Cheval crème

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Cheval crème
Étalon crème
Étalon crème
Région d’origine
Région Drapeau des États-Unis États-Unis
Région d'élevage Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau de la France France, Drapeau de la Belgique Belgique
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,60 m à 1,65 m en moyenne
Poids 400 à 550 kg
Robe Toujours avec gène crème
Tête Yeux bleus
Caractère Recherché doux et volontaire
Autre
Utilisation Dressage, équitation western, endurance, TREC.

Le cheval crème (pluriel : chevaux crème) est un type de cheval de selle, caractérisé par une robe à double dilution par le gène crème. Un registre a été créé pour ce cheval de couleur aux États-Unis en 1937. En France, le cheval crème est enregistré parmi les races de chevaux de selle d'origine étrangère depuis 2005, bien qu'il ne réponde pas à la définition zootechnique d'une race.

Un cheval crème doit obligatoirement porter une robe de couleur crème avec des crins dans les tons blancs à crème foncé, dite cremello, perlino, ou crème fumé. Cette couleur entraîne une sensibilité de la peau au soleil. Du fait des différentes races constitutives, il peut exister de grandes variations de modèle. Le registre français s'oriente vers la sélection d'un cheval de sport, d'assez grande taille. Ces chevaux se sont surtout fait connaître dans le domaine du spectacle équestre, et sont aptes à la plupart des disciplines d'équitation. Les 8 000 sujets répertoriés dans le monde se trouvent principalement aux États-Unis. Des élevages existent aussi en France et en Belgique.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom anglais de ces chevaux est American cream and white horse (chevaux crème et blanc américains), mais ils sont également appelés cremellos. L'ancienne dénomination « albinos » est impropre[1]. Elle provient d'une confusion passée entre le gène crème, la robe blanche du cheval, et l'albinisme : il a depuis été démontré que les chevaux véritablement albinos (yeux rouges) ne sont pas viables[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cheval crème, vu de face.

L'origine du cheval crème est due à un éleveur de chevaux et de bovins Hereford, Caleb Thompson, qui acquiert en 1917 un étalon à la robe blanche, Old King. Il fournit alors principalement des compagnies de cirque en recherche de chevaux blancs[2]. Sa ferme est hypothéquée pendant la Grande dépression, mais il parvient à redémarrer un élevage dans le Nebraska avec son épouse, Ruth Hackenberg, qui sélectionne un autre étalon après la mort d'Old King : Grant XV[2]. Ils font connaître leur élevage dans tous les États-Unis[2]. C'est en 1937 qu'ils créent un registre d'élevage à Stuart, L’American Albino Horse Club, pour les chevaux portant une robe de couleur crème ou blanche[2]. Lorsque Caleb Thompson décède en 1963, le registre compte plus de 3 000 chevaux[2]. La gestion du registre est déplacée à Crabtree et prend le nom d’American Albino Association (A.A.A.). Il s'internationalise et, en 1970, se sépare en deux branches, l’American White et l’American Creme. Le nom « albino » est définitivement supprimé en 1980, l’association étant connue sous le nom de American White and American Creme Horse Registry[2].

Elle inscrit tous les chevaux portant une robe crème dans l′American Creme Horse Registry[3]. Ces chevaux sont de différentes races, notamment Quarter Horse, Lusitanien, Pure race espagnole, Barbe et Arabe[3]. L'étalon fondateur du registre était probablement issu d'un croisement entre arabe et Morgan[1].

En 1990 (ou 1991[1]), Vanessa Jenkins créée l'association française du cheval crème (AFCC), en tant que filiale de l’association américaine[4],[5]. En 2002, l'association française ferme les inscriptions de chevaux à titre initial, seuls les chevaux issus eux-mêmes de parents inscrits dans le registre peuvent être considérés comme de « race » crème au titre de l'ascendance[3]. Le but est d'homogénéiser les modèles, pour permettre une sélection visant à constituer une race à part entière[3].

Le cheval crème est reconnu parmi les races de chevaux d'origine étrangère[6] par les haras nationaux et le ministère de l’Agriculture en France le [3], entre autres sous l'impulsion de Vanessa Jenkins[5]. En 2009, l’American Creme Horse Association rouvre son registre, afin d'augmenter la diversité génétique des effectifs[7]. Le registre français est rouvert à son tour en 2015, pour les mêmes raisons[8].

Description[modifier | modifier le code]

Œil bleu d'un cheval.
Œil bleu d'un cheval crème.

Ce cheval ne correspond pas à la définition zootechnique d'une race, du fait de variations importantes dans le modèle, et de l'ouverture du stud-book à plusieurs courants de sang constitutifs[4]. Issu de races différentes, il présente des variations de types parfois importantes[4],[1]. La taille doit être supérieure à 1,48 m. Elle a longtemps été limitée à 1,65 m[9], avec une moyenne entre 1,55 m et 1,60 m[1]. Le poids varie de 400 à 550 kg[9].

