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Henson (cheval)

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Cheval de la baie de Somme

Henson
Chevaux Henson à Saint-Quentin-en-Tourmont.
Chevaux Henson à Saint-Quentin-en-Tourmont.
Région d’origine
Région Baie de Somme, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Registre généalogique Standard français
Taille 1,50 m à 1,60 m
Robe Isabelle ou bai dun
Tête De taille moyenne, aux ganaches fortes
Pieds Court-jointés
Caractère Calme et endurant
Autre
Utilisation Randonnée équestre, Attelage, endurance, TREC, horse-ball et polocrosse

Le Henson, ou cheval de la baie de Somme, est une race de chevaux française qui émerge au début des années 1970. Issue de croisements entre des chevaux de sang chaud principalement de race Selle français et Anglo-arabe, et des chevaux Fjord à sang froid d'origine norvégienne, elle est créée afin d'obtenir une monture adaptée au tourisme équestre, alors en plein essor dans la baie de Somme. Une association d'éleveurs se monte en 1983 pour promouvoir ces chevaux et en étendre l'élevage.

La création de cette association permet de superviser la naissance de chevaux de première génération suffisamment nombreux ; la race Henson naît réellement lorsque ces animaux sont ensuite croisés entre eux. Bien que la majorité des effectifs soient dans le berceau de race, les Henson s'exportent en dehors de la baie de Somme et du Marquenterre, grâce notamment à leur reconnaissance officielle par les Haras nationaux en 2003. Ils sont devenus l'un des emblèmes de leur région natale et de l'équitation d'extérieur.

Dénomination

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L'origine du nom « Henson » n'est pas connue selon l'auteur autrichien Martin Haller[1]. L'éleveur Thierry Bizet témoigne que ce nom a été choisi à la suite d'une réunion de l'Association des cavaliers de la Baie de Somme, plutôt que « Cheval de la Baie de Somme » jugé trop long, et « cheval picard » jugé trop proche du pâté picard[P 1]. Il est cependant aussi nommé « Cheval de la baie de Somme »[2], dénomination qui correspond au premier label donné à ces chevaux par l'Association des cavaliers de la baie de Somme[S 1]. C'est le docteur Lionel Berquin qui a favorisé l'usage du nom « Henson »[P 2].

La géographe Sylvie Brunel le cite parmi les « re-créations » de races régionales de chevaux[S 2].

Dans un paysage de marais recouvert de hautes herbes, deux chevaux se tiennent au fond en arrière-plan.
Hensons au Hâble d'Ault.

Contrairement à la majorité des races de chevaux françaises, le Henson est une création de la fin du XXe siècle, dans le but d'obtenir un cheval rustique adapté à toutes les formes de tourisme équestre, d'équitation d’extérieur et de loisir[3],[4],[S 3]. Il est la 44e race de chevaux à avoir été reconnue officiellement en France[5]. La baie de Somme, un espace naturel de 70 km2, forme son berceau de race[4]. Cette spécificité est très atypique, car la Picardie n'a pas de tradition ancrée dans l'élevage équin[S 4], et de plus le sol et la végétation de la baie de Somme ne sont pas idéals pour un élevage de chevaux[S 5]. Son poids économique restait modeste en 2004, mais il s'accroît avec l'essor de l'écotourisme[S 6].

Bien que son origine réelle soit parfaitement connue, la race Henson est associée à une légende, selon laquelle Dieu contemplait la baie de Somme balayée par des vents et des marées déchaînés lorsqu'il voulut en immortaliser l'image[6],[P 3]. Il ramassa alors une poignée de sable, souffla dessus et donna vie à un cheval couleur de sable[6]. Qu'il fut rêveur ou qu'il ait jugé la robe de l'animal trop claire, il laissa courir l'un de ses doigts sur le dos de la bête et traça une ligne sombre le long de son échine, « l'imprimatur divin »[6],[P 3].

