses années. Un tel programme, qu'il applique avec une cassante autorité, lui vaut de vigoureuses oppositions, notamment celle de la mission mariste qui se pose en protectrice des intérêts des indigènes et celle des grands colons, mineurs et hommes d'affaires qui tirent avantage de la présence du bagne et de l'administration pénitentiaire. Il réussit seulement dans une demi-mesure à susciter un élan significatif de colonisation libre. Il lève l'interdiction d'exercer des pasteurs protestants en Grande-Terre, et autorise ainsi une évangélisation plus poussée que celle effectuée par les natas indigènes, formés à Lifou.

Après deux retours en métropole (en 1896-97 pour raison de santé, intérim Le Fol ; en 1900 pour l'Exposition universelle, intérims Colardeau puis Telle), Paul Feillet quitte définitivement la colonie le , rappelé à Paris par Gaston Doumergue à la suite d'une campagne de presse virulente contre la politique menée par le gouverneur.

Il meurt à Montpellier le « des suites de la très grave maladie dont il souffrait depuis de longues années déjà » (La France Australe, ), alors qu'il est toujours, en titre, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie.

Famille[modifier | modifier le code]

La famille Feillet est implantée dans le département de l'Orne, à La Haute-Chapelle, au moins depuis le XVIIe siècle, sur les terres de la Braudière et de la Pilaterie, formant deux branches distinctes. Ses membres y ont exercé diverses charges militaires, administratives ou ecclésiastiques[3]. Paul Feillet est en outre le neveu de Paul-Armand Challemel-Lacour[4].

Publication[modifier | modifier le code]

  • De l'assistance publique à Paris avec une préface par M. Strauss,... Paris : Berger-Levrault , 1888 [1]

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Coquilhat, Bulletin de la S.E.H.N.C., numéro 82, 1er trimestre 1990
  2. Henrique (1898), p. 91
  3. Archives Départementales de l'Orne
  4. Georges Coquilhat, Op. cit.
  5. Base Léonore

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick O'Reilly, Calédoniens (Société des Océanistes, Paris 1980, 2e édition)
  • Georges Coquilhat, Paul Feillet (Bulletin de la S.E.H.N.C., N° 82, 1er trimestre 1990)
  • Louis Henrique, Nos contemporains : galerie coloniale et diplomatique, t. 3, Paris : La Politique coloniale, 1898, p. 89-92

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le gouverneur Feillet apparaît dans le 1er épisode du téléfilm australo-français de Mickaël Offer Terre violente (1998).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]