Harry Benjamin

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Harry Benjamin
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Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 101 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Harry Benjamin, né le et mort le , est un endocrinologue et sexologue américain d'origine allemande qui est connu pour ses travaux sur le syndrome de benjamin chez les adolescents et jeunes adultes

Il établit la nosographie du syndrome de Benjamin dans les années 1950[1], c'est-à-dire le fait d'être née MtF (être assignée masculin, et effectuer une transition vers le genre féminin), ou FtM (être assigné femme, et effectuer une transition vers le genre masculin). Certaines personnes refusent l'étiquette générique « trans » et préfèrent se reconnaître comme des « intersexuées non chromosomiques »[réf. nécessaire], notamment depuis les travaux du Pr Vincent Harley du Prince Henry's Institute[2] en génétique moléculaire, avec la collaboration de l'université de Melbourne et l'UCLA de Los Angeles. Certains résultats de ses recherches sont parus dans la revue scientifique Biological Psychiatry en janvier 2009[3].

Apport brut de l'article anglais[modifier | modifier le code]

Début de la vie et de la carrière[modifier | modifier le code]

Benjamin est né à Berlin, et a grandi dans une maison Luthérienne allemande. Sa mère est allemande et son père a des origines juives. Après son éducation à Berlin et à Rostock, il rejoint un régiment de la Garde Prussienne.[4] Il obtient son doctorat en médecine en 1912 à Tübingen pour une thèse sur la tuberculose. C'est la médecine sexuelle qui l'intéressait mais ne faisait pas partie des enseignements. Dans une entrevue réalisée en 1985, il se souvient :

« Je me souviens d'être allé, en tant que jeune, assister à une conférence d'Auguste Forel, dont le livre "The Sexual Question" faisait sensation à l'époque et qui m'a beaucoup impressionné. J'ai également rencontré Magnus Hirschfeld très tôt par l'intermédiaire d'une amie, qui connaissait le policier Kopp qui était chargé de l'enquête sur les infractions sexuelles. Lui, à son tour, était un ami de Hirschfeld, et j'ai donc rencontré les deux hommes. C'était environ en 1907. Ils m'ont emmené à plusieurs reprises dans les bars homosexuels de Berlin. Je me souviens surtout de l"Eldorado" avec ses spectacles de travestis, où de nombreux clients portaient aussi dans les vêtements de l'autre sexe. Le mot "travesti" n'avait pas encore été inventé. Hirschfeld l'a inventé seulement en 1910 dans son étude bien connue.[5] »

Benjamin s'est rendu aux États-unis en 1913 pour travailler avec un médecin qui prétendait à tort avoir trouvé un remède contre la tuberculose.[6] Le paquebot dans lequel Benjamin retournait en Allemagne a été capturé à la mi-Atlantique, au début la Première Guerre Mondiale en 1914, par la Royal Navy. On lui demanda de choisir entre un camp d'internement Britannique en tant qu' "ennemi étranger" ou de retourner à New York. Il a utilisé ses derniers dollars pour faire le voyage de retour en Amérique où il s'est installé pour le reste de sa vie, même si il a créé des liens avec des professionnels internationaux et visité l'Europe fréquemment pendant les guerres.

Après plusieurs tentatives infructueuses pour démarrer une carrière de médecin à New York, en 1915 Benjamin loue une salle de consultation, dans laquelle il dort, et commence une pratique plus personnelle de la médecine générale. Plus tard, il pratique à San Francisco (450 Sutter Street) chaque année pendant l'été, et au 44-Orient 67e Rue à New York.

Travail avec les personnes transgenres[modifier | modifier le code]

En 1948, à San Francisco, Alfred Kinsey, un autre sexologue, demanda à Benjamin de voir un enfant qui "voulait devenir une fille" bien qu'il soit né de sexe masculin; la mère a souhaité une aide plutôt que de contrecarrer l'enfant. Kinsey avait rencontré l'enfant à la suite de ses interviews pour rédiger le Sexual Behavior in the Human Male, qui a été publié cette année là. Kinsey et Benjamin avait rien vu de semblable auparavant. Cet enfant a rapidement conduit à Benjamin de comprendre qu'il y avait quelques chose de différent du travestissement, catégorie dans laquelle les adultes qui ont ces besoins étaient classé à l'époque.[7]

Bien que les psychiatres avec lesquels Benjamin travaillait sur ce cas ne s'accordaient pas sur un traitement, Benjamin a décidé de traiter l'enfant avec de l'œstrogène (Premarin, introduit en 1941), qui a eu un "effet relaxant", et a aidé la mère et l'enfant à se rendre en Allemagne, où une intervention chirurgicale pour aider l'enfant pouvait être effectuée. Ils ont alors cessé de maintenir le contact, au regret de Benjamin. Cependant, Benjamin a continué à affiner sa compréhension et à traiter plusieurs centaines de patients ayant des besoins similaires de façon similaire, souvent sans accepter aucun paiement.

