Shigeru Miyamoto

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Shigeru Miyamoto
Description de l'image Shigeru_Miyamoto_GDC_2007.jpg.

宮本茂

Naissance (62 ans)
Drapeau du Japon Sonobe, Japon
Nationalité Drapeau : Japon Japonaise
Pays de résidence Japon
Diplôme
Profession
Distinctions
Conjoint
Yasuko Miyamoto
Famille
2 enfants[1]
Signature de Shigeru Miyamoto

Shigeru Miyamoto (宮本 茂, Miyamoto Shigeru?), né le , est un créateur et producteur japonais de jeu vidéo.

Après des études de design, Miyamoto entre chez Nintendo en 1977, lorsque la société passe de spécialiste des jeux de cartes aux jeux vidéo. Miyamoto participe alors à la création de nombreux jeux sur arcades puis sur les consoles de la firme nippone. Il est le créateur des franchises Super Mario, Donkey Kong, The Legend of Zelda, Star Fox, F-Zero et Pikmin pour le compte de Nintendo. Certains de ces jeux sont aujourd'hui considérés comme les meilleurs de leurs catégories, comme Super Mario Bros., Super Mario 64 ou The Legend of Zelda : Ocarina of Time. Il a également supervisé de nombreux titres édités par Nintendo et développés par d'autres studios.

Shigeru Miyamoto est considéré comme une des plus grandes figures du jeu vidéo, parfois surnommé le « Spielberg des jeux vidéo ». En 1998, il a été la première personne à entrer au Hall of Fame de l'Academy of Interactive Arts and Sciences.

Il est actuellement directeur général de Nintendo EAD et président par intérim de Nintendo, avec Genyo Takeda, suite à la mort de Satoru Iwata le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Shigeru Miyamoto naît le à Sonobe, un village rural au nord ouest de Kyoto. Issu d'une famille pauvre, Miyamoto n'a pas accès à la télévision et créé alors ses propres jouets, réalisant ses propres représentations de marionnettes pour se divertir. En grandissant, il explore les environs de la maison familiale et tombe sur une cave, qui inspirera Miyamoto tout au long de sa carrière, notamment pour la série The Legend of Zelda[2].

À 17 ans, il entre au Kanazawa Municipal Arts and Grafts College, où il passe 5 ans avant de décrocher son diplôme en 1974. Il y suivit une formation de designer industriel, et dessina notamment des porte-manteaux (en forme d'éléphants).

Carrière chez Nintendo[modifier | modifier le code]

Engagé par Nintendo comme directeur artistique en 1977 (par Hiroshi Yamauchi), il commença à s'intéresser au design des bornes d'arcade. En trois mois il inventa Donkey Kong, jeu d'arcade dont il conçut le boîtier et dirigea la conception. Ce fut un énorme succès qui permit à Nintendo de s'implanter en Amérique. Il prit ensuite la direction de l'unité R&D 4 (renommée EAD), chargée du développement de jeu. Polyvalent (compositeur de musiques, développeur, designer, responsable de projets), il sait toutefois déléguer, en abandonnant par exemple son rôle de compositeur, notamment au profit de Kōji Kondō dès Mario Bros. Il prend une part incontestable dans la réussite de Nintendo.

Son œuvre marqua le jeu vidéo dans tous ses domaines, avec des jeux comme Super Mario Bros., le jeu le plus vendu de tous les temps[3],[4], Super Mario 64 un grand classique du jeu de plate-forme, la série des Mario Kart, sans oublier l'une des sagas les plus populaires du jeu vidéo, The Legend of Zelda ainsi que sa grande implication dans le développement de Goldeneye, FPS culte de la Nintendo 64 et l'un des plus vendus au monde[5]. Dans le domaine du jeu lui-même, il a créé la vue de dessus ou scrolling vertical. Dans Donkey Kong, le joueur peut anticiper les mouvements, ce qui était une nouveauté.

Non content de s'attribuer les plus gros succès vidéo-ludiques de la firme, Miyamoto s'implique dans la conception des consoles avec le dessin des manettes de Nintendo 64, GameCube et la conception de la Super Nintendo. Parmi les avancées du jeu vidéo où il joua un rôle important, on trouve : création des sauvegardes sur cartouche, boutons sous les index (L et R), gâchette, vibrations (ajoutées à la manette par un boitier externe).

Avec Hiroshi Yamauchi, il incarne la conception Nintendo des consoles : « On ne crée pas les produits en fonction de la console, mais la console en fonction des produits. ».

En mars 2006, il reçoit l'insigne de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres des mains du Ministre français de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres en même temps que Michel Ancel et Frédérick Raynal.

En 2007, il a été nommé parmi les personnes les plus influentes de l'année par les lecteurs de Time Magazine, et fut classé l'année suivante en première position[6].