Durant les années 1970 en France, la pratique de l'équitation s'oriente vers les loisirs en extérieur à destination d'un public familial amoureux de la nature[4]. Lionel et Marc Berquin, respectivement dentiste et médecin, sont alors à la recherche d'un cheval adapté à ces activités[S 1], leur but étant d'obtenir « de très bons chevaux de selle »[7],[8]. Selon la majorité des sources, dont les archives de France 3, cette recherche est concrétisée par un éleveur local de moutons de pré salé, Bernard Bizet[S 1],[5],[P 2], qui élève des chevaux croisés Fjord en 1973 et 1974[P 4] à Morlay, sur la commune de Ponthoile[9]. Son fils Thierry Bizet attribue la création de la race à la SCEA Le Mont du Coq, qui appartenait alors à sa famille et cherchait à se diversifier dans le tourisme vert[P 1]. Il témoigne que Bernard Bizet avait voyagé en 1953 au Danemark avec son syndicat agricole, où il avait été séduit par le Fjord[P 1]. Il a ensuite acquis une jument de race Fjord, qu'il a croisée avec un étalon Anglo-arabe[P 1].

Haller cite le seul Dr Lionel Berquin comme étant le créateur du Henson, à partir de 1975[1]. C'est également l'opinion de Dominique Cocquet, pour qui « Il est incontestable que l'idée de création d'une race nouvelle revient au Docteur Lionel Berquin »[P 2]. D'après Brengard, c'est à Berquin que l'on doit la systématisation du croisement, notamment lorsqu'il fonde l'Association des cavaliers de la baie de Somme à la fin des années 1970[5]. Thierry Bizet témoigne que Lionel et Marc Berquin, cavaliers mais non éleveurs, ont découvert ce croisement à l'élevage des Bizet[P 1].

La race Henson est donc à l'origine une expérience de « croisement entre éleveurs » de première génération, entre des Fjords et divers chevaux de selle, dit « croisement industriel »[4], notamment avec des Anglo-arabes[S 1],[4], des Quarter Horse et des Selle français[S 1]. Ce type de croisement induit une hétérosis[4]. Les qualités de la race sont fixées par la suite[4].

Développement de la race

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Trois chevaux couleur de sable dans l'eau, un quatrième au fond.
Groupe de Henson au Crotoy en 2022.

Les différents éleveurs de Henson se regroupent en association en 1982[10] ou 1983, avec l'Association du cheval Henson (ACH)[W 1],[W 2], co-fondée par Dominique Cocquet et Lionel Berquin[P 5],[P 2]. Cette année 1983 est considérée comme l'origine officielle du Henson sur la base de données DAD-IS[W 2]. Bénédicte Durand date la première naissance d'un poulain véritablement Henson à 1982[S 1], c'est en effet cette même année que naissent Queenee et Quelea, les premiers chevaux de seconde génération[P 2]. Les éleveurs rassemblent tous leurs chevaux croisés Fjord, et font aussi saillir leurs juments de sang par des étalons de cette race[6]. Le but est d'obtenir des chevaux aux phénotypes proches, afin que le génotype soit stable et reproductible, mais aussi d'avoir un cheptel suffisant d'animaux[10]. En 1986, la création de la race Henson est officialisée[10]. Le syndicat mixte d'aménagement de la côte picarde et le Conservatoire du littoral acceptent ensuite l'implantation, et même la promotion, de l'élevage de chevaux dans l'espace protégé de la baie de Somme (futur parc naturel régional Baie de Somme - Picardie maritime[S 7],[P 2]). Cela est officialisé en 1989[P 2] ou 1990 par la création du Pôle d'élevage équin de Saint-Quentin-en-Tourmont, sous l'impulsion de l'ACH et de l'Association des cavaliers de la Baie de Somme[S 8]. Le gardiennage des zones protégées de cet espace s'effectue depuis lors à dos de Henson[S 8], dans le cadre d'une démarche de re-naturation des lieux[S 9].