Beaucoup de ses patients ont été envoyés par David Cauldwell, Robert Stoller, et d'autres médecins du Danemark. Ces médecins ont reçu des centaines de demandes de personnes qui avaient lu leurs travaux en rapport avec le changement de sexe, qui ont ensuite été largement décrits.

Cependant, en raison des opinions politiques personnelles des médecins américains et d'une loi danoise interdisant la chirurgie de réattribution de sexe à ceux qui n'étaient pas des ressortissants du pays, ces médecins ont renvoyé les demandeurs au médecin de l'époque qui les aiderait, Harry Benjamin.[8] Benjamin administrait les traitements avec l'aide de collègues soigneusement sélectionnés de différentes disciplines (comme les psychiatres C. L Ihlenfeld et John Alden, l'électrologiste Martha Foss, et les chirurgiens Jose Jesus Barbosa,[9] Roberto C Granato, et Georges Burou).

Ses patients le considèrent comme un homme d'un grand soin, d'un immense respect et de bonté, et nombre d'entre eux ont gardé le contact avec lui jusqu'à sa mort. Il a été un correspondant prolifique et assidue, à la fois en anglais et en allemand, et de nombreuses lettres sont archivés à la Magnus Hirschfeld Archive for Sexology, Université Humboldt, Berlin [10]

Le contexte juridique, social et médical de ce phénomène aux États-Unis, comme dans de nombreux autres pays, contraste souvent avec le fait que le port de vêtements associés à l'autre genre en public était souvent illégal, la castration d'un homme était souvent illégale, tout ce qui était considéré comme homosexuel était souvent persécuté ou illégal, et de nombreux médecins considéraient que toutes ces personnes (y compris les enfants), au mieux refusaient d'assumer leur genre, et étaient soumis sans leur consentement à des traitements tels que des drogues, la détention, la thérapie par électrochocs,[11] ou la lobotomie.

Bien qu'il ait déjà publié des articles et donné de nombreuses conférences à un public professionnel, le livre de Benjamin, The Transsexual Phenomenon, fut extrêmement important en tant que premier grand ouvrage décrivant et expliquant le traitement dont il fut le pionnier. La publicité entourant sa patiente Christine Jorgensen a rendue la problématique populaire en 1952 et a amené un grand nombre de personnes à demander de l'aide, internationalement. Dans la préface de l'autobiographie de Christine Jorgensen, le Dr Benjamin lui attribut l'avancement de ses études. Il a écrit : "En effet Christine, sans vous, probablement rien de tout cela ne serait arrivé, la subvention, mes publications, les conférences, etc."[12]

Il y avait des cas similaires dans d'autres pays, comme celui de Roberta Cowell qui fut opéré par Harold Gillies en Angleterre en 1951, ce qui a été rendu public en 1954; Coccinelle[13], qui a reçu beaucoup de publicité en France en 1958; et April Ashley qui a été exposé en 1961 par les tabloid britanniques qui ont été diffusés dans le monde entier. Mais la plupart des patients de Benjamin ont vécu (et beaucoup vivent encore) une vie discrète.

Reed Erickson (1917-1992), un industriel à succès, a été traité par Benjamin en 1963. Erickson a été le fondateur et le bailleur de fonds de la Erickson Educational Foundation, qui a publié des livrets pédagogiques, donné des conférences médicales financés, des services de counseils, et l'instalation de cliniques du genre. La FEE a financé la Harry Benjamin Foundation.[14]

Autres Travaux et Intérêts[modifier | modifier le code]

En dehors de l'endocrinologie et de la sexologie, il a travaillé sur le prolongement de la durée vie et peut être vu comme un gérontologue. Benjamin lui-même a vécu jusqu'à 101 ans.

Benjamin était marié à Gretchen, à qui il dédia en 1966 son travail majeur qui lui avait pris 60 ans.