La tête doit être expressive, dotée de grands yeux et de ganaches bien dessinées[10]. L'encolure doit avoir une attache fine, et une longueur de moyenne à longue[10]. L'épaule est musclée et inclinée, le poitrail profond, le dos court, le rein large et la croupe arrondie[10]. Les paturons sont obliques et de longueur moyenne[9]. Les crins sont fins[1].

Le caractère est réputé être volontaire, gentil et docile[1].

Robe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gène crème.
Tahlyn Equi'Rev, étalon crème aux origines arabes.

Ces chevaux sont très proches de l'apparence « blanche »[1]. La robe doit toujours porter une double dilution par le gène crème, dans sa variante cremello (base alezane), perlino (base baie) ou crème fumé (base noire)[9]. Les palomino et isabelle sont admis en réserve d'élevage[5]. Les gènes champagne et gris sont éliminatoires[9]. La couleur des crins et de la queue varient du blanc au crème foncé. La peau doit être rose. Des taches noires autour des yeux, de la bouche ou sur les parties génitales sont admises, mais la peau mouchetée ou marbrée est éliminatoire[3],[10].

La couleur de ces chevaux est source de nombreux préjugés[11]. L'association française de la race affirme qu'un cheval crème n'est pas plus fragile qu'un autre, la corne blonde des sabots n'étant pas forcément plus tendre que la corne noire[11]. La peau rose entraîne cependant une vulnérabilité aux coups de soleil[9], rendant nécessaire pour ces chevaux la présence d'un abri contre le soleil[1].

Sélection[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le cheval crème est toujours considéré comme un registre de couleur[12]. Le registre français admet en croisement les Quarter Horses, Lusitaniens, Pure race espagnole, Barbes et Pur-sang arabe[3]. Le stud-book français s'oriente vers un modèle de cheval de sport[4] et effectue une sélection sur le caractère[9]. Pour être admis à l'enregistrement, les chevaux présentés doivent avoir des origines connues sur trois générations, sans origines de cheval de trait[13].

Chaque année, l’AFCC organise un concours national de modèle et allures[3].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Étalon de « race » crème.

Le cheval crème est surtout utilisé pour l'équitation de loisir[1]. L'association de race le décrit comme polyvalent, pouvant convenir à de nombreuses disciplines équestres[3], dont le saut d'obstacles, le dressage, l'équitation western pour les modèles typés Quarter, l'endurance pour les typés Arabe, et le TREC[3]. Sa robe en fait un cheval de spectacle très recherché[14]. Il est réputé facile à dresser, grâce à ses capacités d'apprentissage[3]. L'Académie du spectacle équestre à Versailles utilise depuis 2003 une cavalerie de chevaux crème[11].

Diffusions de l'élevage[modifier | modifier le code]

Jument crème.

Les 8 000 chevaux répertoriés dans le monde en 2016 se trouvent principalement aux États-Unis[15]. Au niveau mondial, la race est en expansion[1]. Avec 115 élevages et 22 étalons en activité en 2013, les effectifs français sont réduits, mais ils progressent[15]. Les chevaux crème sont élevés dans toutes les régions de France, avec une plus forte densité dans le Sud et le Sud-Ouest[3]. Il existe aussi des sujets en Belgique[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Rousseau 2016, p. 331.
  2. a, b, c, d, e, f et g Farissier 2009.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Association française du cheval Crème 2014.
  4. a, b, c et d Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 52.
  5. a, b et c Lhermite 2017, p. 40.
  6. Roland Jussiau, Alain Papet et Joël Rigal, Amélioration génétique des animaux d'élevage, Educagri Editions, coll. « Sciences et techniques agricoles. Série Zootechnie », , 367 p. (ISBN 2844449298 et 9782844449290), p. 147.
  7. Lhermite 2017, p. 41.
  8. Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 52-53.
  9. a, b, c, d, e, f et g Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 53.
  10. a, b, c, d et e Lhermite 2017, p. 38.
  11. a, b et c Lhermite 2017, p. 39.
  12. « American White & American Cream Horse Registry ».
  13. « Ouverture du Stud Book », Association française du cheval crème (consulté le 5 septembre 2017).
  14. Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 54.
  15. a et b Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 55.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bataille et Tsaag Valren 2017] Lætitia Bataille et Amélie Tsaag Valren, Races équines de France, Éditions France Agricole, , 2e éd. (1re éd. 2008), 304  p. (ISBN 2-85557-481-1)Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Farissier 20009] Serge Farissier, « Le cheval Crème : au plaisir des gènes... », Cheval Savoir, no 2,‎ (lire en ligne)
  • [Lhermite 2017] Mélina Lhermite, « Le cheval crème en pleine mutation », Cheval magazine, no 543,‎ , p. 38-41
  • [Rousseau 2016] Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Guide des chevaux d'Europe, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02437-9), « Crème », p. 331Voir et modifier les données sur Wikidata