En 1995, quand la population de chevaux de première génération est estimée suffisante, le stud-book de la race est fermé aux chevaux non issus de parents Henson, et l'élevage se poursuit en race pure, exclusivement sur les chevaux de seconde génération et les suivantes[1],[P 6],[10]. En 1998, l’ouverture du tunnel sous la Manche accroît le nombre de visiteurs du Marquenterre et donc aussi la popularité du Henson[S 8]. La Trans'Henson de 1999 confirme la forte demande pour des chevaux d'extérieurs, dans un contexte où toutes les autres races de chevaux d'origine française sont destinées à la compétition sportive[P 7]. Le Henson est reconnu comme race par le ministère de l'Agriculture et les Haras nationaux depuis [P 8],[3],[10]. Cette reconnaissance est considérée comme un évènement exceptionnel, car aucune nouvelle race de chevaux française n'avait été reconnue depuis le Selle français, en 1968[S 1]. Les Haras nationaux s'engagent alors à verser 2 300  par an à l'ACH[S 10]. Le comité départemental de tourisme équestre apporte à son tour son soutien à cette race de chevaux, notamment en éditant des plaquettes pour le Salon du cheval de Paris de 2003[S 11]. Jusqu'en 2007, un « correspondant de race » est en lien avec les Haras nationaux pour faciliter l'atteinte des objectifs d'élevage du Henson[P 9].

Depuis 2022 et dans le cadre de son plan cheval 2023-2026, la région des Hauts-de-France accorde une prime de 250  à la naissance de chaque poulain de race Henson dans son berceau de race pour en soutenir le développement[P 10],[P 11],[P 12], en réaction à son classement comme race menacée[P 13]. Quelques mois plus tard, le Courrier Picard qualifie d'« empire » le résultat du développement des activités Henson depuis le premier espace équestre Henson ouvert à Saint-Quentin-en-Tourmont en 1990, huit sites complémentaires étant nés depuis la première création d'une entreprise locale de tourisme équestre une trentaine d'années auparavant[P 14]. En effet, le centre équestre en régie municipale de Berck est devenu un Espace équestre Henson depuis son rachat par le privé le [P 15],[P 16].

Description

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Photo d'un poulain à la robe très claire marchant dans un pré.
Poulain Henson à Rue, dans la Somme.

Présentant un « aspect tout à fait original »[1] qui le rend « reconnaissable au premier coup d’œil »[3], le Henson doit posséder entre 25 % et 50 % d'origines Fjord[11],[10]. Il mesure entre 1,50 et 1,60 m selon la majorité des sources[11],[3],[10], l'auteur autrichien Martin Haller citant 1,49 à 1,60 m pour une moyenne de 1,55 m[1], tandis que CAB International cite 1,52 à 1,60 m[2]. Il est classé parmi les vingt-trois plus belles races chevalines du monde d'après la revue Cheval pratique[P 17].

Morphologie

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Henson au parc du Marquenterre (2019).

Il présente le modèle du cheval de selle léger[2]. Les caractéristiques morphologiques recherchées sont celles du cheval de loisir[W 1]. De modèle utilitaire et compact[1], il est charpenté mais sans lourdeurs[3],[10]. Le phénotype présente des caractéristiques bien marquées, malgré un manque d'homogénéité[10].

La tête, anguleuse[1], est recherchée fine[11] et sans lourdeur[10]. Elle est généralement de taille moyenne[1],[12],[10] et relativement chargée de ganaches[12],[10], ces dernières étant bien marquées[1]. Le profil est rectiligne ou légèrement concave[1],[12],[11],[10]. Les oreilles sont courtes[12],[11] et bien dessinées[12],[10].

Les yeux, grands et sombres[1], sont recherchés vifs avec une expression douce[12],[10].

Avant-main, corps et membres

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L'encolure est souvent assez courte et large[11], ou bien de taille moyenne[1],[3]. Elle est rectiligne et légère au niveau de la nuque[1], ne devant pas être renversée[12],[3]. Dotée d'une base forte, elle est recherchée d'une taille moyenne et sans lourdeur[10]. Le poitrail est éclaté[11],[10], large et profond[1]. L'épaule est recherchée longue et oblique[10]. Le corps est ramassé, le dos souvent court et large[11], et puissant[1],[3]. Il est recherché de longueur moyenne, large et bien soutenu[3],[10]. Les reins sont larges[3].

Les membres sont secs et stables[1], court-jointés[12], solides et bien d'aplomb[10]. Les fanons sont peu abondants[1]. Le pied est grand et large[1],[10]. La corne du pied est recherchée aussi résistante que celle du Fjord[10].

