Germaine Acremant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Germaine Acremant
Description de cette image, également commentée ci-après

Germaine Acremant (L'Illustration, 1924).

Nom de naissance Germaine Fanny Marie Joséphine Poulain
Naissance
Saint-Omer, Pas-de-Calais,
Drapeau de la France France
Décès (à 97 ans)
Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Prix Nelly Lieutier
Prix National de Littérature
Prix Montyon
Prix Alice-Louis Barthou
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Ces dames aux chapeaux verts
Gai ! Marions-nous !
La Route mouvante

Germaine Acremant ( à Saint-Omer, Pas-de-Calais - à Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine), est une romancière française.

Son œuvre la plus connue est son premier roman Ces dames aux chapeaux verts, une satire de la vie provinciale parue en 1921. Elle a reçu en 1943 le prix Alice-Louis Barthou de Académie française [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Germaine Fanny Marie Joséphine, est le troisième enfant et la seule fille d'Édouard Poulain, médecin à Saint-Omer, (Pas-de-Calais), rue de Valbelle, où elle est née en 1889. Elle termine en Écosse, à Dumfries, au Benedictine Convent de Corbelly Hill, ses études commencées dans sa ville natale et se marie le 25 octobre 1911 avec Albert Acremant (1882-1942) qui deviendra directeur littéraire du journal Excelsior à Paris et collaborera aux opérettes de Vincent Scotto. Elle aura un fils, Jacques Acremant, artiste peintre et illustrateur.

C'est pendant la guerre de 1914-1918, pendant laquelle son frère Pierre Poulain (1887-1914) disparaîtra, que l'idée d'écrire vient à cette jeune femme sportive et dotée d'un joli talent d'aquarelliste.

Son coup d'essai en littérature lui vaut la notoriété  : la Société des gens de lettres couronne Ces dames aux chapeaux verts (1922), satire de la vie provinciale, dont elle tire avec son mari, Albert Acremant, une comédie à succès. Jouée mille représentations au théâtre Sarah Bernhardt, maintes fois réédité (plus de 1,5 million d'exemplaires, traduit en 25 langues), elle fut portée au cinéma par le réalisateur André Berthomieu en 1929, par Maurice Cloche en 1937, par Fernand Rivers en 1949, puis à la télévision en 1979 par André Frédérick (dans laquelle figuraient Micheline Presle et Odette Laure). Ce roman est suivi de beaucoup d'autres (une trentaine environ), dont la plupart se passent dans le Nord de la France, de Saint-Omer à Étaples, des collines de l'Artois aux plages du Touquet, en passant par Boulogne-sur-Mer et par des villes mythiques.

Elle sait regarder avec précision, décrire minutieusement, robe après robe, chapeaux et rue, passants et voitures, années après années, habitudes de vie après habitude de vie, détails précis et surannés, nous donnant une partie de ce que l'on voudrait savoir regarder de la vie de province, connaître ces villes fermées du Pas-de-Calais, la bourgeoisie et sa façon de contempler le peuple, vivant auprès de cette Flandre si proche, dont les mots et les gens traversent la frontière pour devenir partie intégrante de sa langue à elle et de la vie de cette région.

Citons parmi les principaux : Gai ! Marions-nous !, qui a obtenu le Prix National de Littérature en 1927, La route mouvante (prix Montyon 1940), Arrière-saison (1942). Plusieurs d'entre eux ont fait l'objet d'une adaptation pour le théâtre, toujours en collaboration avec Albert Acremant, qui a réalisé les illustrations de plusieurs des romans de son épouse. Albert Acremant a aussi publié en 1910 un recueil de poésie, Vers de couleur, aux éditions Grasset.

En 1970, elle publia Chapeaux gris… chapeaux verts, la suite de Ces dames aux chapeaux verts. La même année, elle reçoit le prix Alice-Louis Barthou (Académie française) pour l'ensemble de son œuvre. En 1981, elle publia Hier que j'aimais, un récit autobiographique. La plupart des ouvrages de Germaine Acremant ont été publiés aux éditions Plon. Son dernier roman paraît en 1983. Aucun de ses ouvrages n'égalèrent le succès de Ces dames au chapeaux verts.

En 1984, une plaque commémorative est apposée à Saint-Omer à l'emplacement de sa maison natale, détruite par un bombardement en 1943. Elle est morte le à Neuilly-sur-Seine et repose au cimetière de Clairefontaine-en-Yvelines.

Albert Acremant[modifier | modifier le code]

Le mari de Germaine, Albert Acremant était le fils d'un avocat et président de l'Académie d'Arras. André Billy a rappelé que Ces dames au chapeau vert, était le fruit de la collaboration entre les deux époux. Mais Albert mettait un zèle conjugal touchant à soutenir la réputation de la jeune romancière, le talent de sa femme étant pour lui un constant motif de fierté.

