Joueur de jeu vidéo

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Un joueur de jeu vidéo désigne toute personne jouant à un ou plusieurs jeux vidéo, ce qui inclus également les joueurs occasionnels, en plus des joueurs passionnés ou hardcore gamer.

Chaque jeu, par son niveau de difficulté, la plateforme sur laquelle il se joue, le nombre de joueurs autorisé, l'univers de jeu proposé, etc., cible un type de joueur ou essaie d'attirer le plus large public, créant ainsi des communautés de joueurs, qui peuvent se rassembler et échanger dans les magasins de jeu vidéo, sur internet, dans le jeu en lui-même s'il est en ligne (lan-party), etc.

On peut classer les joueurs selon le temps investi par semaine à jouer, ceux qui en ont fait une activité rémunérée (sport électronique) et par rapport aux communautés de joueurs, par exemple, les joueurs pratiquant exclusivement les jeux rétro ou bien ceux qui ne s'intéressent qu'aux jeux en provenance du Japon (otaku).


Typoplogie[modifier | modifier le code]

Joueur occasionnel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Casual game.

Le joueur occasionnel ou casual gamer est un joueur dont le temps ou l'intérêt au jeu vidéo est limité, voire qui ne se considère pas comme un joueur.

Sa pratique du jeu est irrégulière et faible et il aura donc plutôt tendance à chercher des jeux aux règles simples, comme Tetris ou Pac-Man.

Depuis les années 2000, des jeux à la difficulté réduite et à la prise en main rapide, sur les réseaux sociaux et les téléphones par exemple, ont permis d'attirer de plus en plus de nouveaux joueurs avec des objectifs complètement différents des passionnés[1].

La place croissante des joueurs occasionnels dans le marché du jeu vidéo a pu donner des critiques de la part des autres joueurs[2] et aussi parfois de certains cadres, chez les éditeurs[3],[4].

Hardcore gamer[modifier | modifier le code]

Contrairement au joueur occasionnel, le hardcore gamer ou, en français, « joueur passionné »[5] cherche la compétition et la performance via le jeu vidéo. Pour atteindre cet objectif, il va jouer très régulièrement et s'intéressera plus à des jeux longs et aux règles complexes[Note 1]. Hardcore gamer est ainsi fréquemment utilisé pour désigner les joueurs de jeux de stratégie en temps réel, de FPS, de jeux de rythme, de jeux d'arcade, de jeux de combat, de jeux de course et de MMORPG.

Il veut obtenir de bons scores, seul ou en équipe, et explorer un jeu entièrement pour en dénicher ses subtilités. Dans cette optique, il refera plusieurs fois le même jeu, pour débloquer toutes les quêtes annexes ou augmenter le niveau de difficulté ou finir le jeu avec des contraintes supplémentaires (les speedruns sont un exemple de cette pratique).

Le terme hardcore gamer, est une désignation plutôt méliorative, à la différence des termes nerd et nolife, à connotation plutôt péjorative. Le hardcore gamer peut être ainsi considéré comme un joueur expérimenté, talentueux, avec une grande culture du jeu vidéo et du matériel informatique dédié à cette pratique.

Légitimité d'une telle catégorisation[modifier | modifier le code]

Pour Yoshiaki Koizumi et Shigeru Miyamoto, qui ont débattu de l'existence de telles catégories lors de la réalisation du jeu Super Mario Galaxy (2007) sur Wii, il n'y a pas lieu de séparer les joueurs de cette façon car le jeu vidéo est un loisir que chacun devrait pouvoir exercer. Pour eux, les développeurs doivent considérer les joueurs comme un seul grand groupe et faire en sorte de créer un jeu qui plaise au plus grand nombre[6].

Ils expliquent avoir imaginé des astuces concrètes pour mettre ceci en application dans Super Mario Galaxy, par exemple en attribuant seulement trois quartiers de vie au joueur, contre huit dans les précédents Mario, avec en contrepartie plus de vies à récupérer dans les niveaux, permettant ainsi de faire jouer les joueurs occasionnels et les joueurs habitués au même jeu, sans que ce soit trop difficile pour les uns ou trop facile pour les autres[6].