La couleur de robe du Henson est l'un des critères permettant de reconnaître facilement cette race de chevaux[3], participant fortement à son identité[S 1]. Elle est d'une couleur « beige plus ou moins foncée » allant des tons sable au marron[W 3], dite « isabelle »[11],[W 3], « isabelle sauvage »[3] ou encore « bai sauvage »[S 1], s'agissant de la seule robe autorisée[2]. Elle résulte de la présence du gène Dun, il s'agit donc techniquement d'une robe baie diluée par l'action de ce gène[10]. La robe baie est acceptée chez les chevaux facteurs de Henson[10]. La présence d'une raie de mulet sur la ligne du dos est obligatoire[1],[11],[10], caractère qui participe vraisemblablement aussi à la popularité du Henson[S 3]. Les yeux sont cernés de noir, et les oreilles dotées d'une extrémité plus sombre que la base[12],[10].

Certains sujets présentent aussi des zébrures sur les membres[11]. De plus, toute marque blanche (liste en-tête, balzane…) est déconseillée[1],[11], et même interdite chez les reproducteurs[1],[10], en particulier les étalons[12]. La corne du pied ne doit pas présenter de couleur claire[10]. Les crins de la crinière et de la queue sont bicolores, noir et or, selon la plupart des sources dont l'ACH[9],[10],[W 3], cependant Brengard estime que les crins peuvent aussi être noirs[12]. La robe manque de stabilité, car il arrive que des sujets non porteurs du Dun ou porteurs de marques blanches naissent périodiquement[S 1],[10] ; l'association de race fait appel à des tests génétiques sur la couleur de robe pour confirmer la présence ou l'absence des gènes agouti et alezan (Extension)[W 4] .

Tempérament, entretien et allures

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Gros plan sur la tête d'un cheval en train de brouter, ses crins lui couvrant les yeux ; un petit héron blanc est placé juste à ses pieds.
Héron garde-bœufs accompagnant un cheval Henson au Crotoy (La Bassée), dans la baie de Somme.

Le Henson est de caractère sociable et amical[3], il se laisse facilement approcher au bord des pâtures[6]. Il est réputé calme, confiant[13] et endurant[1]. Peu exigeant au niveau des soins et de l'alimentation, il peut vivre à l'extérieur toute l'année grâce à sa rusticité et sa résistance[P 8],[S 6],[3]. Il est le plus souvent élevé de manière extensive et naturelle, en extérieur, avec monte en liberté[4], le poulain n'étant pas manipulé avant le sevrage[14]. La présence des chevaux sur le site du Marquenterre attire le héron garde-bœufs[15] et complète la présence de moutons de pré salé. La maître de conférences Bénédicte Durand conclut que ce cheval s'est parfaitement intégré à cet écosystème[S 6].

Ses allures sont recherchées étendues, avec un fort engagement des membres postérieurs[12],[3],[W 1], favorisant les performances à l'attelage[3]. Son pas est assuré[1].

Logo se présentant dans un cercle; le texte « Association du cheval Henson » remplaçant une partie du cercle, l'autre étant représentée par un trait orange; à l'intérieur du cercle, un « H » sur la gauche et un cheval représenté de profil par sa tête et son antérieur droit sur la droite.

L'Association du Cheval Henson (ACH) est l’association nationale officielle de la race depuis le [W 1]. Elle a pour but de regrouper les éleveurs et propriétaires de chevaux Henson, gérer le stud-book et l'orientation de la sélection de la race, la développer et la promouvoir[W 5]. Pour renouveler la génétique du cheptel, le stud-book de la race Henson possède une section « facteur de Henson » ouverte aux chevaux et juments de robe conforme au standard de race, issus de croisements à 25-50 % d'origines Fjord, les races acceptées en croisement avec le Fjord étant les suivantes[W 4] :

Il existe aussi une limitation du nombre de saillies autorisées par étalon, soit dix juments maximum pour les étalons de moins de six ans, et 50 maximum pour ceux de plus de six ans[W 6]. L'insémination artificielle, le transfert d’embryon et le clonage sont interdits[W 7]. L'approbation d'un étalon ou d'une jument à la reproduction est soumise à des tests d'allures, de caractère et de maniabilité[P 6],[W 8].

Utilisations

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Démonstration d'équitation en carrière avec deux Henson.

La race est désormais stabilisée[13]. D'après Lætitia Bataille, le Henson n'a pas les qualités des races chevalines sélectionnées depuis plusieurs siècles[13]. Il convient aux débutants comme aux cavaliers confirmés, aux enfants comme aux adultes[3].