C'est encore Billy qui écrivait d'Acremant qu'il ne disait jamais de mal de personne, qu'il était d'une grande droiture et gentillesse, et qu'il n'avait qu'un travers, celui de la manie des calembours. Il se consacra au théatre gai, à la comédie badine, au vaudeville. [2]

Germaine le survécut de plus de quarante ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Ces dames aux chapeaux verts (1921) - Prix Nelly Lieutier (1921) [3]
  • La Hutte d'acajou (1924), illustré par Jules Joëts
  • La Sarrasine (1926)
  • Gai ! Marions-nous ! (1927) - Prix National de Littérature (1927)
  • Le Carnaval d'été. Au pays de Reuzeapa (1928)
  • Gertrude et mon cœur (1929)
  • Une petite qui voit grand (1931)
  • À l'ombre des célibataires (1932)
  • Les Ailes d'argent (1933)
  • L'Enfant aux cheveux gris (1934)
  • Le Corsage vert pomme (1935)
  • Fortune rapide (1936)
  • La Route mouvante (1939) - Prix Montyon de l'Académie Française (1940, 3.000 Francs)
  • Arrière-saison (1942)
  • Un enfant trop riche (1944)
  • Le Triomphe du printemps (1946)
  • Pastorales (1948)
  • Méandres (1949)
  • Échec au roi (1951), illustré par A. Chazelle
  • Cœur en éclats (1953)
  • Les Enchanteresses (1955)
  • Par petites tables (1961)
  • Joie dans un ciel gris (1963)
  • Chapeaux gris, chapeaux verts (1970)
  • La Chambre de Charles IX (1972)
  • La Grande Affaire (1975)
  • Un gendarme tombé du ciel (1977)
  • Colombe et son mystère (1978)
  • Hier que j'aimais, (1981) (récit autobiographique, Plon, 217 pages).
  • Le Monsieur de St. Josse (1983)

Comédies d'Albert et Germaine Acremant[modifier | modifier le code]

  • Ces dames aux chapeaux verts, comédie en quatre actes, tirée du roman.
  • Gai ! Marions-nous !, comédie en quatre actes, tirée du roman.
  • Le Carnaval d'été, comédie en quatre actes, tirée du roman.
  • Une petite qui voit grand, comédie en quatre actes, tirée du roman.
  • Gertrude et mon cœur, comédie en trois actes.
  • Quatre comédies en un ou deux actes :
    • Chut ! Voilà la bonne ;
    • Deux réveillons ;
    • Mon repos ;
    • Une femme dépensière.
  • Sidi Couscouss, pièce pour enfants, Théâtre Femina, Paris, 1924.

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Flandre et Artois, Collection gens et pays de chez nous, Édition Jean de Gigord (1937).
  • Les Trois Châteaux (1994), ouvrage posthume

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Film documentaire sur Germaine Acremant[modifier | modifier le code]

  • Germaine Acremant ou 70 ans d'écriture, un film de Raoul Rossi de 1986, produit par La Manufacture d'Image dans la série Femmes – Régions – Littérature, avec la participation du ministère des Droits de la Femme, Prix de la Qualité 1989, 27 minutes, K Films, Paris. [1]

Articles, analyses et commentaires[modifier | modifier le code]

Nord - revue de critique et de création littéraires du nord / Pas-de-Calais - no 35 de juin 2000 - Dossier Germaine Acremant - S.L.N. - 73 rue Caumartin - 59000 Lille - www.revue-nord.com

  • Germaine Acremant, illustre et inconnue (Pierre Renard)
  • Ces dames aux chapeaux verts, roman sentimental ? (Yves Baudelle)
  • Arlette et la nochère, Delphine et la colinette : de la variété des langues dans quelques romans de Germaine Acremant (Jacques Landrecies)
  • Ces dames aux chapeaux verts, en noir et blanc (Paul Renard)
  • Visions de femmes chez Germaine Acremant (Janine Hache)
  • Reflets d'une époque (1924-1940) (Edith Jessu-Brenne)
  • Flandre et Artois ou travail, famille, patrie (Paul Renard)
  • "Notre nouveau roman : La Hutte d'acajou", A.C., L'illustration, 28 juin 1924.

Sources d'informations supplémentaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.academie-francaise.fr/germaine-acremant
  2. André BILLY, La terrasse du Luxembourg, Paris, Arthur Fayard, 1945
  3. Lieutier
  4. Site officiel de l'Académie française

Liens externes[modifier | modifier le code]