Sport électronique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport électronique.

Les joueurs professionnels, ou pro gamer en anglais, sont des personnes gagnant leurs vie en jouant aux jeux vidéo.

Le terme de pro gamer master, abrégé en pgm, désigne une personne qui ne joue plus uniquement par pur plaisir, mais qui a une rémunération en échange d'un sponsoring lui donnant des contraintes et des objectifs à atteindre dans les différents tournois auquel il participe. L'ensemble des compétitions entre joueurs est appelé sport électronique ou e-sport. En Corée du Sud, le sport électronique atteint une dimension telle que les matchs et les résultats des compétitions sont diffusés sur les chaînes nationales et peuvent avoir lieu dans des stades[7].

Tout comme dans le sport, il existe des records de jeux vidéo, basé sur le score[Note 2].

Joueurs célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie : Nuvola apps kpager.svg  Joueur de sport électronique 

Liste non-exhaustive :

Communautés de joueurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clan (jeu vidéo).

Une communauté de joueurs va se réunir autour d'un jeu ou d'une série de jeux, voire d'une plateforme de jeu, va échanger des avis, des conseils de jeu, mais peut également dans le cadre des vieux jeux[Note 3] moins fermement protégés en termes de droit d'auteur se lancer dans la traduction, la réappropriation et la modification du code source[Note 4].

Le développement d'internet permet d'augmenter le nombre de joueurs possibles et offre des services de communication (forum de discussion par exemple) facilitant cet aspect communautaire.

Dérives et controverses[modifier | modifier le code]

Sexisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sexisme dans le jeu vidéo.

Avec l'ouverture du marché aux joueurs occasionnels, le public s'est diversifié et féminisé[13]. Plusieurs polémiques concernant l'intégration des joueuses et l'image des femmes dans les jeux vidéo ont éclaté aussi bien en France[14],[15] que dans d'autres pays[Note 5].

Farming[modifier | modifier le code]

Avec le développement d'internet et l'apparition de l'économie virtuelle est apparue une pratique, nommée gold farming en anglais.

Cette pratique consiste à acquérir des ressources virtuelles dans un jeu - comme EverQuest par exemple - et à les échanger contre des devises du monde réel. En jouant sur les inégalités de revenu, un vendeur situé dans un pays en développement peut réaliser un grand bénéfice grâce à des acheteurs vivants dans des pays développés.

Le farming serait particulièrement intense en Chine, où il représente le travail de nombreuses équipes de joueurs salariés[16] mais également des prisonniers[17].

Le farming a donné lieu à des procès, menés par des éditeurs comme Blizzard[18] et aussi la prise en compte de ce moyen de revenu par la fiscalité dans certains pays, comme l'Australie[19].

Pratiques extrêmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dépendance au jeu vidéo.

Certains joueurs ayant une pratique excessive du jeu vidéo sont décédés de dénutrition ou de fatigue[20], cependant ces drames restent peu fréquents et isolés dans le monde. Certains pays asiatiques limitent de ce fait la pratique de certains jeux vidéo[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est cependant possible d'être le joueur passionné d'un jeu simple, comme Tetris.
  2. à ce sujet consulter l'article Billy Mitchell (video game player) (en) et le documentaire The King of Kong.
  3. Il existe dans ce domaine des associations comme MO5.COM
  4. voir les articles dédiés à l'émulation, le ROM hacking et le mod
  5. Par exemple aux États-Unis, la controverse du Gamergate