Ce cheval est également utilisé en écopâturage[13], notamment dans les marais de la Somme, grâce à son rôle de tondeuse écologique[P 18]. En 2023, une activité de développement personnel par le cheval (equicoaching) est lancée par deux entrepreneurs avec des Henson[P 19]. En décembre de cette même année, les deux Henson Ivoir et Jesko sont acquis à titre expérimental par le Poste à Cheval (PAC) de la gendarmerie de Saint-Valery-sur-Somme, pour réaliser des patrouilles le long des plages en prévention de l'immigration illégale[W 9],[P 20].

Fin 2025, le prix d'achat moyen d'un Henson débourré est de 7 000  ; il monte à plus de 8 000  pour un cheval formé à l'attelage[P 21].

Équitation d'extérieur et de loisir

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Randonnée équestre en « hackhenson ».

Le Henson est élevé essentiellement pour les loisirs[13]. Destiné à l'équitation d'extérieur et de loisir sous toutes ses formes[1],[11],[13], il est sélectionné avant tout sur son aptitude à la randonnée équestre[P 8],[9],[13], activité correspondant bien à sa taille modeste et à son tempérament[S 1]. Il est de ce fait largement employé à ces activités sur le site du Marquenterre[S 12] et dans la baie d'Authie[S 12],[S 13], induisant un risque de sur-pression équestre sur des espaces naturels sensibles[S 12]. La philosophie des éleveurs et utilisateurs sur ce site a conduit au développement d'un matériel équestre spécifique, un hackamore nommé « hackhenson », possédant des branches de taille poney pour être plus doux et un filet en corde à bateaux pour résister aux longues promenades en bord de mer[P 22].

En techniques de randonnée équestre de compétition (TREC), il s'illustre jusqu'au niveau national, s'agissant d'une de ses disciplines de prédilection[16],[13].

En 2024 et 2025, c'est une équipe sur Henson qui a remporté l'or dans la discipline de l'équifun deux années consécutives[P 23].

Usages sportifs

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Le Henson trouve quelques débouchés dans le sport[13]. Les résultats sportifs sont limités par un manque de cavaliers désireux de valoriser cette race[16], mais aussi par le manque d'usages[S 1].

En endurance, la race s'est qualifiée plusieurs fois au niveau national[13] mais n'atteint pas les performances des chevaux arabes[16]. Le Henson est aussi utilisé à l'attelage[14],[11],[13]. Un équipage de Henson a obtenu une médaille de bronze au championnat de France d'attelage à quatre[13], grâce à Marc Berquin[16]. Avec son unité de couleur de robe, il est intéressant dans le domaine de l'attelage de tradition[13]. Il est monté en horse-ball[11],[13], l'équipe féminine du Marquenterre ayant été championne de France 2002 en national 3[P 24],[16]. Il peut aussi participer à des compétitions de polocrosse[W 10], le club « Henson Polocrosse France » étant le premier à avoir importé ce jeu équestre d'origine britannique en France[3]. Ce club décroche la seconde, la première et la seconde place en Coupe d'Europe de la discipline, respectivement en 2006, 2007 et 2008[16]. Le Polo d'Apremont a fait l'acquisition de huit Henson pour la pratique de ce sport en 2019[P 2].

Il est parfois monté en saut d'obstacles[13] et en concours complet, plus anecdotiquement[16]. En , de jeunes cavalières originaires de Berck ont décroché la médaille d'argent en saut d'obstacles de catégorie Cadet Club 3 Premium avec leurs Henson[P 25].

Diffusion de l'élevage

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Photo représentant un plan d'eau entouré d'herbe.
Vue d'ensemble des paysages typiques du Marquenterre, berceau de race, avec les chevaux en arrière-plan.

Le Henson est considéré comme une race locale indigène d'origine française[W 2]. Son niveau de menace était inconnu en 2010[17] ; il est ensuite classé comme race menacée par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE)[P 26] et l'Institut français du cheval et de l'équitation en , à tort selon l'ACH et une partie des éleveurs[P 27].

Jument et poulain Henson à Saint-Quentin-en-Tourmont, en 2021.