Selon un épisode de Retro Game One et de La minute du geek sur Nolife[7], Shigeru Miyamoto voulait faire un jeu sur Popeye, mais, n'ayant pas obtenu les droits, il créa Mario. Un an plus tard, au vu du succès du premier jeu de Miyamoto, les auteurs de Popeye le rappellent pour lui dire que le refus des droits d'adaptation était une farce[évasif]. Finalement, le jeu Popeye a bien été édité et développé par Nintendo, mais il n'a pas eu le même succès que Donkey Kong.

Selon une interview faite en 2004[réf. souhaitée], ses jeux favoris sont Donkey Kong, Super Mario, et Pikmin. Même si le choix de son troisième préféré peut paraître un peu étonnant (on aurait pu s'attendre à The Legend of Zelda), Miyamoto se justifie en insistant sur le caractère spécial de Pikmin : « Tout ce qu'on peut retrouver dans Nintendo est dans ce jeu ».

En juillet 2015, suite au décès de Satoru Iwata, président de Nintendo, Miyamoto et Genyo Takeda assurent l'intérim de la direction de la compagnie[8]. Miyamoto dit être surpris de la mort soudaine d'Iwata mais que les équipes de Nintendo resteront fidèles à la ligne directrice construite par Satoru Iwata, pour produire dans les années futures ce qu'Iwata aurait apprécié voir[9].

Impact[modifier | modifier le code]

Bon nombre des jeux créés par Miyamoto ont bénéficié d'un important succès critique et commercial. Super Mario Bros. 3 a été un grand succès commercial et s'est vendu à 18 millions d'exemplaires[10], alors que Super Mario 64 a été le jeu le plus vendu sur Nintendo 64[11], avec 11 millions de jeux écoulés en 2003[12]. En juin 2007, Super Mario 64 est par ailleurs devenu le deuxième titre le plus populaire sur la Console virtuelle, derrière Super Mario Bros.[13]. Ocarina of Time a également bénéficié d'un très bon accueil de la part de la presse spécialisée et s'est placé deuxième dans le classement de l'Official Nintendo Magazine des « 100 plus grands jeux Nintendo de tous les temps »[14]. Super Mario Galaxy et The Legend of Zelda: Twilight Princess ont eux aussi reçu des critiques très élogieuses, notamment pour leurs graphismes et leur jouabilité. Ce dernier s'est par ailleurs vu décerner la note maximale par plusieurs célèbres publications comme Electronic Gaming Monthly, Game Informer et GameSpy[15],[16],[17]. Dans la région PAL, qui recouvre la plupart de l'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la plupart de l'Europe occidentale, Twilight Princess est le Zelda le plus vendu de toute la série. Durant sa première semaine de vente, le titre se vendait trois fois chaque fois que quatre Wii se vendaient[18].

Récompenses et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le nom du personnage principal du jeu PC Daïkatana, Hiro Miyamoto, est un hommage à Miyamoto[19]. Dans la série animée Pokémon, le nom japonais de Régis/Gary, le rival de Sacha/Ash, est Shigeru alors que celui de Sacha est Satoshi ; Shigeru Miyamoto était en fait le mentor du créateur de Pokémon, Satoshi Tajiri. En 1998, Miyamoto a été la première personne à rejoindre le Hall of Fame du AIAS Hall of Fame[20]. En 2006, Miyamoto a été fait Chevalier des Arts et des Lettres par le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres[21].

Le 28 novembre 2006, Miyamoto figurait dans les « 60 ans de héros asiatiques » de Time Asia, aux côtés notamment de Hayao Miyazaki, Gandhi, Mère Teresa, Bruce Lee et du dalaï-lama[22]. Il a plus tard été sélectionné dans le Time 100, liste établie annuellement par le magazine Time des cent personnes les plus influentes dans le monde, à la fois en 2007 et 2008[23],[24]. Le 7 mars 2007, Miyamoto reçut le Lifetime Achievement Award aux Game Developers Choice Awards « pour une carrière qui va de la création de Donkey Kong, Super Mario Bros. et The Legend of Zelda aux récentes consoles révolutionnaires de la compagnie, la Nintendo DS et la Wii »[25]. GameTrailers et IGN Entertainment ont tous deux placé Miyamoto à la première place de leurs classements, respectivement des « dix meilleurs créateurs de jeux » et des « cent meilleurs créateurs de jeux de tous les temps »[26],[27].