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nouveaux joueurs, nouveaux jeux, dossier réalisé sur le site de l'AFJV, publié le 31 mars 2011.
  2. « Pffff, de toutes façons, t'es qu'un casu ! », Jeuxvideo.com, 6 juillet 2014.
  3. « Quand Shigeru Miyamoto tacle les casual gamers », Benjamin Betaux, JeuxActu.com, 28 août 2014.
  4. (en) « Miyamoto explains Nintendo's renewed passion for the core », Rob Crossley, Computer and Video Games.com, 27 août 2014.
  5. « joueur passionné », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française
  6. a et b (en) « POST-MORTEM: Super Mario Galaxy », sur le site http://www.edge-online.com, 3 décembre 2007 lire en ligne
  7. En Corée du Sud, les "gamers" sont des rock stars, article écrit par Catherine Guichard, sur le site du Courrier international, publié le 21 octobre 2014
  8. (en) « The Boys with the Flying Fingers: South Korea Turns PC Gaming into a Spectator Sport », Marco Evers, Der Spiegel.de, 6 février 2006.
  9. (en) « Championship Gaming Series: Johnathan 'Fatal1ty' Wendel », interview publiée sur Gaming Target (en), 18 juin 2007.
  10. (en) « NiP - the clan who shaped Counter-Strike », sur le site http://fragbite.se, 10 août 2012.
  11. http://www.avoidingthepuddle.com/news/2011/5/30/knee-obtains-pro-gamers-licence.html
  12. (en) « The rising cost of video game fame », Ryan Garfat, sur le site http://xgames.espn.go.com, 3 juillet 2014.
  13. Analyse et Étude Stratégique de l'Industrie du Jeu vidéo, de Geoffroy de Nanteuil
  14. Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier, billet de la blogueuse Mar_Lard, publié le 16 mars 2013
  15. Lara Croft et le sexisme des gamers, article de Laurent Checola, publié sur le site du Monde, le 23 août 2012
  16. (en)The Life of the Chinese Gold Farmer, article de Julian Dibbell, publié sur le site du New York Times, le 17 juin 2007
  17. (en)China used prisoners in lucrative internet gaming work, article de Danny Vincent, publié sur le site du Guardian, le 25 mai 2011
  18. (en)Blizzard v. In Game Dollar Update: Injunction Entered, Peons Not 4Hire in World of Warcraft Anymore, article de Benjamin Duranske, publié le premier février 2008
  19. (en)Virtual world: tax man cometh, article de Nick Miller, publié le 31 octobre 2006
  20. http://www.generation-nt.com/jeux-video-mort-actualite-45216.html
  21. limitation du jeu par certains gouvernement

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Expérience du joueur[modifier | modifier le code]

  • Audrey S. Carpentier, La dimension artistique du jeu vidéo : Approche esthétique et expérience de joueur, Éditions Universitaires Européennes,‎ , 124 p. (ISBN 3841786855 et 978-3841786852)
  • Mathieu Triclot, Philosophie des jeux vidéo, Zone,‎ , 247 p. (ISBN 2355220387 et 978-2355220388)
  • Serge Tisseron et Benoît Virole, Subjectivation et empathie dans les mondes numériques, Dunod, coll. « Inconscient et Culture »,‎ , 192 p. (ISBN 2100701290 et 978-2100701292)
  • Mélanie Roustan, La pratique du jeu vidéo : Réalité ou virtualité ?, L'Harmattan,‎ , 224 p. (ISBN 2747551423)
  • Vincent Berry, L'expérience virtuelle : Jouer, vivre, apprendre dans un jeu vidéo, Presses universitaires de Rennes,‎ , 270 p. (ISBN 978-2-7535-2132-2)
  • Samuel Coavoux, Samuel Rufat et Hovig Ter Minassian, Espaces et temps du jeu vidéo, Questions théoriques,‎ , 240 p.

Dérives et controverses[modifier | modifier le code]

  • Lucia Romo, Stéphanie Bioulac, Grégory Michel et Laurence Kern, La dépendance aux jeux vidéo et à l'Internet, Dunod, coll. « Psychothérapies »,‎ , 224 p. (ISBN 2100547798 et 978-2100547791)
  • Benjamin Berget, L'Histoire des jeux vidéo polémiques : Volume 1 : Jeux de course/action et jeux érotiques, Mon Petit Éditeur, 274 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]