En 2004, un tiers des Henson sont dans leur berceau de race[S 1], la majorité des effectifs se trouvant dans la Somme (en 2016)[11]. Il existe environ 400 sujets recensés en France en 2010, dont 200 dans l'Espace Équestre « Henson-Marquenterre », à Saint-Quentin-en-Tourmont, et l'Espace Équestre « L’Étrier », dans la baie d'Authie[7]. En 2013, la race compte 29 éleveurs, 9 étalons en activité, et 37 nouvelles naissances selon Bataille et Tsaag Valren[13]. Cette même année, Brengard estime qu'il existe une dizaine d'élevages de Henson en France[5], le plus important étant l'Espace équestre Henson-Marquenterre qui possède environ 200 sujets et fait naître 35 poulains par an, soit les trois quarts du cheptel total estimé[14],[P 28]. Ces chevaux sont présents dans de nombreux pâturages de la baie de Somme et du Marquenterre[6]. La Somme et en particulier le Marquenterre, berceau de race, constitue la principale région d'élevage. La ville de Chantilly accueille le quatrième espace équestre Henson en 2014, après ceux du Marquenterre, de Fort-Mahon-Plage et de Rue[P 22].

En 2017, ce cheval reste essentiellement présent dans le quart nord-ouest de la France, incluant les départements du Pas-de-Calais, du Nord, de l'Oise, de l'Eure[13] et le Berry dès 2004[P 29]. Le guide Delachaux estime le nombre total de Henson à 1 200 en 2016[11] ; celui de la France agricole l'estime à 1 100 la même année[13]. En 2022, les écuries de Roger-Yves Bost à Barbizon font l'acquisition de neuf Henson pour des balades dans la forêt de Fontainebleau[P 30],[P 31].

Nombre de chevaux de race Henson en France
Année Effectif total Étalons en service Naissances / an Nombre d'élevages[Note 1]
2003 ~ 1 400[1]
2006 9[18] 36[18] 31[18]
2013 ~ 1 000[5] 9[13] 37[13] 29[13]
2016 ~ 1 100[13] ou 1 200[11]
2018 977[W 2]
2020 1 059[W 2]
2021 1 103[W 2]

La population de ces chevaux reste restreinte (en 2016), les naissances ne dépassant pas 50 à 60 par an[P 22].

Hors de France

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En 2003, des débouchés commencent à se créer en Belgique[P 24]. En 2016, la race est exportée sporadiquement vers l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique[P 32]

Trans'Henson et autres manifestations

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La Trans'Henson est, à l'origine, une simple journée de retrouvailles entre éleveurs lors du rassemblement des chevaux avant l'hiver[5]. Ces éleveurs ont l'idée d'inviter des habitants locaux à assister à cette transhumance afin de leur présenter la race, donnant la Trans'Henson[5]. Elle a lieu chaque automne[3], aux alentours du [5], lorsque les juments et les poulains sont ramenés de leurs pâturages d'été vers l'Espace équestre Henson-Marquenterre, une dizaine de kilomètres plus loin[5],[3],[P 6]. C'est l'occasion de voir plus de 150 chevaux rassemblés en liberté et plus de 200 cavaliers[3], qui pour la plupart encadrent les juments et poulains en déplacement[P 6]. L'après-midi est consacrée à des démonstrations et animations[5]. La Trans'Henson rassemble désormais des milliers de spectateurs[P 33],[5],[P 34]. Sa 35e édition a eu lieu le , attirant plus de 2 000 spectateurs[P 35].

Le haras de la ferme Saint-Jean, à Rue, organise chaque été depuis 2010 une « ferya », dédiée à cette race de chevaux[P 36]. La neuvième édition a eu lieu en 2019[P 37]. L'animation comporte un défilé de chevaux en centre-ville[P 38].

Ces animaux sont présents sur d'autres manifestations telles le Salon international de l'agriculture[W 11],[P 39], dont ils ont été les vedettes en 2003, au moment de la reconnaissance de la race[8]. Le Henson est aussi présenté régulièrement, entre autres, à Equita'Lyon, à Mégacité d'Amiens, et à Terres en fête à Arras[W 11].