Dans un sondage réalisé sur des développeurs de jeux par le magazine professionnel Develop, 30 % désignaient Miyamoto comme leur « héros ultime »[28]. Miyamoto a été interviewé par différentes compagnies et organisations comme CNN's Talk Asia et NextLevel.com[29],[30]. Il a reçu un prix spécial aux BAFTA Games Awards le 19 mars 2010[31]. Il a aussi été récompensé d'un prix Princesse des Asturies en Communications et Humanités, le plus prestigieux prix espagnol[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nick Paumgarten, « Master of Play : The many worlds of a video-game artist. », The New Yorker,‎ (lire en ligne) :

    « He has a son, twenty-five, who works at an advertising agency, and a daughter, twenty-three, who is studying zoology. »

  2. (en) Nick Paumgarten, « Master of Play : The many worlds of a video-game artist », sur newyorker.com,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  3. (en) « Nintendo Records », sur Guinness Wolrd Records Gamer's Edition
  4. (en) « Les 50 jeux les plus vendus de l'histoire - Wii Sports », sur Jeuxvideo.com
  5. (en) « Meilleures ventes de FPS », sur VG Chartz
  6. TIME Magazine, The 2008 TIME 100 Finalists, avril 2008
  7. (fr) « La minute du geek 19 - It's a-me, Mario ! », sur Nolife Online
  8. William Audureau, « Satoru Iwata, le PDG de Nintendo, est mort », sur Le Monde,‎ (consulté le 13 juillet 2015).
  9. Luke Karmali, « Shigeru Miyamoto Releases Statement on Satoru Iwata's Passing », sur IGN,‎ (consulté le 15 juillet 2015).
  10. « Super Mario Bros voted greatest computer game ever », Telegraph.co.uk,‎ (consulté le 31 octobre 2010)
  11. (en) Guinness World Records Gamer's Edition 2008, Guinness,‎ (ISBN 978-1-904994-21-3), p. 50
  12. (en) « All Time Top 20 Best Selling Games », Ownt.com,‎ (consulté le 1 novembre 2007)
  13. (en) Tor Thorsen, « Wii VC: 4.7m downloads, 100 games », GameSpot,‎ (consulté le 22 octobre 2007)
  14. (en) Tom East, « 100 Best Nintendo Games – Part Six » (consulté le 2 mars 2009)
  15. (en) Jeremy Parish, « The Legend of Zelda: Twilight Princess review », Electronic Gaming Monthly, vol. 211,‎ , p. 56-58
  16. (en) Andrew Reiner, « The Legend of Zelda: Twilight Princess », Game Informer (consulté le 5 décembre 2006)
  17. (en) Bryn Williams, « The Legend of Zelda: Twilight Princess Review », GameSpy,‎ (consulté le 15 décembre 2006)
  18. (en) Brendan Sinclair, « Over 600,000 Wiis served », GameSpot,‎ (consulté le 7 janvier 2007)
  19. (en) « A Hardcore Elegy for Ion Storm », sur http://web.archive.org/web/20061206142311/http://dir.salon.com/story/tech/feature/2002/01/02/ion_storm/index.html?pn=5, Salon.com (consulté le 19 septembre 2007)
  20. (en) « Miyamoto Will Enter Hall of Fame », GameSpot,‎ (consulté le 30 juin 2009)
  21. (en) François Bliss de la Boissière, « From Paris with Love: de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres », sur Gamasutra,‎ (consulté le 25 août 2009)
  22. (en) Will Wright, « Shigeru Miyamoto: The video-game guru who made it O.K. to play », TIME Magazine,‎ (lire en ligne)
  23. (en) Johnathan Wendel, « The TIME 100 (2007) – Shigeru Miyamoto », TIME Magazine,‎ (lire en ligne)
  24. (en) « Who is Most Influential? – The 2008 TIME 100 Finalists », TIME Magazine,‎ (lire en ligne)
  25. (en) Simon Carless, « 2007 Game Developers Choice Awards To Honor Miyamoto, Pajitnov », Gamasutra,‎ (consulté le 12 février 2007)
  26. (en) « Top Ten Game Creators », sur Gametrailers.com (consulté le 28 février 2010)
  27. (en) « Top 100 Game Creators of all Time », IGN (consulté le 28 février 2010)
  28. (en) John Funk, « Miyamoto Is Developers' Hero », The Escapist (consulté le 28 février 2010)
  29. (en) Anjali Rao, « Shigeru Miyamoto Talk Asia Interview », CNN,‎ (lire en ligne)
  30. (en) « Interview: Shigeru Miyamoto », The Next Level (consulté le 28 février 2010)
  31. (en) Claudine Beaumont, « Shigeru Miyamoto honoured by Bafta », London Telegraph,‎ (lire en ligne)
  32. (en) Katherine Brice, « Miyamoto nominated for top Spanish honour », sur GamesIndustry.biz,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Audureau, Sur les traces de Miyamoto : 1952-1986 : De Sonobe à Hyrule, Pix'n Love,‎ , 356 p. (présentation en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]