En 1979, la Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association a été formée, utilisant son nom avec son autorisation. Elle se compose d'ergothérapeutes et de psychologues qui ont conçu un ensemble de Normes de Soins (SOC) pour le traitement du trouble de l'identité sexuelle, en grande partie basée sur les études de cas de Benjamin.[15] Elle changea plus tard son nom pour l'Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH), mais vénère encore ses liens avec Harry Benjamin.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Syndrome de Benjamin »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur shb-info.org.
  2. « Molecular Genetics »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur princehenrys.org.
  3. « Article », sur elsevierhealth.com, .
  4. Hu-Berlnin.de « https://web.archive.org/web/20041227133920/http://www2.hu-berlin.de/sexology/GESUND/ARCHIV/TRANS_B5.HTM »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), .
  5. Hu-Berlnin.de « https://web.archive.org/web/20041227133920/http://www2.hu-berlin.de/sexology/GESUND/ARCHIV/TRANS_B5.HTM »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), .
  6. Stein, Marc. Encyclopedia of lesbian, gay, bisexual, and transgender history in America. New York, NY: Charles Scribner's Sons/Thomson/Gale, 2004. page 133 (ISBN 0-684-31427-4), 978-0-684-31427-3
  7. The Sisterhood.
  8. (en) Joan Meyerowitz, How Sex Changed: A History of Transsexuality in the United States, Cambridge, Mass., Harvard University, (ISBN 0674009258), p. 143
  9. University of Michigan.
  10. « Archive for Sexology » [archive du ], hu-berlin.de
  11. « Google Books », google.com
  12. Jorgensen, Christine, and Susan Stryker. "Preface." Christine Jorgensen: A Personal Autobiography. 1st ed. Cleis, 2000.
  13. Coccinelle Show.
  14. Aaron H. Devor, « Reed Erickson and The Erickson Educational Foundation », sur web.uvic.ca, University of Victoria, (consulté le 5 juin 2017)
  15. Brien, Jodi. Encyclopedia of gender and society. London: SAGE, 2009 (ISBN 978-1-4129-0916-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Transsexual Phenomenon, .
  • The Sex Problem and the Armed Forces (1944) ASIN: B0056ASJFW
  • A contribution to the endocrine aspect of the impotence problem; a report of thirty-nine cases (1946) PMID 21020395
  • Endocrine gerontotherapy; the use of sex hormone combinations in female patients (1949) PMID 18147194
  • Outline of a method to estimate the biological age with special reference to the role of the sexual functions (1949) PMID 18133520
  • Endocrine gerontotherapy. The use of steroid hormone combinations in male patients (1950) PMID 14803776
  • Transsexualism and transvestism as psychosomatic and somatopsychic syndromes (1954) PMID 13148376
  • Nature and management of transsexualism, with a report on thirty-one operated cases (1964) PMID 14128591
  • Clinical aspects of transsexualism in the male and female (1964) PMID 14173773
  • Transsexualism, its nature and therapy (1964) PMID 14320022
  • Introduction to Prostitution and Morality: a Definitive Report on the Prostitute in Contemporary Society and an Analysis of the Causes and Effects of the Suppression (Robert E.L. Masters, 1964) ASIN: B000WG6JF2
  • Introduction to Forbidden Sexual Behavior and Morality: An Objective Re-Examination of Perverse Sex Practices in Different Cultures (Robert E.L. Masters, 1964) (ISBN 978-1258024369)
  • Sexual problems at the consultation hour of the general practitioner (1966) PMID 5926775
  • The Transsexual Phenomenon; a Scientific Report on Transsexualism and Sex Conversion in the Human Male and Female, (1966) ASIN: B0007HXA76
  • Introduction to Christine Jorgensen; Personal Autobiography (Christine Jorgenssen, 1967) (ISBN 978-0839716402)
  • Should surgery be performed on transsexuals? (1971) PMID 5539832
  • Transsexualism (avec C.L. Ihlenfeld, 1973) PMID 4486125

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Walter Meyer, Walter O. Bockting et Peggy Cohen-Kettenis, « The Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association's Standards Of Care For Gender Identity Disorders, Sixth Version », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association,‎ (lire en ligne [PDF])
  • Eli Coleman, Richard Adler et Walter Bockting, « The World Professional Association for Transgender Health's Standards of Care for the Health of Transsexual, Transgender, and Gender Nonconforming Peoples, Seventh Version », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, The World Professional Association for Transgender Health,‎ (lire en ligne [PDF])

Liens externes[modifier | modifier le code]