Impact culturel

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Le Henson devenu l'un des emblèmes de la baie de Somme, au même titre que les oiseaux[8],[P 28],[P 32], grâce à son mode d'élevage « dans le respect d'un espace préservé »[S 1]. Paradoxalement, cette association à un territoire est vécue comme un frein par certains éleveurs, qui soulignent que la reconnaissance officielle du Henson en 2003 n'a pas accru la notoriété de la race, voire, a entraîné un relâchement des efforts de communication permettant de la promouvoir[14].

Notes et références

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  1. Toute personne détenant au moins une jument mise à la reproduction est comptée comme gérant un élevage.

Références

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  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x et y Haller 2003, p. 55.
  2. a b c et d Porter et al. 2016, p. 472.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t et u Pilley-Mirande 2016, p. 51.
  4. a b c d e f g et h Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 79.
  5. a b c d e f g h i j et k Brengard 2013, p. 105.
  6. a b c d e et f Jacques Béal, Guide de la baie de Somme à vélo, Renaissance Du Livre, , 167 p. (ISBN 9782874155901, lire en ligne), p. 54.
  7. a et b Dominique Auzias, Caroline Michelot, Jean-Paul Labourdette et Delphine Cohen, La France à cheval, coll. « Petit Futé », (ISBN 2746927829 et 9782746927827, lire en ligne), p. 191.
  8. a b et c Dominique Auzias, Le Petit Futé Amiens, coll. « Petit Futé », (ISBN 2746918390 et 9782746918399, lire en ligne), p. 215.
  9. a b et c Sevestre et Rosier 1983, p. 105.
  10. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac et ad Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 80.
  11. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Rousseau 2016, p. 169.
  12. a b c d e f g h i j k et l Brengard 2013, p. 104.
  13. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u et v Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 81.
  14. a b c et d Brengard 2013, p. 106.
  15. Société ornithologie de France, L'Oiseau et la revue française d'ornithologie, vol. 62 à 63, Société ornithologie de France, , p. 216
  16. a b c d e f et g Brengard 2013, p. 107.
  17. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 59 ; 70.
  18. a b et c Bataille 2008, p. 70.

Références scientifiques

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  1. a b c d e f g h i j k l m et n Durand 2004, p. 58.
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Références de presse

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Références associatives et web

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  2. a b c d e et f DAD-IS.
  3. a b et c Association du Cheval Henson 2023, p. 6.
  4. a et b Association du Cheval Henson 2023, p. 17-19.
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  9. lieutenante Floriane Hours, « Une nouvelle race de cheval à l’essai à Saint-Valery-sur-Somme » Accès libre [html], sur gendarmerie.interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  10. Association du Cheval Henson 2023, p. 11.
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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Travaux universitaires

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  • [Durand 2004] Bénédicte Durand, « Le henson, un cheval agent de développement local ? », Hommes et terres du Nord, Villeneuve-d'Ascq, Université Lille-I, no 2,‎ , p. 57-68 (ISSN 0018-439X, DOI 10.3406/htn.2004.2872).
  • [Roche Dupas 1996] Bénédicte Roche Dupas, Le cheval de Henson, thèse doctorale, École Nationale Vétérinaire de Toulouse, , 49 p..

Articles de presse

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  • [Leclercq 2003] Isabelle Leclercq, « Le henson, désormais race officielle », Cheval Magazine, no 383,‎ , p. 56-59 (ISSN 0245-3614). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Pacaud 2008] L. Pacaud, « Les correspondants de race : exemple du Boulonnais, du Trait du Nord et du Henson », Equ'idée, no 63,‎ , p. 44-45 (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  • [Rizo 2011] Sylvie Rizo, « Dominique Coquet : si le Henson n'existait pas, il faudrait l'inventer », Equ'idée, no 76,‎ , p. 56-58 (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  • [Rebts 2016] Marie-Eve Rebts, « Le henson, petit cheval nature », Cheval Magazine, no 532,‎ , p. 38-41 (ISSN 0245-3614, présentation en ligne).
  • [Vermeulen 2000] P. Vermeulen, « La Transhenson 1999, une forte demande en chevaux d'extérieur », Hippo news, no 278,‎ , p. 32-33 (lire en ligne Accès libre [html]).

Ouvrages généralistes

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           Article de qualité Liste des races chevalines de France : races de trait et de territoire